{"id":161,"date":"2003-08-28T18:57:01","date_gmt":"2003-08-28T16:57:01","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/rainer-maria-rilke\/"},"modified":"2003-08-28T18:57:01","modified_gmt":"2003-08-28T16:57:01","slug":"rainer-maria-rilke","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/rainer-maria-rilke\/","title":{"rendered":"Rainer Maria RILKE"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1393\" aria-describedby=\"caption-attachment-1393\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1393\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_rilke.jpg\" alt=\"L'h\u00f4tel Biron.\" title=\"L'h\u00f4tel Biron.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"410\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_rilke.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_rilke-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1393\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;h\u00f4tel Biron.<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00ab\u00a0O Lou, dans un po\u00e8me qui me r\u00e9ussit, il y a beaucoup plus de r\u00e9alit\u00e9 que dans toute relation ou inclination que je vis&#8230; c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;est ma maison, l\u00e0 les figures qui me sont vraiment proches, les femmes dont j&rsquo;ai besoin, les enfants qui grandiront et vivront longtemps.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Lettre \u00e0 Lou Andreas-Salom\u00e9, 8 juin 1914.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Purs sont tous les sentiments sur lesquels vous concentrez votre \u00eatre entier et qui vous \u00e9l\u00e8vent ; impur est un sentiment qui ne r\u00e9pond qu&rsquo;\u00e0 une partie de vous-m\u00eame et par cons\u00e9quent vous d\u00e9forme.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Lettres \u00e0 un jeune po\u00e8te, X.<\/p>\n<p>Aimer \u00e0 distance et dans l&rsquo;errance le plus possible. Habiter le vide ainsi cr\u00e9\u00e9 par de belles lettres \u00e0 de nombreux correspondants, dont, si possible, un jeune po\u00e8te. Profiter du temps libre pour se promener, observer, noter, d\u00e9primer, cr\u00e9er de nouvelles relations. Ne pas oublier de rompre de temps en temps (\u00e7a red\u00e9marre d&rsquo;autant mieux apr\u00e8s) et d&rsquo;errer. \u00c9crire beaucoup, sans toujours compter sur l&rsquo;inspiration. Ne pas prendre froid dehors.<\/p>\n<p>Rilke reste peu de jours ou de semaines au m\u00eame endroit. \u00c0 partir de sa vingt-deuxi\u00e8me ann\u00e9e, curiosit\u00e9, amours, invitations, conf\u00e9rences, fuites, recherches le font circuler dans plusieurs dizaines (sinon centaines) de lieux en Europe et en Afrique du Nord.<br \/>\n<br \/>Lorsqu&rsquo;on le sait ici, on sait qu&rsquo;il n&rsquo;y sera bient\u00f4t plus. <\/p>\n<p>&#8211;\tRen\u00e9 Maria Rilke na\u00eet \u00e0 Prague en 1875, fils unique d&rsquo;un couple dont la longue d\u00e9sunion ne sera prononc\u00e9e qu&rsquo;en 1885.<br \/>\n<br \/>Sa m\u00e8re l&rsquo;\u00e9duque comme si Ren\u00e9 rempla\u00e7ait sa fille mort-n\u00e9e. Son p\u00e8re rem\u00e2che en permanence son d\u00e9sespoir de ne pas \u00eatre officier.<br \/>\n&#8211;\tLe futur po\u00e8te passe par des \u00e9coles militaires et des \u00e9tudes de droit, avant de d\u00e9buter en 1895 \u00e0 Prague des \u00e9tudes de philosophie et de litt\u00e9rature. Il commence \u00e0 collaborer \u00e0 des revues.<br \/>\n&#8211;\tEn mai 1897, Ren\u00e9 rencontre Lou Andreas-Salom\u00e9 et devient Rainer. Ses po\u00e8mes et pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre commencent \u00e0 conna\u00eetre un petit succ\u00e8s.<br \/>\n<br \/>Pour Lou, il commence son <em>Journal<\/em> l&rsquo;ann\u00e9e suivante. Ils voyagent en Russie en 1899 puis en 1900 (rencontrant en particulier Tolsto\u00ef \u00e0 Iasna\u00efa Poliana et Leonid Pasternak, p\u00e8re peintre de Boris).<br \/>\n&#8211;\tEn 1901, Rainer rompt avec Lou (qu&rsquo;il reverra et avec qui il entretiendra encore une longue correspondance) et \u00e9pouse Clara Westhoff, une ancienne \u00e9l\u00e8ve de Rodin.<br \/>\n&#8211;\tEn ao\u00fbt 1902, le voil\u00e0 \u00e0 Paris pour travailler, sur le conseil de sa femme (dont il s&rsquo;\u00e9loigne), \u00e0 une monographie sur Rodin. Il loge d&rsquo;abord 11 rue Toullier, pr\u00e8s du Panth\u00e9on, puis, \u00e0 partir d&rsquo;octobre, non loin, sous le toit du 3 rue de l&rsquo;Abb\u00e9-de-l&rsquo;Ep\u00e9e, avant de reprendre de nombreux voyages \u00e0 travers l&rsquo;Europe.<br \/>\n<br \/>\u00c0 Paris, Rilke dit qu&rsquo;il \u00ab\u00a0apprend \u00e0 voir\u00a0\u00bb et se d\u00e9couvre un int\u00e9rieur qu&rsquo;il ignorait. Les fum\u00e9es des po\u00eales de ses diff\u00e9rents logements et sa curiosit\u00e9 le font vivre davantage dehors (les rues, les mus\u00e9es, les parcs, la Biblioth\u00e8que Nationale) que dedans. Quand il a quelques sous, il entre dans un caf\u00e9.<br \/>\n<br \/>Entre 1902 et 1914, il se forme au fran\u00e7ais, qu&rsquo;il finira par ma\u00eetriser presque parfaitement, traduisant en allemand de nombreux auteurs.<br \/>\n<br \/>Rodin le prend comme secr\u00e9taire et l&rsquo;accueille chez lui, Villa des Brillants \u00e0 Meudon, entre septembre 1905 et mai 1906. De Rodin, il apprend que l&rsquo;art est d&rsquo;abord un acharnement au travail.<br \/>\n<br \/>Mi-mai, Rilke s&rsquo;installe 29 rue Cassette, toujours dans le quartier du Luxembourg, puis voyage \u00e0 nouveau.<br \/>\n&#8211;\tEntre 1908 et 1911, il vit dans l&rsquo;H\u00f4tel de Biron, 77 rue de Varenne, o\u00f9 il invite Rodin \u00e0 le rejoindre. Sa vie parisienne est toujours entrecoup\u00e9e de voyages, dont plusieurs en Afrique du Nord fin 1910-d\u00e9but 1991.<br \/>\nEntre 1904 et 1910, il \u00e9crit les Cahiers de Malte Laurids Brigge.<br \/>\n&#8211;\tAu ch\u00e2teau de Duino en Dalmatie, chez la princesse Marie de La Tour et Taxis, il commence les \u00c9l\u00e9gies en 1911.<br \/>\n&#8211;\tEn 1913, il habite \u00e0 Paris 17 rue Campagne-Premi\u00e8re un atelier haut perch\u00e9 o\u00f9 il re\u00e7oit la visite de Stefan Zweig.<br \/>\n<br \/>Il rencontre Gide (qu&rsquo;il traduira en allemand), Rolland, Verhaeren, la comtesse de Noailles&#8230; La guerre l&#8217;emp\u00eachera ensuite de revenir en France. Entre 1914 et 1918, il vit principalement \u00e0 Munich ou Berlin.<br \/>\n&#8211;\t\u00c0 partir de 1919, il opte d\u00e9finitivement pour la Suisse. Soglio, Rad Ragaz (au Grand H\u00f4tel), Winterthour, Berg-am-Irchel pr\u00e8s de Zurich,&#8230; Le ch\u00e2teau de Duino a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit par des bombardements pendant la guerre. Rilke s&rsquo;installe l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1921 dans un autre ch\u00e2teau : Muzot. En f\u00e9vrier 1922, en trois semaines d&rsquo;une fi\u00e8vre cr\u00e9atrice incroyable, il ach\u00e8ve ce qu&rsquo;il essayait d&rsquo;achever depuis onze ans : les \u00c9l\u00e9gies, et il con\u00e7oit les Sonn\u00e9es \u00e0 Orph\u00e9e.<br \/>\nMuzot est son port d&rsquo;attache jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort. C&rsquo;est l\u00e0 que Paul Val\u00e9ry (qu&rsquo;il traduit aussi en allemand) lui rend visite en avril 1924.<br \/>\n&#8211;\tEntre janvier et ao\u00fbt 1925, il revient \u00e0 Paris, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Foyot, pour tenter de sortir d&rsquo;un \u00e9tat d\u00e9pressif.<br \/>\n&#8211;\tIl d\u00e9c\u00e8de d&rsquo;une leuc\u00e9mie le 29 d\u00e9cembre 1926 \u00e0 la clinique de Val-Mont, au-dessus du lac L\u00e9man, juste apr\u00e8s avoir eu le temps d&rsquo;entretenir une ultime correspondance avec Marina Tsveta\u00efeva et Boris Pasternak.<\/p>\n<p><strong>Aux alentours<\/strong><\/p>\n<p>Les voisins \u00e9crivains de Rilke \u00e0 Paris (quartiers du Panth\u00e9on et Luxembourg) sont innombrables, bien s\u00fbr. Citons cependant :<br \/>\n&#8211;\tAragon, Rimbaud, Paulhan, Ma\u00efakovski, rue Campagne Premi\u00e8re,<br \/>\n&#8211;\tJarry, rue Cassette,<br \/>\n&#8211;\tHemingway, Joyce et Val\u00e9ry Larbaud, rue du Cardinal-Lemoine,<br \/>\n&#8211;\tVerlaine, rue Descartes,<br \/>\n&#8211;\tBreton, place du Panth\u00e9on,<br \/>\n&#8211;\tGertrude Stein, rue de Fleurus,<br \/>\n&#8211;\tHugo, rue Notre-Dame-des-Champs.<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><br \/>\n<br \/>Des demeures parisiennes du po\u00e8te, seul l&rsquo;H\u00f4tel Biron, devenu mus\u00e9e Rodin, est ouvert au public.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/>Rilke. Sans domicile fixe. Olympia Alberti. Editions Christian Pirot, 1999, 176 p., 110 F.<br \/>\n<br \/>Dossier Rilke du Magazine Litt\u00e9raire n\u00b0308, mars 1993, 30 F.<br \/>\nRilke \u00e0 Paris. Maurice Betz, Editions Obsidiane, 1990.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1394\" aria-describedby=\"caption-attachment-1394\" style=\"width: 1299px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1394\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_HotelFoyot.jpg\" alt=\"Les h\u00f4tels Foyot et de la Poste.\" title=\"Les h\u00f4tels Foyot et de la Poste.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"1299\" height=\"800\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1394\" class=\"wp-caption-text\">Les h\u00f4tels Foyot et de la Poste.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0O Lou, dans un po\u00e8me qui me r\u00e9ussit, il y a beaucoup plus de r\u00e9alit\u00e9 que dans toute [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1393,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[33],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=161"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1393"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=161"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=161"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=161"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}