{"id":129,"date":"2003-08-28T11:52:16","date_gmt":"2003-08-28T09:52:16","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/moliere-a-paris-et-en-province\/"},"modified":"2003-08-28T11:52:16","modified_gmt":"2003-08-28T09:52:16","slug":"moliere-a-paris-et-en-province","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/moliere-a-paris-et-en-province\/","title":{"rendered":"MOLIERE \u00e0 Paris et en province"},"content":{"rendered":"<p><figure id=\"attachment_1345\" aria-describedby=\"caption-attachment-1345\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1345\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_moliere.jpg\" alt=\"La \"maison des singes\", rue Saint-Honor\u00e9 \u00e0 Paris.\" title=\"La \"maison des singes\", rue Saint-Honor\u00e9 \u00e0 Paris.\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"310\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_moliere.jpg 310w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_moliere-227x300.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 310px) 94vw, 310px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1345\" class=\"wp-caption-text\">La<\/figcaption><\/figure>\u00c0 la diff\u00e9rence de ses contemporains La Fontaine, La Bruy\u00e8re, Racine et Corneille, aucune maison ne demeure debout pour perp\u00e9tuer \u00e0 Paris ou ailleurs le souvenir de Moli\u00e8re.<br \/>\n<br \/>Alors, nous vous invitons \u00e0 ressusciter cet \u00e9tonnant personnage en marchant dans ses pas, <em>Le roman de monsieur de Moli\u00e8re<\/em> de Mikha\u00efl Boulgakov (1933) \u00e0 la main.<br \/>\n<br \/>De la prison \u00e0 la cour de Louis XIV (qu&rsquo;il fait danser dans ses derni\u00e8res pi\u00e8ces !), ce com\u00e9dien-auteur-directeur de troupe saura en permanence allier provocation et flatterie des puissants, expliquant \u00e0 qui veut l&rsquo;entendre que ses pi\u00e8ces ne visent ni ne se moquent des d\u00e9v\u00f4ts, des m\u00e9decins, des riches ou des pr\u00e9cieux, mais de leurs exc\u00e8s. <\/p>\n<p>&#8211;\tJean-Baptiste Poquelin na\u00eet en 1622 dans la \u00ab maison des singes \u00bb 96 rue Sauval, \u00e0 l&rsquo;angle de la rue Saint-Honor\u00e9. Cette maison -d\u00e9truite et reconstruite en 1802- ne doit pas son nom \u00e0 ses occupants, mais \u00e0 l&rsquo;arbre de pierre et habit\u00e9 de primates qui ornait sa fa\u00e7ade. \u00c0 son rez-de-chauss\u00e9e se trouve alors la boutique et les ateliers de M. Poquelin p\u00e8re, tapissier du roi.<br \/>\n<br \/>Madame Poquelin d\u00e9c\u00e8de lorsque Jean-Baptiste a dix ans. La famille emm\u00e9nage ensuite dans le quartier de la foire de Saint-Germain. Son p\u00e8re verrait bien Jean-Baptiste lui succ\u00e9der, ou au moins \u00eatre avocat, mais c&rsquo;est compter sans le grand-p\u00e8re (tapissier lui aussi) qui entra\u00eene bient\u00f4t son petit-fils dans les th\u00e9\u00e2tres, en particulier \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Bourgogne (\u00e0 l&rsquo;angle de la rue de Mauconseil et de la rue Fran\u00e7aise), o\u00f9 joue la troupe royale.<br \/>\n&#8211;\tLorsque Jean-Baptiste refuse de devenir tapissier, son p\u00e8re l&rsquo;envoie \u00e9tudier cinq ans chez les j\u00e9suites au coll\u00e8ge de Clermont, futur lyc\u00e9e Louis-le-Grand. Il s&rsquo;y lie \u00e0 un autre \u00e9tudiant, Claude Chapelle, et, par Chapelle, \u00e0 Pierre Gassendi, math\u00e9maticien et physicien, et \u00e0 Cyrano de Bergerac, officier-ivrogne-\u00e9crivain.<br \/>\n&#8211;\tJean-Baptiste continue pendant ses \u00e9tudes d&rsquo;\u00eatre assidu au th\u00e9\u00e2tre et fait la connaissance de Madeleine B\u00e9jart, une talentueuse com\u00e9dienne de quatre ans son a\u00een\u00e9e. Il visite souvent les B\u00e9jart, qui habitent 6 rue de la Perle (en 1642, il habite la toute proche rue de Thorigny).<br \/>\n&#8211;\tEn 1642 meurt Richelieu. En 1643 d\u00e9c\u00e8de Louis XIII. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, c&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9, Jean-Baptiste annonce \u00e0 son p\u00e8re qu&rsquo;il refuse aussi d&rsquo;\u00eatre avocat et ne veut \u00eatre que com\u00e9dien. Au jeu de paume des M\u00e9tayers (13 rue de Seine et 12 rue Mazarine), il cr\u00e9e sa troupe, l&rsquo;Illustre Th\u00e9\u00e2tre, avec les B\u00e9jart et un peu d&rsquo;argent paternel. Cette premi\u00e8re aventure se termine quelques semaines plus tard&#8230; en prison, les affaires ayant \u00e9t\u00e9 peu florissantes et Moli\u00e8re (il vient d&rsquo;adopter ce nom) \u00e9tant poursuivi par ses cr\u00e9anciers.<br \/>\n&#8211;\t\u00c0 hauteur du 32 quai des C\u00e9lestins, il installe sa troupe en 1645 dans la salle du jeu de Paume de la Croix-Noire. Il habite alors rue des Jardins Saint-Paul, sans doute \u00e0 l&#8217;emplacement du n\u00b06. Les affaires ne fleurissent pas beaucoup plus.<br \/>\n&#8211;\tChanger de m\u00e9tier ? Non ! De public, oui ! Il d\u00e9cide alors d&rsquo;entra\u00eener sa troupe en province. De Bordeaux \u00e0 Nantes, de Limoges \u00e0 Lyon, de P\u00e8zenas (o\u00f9 la troupe est appel\u00e9e \u00e0 jouer \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 l&rsquo;occasion des divers \u00c9tats de la province du Languedoc) \u00e0 Narbonne, ils s&rsquo;arr\u00eatent sur les places des villages, chez les ducs et les notables. Les succ\u00e8s appellent les succ\u00e8s lorsque Moli\u00e8re, d\u00e9laissant la trag\u00e9die, se met \u00e0 \u00e9crire des pi\u00e8ces comiques. C&rsquo;est ainsi une douzaine d&rsquo;ann\u00e9es de repr\u00e9sentations en province. Sa troupe devient la prot\u00e9g\u00e9e du prince de Conti.<br \/>\n&#8211;\tLorsqu&rsquo;ils reviennent \u00e0 Paris fin 1658, c&rsquo;est pour \u00eatre re\u00e7us par Louis XIV lui-m\u00eame. La troupe op\u00e8re alors, jusqu&rsquo;\u00e0 1660, au th\u00e9\u00e2tre du Petit-Bourbon au sud-est de la Cour Carr\u00e9e du Louvre. Dans <em>Les Pr\u00e9cieuses ridicules<\/em> (1659), Moli\u00e8re raille les habitu\u00e9s du salon de Mme de Scud\u00e9ry et de celui de Mme de Rambouillet.<br \/>\n&#8211;\tLorsque le Louvre s&rsquo;agrandit et que le th\u00e9\u00e2tre est d\u00e9truit, en octobre 1660, Louis XIV accorde \u00e0 la troupe la salle du palais-Royal, \u00e0 l&rsquo;angle de la rue de Valois et de la place du Palais-Royal. Moli\u00e8re y dirige sa troupe jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1673.<br \/>\nSes derni\u00e8res ann\u00e9es sont ses plus glorieuses, en particulier avec onze com\u00e9dies-ballets dont l&rsquo;objectif est double : distraire le spectateur, et permettre aux com\u00e9diens de changer de costume.<br \/>\n<br \/>Sa vie personnelle est plus d\u00e9licate. Il \u00e9pouse en 1662 Armande, fille de Madeleine, qu&rsquo;on soup\u00e7onne \u00e9galement d&rsquo;\u00eatre sa propre fille&#8230; Le bonheur conjugal dure tr\u00e8s peu de temps. <em>L&rsquo;\u00e9cole des femmes<\/em> (1662) en donne une id\u00e9e. En 1664, il compose discr\u00e8tement <em>Tartuffe<\/em>, dont il lit des extraits dans le salon de Ninon de Lenclos. La pi\u00e8ce est jou\u00e9e et choque \u00e9norm\u00e9ment lors des festivit\u00e9s qui marquent l&rsquo;ach\u00e8vement de l&rsquo;am\u00e8nagement du ch\u00e2teau de Versailles.<br \/>\n&#8211;\tTrois ans plus tard, d\u00e9\u00e7u de la vie parisienne (son <em>Tartuffe<\/em> remani\u00e9 a \u00e9t\u00e9 de nouveau interdit), il loue une maison de campagne \u00e0 l&rsquo;angle de la rue de R\u00e9musat &#8211; n\u00b029 &#8211; et de l&rsquo;avenue Th\u00e9ophile Gautier &#8211; n\u00b062 (d&rsquo;autres situent cette maison au n\u00b02 rue d&rsquo;Auteuil). Il y re\u00e7oit Racine (l&rsquo;\u00e9toile montante qui joue pourtant la concurrence plus que la collaboration avec lui), Boileau, La Fontaine, La Bruy\u00e8re, Lulli, Chapelle, et y \u00e9crit Amphytrion. Il r\u00e9int\u00e8gre Paris en 1671.<br \/>\n&#8211;\tApr\u00e8s une repr\u00e9sentation du <em>Malade imaginaire<\/em>, il s&rsquo;\u00e9teint \u00e0 quelques pas du th\u00e9\u00e2tre du Palais Royal, au second \u00e9tage du 40 rue de Richelieu. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il s&rsquo;est install\u00e9 en 1672 (l&rsquo;immeuble actuel date de 1765), apr\u00e8s avoir habit\u00e9 quatre autres adresses dans le quartier.<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><br \/>\n<br \/>\u00c0 P\u00e9zenas, la boutique du barbier o\u00f9 aimait s&rsquo;installer Moli\u00e8re est maintenant la Maison du tourisme et de la culture (t\u00e9l. : 04 67 98 36 40).<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Le roman de monsieur de Moli\u00e8re<\/em>, Mikha\u00efl Boulgakov. Folio-Gallimard.<br \/>\n<br \/><em>Les \u00e9crivains du Palais-Royal<\/em>, Le Promeneur des lettres, 6 rue Raffet, 75016 Paris (t\u00e9l. 01 40 50 30 95).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la diff\u00e9rence de ses contemporains La Fontaine, La Bruy\u00e8re, Racine et Corneille, aucune maison ne demeure debout [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1345,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[45,18],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/129"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=129"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/129\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1345"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=129"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=129"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=129"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}