{"id":171,"date":"2003-08-29T15:56:31","date_gmt":"2003-08-29T13:56:31","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/donatien-alphonse-francois-de-sade\/"},"modified":"2003-08-29T15:56:31","modified_gmt":"2003-08-29T13:56:31","slug":"donatien-alphonse-francois-de-sade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/donatien-alphonse-francois-de-sade\/","title":{"rendered":"Donatien Alphonse Fran\u00e7ois de SADE"},"content":{"rendered":"<p>Le marquis se retrouve presque aussi opposant \u00e0 la R\u00e9volution qu&rsquo;il l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la royaut\u00e9, tant ses principes politiques, qu&rsquo;il expose dans La philosophie dans le boudoir en 1795, pr\u00f4nent l&rsquo;effervescence permanente (et surtout dans le domaine des m\u009curs&#8230;), \u00e0 ses yeux seule capable de garantir la r\u00e9volution permanente que doit \u00eatre la R\u00e9publique.<br \/>\nUn programme difficile \u00e0 mettre en \u009cuvre, autant par les r\u00e9volutionnaires de 1789 que par l&rsquo;Ancien r\u00e9gime. <\/p>\n<p>Maintenu en prison ou \u00e0 l&rsquo;asile pendant un bon tiers des soixante quatorze ann\u00e9es qu&rsquo;il vit sous Louis XIV, sous la R\u00e9volution et sous l&rsquo;Empire, il a le temps d&rsquo;\u00e9crire. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs dans sa cellule \u00e0 Vincennes qu&rsquo;il commence en 1780. Son cr\u00e9neau : montrer la nature humaine dans ce qui fait pour lui son essence, c&rsquo;est-\u00e0-dire le d\u00e9r\u00e8glement, le d\u00e9lire et l&rsquo;outrance. Objectif atteint, si l&rsquo;on consid\u00e8re que le terme \u00ab\u00a0sadisme\u00a0\u00bb fait son entr\u00e9e dans les dictionnaires en 1834.<br \/>\n<br \/>De Rousseau et de son bon sauvage, le marquis n&rsquo;a retenu que le dernier terme. <\/p>\n<p>&#8211;\tIl voit le jour le 2 juin 1740 dans l&rsquo;h\u00f4tel de Cond\u00e9, situ\u00e9 entre le 9 et le 15 rue de Cond\u00e9 et dont l&rsquo;entr\u00e9e se trouvait en face du n\u00b020 (en fait, l&rsquo;h\u00f4tel habit\u00e9 par les Cond\u00e9 de 1610 jusqu&rsquo;\u00e0 Louis XVI occupait le terrain entre les rues de Vaugirard, Monsieur-le-Prince, de Cond\u00e9 et le carrefour de l&rsquo;Od\u00e9on).<br \/>\n<br \/>Sa m\u00e8re, comtesse de Sade, est dame d&rsquo;honneur de la princesse de Cond\u00e9.<br \/>\n&#8211;\tIl \u00e9tudie plus tard au coll\u00e8ge Louis-le-Grand, puis int\u00e8gre les arm\u00e9es du roi et participe \u00e0 la guerre de Sept ans.<br \/>\n<br \/>Pour tenter de calmer son comportement d\u00e9j\u00e0 bien dissip\u00e9, sa famille lui fait \u00e9pouser Ren\u00e9e de Montreuil en 1763. Fin 63, premi\u00e8re condamnation pour \u00ab\u00a0d\u00e9bauche outr\u00e9e\u00a0\u00bb et premier s\u00e9jour de deux semaines \u00e0 l&rsquo;ombre du ch\u00e2teau de Vincennes, suivi d&rsquo;une assignation \u00e0 r\u00e9sidence dans le ch\u00e2teau de sa belle famille \u00e0 Echauffour en Normandie<br \/>\n&#8211;\tPuis viennent des liaisons pas tr\u00e8s discr\u00e8tes avec des actrices. La marquis aime faire la f\u00eate dans son ch\u00e2teau de Lacoste, en Provence.<br \/>\nEn 1768, retour en cellule pour sept mois (\u00e0 Saumur et \u00e0 Pierre-Encise, pr\u00e8s de Lyon), suite \u00e0 un scandale dans une maison \u00e0 Arcueil qu&rsquo;il loue depuis 1766 (aujourd&rsquo;hui disparue, elle se trouvait 11 rue de La Fontaine). Et, rebelotte, assignation \u00e0 r\u00e9sidence au ch\u00e2teau de Lacoste.<br \/>\nSa mauvaise r\u00e9putation grandissante met fin \u00e0 sa carri\u00e8re militaire en 1770.<br \/>\n&#8211;\tEn 1772, condamn\u00e9 \u00e0 mort par contumace (condamnation cass\u00e9e en 1778) apr\u00e8s divers s\u00e9vices inflig\u00e9s \u00e0 des prostitu\u00e9es \u00e0 Marseille, il s&rsquo;\u00e9chappe en Italie.<br \/>\n&#8211;\t1775 : autre scandale dans le ch\u00e2teau de Lacoste. Sa belle famille \u00e9touffe l&rsquo;affaire, mais parvient \u00e0 le faire enfermer \u00e0 Vincennes de 1778 \u00e0 1784, puis \u00e0 la Bastille de 1784 \u00e0 1789.<br \/>\n&#8211;\tDans la nuit du 3 au 4 juillet, parce qu&rsquo;il harangue trop les passants depuis la fen\u00eatre de sa cellule, il est transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;asile de Charenton (aujourd&rsquo;hui h\u00f4pital Esquirol \u00e0 Saint-Maurice), d&rsquo;o\u00f9 la R\u00e9volution le lib\u00e8re neuf mois plus tard.<br \/>\n&#8211;\tIl \u00e9choue 5 rue du Bouloi en avril 1790, puis 20 rue des Mathurins (ex-rue Neuve-des-Mathurins) \u00e0 partir de novembre 1790, et entame une vie commune avec Constance Quesnet, une jeune com\u00e9dienne \u00e0 qui il restera attach\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1814.<br \/>\n&#8211;\tEn d\u00e9cembre 1793, il est \u00e0 nouveau emprisonn\u00e9 (aux Madelonnettes, aux Carmes, \u00e0 Saint-Lazare &#8211; situ\u00e9e au niveau du 107 rue du Faubourg Saint-Denis &#8211; occup\u00e9 aujourd&rsquo;hui par le square Alban Satragne &#8211; puis \u00e0 Picpus) pour ti\u00e9deur politique, jusqu&rsquo;\u00e0 la chute de Robespierre en octobre 94.<br \/>\n&#8211;\tEn 1801, la troisi\u00e8me version de sa Justine lui vaut un dernier internement, d&rsquo;abord \u00e0 Sainte-P\u00e9lagie (situ\u00e9e jusqu&rsquo;en 1895 entre les rues Quatrefages, Larrey et du Puits-de-l&rsquo;Ermite) puis \u00e0 Bic\u00eatre et, deux ans plus tard \u00e0 Charenton o\u00f9 il demeure jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1814.<br \/>\nL\u00e0 encore, sa famille prend soin qu&rsquo;il ne soit pas lib\u00e9r\u00e9, en continuant de payer la pension de la maison de sant\u00e9. Le directeur de celle-ci, aux id\u00e9es avanc\u00e9es, cr\u00e9e un th\u00e9\u00e2tre au sein de son asile et en confie la responsabilit\u00e9 \u00e0 Sade.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de 1815 et de la Restauration, les \u009cuvres du marquis, interdites, rentrent dans une grande clandestinit\u00e9 dont elles ne sortiront que dans les ann\u00e9es 1960.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nPetite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/>Magazine litt\u00e9raire n\u00b0284, janvier 1991. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le marquis se retrouve presque aussi opposant \u00e0 la R\u00e9volution qu&rsquo;il l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la royaut\u00e9, tant ses [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[18],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=171"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/171\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=171"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=171"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=171"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}