{"id":144,"date":"2003-08-28T18:30:23","date_gmt":"2003-08-28T16:30:23","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/labbe-prevost\/"},"modified":"2003-08-28T18:30:23","modified_gmt":"2003-08-28T16:30:23","slug":"labbe-prevost","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/labbe-prevost\/","title":{"rendered":"L&rsquo;abb\u00e9 Pr\u00e9vost"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1363\" aria-describedby=\"caption-attachment-1363\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1363\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_prevost.jpg\" alt=\"La derni\u00e8re maison de l'abb\u00e9 Pr\u00e9vost, \u00e0 Saint-Firmin pr\u00e8s de Senlis (\u00e0 droite, en contrebas de l'\u00e9glise).\" title=\"La derni\u00e8re maison de l'abb\u00e9 Pr\u00e9vost, \u00e0 Saint-Firmin pr\u00e8s de Senlis (\u00e0 droite, en contrebas de l'\u00e9glise).\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"410\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_prevost.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_prevost-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1363\" class=\"wp-caption-text\">La derni\u00e8re maison de l&rsquo;abb\u00e9 Pr\u00e9vost, \u00e0 Saint-Firmin pr\u00e8s de Senlis (\u00e0 droite, en contrebas de l&rsquo;\u00e9glise).<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00ab\u00a0Je ne suis pas \u00e9tonn\u00e9 que ce roman, dont le h\u00e9ros est un frippon et l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne une catin [&#8230;] plaise, parce que toutes les mauvaises actions du h\u00e9ros [&#8230;] ont pour motif l&rsquo;amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse.\u00a0\u00bb Montesquieu. M\u00e9moires.<\/p>\n<p>Trente ans avant la naissance de la romantique H\u00e9lo\u00efse (sous la plume de Rousseau), appara\u00eet la martyre Manon.<br \/>\n<br \/><em>Manon Lescaut<\/em> est l&rsquo;histoire tragique et presque v\u00e9cue en 1719 (\u00e9crite dans une langue magnifique et publi\u00e9e en 1733), du futur abb\u00e9 Fran\u00e7ois Pr\u00e9vost d&rsquo;Exiles -\u00e0 un d\u00e9tail crucial pr\u00e8s, qui est que Pr\u00e9vost ne peut, comme des Grieux, embarquer pour la Louisiane avec sa Manon. <\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui \u00e0 Paris, l&rsquo;h\u00f4pital de la Salp\u00e9tri\u00e8re garde m\u00e9moire du passage de Manon. Le \u00ab\u00a0puits de Manon\u00a0\u00bb, o\u00f9 elle venait chercher l&rsquo;eau de sa toilette, se trouve dans une cour int\u00e9rieure derri\u00e8re la porte 2 du b\u00e2timent 41 &#8211; le \u00ab\u00a0b\u00e2timent de la Force\u00a0\u00bb, situ\u00e9 place Camatte Zaydolf, en arri\u00e8re de la chapelle sur le c\u00f4t\u00e9 gauche.<br \/>\n<br \/>Malheureusement, l&rsquo;acc\u00e8s n&rsquo;y est pas public&#8230; mais le personnel hospitalier est&#8230; hospitalier, et autorise \u00e0 jeter un &#339;il.<br \/>\n<br \/>C&rsquo;est dans ce b\u00e2timent que la vraie Manon et la l\u00e9gendaire sont retenues prisonni\u00e8res avant leur d\u00e9part pour la Nouvelle Orl\u00e9ans. La Salp\u00e9tri\u00e8re, depuis 1654 \u00ab\u00a0h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral pour l&rsquo;enfermement des pauvres\u00a0\u00bb, accueille en effet, bient\u00f4t, des filles et femmes \u00ab\u00a0de mauvaise vie\u00a0\u00bb, ou celles que leurs maris font passer comme telles&#8230;[[Depuis 1717, la colonisation forc\u00e9e a commenc\u00e9 en Louisiane, et on essaie de trouver des \u00e9pouses aux colons fran\u00e7ais install\u00e9s l\u00e0-bas, en allant jusqu&rsquo;\u00e0 \u00ab\u00a0proposer\u00a0\u00bb \u00e0 certaines condamn\u00e9es en m\u00e9tropole d&rsquo;\u00e9changer leur libert\u00e9 contre un \u00ab\u00a0mariage colonial\u00a0\u00bb l\u00e0-bas.<br \/>\nManon l&rsquo;infid\u00e8le, la voleuse et la pervertie n&rsquo;\u00e9chappe pas \u00e0 ce sort.<br \/>\nLes autres lieux du roman, \u00e0 part la rue Vivienne o\u00f9 vivent un moment Manon et Des Grieux et le s\u00e9minaire Saint-Sulpice, o\u00f9 Des Grieux \u00e9tudie avant d&rsquo;y \u00eatre retrouv\u00e9 par Manon, ne sont pas bien d\u00e9finis (la pr\u00e9cision g\u00e9ographique n&rsquo;\u00e9tant pas le souci de l&rsquo;\u00e9poque).]]. <\/p>\n<p>&#8211;\tAntoine-Fran\u00e7ois Pr\u00e9vost na\u00eet en 1697 \u00e0 Hesdin (11 rue Daniel-Lereuil), aux limites de l&rsquo;Artois et de la Picardie. Il prend vite go\u00fbt aux lectures po\u00e9tiques et romanesques. Il a 14 ans lorsque meurt sa m\u00e8re.<br \/>\n&#8211;\tSon p\u00e8re l&rsquo;envoie \u00e9tudier chez les j\u00e9suites. Mais, sans doute suite \u00e0 des peines de c&#339;ur, le voil\u00e0 qui s&rsquo;engage dans les arm\u00e9es du roi. En 1713, on suppose que la paix le renvoie \u00e9tudier chez les j\u00e9suites.<br \/>\n&#8211;\tEn 1719, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9pisode Manon. Pour s&rsquo;en remettre, il veut donner sa vie aux j\u00e9suites&#8230; qui la refusent. Mais les moines b\u00e9n\u00e9dictins l&rsquo;acceptent (dans l&rsquo;abbaye de Saint-Wandrille, pr\u00e8s de Rouen). En 1726, il devient abb\u00e9. Il pr\u00eache \u00e0 \u00c9vreux puis est charg\u00e9, \u00e0 l&rsquo;abbaye de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s \u00e0 Paris, de mener des travaux historiques. Fin 1728, Pr\u00e9vost s&rsquo;enfuit en Angleterre, apr\u00e8s la parution des quatre premiers tomes de ses <em>M\u00e9moires d&rsquo;un homme de qualit\u00e9<\/em>. C&rsquo;en est a priori fini de ses relations avec les b\u00e9n\u00e9dictins.<br \/>\n&#8211;\tApr\u00e8s de multiples aventures et voyages plus ou moins forc\u00e9s &#8211; mais toujours br\u00fbl\u00e9 par le feu de l&rsquo;\u00e9criture (<em>Manon Lescaut<\/em> provoque le scandale et rencontre le succ\u00e8s en 1733) -, il obtient en 1734 le pardon du pape et des b\u00e9n\u00e9dictins. En 1736, il est aum\u00f4nier du prince de Conti, qui l&rsquo;h\u00e9berge rue Gu\u00e9n\u00e9gaud. Il continue d&rsquo;\u00e9crire (des r\u00e9cits, des traductions, des travaux historiques) et ajoute \u00ab\u00a0d&rsquo;Exiles\u00a0\u00bb \u00e0 son patronyme.<br \/>\n&#8211;\tIl s&rsquo;installe en 1746 dans ce qui est \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque le village de Chaillot (dans ce m\u00eame village o\u00f9 Manon et Des Grieux vivent dans le roman).<br \/>\n&#8211;\tEn 1754, charg\u00e9 par le prince de Conti d&rsquo;\u00e9crire l&rsquo;histoire de la maison de Cond\u00e9 et de Conti, il emm\u00e9nage \u00e0 Saint-Firmin dans l&rsquo;Oise, pr\u00e8s des archives de Chantilly.<br \/>\n<br \/>L&rsquo;abb\u00e9 meurt d&rsquo;une attaque d&rsquo;apoplexie le 25 novembre 1763 \u00e0 Courteuil[[Parmi les signataires de son acte de d\u00e9c\u00e8s : le p\u00e8re Dieu, cur\u00e9 de Saint-Firmin&#8230;]], \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de Saint-Firmin.<br \/>\n<br \/>\u00c0 Courteuil, en haut de la rue qui longe l&rsquo;\u00e9glise, une croix marque l&#8217;emplacement. Un peu plus loin, place des Marronniers \u00e0 Saint-Nicolas d&rsquo;Acy, une grille m\u00e8ne vers les vestiges d&rsquo;un prieur\u00e9 o\u00f9 il est enterr\u00e9 (la propri\u00e9t\u00e9 est priv\u00e9e).<br \/>\n<br \/>\u00c0 Saint-Firmin, sa maison se trouve en contrebas de l&rsquo;\u00e9glise, pr\u00e8s de la sortie du village vers Senlis. Son nom est encore grav\u00e9 dans la pierre du portail d&rsquo;entr\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;entr\u00e9e dans le gigantesque h\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00e9tri\u00e8re se fait par le 47 ou le 83 bd de l&rsquo;H\u00f4pital.<br \/>\n<br \/>Le p\u00e8lerinage \u00e0 Saint-Firmin et Courteuil vaut le d\u00e9placement.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><\/p>\n<p>Quelques voisins \u00e9crivains, autour de Saint-Firmin et Courteuil :<br \/>\n&#8211;\tJean-Jacques Rousseau \u00e0 Ermenonville et \u00e0 Ch\u00e2alis,<br \/>\n&#8211;\tG\u00e9rard de Nerval \u00e0 Mortefontaine,<br \/>\n&#8211;\tDaniel Boulanger et Louis Bromfield \u00e0 Senlis,<br \/>\n&#8211;\tDumas et Vigny \u00e0 Valgenceuse,<br \/>\n&#8211;\tBernanos et Martin du Gard \u00e0 Clermont,<br \/>\n&#8211;\tBarbusse \u00e0 Aumont-en-Halatte.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Je ne suis pas \u00e9tonn\u00e9 que ce roman, dont le h\u00e9ros est un frippon et l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne une catin [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1363,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[28],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/144"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=144"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/144\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1363"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=144"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=144"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=144"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}