{"id":118,"date":"2003-08-28T11:34:38","date_gmt":"2003-08-28T09:34:38","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/"},"modified":"2025-02-12T20:11:57","modified_gmt":"2025-02-12T19:11:57","slug":"andre-malraux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/andre-malraux\/","title":{"rendered":"Andr\u00e9 MALRAUX \u00e0 Bondy, Paris, Boulogne, Verri\u00e8res"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1333\" aria-describedby=\"caption-attachment-1333\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1333\" title=\"44 rue du Bac \u00e0 Paris.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_malraux.jpg\" alt=\"44 rue du Bac \u00e0 Paris.\" width=\"410\" height=\"310\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_malraux.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_malraux-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1333\" class=\"wp-caption-text\">44 rue du Bac \u00e0 Paris.<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00ab\u00a0Le point faible de Malraux, c&rsquo;est son m\u00e9pris de l&rsquo;homme &#8211; cette id\u00e9e qu&rsquo;on peut entonner n&rsquo;importe quoi aux bip\u00e8des qui l&rsquo;\u00e9coutent bouche b\u00e9e. Quoi qu&rsquo;il ait racont\u00e9 de lui, nous ne l&rsquo;avons jamais cru tout \u00e0 fait\u00a0\u00bb (Fran\u00e7ois Mauriac, cit\u00e9 dans <em>Andr\u00e9 Malraux, une vie<\/em>, d&rsquo;Olivier Todd).<\/p>\n<p>Pour entrer dans la l\u00e9gende, il faut y mettre les moyens. Malraux aura pass\u00e9 toute sa vie \u00e0 mettre les moyens, avec un certain succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Il est le Chateaubriand du XXe si\u00e8cle &#8211; le vicomte fait d&rsquo;ailleurs partie du panth\u00e9on du jeune Andr\u00e9, aux c\u00f4t\u00e9s de Dumas, Hugo, Lamartine, Michelet.<\/p>\n<p>M\u00eame enfance entour\u00e9e de femmes, m\u00eame scolarit\u00e9 atypique, m\u00eames ambition, \u00e9gocentrisme et facult\u00e9 d&rsquo;inventer des rencontres impossibles (Washington pour Chateaubriand, Lawrence d&rsquo;Arabie pour Malraux), m\u00eame go\u00fbt pour le voyage et l&rsquo;aventure, m\u00eame parcours politique original (dans une sorte d&rsquo;opposition permanente pour l&rsquo;un ; du communisme au gaullisme pour l&rsquo;autre) n\u00e9 d&rsquo;une vision litt\u00e9raire de la politique, avec un penchant d&rsquo;Andr\u00e9 que n&rsquo;avait pas Fran\u00e7ois-Ren\u00e9 pour l&rsquo;action les armes \u00e0 la main, pour l&rsquo;art et pour l&rsquo;extr\u00eame-orient, et certainement plus d&rsquo;aisance du premier \u00e0 l&rsquo;oral, usant \u00e0 l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;une tactique qui impressionne auditeurs et lecteurs : la m\u00e9thode apophatique, qui d\u00e9finit les choses par ce qu&rsquo;elles ne sont pas&#8230; (ce qui \u00e9vite d&rsquo;avoir \u00e0 dire ce qu&rsquo;elles sont).<\/p>\n<p>Une autre chose les diff\u00e9rencie et les oppose m\u00eame : leur rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture. Celle-ci n&rsquo;est qu&rsquo;un moyen de faire passer des messages pour Malraux (qui n&rsquo;\u00e9crit plus de romans apr\u00e8s <em>L&rsquo;Espoir<\/em> en 1937, leur pr\u00e9f\u00e9rant l&rsquo;essai, les m\u00e9moires, les discours et, pendant un temps, le cin\u00e9ma, supports qui vont plus droit au but).<br \/>\nChateaubriand, lui, accorde de l&rsquo;importance \u00e0 ses mots, \u00e0 tel point qu&rsquo;il r\u00e9volutionne la litt\u00e9rature et donne naissance au romantisme (ainsi, Thomas Clerc, dans son article \u00ab\u00a0Malraux et ses mythes\u00a0\u00bb, <em>Le Monde<\/em>, 21 novembre 2001, reproche \u00e0 Malraux de n&rsquo;avoir consid\u00e9r\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture que comme un moyen de pr\u00e9senter des d\u00e9bats d&rsquo;id\u00e9es souvent na\u00effs).<\/p>\n<p>Essayons de suivre un peu Malraux dans ses aventures.<\/p>\n<p>&#8211; Andr\u00e9 na\u00eet en 1901 et vit ses premiers mois 53 rue Damr\u00e9mont \u00e0 Paris.<br \/>\n&#8211; Vers 1903, Madame Malraux d\u00e9m\u00e9nage 16 rue de gare \u00e0 Bondy, son mari ayant quitt\u00e9 le domicile. L\u00e0, elle ouvre une confiserie.<br \/>\n&#8211; Apr\u00e8s la guerre, Andr\u00e9 s&rsquo;installe avenue Rachel \u00e0 Montmartre. Ses deux centres d&rsquo;int\u00e9r\u00eat sont d\u00e9j\u00e0 ceux qui le poursuivront jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort : les livres rares et les objets d&rsquo;art, et l&rsquo;\u00e9criture et la critique litt\u00e9raire. Avec ses amis Pascal Pia et Louis Chevasson, il d\u00eene souvent chez Larue (le restaurant de Marcel Proust, quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, 3 place de la Madeleine) et fr\u00e9quente le Lapin agile et le Moulin rouge.<\/p>\n<p>En pleine p\u00e9riode dada\u00efste et surr\u00e9aliste, il poursuit son propre chemin.<br \/>\nUn peu plus tard, il loue une chambre \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Lut\u00e9tia, boulevard Raspail.<br \/>\n&#8211; D\u00e9but 1924, une campagne d&rsquo;opinion obtient sa lib\u00e9ration, apr\u00e8s qu&rsquo;il ait d\u00e9rob\u00e9, avec Clara (\u00e9pous\u00e9e fin 1921) et Chevasson, des fragments d&rsquo;un temple cambodgien.<\/p>\n<p>De retour d&rsquo;Indochine fin 1924, Andr\u00e9 et Clara vivent quelques jours 39 boulevard Edgar Quinet \u00e0 Paris, avant de repartir en Indochine en janvier 25 fonder un journal.<br \/>\n&#8211; De retour d&rsquo;Indochine \u00e0 nouveau, ils emm\u00e9nagent 122 boulevard Murat d\u00e9but 1926. <em>La Tentation de l&rsquo;Occident<\/em> para\u00eet bient\u00f4t chez Grasset. Malraux est engag\u00e9 comme directeur artistique chez Gallimard, o\u00f9 il va c\u00f4toyer Gide, Paulhan&#8230; Fin 1930, son p\u00e8re se suicide.<br \/>\n&#8211; En 1932, l&rsquo;adresse des Malraux devient 44 rue du Bac (plaque). C&rsquo;est ici qu&rsquo;il compose une partie de <em>La Condition humaine<\/em> (prix Goncourt 1933) et que, le 22 juillet 1936, il rassemble L\u00e9o Lagrange, Ilya Ehrenbourg et d&rsquo;autres avant de d\u00e9coller quelques heures plus tard vers l&rsquo;Espagne, o\u00f9 la guerre civile vient d&rsquo;\u00e9clater.<br \/>\n&#8211; Entretemps, Andr\u00e9 a rencontr\u00e9 Josette Clotis, qui demeure en 1933 h\u00f4tel du Pont-Royal, puis h\u00f4tel du Palais d&rsquo;Orsay, puis \u00e0 l&rsquo;Elys\u00e9e Parc H\u00f4tel en 1936 et \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel du Louvre, puis 9 rue Berlioz et \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Royal Versailles, rue de Marois.<\/p>\n<p>Entre deux missions en Espagne, il \u00e9crit <em>L&rsquo;Espoir<\/em> dans un chalet \u00e0 Vernet-les-Bains (entre autres \u00e0 <a href=\"https:\/\/pop.culture.gouv.fr\/notice\/merimee\/IA66003338\">l&rsquo;h\u00f4tel Alexandra<\/a> route de Casteil, aujourd&rsquo;hui abandonn\u00e9), pr\u00e8s de Perpignan.<br \/>\n&#8211; Il passe l&rsquo;hiver 1937 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Madison, boulevard Saint-Germain. Josette Clotis est \u00e0 deux pas, au Royal Cond\u00e9.<br \/>\n&#8211; En janvier 1941, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre engag\u00e9 volontaire en 1940, fra\u00eechement \u00e9vad\u00e9 (une \u00e9vasion \u00ab\u00a0confortable\u00a0\u00bb, comme il le dit lui-m\u00eame), Malraux s&rsquo;installe avec Josette et leur fils \u00e0 Roquebrune-Cap-Martin, dans la villa La Souco pr\u00eat\u00e9e par la traductrice anglaise de Gide. Ils y demeurent jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;automne 1942, avec un interm\u00e8de mi-41 \u00e0 la villa Les Cam\u00e9lias \u00e0 Cap-d&rsquo;Ail. Il aimerait \u00e9crire une biographie de Lawrence d&rsquo;Arabie, mais le projet n&rsquo;aboutira pas.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 Pascal Pia, il commence \u00e0 correspondre avec un jeune inconnu, Albert Camus, dont il va appuyer les premi\u00e8res \u0153uvres.<br \/>\n&#8211; Voil\u00e0 ensuite les Malraux \u00e0 Saint-Chamand pr\u00e8s de Brive, o\u00f9 Malraux loue un petit ch\u00e2teau.<\/p>\n<p>Lorsque ses deux fr\u00e8res Claude et Roland, engag\u00e9s dans la R\u00e9sistance, sont arr\u00eat\u00e9s en mars 1944, il passe \u00e0 l&rsquo;action. Il quitte le ch\u00e2teau de Saint-Chamand pour celui de Castelnaud, puis pour Limeuil, puis le ch\u00e2teau de La Vitrolle. Sous le nom de colonel Berger, il se donne des galons dans les maquis de Dordogne et de Corr\u00e8ze.<\/p>\n<p>En juillet, il est arr\u00eat\u00e9 par les allemands, atterrit \u00e0 la prison Saint-Michel de Toulouse et est lib\u00e9r\u00e9 le 19 ao\u00fbt quand les allemands \u00e9vacuent la ville.<br \/>\nEn septembre, il retrouve le g\u00e9n\u00e9ral de Lattre de Tassigny \u00e0 son QG, l&rsquo;h\u00f4tel de la Cloche \u00e0 Dijon. Le 12 novembre, Josette d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Saint-Chamand, \u00e9cras\u00e9e par un train (Malraux perdra \u00e9galement ses deux fils dans un accident de voiture, le 23 mai 1961).<\/p>\n<p>Il a pris la t\u00eate de la brigade \u00ab Alsace-Lorraine \u00bb. Ses faits d&rsquo;armes rach\u00e8tent la fausse gloire militaire de Fernand Malraux, son p\u00e8re.<br \/>\n&#8211; Il emm\u00e9nage en 1945 19 bis avenue Victor Hugo \u00e0 Boulogne. Clara et leur fille Florence s&rsquo;installent 17 rue Berthollet \u00e0 Paris. Sa rencontre avec le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle l&rsquo;implique rapidement dans la vie politique. Premier ministre, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, comme Chateaubriand ? Non. En 1959, un minist\u00e8re se cr\u00e9e pour lui, celui des Affaires culturelles.<br \/>\n&#8211; En 1962, de Gaulle lui propose d&rsquo;occuper le pavillon de La Lanterne, dans le parc du ch\u00e2teau de Versailles. Cela le rapproche d&rsquo;une ancienne connaissance : Louise de Vilmorin, qui vit dans son ch\u00e2teau de Verri\u00e8res (2 rue Estienne-d&rsquo;Orves).<\/p>\n<p>En 1969, elle l&rsquo;invite \u00e0 s&rsquo;installer dans un appartement du ch\u00e2teau (elle y d\u00e9c\u00e8de le 26 d\u00e9cembre).<br \/>\nIl ach\u00e8te bient\u00f4t un duplex rue de Montpensier, non loin du minist\u00e8re qu&rsquo;il quitte cette ann\u00e9e-l\u00e0, avec le d\u00e9part des affaires du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle.<\/p>\n<p>Ses derni\u00e8res ann\u00e9es sont celles de l&rsquo;\u00e9criture de ses <em>Antim\u00e9moires<\/em>&#8230; d&rsquo;outre-tombe.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 lire : <\/strong><em>Andr\u00e9 Malraux, une vie<\/em>. Olivier Todd. Folio n\u00b03732.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Le point faible de Malraux, c&rsquo;est son m\u00e9pris de l&rsquo;homme &#8211; cette id\u00e9e qu&rsquo;on peut entonner n&rsquo;importe quoi [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1333,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,23,29],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=118"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5993,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/118\/revisions\/5993"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1333"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=118"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=118"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=118"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}