{"id":106,"date":"2003-08-28T09:37:28","date_gmt":"2003-08-28T07:37:28","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/felicite-lamennais\/"},"modified":"2021-06-25T20:28:57","modified_gmt":"2021-06-25T18:28:57","slug":"felicite-lamennais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/felicite-lamennais\/","title":{"rendered":"F\u00e9licit\u00e9 LAMENNAIS"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1310\" aria-describedby=\"caption-attachment-1310\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1310\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_lamennais-2.jpg\" alt=\"70 rue des Archives \u00e0 Paris.\" title=\"70 rue des Archives \u00e0 Paris.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"310\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_lamennais-2.jpg 310w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_lamennais-2-227x300.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 310px) 94vw, 310px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1310\" class=\"wp-caption-text\">70 rue des Archives \u00e0 Paris.<\/figcaption><\/figure>\n<div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0Demander le salut au pass\u00e9, c&rsquo;est chercher la vie dans les tombeaux. Notre gouvernement en est l\u00e0 ; il croit que reculer, c&rsquo;est vivre. La question telle qu&rsquo;il l&rsquo;a pos\u00e9e nous place entre la R\u00e9publique et l&rsquo;arbitraire de cour ; \u00e0 tout prendre, j&rsquo;aime mieux la premi\u00e8re, parce que j&rsquo;aime mieux la fi\u00e8vre que la mort, ou la paralysie qui y m\u00e8ne.\u00a0\u00bb<\/i><br \/>\nLamennais, lettre du 27 mars 1830.<\/b><\/div>\n<p><\/html><\/p>\n<p>Lamennais est au d\u00e9part un Chateaubriand bis : breton, romantique (avant l&rsquo;heure), catholique, royaliste.<br \/>\nA l&rsquo;arriv\u00e9e, ils n&rsquo;ont plus en commun que leurs racines bretonnes, leur religion et l&rsquo;amiti\u00e9 qui continue de les lier malgr\u00e9 tout. L&rsquo;abb\u00e9 a vir\u00e9 au socialisme et le romantisme n&rsquo;est plus vraiment son souci. Il a le m\u00eame itin\u00e9raire politique atypique que Dumas et Hugo &#8211; dont il est directeur de conscience \u00e0 partir de 1821 &#8211; mais en plus radical : Lamennais va de l&rsquo;ultraroyalisme \u00e0 un socialisme plus marqu\u00e9 et plus pr\u00e9coce que ses coll\u00e8gues. Il est ainsi l&rsquo;un des rares \u00e0 dire apr\u00e8s la r\u00e9volution de juin 1848 que la toute jeune R\u00e9publique s&rsquo;est reni\u00e9e en r\u00e9primant la r\u00e9volte des ouvriers parisiens.<br \/>\n<br \/>Des partis et des amiti\u00e9s politiques, il est plus libre que Chateaubriand, Dumas et m\u00eame Hugo qui entretiennent longtemps des relations avec une branche ou l&rsquo;autre de la famille royale. Le seul ami de Lamennais, c&rsquo;est Dieu, qui n&rsquo;est plus, depuis 1789, le grand ami des rois.<\/p>\n<p>&#8211; F\u00e9licit\u00e9 de La Mennais na\u00eet en 1782 \u00e0 Saint-Malo, 5 rue Saint-Vincent.<br \/>\n&#8211; Il s\u00e9journe dans ses jeunes ann\u00e9es au ch\u00e2teau des Corbi\u00e8res pr\u00e8s de Saint-Servan et au manoir de Pr\u00e9val \u00e0 Dinan. Il \u00e9tudie au s\u00e9minaire de Saint-Brieuc.<br \/>\n&#8211; On le retrouve \u00e0 Paris en 1815, dans une d\u00e9pendance du couvent des Feuillantines 8 \u00e0 12 rue des Feuillantines (ex-impasse), peu de temps apr\u00e8s que le jeune Victor Hugo y ait demeur\u00e9 avec sa m\u00e8re et son fr\u00e8re. Il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre cette ann\u00e9e-l\u00e0 et devient c\u00e9l\u00e8bre deux ans plus tard avec son contre-r\u00e9volutionnaire Essai sur l&rsquo;indiff\u00e9rence en mati\u00e8re de religion, dont l&rsquo;originalit\u00e9 d\u00e9range Rome et l&rsquo;Eglise de France.<br \/>\n<br \/>Il collabore en 1818-20 au <em>Conservateur<\/em> fond\u00e9 par Chateaubriand (qui cesse de para\u00eetre lorsque la censure est r\u00e9tablie en mars 1820). Il fonde lui-m\u00eame Le D\u00e9fenseur en 1820 avec Louis de Bonald. Lamartine et Nodier y collaborent.<br \/>\n<br \/>Pourquoi s&rsquo;arr\u00eater ? En 1825, La Mennais fonde la congr\u00e9gation de Saint-Pierre, bas\u00e9e au ch\u00e2teau de La Ch\u00eanaie entre Dinan et Combourg. En 1829, sa rupture avec la monarchie de Charles X, dont il d\u00e9nonce depuis longtemps les compromissions religieuses, est consomm\u00e9e. Il penche pour un lib\u00e9ralisme catholique. Celui-ci n&rsquo;existe pas ? Il va l&rsquo;inventer ! Les Trois Glorieuses de juillet 1830 font de lui un r\u00e9publicain convaincu, et le voil\u00e0 \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un nouveau journal, <em>L&rsquo;Avenir<\/em>, dont les bureaux s&rsquo;ouvrent 5 rue des Beaux-Arts en octobre 1830. Henri Lacordaire, un jeune dominicain, y collabore bient\u00f4t.<br \/>\n<br \/><em>L&rsquo;Avenir<\/em> pr\u00f4ne toutes les libert\u00e9s : la libert\u00e9 politique, la libert\u00e9 de l&rsquo;enseignement (Lacordaire fonde une \u00e9cole libre 3 bis rue des Beaux-Arts en 1831), la libert\u00e9 de conscience qui passe par &#8211; revendication qui a soixante-dix ans d&rsquo;avance ! &#8211; la s\u00e9paration de l&rsquo;Eglise et de l&rsquo;Etat ; la libert\u00e9 des peuples de s&rsquo;affranchir des r\u00e9gimes oppresseurs. Toutes ces libert\u00e9s sont clairement condamn\u00e9es par le pape Gr\u00e9goire XVI en 1832. <em>L&rsquo;Avenir<\/em> cesse de para\u00eetre. La Mennais quitte sa particule et devient Lamennais par souci d\u00e9mocratique.<br \/>\n&#8211; Ses <em>Paroles d&rsquo;un croyant<\/em> (<em>\u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9vangile de l&rsquo;insurrection\u00a0\u00bb<\/em>, dit Lamartine) signent en 1834 sa r\u00e9bellion contre l&rsquo;Eglise de Rome. D\u00e9muni, il trouve refuge chez Chateaubriand, son compatriote breton rest\u00e9 fid\u00e8le malgr\u00e9 leurs divergences d&rsquo;opinion, qui l&rsquo;h\u00e9berge quelque temps 120 rue du Bac.<br \/>\n&#8211; En 1841, voil\u00e0 Lamennais emprisonn\u00e9 \u00e0 Sainte-P\u00e9lagie, accus\u00e9 de conspiration et condamn\u00e9 malgr\u00e9 le soutien de Chateaubriand et de George Sand, tr\u00e8s impressionn\u00e9e par son engagement politique.<br \/>\n&#8211; Il demeure ensuite 12 rue du Grand-Chantre (devenue depuis une partie de la rue des Archives). Elu d\u00e9put\u00e9 apr\u00e8s la r\u00e9volution, en avril 1848, il d\u00e9missionne de son mandat en mai, d\u00e9\u00e7u par le comportement de certains confr\u00e8res qui s&rsquo;opposent en particulier aux libert\u00e9s locales.<br \/>\n&#8211; Apr\u00e8s les journ\u00e9es r\u00e9volutionnaires de juin 1848, il saborde son journal <em>Le Peuple constituant<\/em>, consid\u00e9rant que la r\u00e9pression qui a suivi ces journ\u00e9es fait honte \u00e0 la R\u00e9publique, et \u00e9tant un des seuls avec Proudhon, Consid\u00e9rant et Pierre Leroux \u00e0 le dire haut et fort. Dans le dernier num\u00e9ro de son journal, le 11 juillet 1848, il donne son interpr\u00e9tation des restrictions que la R\u00e9publique impose de nouveau \u00e0 la presse : <em>\u00ab\u00a0Silence aux pauvres !\u00a0\u00bb<\/em>.<br \/>\n&#8211; Ses autres adresses parisiennes sont le 33 galerie Montpensier en 1852, le 13 rue Tronchet et le 70 rue des Archives, o\u00f9 il d\u00e9c\u00e8de en 1854 (plaque). Le 1er mars 1854, il est enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re du P\u00e8re-Lachaise. Il a refus\u00e9 des obs\u00e8ques religieuses. Des ouvriers et la Marseillaise accompagnent son cercueil.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><\/p>\n<p>En Bretagne :<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/francois-rene-de-chateaubriand\/\">Chateaubriand<\/a> \u00e0 Saint-Malo, Planco\u00ebt, Dol, Combourg&#8230;<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/31\/auguste-villiers-de-lisle-adam-en-bretagne-et-a-paris\/\">Villiers de l&rsquo;Isle-Adam<\/a> \u00e0 Saint-Brieuc, Lannion, Tr\u00e9guier, Rennes&#8230;<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/louis-guilloux\/\">Louis Guilloux<\/a> et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/alfred-jarry\/\">Alfred Jarry<\/a> \u00e0 Saint-Brieuc,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/pierre-loti-a-paimpol\/\">Pierre Loti<\/a> \u00e0 Paimpol,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/joseph-conrad-a-lannion-et-lile-grande\/\">Joseph Conrad<\/a> \u00e0 Lannion-L&rsquo;Ile Grande,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/thomas-edward-lawrence-en-bretagne-et-a-paris\/\">T. E. Lawrence<\/a> \u00e0 Dinard,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/pierre-mac-orlan\/\">Pierre Mac Orlan<\/a> et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/paul-feval\/\">Paul F\u00e9val<\/a> \u00e0 Rennes,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/colette\/\">Colette<\/a> \u00e0 Rozven (\u00ab\u00a0la rose des vents\u00a0\u00bb), \u00e0 Saint-Coulomb pr\u00e8s de Saint-Malo.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Les Voix de la libert\u00e9<\/em>. Michel Winock, Seuil, 2000.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1311\" aria-describedby=\"caption-attachment-1311\" style=\"width: 480px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1311\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Lamennais450.jpg\" alt=\"Le ch\u00e2teau de La Ch\u00eanaie, \u00e0 Plesder pr\u00e8s de Dinan\" title=\"Le ch\u00e2teau de La Ch\u00eanaie, \u00e0 Plesder pr\u00e8s de Dinan\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"480\" height=\"368\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Lamennais450.jpg 480w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Lamennais450-300x230.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 480px) 94vw, 480px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1311\" class=\"wp-caption-text\">Le ch\u00e2teau de La Ch\u00eanaie, \u00e0 Plesder pr\u00e8s de Dinan<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Demander le salut au pass\u00e9, c&rsquo;est chercher la vie dans les tombeaux. 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