{"id":177,"date":"2003-08-29T16:05:38","date_gmt":"2003-08-29T14:05:38","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/nathalie-sarraute\/"},"modified":"2003-08-29T16:05:38","modified_gmt":"2003-08-29T14:05:38","slug":"nathalie-sarraute","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/nathalie-sarraute\/","title":{"rendered":"Nathalie SARRAUTE"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1413\" aria-describedby=\"caption-attachment-1413\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1413\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_sarrau.jpg\" alt=\"93 rue du Mar\u00e9chal Foch \u00e0 Parmain.\" title=\"93 rue du Mar\u00e9chal Foch \u00e0 Parmain.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"310\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_sarrau.jpg 310w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_sarrau-227x300.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 310px) 94vw, 310px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1413\" class=\"wp-caption-text\">93 rue du Mar\u00e9chal Foch \u00e0 Parmain.<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quand le lecteur devine la fin de la phrase, ce n&rsquo;est pas la peine que je la finisse.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le roman n&rsquo;est pas un d\u00e9lassement facile\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Lecteurs de Proust, Joyce, James, Woolf, Rilke, Sartre, Dosto\u00efevski, Kafka, Camus&#8230; n&rsquo;ouvrez pas L&rsquo;\u00c8re du soup\u00e7on ! Nathalie Sarraute nous y convainc qu&rsquo;il faut tourner la page du \u00ab\u00a0vieux roman\u00a0\u00bb, celui qui fonctionne autour de ses personnages, de ses d\u00e9cors et de ses actions.<br \/>\n<br \/>Aujourd&rsquo;hui, parce qu&rsquo;on ne lit plus comme avant, tout le monde soup\u00e7onne tout le monde :<br \/>\n&#8211; le lecteur soup\u00e7onne l&rsquo;auteur de mener son imagination en bateau en cr\u00e9ant des personnages comme on en a d\u00e9j\u00e0 vu et des intrigues comme on en verra encore ;<br \/>\n&#8211; l&rsquo;auteur n&rsquo;est plus s\u00fbr que ses personnages soient les mieux plac\u00e9s pour communiquer avec le lecteur ;<br \/>\n&#8211; l&rsquo;auteur va m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 soup\u00e7onner son lecteur de se construire des arch\u00e9types de personnages en moins de temps qu&rsquo;il n&rsquo;en faut pour le lire.<br \/>\nTout cela fait que \u00ab\u00a0les personnages [&#8230;] ne parviennent plus \u00e0 contenir la r\u00e9alit\u00e9 psychologique actuelle. Au lieu, comme autrefois, de la r\u00e9v\u00e9ler, ils l&rsquo;escamotent.\u00a0\u00bb<br \/>\n<br \/>Alors ?<br \/>\nAlors, parce que, pour Nathalie Sarraute, le romancier n&rsquo;est pas un raconteur d&rsquo;histoire, mais un \u00e9veilleur de sensations, de \u00ab\u00a0tropismes\u00a0\u00bb, de r\u00e9actions dans cette zone qui se trouve entre la r\u00e9alit\u00e9 visible et l&rsquo;inconscient, eh bien les personnages, le d\u00e9cor, la continuit\u00e9 d&rsquo;un r\u00e9cit ne sont plus n\u00e9cessaires.<br \/>\n<br \/>Faire sentir au lecteur la riche vie int\u00e9rieure d&rsquo;un personnage et donc la sienne propre (\u00e0 lui, lecteur), c&rsquo;est d\u00e9crire le moins possible, pour classer et figer le moins possible. Un petit fait, une parole, un geste peut \u00eatre plus \u00e9vocateur qu&rsquo;une belle description.<\/p>\n<p>&#8211; Natacha Tcherniak na\u00eet en 1900 \u00e0 Ivanovo-Voznessensk, \u00e0 200 kilom\u00e8tres de Moscou, d&rsquo;un p\u00e8re chimiste et d&rsquo;une m\u00e8re \u00e9crivain. Il y a aussi un oncle terroriste, qui provoque l&rsquo;exil de la famille qui, par ailleurs, se d\u00e9sunit. Ses parents divorcent en 1902.<br \/>\n&#8211; Natacha vit avec sa m\u00e8re \u00e0 Paris entre 1902 et 1906, puis \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg jusqu&rsquo;en 1909. Elle s&rsquo;installe alors en France avec son p\u00e8re, d\u00e9finitivement. Elle d\u00e9couvre Dosto\u00efevski, Proust, Woolf.<br \/>\nPar amour de la langue et des mots, elle veut \u00eatre avocate. Mais elle n&rsquo;entame pas vraiment de carri\u00e8re et commence \u00e0 \u00e9crire en 1932. Ses r\u00e9guli\u00e8res conf\u00e9rences sur la litt\u00e9rature, d&rsquo;une part, ses pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, d&rsquo;autre part, seront son autre fa\u00e7on de travailler avec la langue parl\u00e9e.<br \/>\nTropismes para\u00eet cinq ans plus tard dans la plus grande indiff\u00e9rence.<br \/>\n&#8211; Son origine juive et son refus de porter l&rsquo;\u00e9toile jaune la poussent \u00e0 vivre entre 1941 et 1944 sous une fausse identit\u00e9 \u00e0 Parmain pr\u00e8s de Pontoise (93 rue du Mar\u00e9chal Foch). Elle travaille alors \u00e0 son second roman, Portrait d&rsquo;un inconnu.<br \/>\n&#8211; En 1949, elle ach\u00e8te une maison 12 rue de l&rsquo;\u00c9glise \u00e0 Ch\u00e9rence, pr\u00e8s de La Roche-Guyon. Pendant quelques ann\u00e9es, elle \u00e9crit le matin attabl\u00e9e au bistrot de V\u00e9theuil -aujourd&rsquo;hui disparu- o\u00f9 elle se sent \u00ab\u00a0comme en voyage\u00a0\u00bb, d\u00e9clamant ses phrases \u00e0 mi-voix pour v\u00e9rifier qu&rsquo;elles sonnent juste. De nombreuses pages de Martereau et du Plan\u00e9tarium sont con\u00e7ues ici.<br \/>\n<br \/>Elle aime aussi marcher jusqu&rsquo;\u00e0 la ferme du Chesnay et au moulin de Fourges, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Epte, ou admirer les rives de la Seine entre V\u00e9theuil et La Roche-Guyon.<br \/>\n&#8211; Avec <em>L&rsquo;\u00c8re du Soup\u00e7on<\/em>, en 1956, elle est enfin reconnue. Un autre val d&rsquo;oisien, le critique \u00c9mile Henriot, lance l&rsquo;expression de \u00ab\u00a0Nouveau roman\u00a0\u00bb pour qualifier certains auteurs qui font fi de l&rsquo;intrigue et des personnages, tel Pinget, Robbe-Grillet, Beckett, Simon et Sarraute (la derni\u00e8re n&rsquo;ayant jamais eu l&rsquo;impression de r\u00e9ellement faire \u00e9cole avec les premiers&#8230;).<br \/>\n&#8211; Nathalie Sarraute d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Paris le 19 octobre 1999, juste avant d&rsquo;atteindre un nouveau si\u00e8cle. Elle est enterr\u00e9e \u00e0 Ch\u00e9rence.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><br \/>\n<br \/>Pr\u00e9sences litt\u00e9raires aux alentours : <\/p>\n<p>&#8211; Bernardin de Saint-Pierre \u00e0 \u00c9ragny,<br \/>\n&#8211; Joseph Kessel \u00e0 Avernes,<br \/>\n&#8211; Edmond About \u00e0 Osny,<br \/>\n&#8211; Balzac et Carco \u00e0 l&rsquo;Isle-Adam,<br \/>\n&#8211; Fran\u00e7ois Copp\u00e9e \u00e0 Auvers-sur-Oise,<br \/>\n&#8211; La Comtesse de S\u00e9gur \u00e0 M\u00e9ry-sur-Oise,<br \/>\n&#8211; Georges Duhamel \u00e0 La Naze (Valmondois),<br \/>\n&#8211; \u00c9mile Henriot \u00e0 Nesles-la-Vall\u00e9e,<br \/>\n&#8211; Annie Ernaux \u00e0 Cergy,<br \/>\n&#8211; La Rochefoucauld et Hugo \u00e0 La Roche Guyon,<br \/>\n&#8211; Mirbeau \u00e0 Cormeilles-en-Vexin.<\/p>\n<p>Petite bibliographie<br \/>\n<br \/>Nathalie Sarraute : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai pris racine \u00e0 Ch\u00e9rence\u00a0\u00bb, par Patrick Gl\u00e2tre dans Vivre en Val d&rsquo;Oise n\u00b053, d\u00e9c.-jan. 1999. 50 F.<br \/>\n<br \/>L&rsquo;\u00c8re du soup\u00e7on. Nathalie Sarraute. Folio essais n\u00b076, 160 p., 36 F.<br \/>\n<br \/>Nathalie Sarraute, cinquante ann\u00e9es \u00e0 Ch\u00e9rence. Article de Patrick Gl\u00e2tre dans Balade en Val d&rsquo;Oise sur les pas des \u00e9crivains. Marie-No\u00eblle Craissati. \u00c9ditions Alexandrines. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Quand le lecteur devine la fin de la phrase, ce n&rsquo;est pas la peine que je la finisse.\u00a0\u00bb [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1413,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=177"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1413"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=177"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=177"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=177"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}