{"id":105,"date":"2003-08-28T09:35:40","date_gmt":"2003-08-28T07:35:40","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/alphonse-de-lamartine-a-paris-et-ailleurs\/"},"modified":"2021-06-26T18:32:18","modified_gmt":"2021-06-26T16:32:18","slug":"alphonse-de-lamartine-a-paris-et-ailleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/alphonse-de-lamartine-a-paris-et-ailleurs\/","title":{"rendered":"Alphonse de LAMARTINE \u00e0 Paris et ailleurs"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1309\" aria-describedby=\"caption-attachment-1309\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1309\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_lamart1-2.jpg\" alt=\"\u00c0 gauche, le 82 rue de l'Universit\u00e9.\" title=\"\u00c0 gauche, le 82 rue de l'Universit\u00e9.\" width=\"410\" height=\"310\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_lamart1-2.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_lamart1-2-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1309\" class=\"wp-caption-text\">\u00c0 gauche, le 82 rue de l&rsquo;Universit\u00e9.<\/figcaption><\/figure>\n<div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0On dirait que le g\u00e9nie des hommes politiques ne consiste qu&rsquo;en une chose : \u00e0 se poser l\u00e0, sur une situation que le hasard ou une r\u00e9volution leur a faite, et \u00e0 y rester immobiles, inertes, implacables, oui, implacables \u00e0 toute am\u00e9lioration. Et si c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0, en effet, tout le g\u00e9nie d&rsquo;un homme d&rsquo;Etat charg\u00e9 de diriger un gouvernement, mais il n&rsquo;y aurait pas besoin d&rsquo;un homme d&rsquo;Etat ; une borne suffirait.\u00a0\u00bb<\/i><br \/>\nDiscours \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s, 15 f\u00e9vrier 1842.<\/b><\/div>\n<p>C&rsquo;est bien simple : sans lui, il n&rsquo;y aurait sans doute pas eu de seconde R\u00e9publique en 1848. Il la d\u00e9fend devant les d\u00e9put\u00e9s, les insurg\u00e9s et les royalistes alors que, apr\u00e8s les journ\u00e9es d&rsquo;\u00e9meutes parisiennes de f\u00e9vrier, on semblait reparti pour ce qui s&rsquo;\u00e9tait produit en juillet 1830 : un nouveau r\u00e9gime monarchique, avec juste un peu plus de repr\u00e9sentation populaire. Mais aux yeux de Lamartine, cela aurait \u00e9t\u00e9 la porte ouverte \u00e0 une insurrection socialiste.<\/p>\n<p>Si Lamartine r\u00e9ussit ce coup de ma\u00eetre, il le doit \u00e0 une aura politique lentement mais brillamment gagn\u00e9e depuis son \u00e9lection comme d\u00e9put\u00e9 en 1833, aura qui lui permet de faire le grand \u00e9cart entre les socialistes, qu&rsquo;il tient \u00e0 distance, et les royalistes.<\/p>\n<p>Il d\u00e9marre sa carri\u00e8re politique sous les auspices du roi, comme attach\u00e9 d&rsquo;ambassade \u00e0 Naples en 1820 puis deuxi\u00e8me secr\u00e9taire \u00e0 l&rsquo;ambassade de Florence entre 1825 et 1828 (habitant alors dans une maison 134 via dei Serragli). Il devient acad\u00e9micien en 1830, \u00e0 quarante ans. Lors de la r\u00e9volution de Juillet, il a le m\u00eame r\u00e9flexe que Chateaubriand : fid\u00e9lit\u00e9 aux Bourbons, d\u00e9go\u00fbt du r\u00e9gime de Charles X qui s&rsquo;ach\u00e8ve dans la d\u00e9confiture, et r\u00e9signation devant l&rsquo;arriv\u00e9e au pouvoir de Louis-Philippe, pis-aller qui fait rempart \u00e0 une R\u00e9publique encore terrifiante.<\/p>\n<p>Il se pr\u00e9sente aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de 1831 et \u00e9choue de peu. Il \u00e9crit cette ann\u00e9e-l\u00e0 Sur la politique rationnelle, qui pr\u00f4ne la libert\u00e9 de la presse, l&rsquo;enseignement libre, le suffrage universel&#8230; et qui passe inaper\u00e7u. Il entreprend un voyage longtemps r\u00eav\u00e9 en Orient, o\u00f9 il perd sa fille (un premier enfant \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9c\u00e9d\u00e9) et entreprend d&rsquo;\u00e9crire <em>Jocelyn<\/em>.<\/p>\n<p>En 1833, le voil\u00e0 \u00e9lu d\u00e9put\u00e9, ni royaliste, ni lib\u00e9ral, ni socialiste : au milieu &#8211; ou, mieux, au-dessus &#8211; de tout cela. Ses d\u00e9buts d&rsquo;orateur sont p\u00e9nibles. Il est \u00e0 la Chambre comme&#8230; un po\u00e8te qui lit ses \u0153uvres. Lorsqu&rsquo;il se r\u00e9soud \u00e0 laisser ses papiers pour improviser, il gagne en \u00e9loquence. Sa haute taille, sa voix qui porte, son visage fin impressionnent et il devient \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1830 la vedette de l&rsquo;assembl\u00e9e. C&rsquo;est lui qui l\u00e2che en 1838 : <em>\u00ab\u00a0La France s&rsquo;ennuie\u00a0\u00bb<\/em>. Contre la peine de mort, pour des mesures sociales, contre la guerre, ses positions irritent Louis-Philippe autant que les lib\u00e9raux. En 1840, Lamartine refuse d&rsquo;\u00eatre ministre de Guizot (que la r\u00e9volution de 1848 balaiera). Le d\u00e9but des ann\u00e9es 1840 clarifie les choses : Lamartine est r\u00e9publicain, m\u00eame s&rsquo;il reste ind\u00e9pendant des partis. Son <em>Histoire des Girondins<\/em> explique que, si l&rsquo;id\u00e9e r\u00e9publicaine s&rsquo;est bris\u00e9e sur la violence des ann\u00e9es post-r\u00e9volutionnaire de 1789 et de la Terreur, elle peut et doit rena\u00eetre dans la fraternit\u00e9.<\/p>\n<p>Reste que, en politique comme ailleurs, il conna\u00eet des bas d&rsquo;autant plus douloureux que les hauts \u00e9taient vraiment hauts.<\/p>\n<p>En \u00e9conomie familiale tout d&rsquo;abord : pi\u00e8tre exploitant viticole et propri\u00e9taire terrien croulant sous le poids des charges et des ch\u00e2teaux \u00e0 entretenir, il termine sa vie ruin\u00e9, \u00e0 payer ses dettes en \u00e9crivant sa grande <em>Histoire des Girondins<\/em>, attaqu\u00e9e en 1843 et publi\u00e9e en 1847, son succ\u00e8s le devant plus \u00e0 sa beaut\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 son exactitude historique. En po\u00e9sie ensuite, o\u00f9 il est entr\u00e9 avec \u00e9clat avec ses royalistes et catholiques <em>M\u00e9ditations po\u00e9tiques<\/em> en 1820, o\u00f9 il survit encore avec le succ\u00e8s de <em>Jocelyn<\/em> en 1836, et o\u00f9 il \u00e9choue avec l&rsquo;\u00e9chec de <em>La Chute d&rsquo;un ange<\/em> en 1838.<\/p>\n<p>En politique enfin o\u00f9, h\u00e9raut de la R\u00e9publique et du suffrage universel en f\u00e9vrier 1848, il est mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart apr\u00e8s les nouvelles \u00e9meutes de juin, et apr\u00e8s quelques semaines en tant que ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res perdant peu \u00e0 peu son cr\u00e9dit par trop de prudence \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur et trop peu de r\u00e9sistance face aux notables et aux conservateurs \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. Il a sans doute commis l&rsquo;erreur de ne pas prendre sa retraite politique fin 1848. Ses adversaires et la presse ne manquent pas de s&rsquo;acharner sur lui. Mais il veut rester sur le devant de la sc\u00e8ne, en grande partie pour continuer \u00e0 vendre son th\u00e9\u00e2tre, sa prose et sa po\u00e9sie, uniques moyens de survivre \u00e0 ses d\u00e9sastres financiers.<\/p>\n<p>Ses principales adresses parisiennes :<br \/>\n&#8211; 34 rue Saint-Augustin, dans l&rsquo;h\u00f4tel du duc de Richelieu, en 1819,<br \/>\n&#8211; 16 rue Saint-Guillaume, en 1836,<br \/>\n&#8211; entre 1837 et 1853, 82 rue de l&rsquo;Universit\u00e9, dans le bel immeuble que l&rsquo;on voit encore aujourd&rsquo;hui, o\u00f9 il re\u00e7oit ses coll\u00e8gues d\u00e9put\u00e9s ainsi que ses \u00e9lecteurs, et o\u00f9 il est acclam\u00e9 par le peuple parisien en 1848 (plaque),<br \/>\n&#8211; 4 rue de Tournon, dans l&rsquo;h\u00f4tel de Montmorency, en 1848,<br \/>\n&#8211; Rue de la Ville-l&rsquo;Ev\u00eaque (devenue rue Cambac\u00e9r\u00e8s) \u00e0 partir de 1853.<\/p>\n<p><em>Petite bibliographie<\/em><\/p>\n<p><em>Les Voix de la libert\u00e9<\/em>. Michel Winock, Seuil, 2000.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0On dirait que le g\u00e9nie des hommes politiques ne consiste qu&rsquo;en une chose : \u00e0 se poser l\u00e0, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1309,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[42,29,31,43],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=105"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4207,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/105\/revisions\/4207"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1309"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=105"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=105"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=105"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}