{"id":170,"date":"2003-08-29T15:54:57","date_gmt":"2003-08-29T13:54:57","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/jules-roy\/"},"modified":"2003-08-29T15:54:57","modified_gmt":"2003-08-29T13:54:57","slug":"jules-roy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/jules-roy\/","title":{"rendered":"Jules ROY"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1401\" aria-describedby=\"caption-attachment-1401\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1401\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_roy.jpg\" alt=\"Le Clos du couvent, depuis les marches de la basilique \u00e0 V\u00e9zelay.\" title=\"Le Clos du couvent, depuis les marches de la basilique \u00e0 V\u00e9zelay.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"410\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_roy.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_roy-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1401\" class=\"wp-caption-text\">Le Clos du couvent, depuis les marches de la basilique \u00e0 V\u00e9zelay.<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ce n&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre pas des choses \u00e0 dire, mais moi je dis tout.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce que je cherche, alors ? Le moyen de ne pas avoir honte de moi.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Deux si\u00e8cles plus t\u00f4t, il aurait fini au donjon de Vincennes.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique lui-m\u00eame qui finira par rendre visite \u00e0 l'\u00a0\u00bbermite de V\u00e9zelay\u00a0\u00bb.<br \/>\nC&rsquo;est que Jules (Julius pour les amis) Roy dit et \u00e9crit ce qu&rsquo;il vit et ne peut pas taire : le ciel, la guerre, l&rsquo;Alg\u00e9rie, l&rsquo;honneur et le d\u00e9shonneur de l&rsquo;arm\u00e9e, les femmes. Et que, en mati\u00e8re de politique, son jugement est violent, mais souvent juste et visionnaire.<\/p>\n<p>&#8211; Jules na\u00eet en 1907, \u00e0 Ravigo, en Alg\u00e9rie, d&rsquo;un instituteur et de la femme d&rsquo;un gendarme, et conna\u00eet l&rsquo;enfance d&rsquo;un petit seigneur choy\u00e9 dans une ferme isol\u00e9e de la Mitidja.<br \/>\nDe cette naissance ill\u00e9gitime, il fait la source de son caract\u00e8re autoritaire et insoumis.<br \/>\n&#8211; Entre 12 et 20 ans, il \u00e9tudie au s\u00e9minaire d&rsquo;Alger&#8230; o\u00f9 il d\u00e9couvre Bernanos, Giraudoux, Bloy, Kessel et Montherlant.<br \/>\n&#8211; Puis il rejoint un autre sacerdoce, o\u00f9 les femmes sont un peu plus autoris\u00e9es : l&rsquo;arm\u00e9e.<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0A partir de trente ans<\/em>, dit-il, <em>j&rsquo;ai fait la guerre tout le temps\u00a0\u00bb<\/em>.<br \/>\nD&rsquo;abord pour d\u00e9fendre les id\u00e9es de Maurras, puis celles de P\u00e9tain en 1940.<br \/>\n<br \/>Mais sa rencontre avec Saint-Exup\u00e9ry en 1942 dans le sud alg\u00e9rien d\u00e9cide de sa vocation de soldat-\u00e9crivain, et sa d\u00e9couverte de De Gaulle en 1943 d\u00e9cide de son engagement comme pilote dans la Royal Air Force.<br \/>\n<br \/>Cette exp\u00e9rience donne naissance \u00e0 <em>La Vall\u00e9e heureuse<\/em>, d&rsquo;abord publi\u00e9e en feuilletons dans <em>Le Monde<\/em>, puis par son ami l&rsquo;\u00e9diteur Edmond Charlot. La \u00ab\u00a0vall\u00e9e heureuse\u00a0\u00bb, c&rsquo;est la zone industrielle de la Ruhr, vers laquelle les bombardiers de la RAF filent quotidiennement, comme sur une autoroute aux heures de pointe.<br \/>\n<br \/>Le roman, dans lequel il d\u00e9crit la peur des aviateurs et traite le colonel de con, lui vaut d&rsquo;\u00eatre chass\u00e9 de l&rsquo;Etat-major de l&rsquo;arm\u00e9e. Il est mut\u00e9, mis aux arr\u00eats&#8230; et en ressort juste pour recevoir le prix Renaudot 1946 !<br \/>\n<br \/>L&rsquo;arm\u00e9e lui pardonne et le nomme directeur de l&rsquo;Information au minist\u00e8re de l&rsquo;Air. Il demande \u00e0 partir en Indochine en 1953. R\u00e9volt\u00e9 par l&rsquo;action de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise qu&rsquo;il qualifie de \u00ab\u00a0nazis de l&rsquo;Indochine\u00a0\u00bb, il quitte d\u00e9finitivement l&rsquo;arm\u00e9e pour se plonger dans le journalisme et la litt\u00e9rature.<br \/>\n&#8211; En 1960, il s&rsquo;installe \u00e0 nouveau en Alg\u00e9rie et y d\u00e9nonce la torture.<br \/>\n&#8211; \u00c0 son retour, il s&rsquo;installe \u00e0 V\u00e9zelay, pour la beaut\u00e9 de la r\u00e9gion et pour la beaut\u00e9 de Marie-Madeleine, \u00e0 qui la basilique est d\u00e9di\u00e9e (en 1978, il ach\u00e8tera une belle maison situ\u00e9e devant la basilique, dans l&rsquo;ancien clos du couvent des Ursulines dominant les alentours).<br \/>\n<br \/>Il y \u00e9crit le cycle des <em>Chevaux du soleil<\/em> : six volumes n\u00e9s entre 1967 et 1975 qui racontent l&rsquo;histoire alg\u00e9rienne, de la conqu\u00eate fran\u00e7aise \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance.<br \/>\nLe coeur alg\u00e9rien de Roy saigne en effet depuis la guerre d&rsquo;ind\u00e9pendance jusqu&rsquo;\u00e0 ses derniers jours.<br \/>\n<br \/>Il saigne d&rsquo;abord avec celui de Robl\u00e8s, S\u00e9nac, Amrouche, Clot, et avec celui de Camus, le parrain de ces \u00ab\u00a0\u00e9crivains d&rsquo;Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb que Roy a rencontr\u00e9 \u00e0 Paris en octobre 1945 (\u00ab\u00a0Il m&rsquo;a appris que les arabes \u00e9taient des \u00eatres humains. Si j&rsquo;existe, c&rsquo;est \u00e0 cause de lui\u00a0\u00bb).<br \/>\n<br \/>Il saigne encore en 1995 lorsque Jules Roy, sous bonne escorte, va se recueillir sur la tombe de sa m\u00e8re, \u00e0 Sidi-Moussa, au sud d&rsquo;Alger.<br \/>\n&#8211; Jules Roy a \u00e9galement habit\u00e9 une maison au milieu des champs, dans le hameau du Haut-Bout, pr\u00e8s de Dourdan.<\/p>\n<p>Le 15 juin 2000, le \u00ab\u00a0barbare\u00a0\u00bb meurt \u00e0 V\u00e9zelay.<br \/>\nIl rejoint, au cimeti\u00e8re du village, Maurice Clavel, Max-Pol Fouchet, Georges Bataille et Ys\u00e9, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne du <em>Partage de midi<\/em> de Claudel.<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><br \/>\n<br \/>Il n&rsquo;existe pas de lieu consacr\u00e9 \u00e0 Jules Roy et ouvert \u00e0 la visite ? Mais si ! Voir ci-dessous ;-))&#8230;<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><br \/>\n<br \/>Quelques voisins \u00e9crivains :<br \/>\n&#8211; R\u00e9tif de la Bretonne \u00e0 Sacy,<br \/>\n&#8211; Romain Rolland \u00e0 V\u00e9zelay,<br \/>\n&#8211; Lamartine \u00e0 M\u00e2con et Milly, Montceau et Saint-Point,<br \/>\n&#8211; Jules Renard \u00e0 Chitry-les-Mines.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/>V\u00e9zelay ou l&rsquo;amour fou. Jules Roy. Albin Michel, 1990.<br \/>\nLitt\u00e9rature vagabonde. J\u00e9r\u00f4me Garcin. Editions Presse Pocket, N\u00b010533, 1998.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Ce n&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre pas des choses \u00e0 dire, mais moi je dis tout.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Ce que je cherche, alors [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1401,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/170"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=170"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/170\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1401"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=170"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=170"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=170"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}