{"id":127,"date":"2003-08-28T11:48:26","date_gmt":"2003-08-28T09:48:26","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/jules-michelet\/"},"modified":"2003-08-28T11:48:26","modified_gmt":"2003-08-28T09:48:26","slug":"jules-michelet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/jules-michelet\/","title":{"rendered":"Jules MICHELET"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1342\" aria-describedby=\"caption-attachment-1342\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1342\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_michel.jpg\" alt=\"Le ch\u00e2teau de Vascoeuil.\" title=\"Le ch\u00e2teau de Vascoeuil.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"410\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_michel.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_michel-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1342\" class=\"wp-caption-text\">Le ch\u00e2teau de Vascoeuil.<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00ab\u00a0En octobre 1830, c&rsquo;est-\u00e0-dire deux mois juste apr\u00e8s la R\u00e9volution de Juillet, j&rsquo;\u00e9crivis et bient\u00f4t lan\u00e7ai un petit livre, Introduction \u00e0 l&rsquo;Histoire Universelle.<br \/>\nJ&rsquo;y arrachais l&rsquo;histoire du fatalisme.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Michelet.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je suis utopiste et vous \u00eates r\u00e9formateur.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>George Sand \u00e0 Michelet, 1er avril 1845.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le seul romantique aura \u00e9t\u00e9 le p\u00e8re Michelet.<br \/>\nQuel sillon il laissera ! Que d&rsquo;id\u00e9es, que d&rsquo;aper\u00e7us !&#8230;<br \/>\nEnfin, je l&rsquo;aime.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Gustave Flaubert, <em>Correspondance<\/em>, novembre 1864.<\/p>\n<p>C&rsquo;est, on peut dire, la r\u00e9volution de 1830 qui d\u00e9cide de la vocation de Michelet.<br \/>\n<br \/>Et c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9crasement de la Commune de Paris qui, le 22 mai 1871 \u00e0 Florence, provoque une attaque qui aura finalement raison de sa sant\u00e9, le 9 f\u00e9vrier 1874 \u00e0 Hy\u00e8res.<br \/>\nEntre deux, l&rsquo;Histoire est, pour lui, <em>\u00ab\u00a0la victoire successive de la libert\u00e9 humaine sur la fatalit\u00e9 de la nature.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>C&rsquo;est l&rsquo;aventure romantique du Peuple \u00e0 travers les \u00e2ges et les r\u00e9volutions. <\/p>\n<p>&#8211;\tJules Michelet na\u00eet en 1798 dans une chapelle d\u00e9saffect\u00e9e situ\u00e9e au croisement de la rue de Tracy (n\u00b014) et de la rue Saint-Denis, dans le quartier des Halles. Son p\u00e8re est un petit imprimeur bas\u00e9 6 rue des Bons-Enfants. La vie est dure et la famille d\u00e9m\u00e9nage souvent : de 1800 \u00e0 1802 rue Montmartre, rue du Jour, rue Fran\u00e7aise ; en 1808 10 rue des Saints-P\u00e8res ; en 1809 boulevard Saint-Martin ; en 1811 rue Notre-Dame de Nazareth (cette ann\u00e9e-l\u00e0, les affaires n&rsquo;\u00e9tant plus ce qu&rsquo;elles n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9, Monsieur Michelet ferme boutique) ; en 1812 rue du Car\u00eame-Prenant ; en 1813 rue de P\u00e9rigueux, o\u00f9 meurt Madame Michelet en 1814.<br \/>\n&#8211;\tSon p\u00e8re \u00e9tant devenu g\u00e9rant en cette m\u00eame ann\u00e9e d&rsquo;une maison de sant\u00e9 situ\u00e9e 7 rue de Buffon pr\u00e8s du Jardin des Plantes, Jules \u00e9tudie au coll\u00e8ge Charlemagne (\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, on n&rsquo;enseigne pas l&rsquo;histoire ; elle est abord\u00e9e \u00e0 travers la philosophie et les lettres).<br \/>\n&#8211;\tLa maison de sant\u00e9 ferme ses portes en 1818, et les Michelet migrent vers le 49 rue de la Roquette, o\u00f9 ils demeurent jusqu&rsquo;\u00e0 1828.<br \/>\n<br \/>Depuis 1821, Michelet est professeur suppl\u00e9ant \u00e0 Charlemagne. D\u00e8s 1827, il est charg\u00e9 d&rsquo;enseigner la philosophie et l&rsquo;histoire \u00e0 l&rsquo;Ecole Normale.<br \/>\n&#8211;\tEn 1830, il est nomm\u00e9 par Guizot, alors ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, chef de la section historique des Archives Nationales (qu&rsquo;il ne quittera qu&rsquo;en 1852).<br \/>\n<br \/>Il vient de publier un <em>Pr\u00e9cis d&rsquo;histoire moderne<\/em> et les <em>Principes de la philosophie<\/em> de Vico, \u00e0 qui il emprunte l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;humanit\u00e9 se cr\u00e9e elle-m\u00eame.<br \/>\n&#8211;\tEn 1833 &#8211; deux ans apr\u00e8s la parution du moyen-\u00e2geux <em>Notre-Dame de Paris<\/em> et ann\u00e9e de parution du <em>M\u00e9decin de Campagne<\/em> &#8211; paraissent les deux premiers tomes (qui vont jusqu&rsquo;en 1270 -il y en aura vingt et un autres) de son <em>Histoire de France<\/em>. Dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, il lui arrive de lire plusieurs ouvrages par jour. Pour en lire certains dans le texte, il a appris l&rsquo;allemand et l&rsquo;italien.<br \/>\n<br \/>En 1838, il obtient une chaire d&rsquo;histoire et de morale au Coll\u00e8ge de France.<br \/>\n&#8211;\tMichelet vient de perdre sa femme en 1839 lorsqu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9prend de la m\u00e8re d&rsquo;un de ses \u00e9l\u00e8ves, Alfred Poullain-Dumesnil. Madame Poullain-Dumesnil, propri\u00e9taire du ch\u00e2teau de Vascoeuil, d\u00e9c\u00e8de en 1842 chez l&rsquo;historien 10 rue des Postes (devenue rue Lhomond), o\u00f9 elle s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9e pour se soigner. Mais Michelet continue d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;h\u00f4te de Vascoeuil, Alfred devenant bient\u00f4t son gendre.<br \/>\n\u00c0 Vascoeuil, son esprit est stimul\u00e9 par \u00ab\u00a0la tendre lumi\u00e8re des cieux vaporeux de Normandie\u00a0\u00bb (Jacques Rueff).<br \/>\n&#8211;\tEn 1843, au Coll\u00e8ge de France, il d\u00e9clenche la pol\u00e9mique par son cours sur les j\u00e9suites, qu&rsquo;il rend responsable de la st\u00e9rilit\u00e9 intellectuelle et morale du pays. Edgar Quinet et Adam Mickiewicz, dans leurs cours respectifs, d\u00e9veloppent des id\u00e9es proches. La presse prend le relais et l&rsquo;opinion s&rsquo;enflamme pour ou contre.<br \/>\nLes cours des deux derniers sont suspendus en 1845, celui de Michelet en 1848.<br \/>\n&#8211;\tEn 1846, ann\u00e9e de la mort de son p\u00e8re, il publie <em>Le Peuple<\/em>, oeuvre en partie autobiographique compos\u00e9e \u00e0 Vascoeuil.<br \/>\n<br \/>Alors que Lamartine publie en 1847 son <em>Histoire des Girondins<\/em>, Michelet travaille \u00e0 son <em>Histoire de la R\u00e9volution<\/em> et interroge les t\u00e9moins survivants.<br \/>\n&#8211;\tDans ces ann\u00e9es-l\u00e0, il habite 45 rue de Villiers, devenue depuis rue Guersant. On peut le trouver aussi dans le salon de Marie d&rsquo;Agoult, rue Neuve-des-Mathurins, aux c\u00f4t\u00e9s de Lamennais, Tocqueville, Mickiewicz, Tourgueniev, Renan et d&rsquo;autres.<br \/>\n<br \/>Apr\u00e8s la r\u00e9volution de f\u00e9vrier 1848, il con\u00e7oit son r\u00f4le davantage comme celui d&rsquo;un \u00e9ducateur qui initie le peuple \u00e0 la R\u00e9publique, plut\u00f4t que comme d&rsquo;un acteur politique. Comme Quinet, il reprend en mars son cours au Coll\u00e8ge de France. La r\u00e9volution de juin ne le surprend pas tout \u00e0 fait. Sa r\u00e9pression le brise. <em>\u00ab Que la m\u00e9moire de ce jour soit abolie \u00bb<\/em>, \u00e9crit-il dans son journal le 23 juin. En juillet, il abandonne ses aspirations \u00e9ducatrices et se replonge dans l&rsquo;<em>Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em>, qui para\u00eet en 7 volumes entre 1847 et 1853.<br \/>\n&#8211;\tLe coup d&rsquo;\u00c9tat de d\u00e9cembre 1851 le chasse \u00e0 nouveau du Coll\u00e8ge de France, o\u00f9 ses cours avaient repris (laissant orphelins ses nombreux auditeurs, parmi lesquels \u00c9mile Erckmann). Michelet est bient\u00f4t \u00e9galement destitu\u00e9 de son poste aux Archives. Il part pour Nantes.<br \/>\n&#8211;\tIl revient \u00e0 Paris en 1854 (44 rue de l&rsquo;Ouest &#8211; devenu 76 rue d&rsquo;Assas) et poursuit sous l&rsquo;Empire l&rsquo;\u00e9criture de son <em>Histoire de France<\/em>, sur laquelle plane l&rsquo;\u00e9chec de la r\u00e9volution, et d&rsquo;ouvrages de sciences naturelles.<br \/>\n<br \/>Ultime retomb\u00e9e de juin 1848 : il confie dans <em>Nos Fils<\/em> (1869) <em>\u00ab Je suis n\u00e9 peuple, j&rsquo;avais le peuple dans le c\u009cur.<\/em> [&#8230;] <em>Mais sa langue, sa langue, elle m&rsquo;\u00e9tait inaccessible. Je n&rsquo;ai pas pu le faire parler. \u00bb<\/em><br \/>\n&#8211;\tSa derni\u00e8re demeure est le 1 avenue du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle \u00e0 Hy\u00e8res, o\u00f9 il avait l&rsquo;habitude d&rsquo;hiverner.<\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><br \/>\n&#8211;\t\u00c0 partir de 1857, Michelet passe parfois l&rsquo;hiver et le printemps \u00e0 Hy\u00e8res, 1 avenue de Gaule. Il y compose de nombreux chapitres de son Histoire de France.<br \/>\n&#8211;\t\u00c0 Toulon, dans un \u00ab\u00a0ermitage\u00a0\u00bb au pied du fort Lamalgue, Michelet travaille durant l&rsquo;hiver 1861 \u00e0 la fin de La Sorci\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><br \/>\n<br \/>Le ch\u00e2teau de Vascoeuil (rue Michelet, 27910 Vascoeuil) est ouvert au public tous les jours d&rsquo;avril, mai, juin, septembre et octobre, entre 14h30 et 18h30 et entre 11h et 13h et 15h et 19h en juillet et ao\u00fbt ainsi que tous les dimanches et jours f\u00e9ri\u00e9s (t\u00e9l : 02 35 23 62 35, fax : 02 35 23 03 90).<\/p>\n<p><strong>Quelqu&rsquo;un \u00e0 contacter ?<\/strong><br \/>\n<br \/>Association des Amis de Vascoeuil et de Michelet : 13 avenue d&rsquo;Eylau, 75116 Paris (t\u00e9l : 01 47 27 45 51, fax : 01 47 04 59 15). L&rsquo;Association peut \u00e9galement \u00eatre contact\u00e9e au ch\u00e2teau de Vascoeuil directement.<br \/>\nCentre de recherches r\u00e9volutionnaires et romantiques de l&rsquo;universit\u00e9 Blaise-Pascal Clermont II, 29 boulevard Gergovia, 63037 Clermont-Ferrand C\u00e9dex (t\u00e9l : 04 73 34 65 16, fax : 04 73 34 66 16).<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><\/p>\n<p>La r\u00e9gion est magnifique. Allez vous y promener !<br \/>\nVous y croiserez : <\/p>\n<p>&#8211;\tFlaubert \u00e0 Ry, (Flaubert fut re\u00e7u \u00e0 Vascoeuil par Michelet, sans doute \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une visite \u00e0 Ry),<br \/>\n&#8211;\tLeblanc et Corneille \u00e0 Rouen,<br \/>\n&#8211;\tCorneille \u00e0 Petit-Couronne,<br \/>\n&#8211;\tHector Malot \u00e0 La Bouille,<br \/>\n&#8211;\tHugo \u00e0 Villequier.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/>Michelet. \u00ab\u00a0Moi, amoureux de Vascoeuil\u00a0\u00bb. Fran\u00e7ois Papillard, Charles Corlet Editions, 1994, 198 F.<br \/>\n<br \/>Michelet et la Normandie. Fran\u00e7ois Papillard, Editions Corlet, 1989.<br \/>\n<br \/>Michelet aux Archives Nationales. Article de Robert Coiplet dans Demeures inspir\u00e9es et sites romanesques, tome II, Editions de l&rsquo;Illustration. Paul-\u00c9mile Cadilhac et Robert Coiplet. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0En octobre 1830, c&rsquo;est-\u00e0-dire deux mois juste apr\u00e8s la R\u00e9volution de Juillet, j&rsquo;\u00e9crivis et bient\u00f4t lan\u00e7ai un petit [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1342,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[45,42,29,19],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=127"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/127\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1342"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}