{"id":1013,"date":"2014-08-18T11:06:37","date_gmt":"2014-08-18T09:06:37","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2014\/08\/18\/le-cafe-brebant-a-paris\/"},"modified":"2025-05-26T17:52:15","modified_gmt":"2025-05-26T15:52:15","slug":"le-cafe-brebant-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2014\/08\/18\/le-cafe-brebant-a-paris\/","title":{"rendered":"Le caf\u00e9 Br\u00e9bant \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_2591\" aria-describedby=\"caption-attachment-2591\" style=\"width: 660px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-2591\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/jpg_Brebant.jpg\" alt=\"La rue du Faubourg-Montmartre. \u00c0 droite, le Br\u00e9bant\" title=\"La rue du Faubourg-Montmartre. \u00c0 droite, le Br\u00e9bant\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"660\" height=\"389\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/jpg_Brebant.jpg 660w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/jpg_Brebant-300x177.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 660px) 94vw, 660px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2591\" class=\"wp-caption-text\">La rue du Faubourg-Montmartre. \u00c0 droite, le Br\u00e9bant<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00c0 la sortie du m\u00e9tro \u00ab\u00a0Grands boulevards\u00a0\u00bb (anciennement \u00ab\u00a0Rue Montmartre\u00a0\u00bb), \u00e0 l&rsquo;intersection nord du boulevard et de la rue du Faubourg-Montmartre, tr\u00f4ne encore un beau caf\u00e9 \u00e0 la longue terrasse, dont l&rsquo;am\u00e9nagement int\u00e9rieur a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment refait (et le prix des consommations \u00e9galement&#8230;).<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit du caf\u00e9 Br\u00e9bant, dont le glorieux pass\u00e9 pourrait y \u00eatre davantage mis en valeur. C&rsquo;est l&rsquo;ancien h\u00f4tel Dez\u00e8gre, devenu caf\u00e9 des Grands Hommes, puis caf\u00e9 Mathon, puis caf\u00e9 d&rsquo;Allez, puis, en 1865, h\u00f4tel restaurant Br\u00e9bant. \u00c0 partir de 1869-1870, Br\u00e9bant succ\u00e8de au restaurant Magny (situ\u00e9 alors rue Contrescarpe-Dauphine &#8211; aujourd&#8217;hui rue Mazet), d\u00e9sormais trop petit pour accueillir des d\u00eeners rassemblant les fr\u00e8res Goncourt, Sainte-Beuve, Renan, Taine, Saint-Victor, Tourgu\u00e9nieff, Souli\u00e9, Flaubert, Burty, Berthelot&#8230; La r\u00e8gle y \u00e9tait que rien ne serait r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. Les fr\u00e8res Goncourt l&rsquo;enfreindront joyeusement dans leur <em>Journal<\/em>.<\/p>\n<p><em>Journal<\/em> des Goncourt, 24 janvier 1871, pendant le si\u00e8ge de Paris et quelques semaines avant le d\u00e9but de la Commune :<\/p>\n<p><em>Chez Br\u00e9bant, dans la petite antichambre qui pr\u00e9c\u00e8de le grand cabinet, o\u00f9 l&#8217;on d\u00eene, tout le monde comme bris\u00e9, \u00e9pars sur le canap\u00e9, sur les fauteuils, parle \u00e0 voix basse, ainsi que dans la chambre d&#8217;un malade, des tristes choses du jour, et du lendemain qui nous attend.<\/p>\n<p>On se demande si Trochu n&#8217;est pas un fou. \u00c0 ce propos, quelqu&#8217;un dit avoir eu communication d&#8217;une affiche imprim\u00e9e, mais non affich\u00e9e, destin\u00e9e \u00e0 la mobile, o\u00f9 le dit Trochu parle de Dieu et de la Vierge, comme en parlerait un mystique.<\/p>\n<p>Dans un coin, un autre de nous fait remarquer que ce qu&#8217;il y a surtout de criminel, chez deux hommes, comme Trochu et comme Favre, c&#8217;est d&#8217;avoir \u00e9t\u00e9 dans l&#8217;intimit\u00e9 des d\u00e9sesp\u00e9rateurs, d\u00e8s le principe, et cependant d&#8217;avoir, par leurs discours, leurs proclamations, donn\u00e9 \u00e0 la multitude la croyance, la certitude d&#8217;une d\u00e9livrance, certitude qu&#8217;ils lui ont laiss\u00e9e jusqu&#8217;au dernier moment, \u00ab et il y a l\u00e0, reprend du Mesnil, un danger : c&#8217;est qu&#8217;on ne sait pas, la capitulation sign\u00e9e, si elle ne sera pas rejet\u00e9e par la portion virile de Paris ? \u00bb<\/p>\n<p>Renan et Nefftzer font des signes de d\u00e9n\u00e9gation.<\/p>\n<p>\u00ab Prenez garde, continue du Mesnil, on ne vous parle pas de l&#8217;\u00e9l\u00e9ment r\u00e9volutionnaire, on vous parle de l&#8217;\u00e9l\u00e9ment \u00e9nergique bourgeois, de la partie des compagnies de marche qui s&#8217;est battue, et veut se battre, et ne peut accepter comme \u00e7a, tout \u00e0 coup, cette livraison de ses fusils et de ses canons. \u00bb<\/p>\n<p>Deux fois on a annonc\u00e9 le d\u00eener, mais personne n&#8217;a entendu.<\/p>\n<p>On se met enfin \u00e0 table.<\/p>\n<p>Chacun tire son morceau de pain.<\/p>\n<p>&#8212; Au fait, dit je ne sais plus qui, vous savez comment Bauer a baptis\u00e9 Trochu : \u00ab un Ollivier \u00e0 cheval ! \u00bb<\/p>\n<p>La soupe est mang\u00e9e. Ici Berthelot donne l&#8217;explication vraie de nos revers : \u00ab Non, ce n&#8217;est pas tant la sup\u00e9riorit\u00e9 de l&#8217;artillerie, c&#8217;est cela seulement que je vais vous dire. Oui, le voici, c&#8217;est quand un chef d&#8217;\u00e9tat-major prussien a l&#8217;ordre de faire avancer un corps d&#8217;arm\u00e9e sur un tel point, pour une telle heure : il prend ses cartes, \u00e9tudie le pays, le terrain, suppute le temps que chaque corps mettra \u00e0 faire certaine partie du chemin. S&#8217;il voit une pente, il prend son&#8230; (un instrument dont j&#8217;ai oubli\u00e9 le nom) et il se rend compte du retard. Enfin, avant de se coucher, il a trouv\u00e9 les dix routes par lesquelles d\u00e9boucheront, \u00e0 l&#8217;heure voulue, les troupes. Notre officier d&#8217;\u00e9tat-major, \u00e0 nous, ne fait rien de cela, il va le soir \u00e0 ses plaisirs, et le lendemain, en arrivant sur le terrain, demande si ses troupes sont arriv\u00e9es, et o\u00f9 est l&#8217;endroit \u00e0 attaquer. Depuis le commencement de la campagne, et je le r\u00e9p\u00e8te, c&#8217;est la cause de nos revers, depuis Wissembourg jusqu&#8217;\u00e0 Montretout, nous n&#8217;avons jamais pu masser des troupes sur un point choisi, dans un temps donn\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>On apporte une selle de mouton.<\/p>\n<p>&#8212; \u00ab Oh ! dit H\u00e9brard, on nous servira le berger \u00e0 notre prochain d\u00eener ! \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Au caf\u00e9 Br\u00e9bant se tiennent aussi dans les ann\u00e9es 1870-1880 les \u00ab\u00a0d\u00eeners des Spartiates\u00a0\u00bb anim\u00e9s par Paul de Saint-Victor et les fr\u00e8res Houssaye[[Voir aussi <a href=\"http:\/\/www.octaveuzanne.com\/2013\/03\/octave-uzanne-chez-les-spartiates-les.html\">www.octaveuzanne.com\/2013\/03\/octave-uzanne-chez-les-spartiates-les.html<\/a>.]] et, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1870, les d\u00eeners du \u00ab\u00a0b&#339;uf nature\u00a0\u00bb, autour de Zola et des naturalistes[[Sur ces diff\u00e9rents d\u00eeners, voir le bel article <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/revue-romantisme-2007-3-page-49.htm\">Convivialit\u00e9 masculine au XIXe si\u00e8cle : les d\u00eeners Bixio et Magny<\/a> d&rsquo;Anne Martin-Fugier.]].<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la sortie du m\u00e9tro \u00ab\u00a0Grands boulevards\u00a0\u00bb (anciennement \u00ab\u00a0Rue Montmartre\u00a0\u00bb), \u00e0 l&rsquo;intersection nord du boulevard et de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2591,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[48,19],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1013"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1013"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1013\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6639,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1013\/revisions\/6639"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2591"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1013"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1013"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1013"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}