{"id":173,"date":"2003-08-29T15:59:10","date_gmt":"2003-08-29T13:59:10","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/charles-augustin-sainte-beuve\/"},"modified":"2003-08-29T15:59:10","modified_gmt":"2003-08-29T13:59:10","slug":"charles-augustin-sainte-beuve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/charles-augustin-sainte-beuve\/","title":{"rendered":"Charles-Augustin SAINTE-BEUVE"},"content":{"rendered":"<p><figure id=\"attachment_1402\" aria-describedby=\"caption-attachment-1402\" style=\"width: 713px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1402\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Ste-Beuve-Paris-700.jpg\" alt=\"La derni\u00e8re demeure, 11 rue du Montparnasse.\" title=\"La derni\u00e8re demeure, 11 rue du Montparnasse.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"713\" height=\"437\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Ste-Beuve-Paris-700.jpg 713w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Ste-Beuve-Paris-700-300x184.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 713px) 94vw, 713px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1402\" class=\"wp-caption-text\">La derni\u00e8re demeure, 11 rue du Montparnasse.<\/figcaption><\/figure><em>\u00ab\u00a0L&rsquo;&#339;uvre de Sainte-Beuve n&rsquo;est pas une &#339;uvre profonde. La fameuse m\u00e9thode, qui en fait, selon Taine, selon Paul Bourget et tant d&rsquo;autres, le ma\u00eetre in\u00e9galable de la critique du XIXe si\u00e8cle, cette m\u00e9thode, qui consiste \u00e0 ne pas s\u00e9parer l&rsquo;homme et l&rsquo;&#339;uvre,<\/em> [&#8230;]<em> \u00e0 s&rsquo;entourer de tous les renseignements possibles sur un \u00e9crivain, \u00e0 collationner ses correspondances, \u00e0 interroger les hommes qui l&rsquo;ont connu<\/em> [&#8230;]<em>, cette m\u00e9thode m\u00e9conna\u00eet ce qu&rsquo;une fr\u00e9quentation un peu profonde avec nous-m\u00eame nous apprend : qu&rsquo;un livre est le produit d&rsquo;un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la soci\u00e9t\u00e9, dans nos vices.<br \/>\nCe moi-l\u00e0, si nous voulons essayer de le comprendre, c&rsquo;est au fond de nous-m\u00eames, en essayant de le recr\u00e9er en nous, que nous pouvons y parvenir.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/><em>Contre Sainte-Beuve<\/em>, Marcel Proust.<\/p>\n<p>Tristounet, sage, fin, curieux de tout, tels sont les qualificatifs qui caract\u00e9risent le plus souvent Sainte-Beuve. Critique aussi, car \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;\u00eatre grand \u00e9crivain, il est grand critique, peut-\u00eatre le plus craint de son \u00e9poque, construisant sa propre m\u00e9thode qui consiste \u00e0 comprendre l&rsquo;&#339;uvre d&rsquo;un artiste par sa vie, et \u00e0 investiguer dans celle-ci tel un inspecteur sur le lieu du crime.<br \/>\n<br \/>Mais, soixante-dix ans plus tard, Proust s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve vigoureusement contre cette approche dans son passionnant <em>Contre Sainte-Beuve<\/em> qui montre que, \u00e0 force de cerner le cadre et d&rsquo;interroger l&rsquo;\u00e9crivain et son environnement, on rate la pens\u00e9e int\u00e9rieure, qui ne se d\u00e9voile que dans l&rsquo;oeuvre.<br \/>\n<br \/><em>Contre Sainte-Beuve<\/em> montre comment lire Balzac, Nerval et Baudelaire avec et sans les yeux de Sainte-Beuve, et la comparaison est instructive.<\/p>\n<p>&#8211;\tCharles-Augustin na\u00eet \u00e0 Boulogne-sur-Mer, 16 rue du pot-d&rsquo;\u00c9tain, en 1804. Une enfance triste entre une m\u00e8re et une tante qui gardent le culte du p\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la naissance de son fils.<br \/>\n&#8211;\tLa famille s&rsquo;installe \u00e0 Paris en 1818. Charles-Augustin est \u00e9l\u00e8ve dans l&rsquo;institution Landry, 32 rue Chaptal et au lyc\u00e9e Condorcet. Il va peu \u00e0 peu vers la lecture de Chateaubriand, Lamartine et des premiers \u00e9crivains du romantisme.<br \/>\n&#8211;\tEn 1823, il habite 94 rue de Vaugirard (demeure disparue avec le percement de la rue de l&rsquo;Abb\u00e9-Gr\u00e9goire).<br \/>\nEn 1827, il abandonne des \u00e9tudes de m\u00e9decine et commence \u00e0 composer des critiques litt\u00e9raires pour Le Globe, cr\u00e9\u00e9 en 1824, bas\u00e9 6 rue Monsigny et qui c\u00e9l\u00e8bre le romantisme en accompagnant son glissement du monarchisme vers le lib\u00e9ralisme.<br \/>\n<br \/>Sainte-Beuve \u00e9crit en particulier en janvier de cette ann\u00e9e deux articles sur Victor Hugo, qui cherche ensuite \u00e0 faire sa connaissance. Sainte-Beuve se rend chez les Hugo, et, au lieu de trouver Victor, trouve sa femme Ad\u00e8le&#8230;<br \/>\nTout cela fait qu&rsquo;il devient un ardent promoteur du romantisme et le restera jusqu&rsquo;en 1840. Il trouve sa place dans le \u00ab\u00a0premier c\u00e9nacle\u00a0\u00bb, qui r\u00e9unit le dimanche Hugo et de nombreux autres autour de Charles Nodier et de sa fille Marie, \u00e0 la Biblioth\u00e8que de l&rsquo;Arsenal.<br \/>\n&#8211;\tIl loge 19 rue Notre-Dame-des-Champs entre 1828 et 1830, non loin du n\u00b011 o\u00f9 vivent alors les Hugo. Sa relation avec Ad\u00e8le est forte, mais seulement platonique.<br \/>\n&#8211;\tLe voil\u00e0 au 4\u00e8me \u00e9tage du 2 passage du Commerce-Saint-Andr\u00e9 (h\u00f4tel de Rouen, qu&rsquo;il appelle de Rohan), de 1831 \u00e0 1841 (plaque). Il y loue deux chambres sous le nom de Charles Delorme, pour \u00e9chapper au service de la Garde nationale.<br \/>\n<br \/><em>Volupt\u00e9<\/em>, son unique roman, para\u00eet en 1834, inspir\u00e9 par ses sentiments pour Ad\u00e8le et teint\u00e9 des id\u00e9es socialistes de Lamennais et Pierre Leroux. S&rsquo;il lui vaut des \u00e9loges de Chateaubriand, de Michelet et d&rsquo;autres (mais Balzac d\u00e9cide de faire mieux, avec <em>Le Lys dans la vall\u00e9e<\/em>), ce n&rsquo;est pas une r\u00e9ussite commerciale, et Sainte-Beuve d\u00e9cide de ne plus se consacrer qu&rsquo;\u00e0 la critique, en particulier pour <em>La Revue des deux mondes<\/em>.<br \/>\n&#8211; Entre 1840 et 1848, il est conservateur de la Biblioth\u00e8que Mazarine situ\u00e9e dans les b\u00e2timents de l&rsquo;Institut, o\u00f9 il demeure, 23 quai Conti. Il en d\u00e9missionne apr\u00e8s la r\u00e9volution de f\u00e9vrier 1848, inquiet et d\u00e9go\u00fbt\u00e9 par cette rebellion, et part enseigner quelque temps \u00e0 Li\u00e8ge.<br \/>\n&#8211;\tIl habite 5 rue Saint-Beno\u00eet, en 1849-51.<br \/>\nDe 1849 \u00e0 1861, il r\u00e9dige chaque lundi une causerie sur l&rsquo;actualit\u00e9 sociale et litt\u00e9raire, d&rsquo;abord pour <em>Le Constitutionnel<\/em> puis pour <em>Le Moniteur<\/em> \u00e0 partir de 1852.<br \/>\n&#8211;\tSon adresse est le 11 rue du Montparnasse, de 1851 \u00e0 sa mort en 1869 (plaque).<br \/>\n<br \/>\u00c0 la diff\u00e9rence de nombre de ses amis \u00e9crivains (mais comme M\u00e9rim\u00e9e, Gautier et Vigny), il se rallie \u00e0 Napol\u00e9on III apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00c9tat de 1851 et devient s\u00e9nateur en 1865.<br \/>\n&#8211;\tAu 9 rue Mazet se trouvait le restaurant Magny o\u00f9, entre 1862 et 1870, d\u00eenent deux vendredis soir par mois Sainte-Beuve, les Goncourt, Gautier, Sand, Renan, Flaubert, Taine,&#8230;<\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><br \/>\n<br \/>Sainte-Beuve a \u00e9t\u00e9 un invit\u00e9 fid\u00e8le, \u00e0 Saint-Gratien dans le Val d&rsquo;Oise, de la princesse Mathilde (16 av. du Ch\u00e2teau).<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/>Les logis de Sainte-Beuve, article de Robert Coiplet dans Demeures inspir\u00e9es et sites romanesques tome II, par Paul-\u00c9mile Cadilhac et Robert Coiplet.<br \/>\n<br \/>Sainte-Beuve. Michel Cr\u00e9pu, \u00e9ditions Perrin, 2001. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;&#339;uvre de Sainte-Beuve n&rsquo;est pas une &#339;uvre profonde. 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