{"id":179,"date":"2003-08-29T16:10:03","date_gmt":"2003-08-29T14:10:03","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/madame-de-sevigne-a-paris-aux-rochers-a-grignan\/"},"modified":"2022-07-11T17:57:46","modified_gmt":"2022-07-11T15:57:46","slug":"madame-de-sevigne-a-paris-aux-rochers-a-grignan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/madame-de-sevigne-a-paris-aux-rochers-a-grignan\/","title":{"rendered":"Madame de SEVIGNE \u00e0 Paris, aux Rochers, \u00e0 Grignan"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1415\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_sevigne.jpg\" alt=\"sevigne.jpg\" width=\"410\" height=\"310\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_sevigne.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_sevigne-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><\/p>\n<div align=\"center\">Le ch\u00e2teau des Rochers.<\/div>\n<div align=\"center\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0Une heure de conversation vaut mieux que cinquante lettres.\u00a0\u00bb<\/i><br \/>Madame de S\u00e9vign\u00e9.<\/b><\/div>\n<div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0Quiconque ne se trouve qu&rsquo;\u00e0 40 miles du ch\u00e2teau de Grignan ne peut se dispenser d&rsquo;y faire un p\u00e9lerinage.\u00a0\u00bb<\/i><br \/>Walter Scott.<\/b><\/div>\n<p>Entre des anc\u00eatres qui tombent comme des mouches sur les champs de bataille ou les terrains de duels (son grand-p\u00e8re survit \u00e0 dix-huit duels avant de mourir d&rsquo;un accident de chasse) et une grand-m\u00e8re qui deviendra sainte&#8230; en 1767, la marquise choisit une autre arme que l&rsquo;\u00e9p\u00e9e ou la religion pour frayer son chemin : l&rsquo;esprit, qu&rsquo;elle manie avec art d&rsquo;abord par la parole, puis, \u00e0 partir de sa quarante-cinqui\u00e8me ann\u00e9e, par la plume.<br \/><br \/>Avec elle, l&rsquo;art \u00e9pistolaire acquiert ses lettres&#8230; de noblesse et supplante l&rsquo;art de la conversation dans lequel excellait jusqu&rsquo;alors le XVIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>La marquise voyageait avec ardeur, pourvu qu&rsquo;au bout de la route il y ait un ch\u00e2teau :<\/p>\n<p>&#8211; Marie de Rabutin-Chantal na\u00eet en 1626 dans l&rsquo;h\u00f4tel de Coulanges, construit par son grand-p\u00e8re 1 bis place Royale (maintenant des Vosges). Son p\u00e8re d\u00e9c\u00e8de rapidement, tu\u00e9 lors du si\u00e8ge de La Rochelle. Sa m\u00e8re rejoint son mari en 1633.<br \/>&#8211; Apr\u00e8s les mains du grand-p\u00e8re Coulanges, Marie vit \u00e0 partir de 1637 des ann\u00e9es heureuses au milieu d&rsquo;oncles et de tantes, dans l&rsquo;h\u00f4tel du 35\/37 rue des Francs-Bourgeois, dont il reste peu de choses aujourd&rsquo;hui. L&rsquo;\u00e9cole est faite \u00e0 la maison, et les enfants ont acc\u00e8s \u00e0 de nombreuses oeuvres d&rsquo;auteurs contemporains.<br \/>&#8211; Guid\u00e9e par ses oncles, Marie \u00e9pouse \u00e0 dix-huit ans le beau Henri de S\u00e9vign\u00e9, propri\u00e9taire du ch\u00e2teau des Rochers. Ils deviennent marquise et marquis et s&rsquo;installent 11 rue des Lions-Saint-Paul (la maison existe toujours).<br \/>&#8211; Fran\u00e7oise-Marguerite, future comtesse de Grignan bien appr\u00e9ci\u00e9e de Louis XIV et principale destinatrice des fameuses Lettres, na\u00eet en 1647 et son fr\u00e8re Charles, en 1648.<br \/><br \/>Henri fait bient\u00f4t la cour \u00e0 Ninon de Lanclos puis \u00e0 Madame Gaudron (ce qui le conduira \u00e0 la mort, en 1651, des suites d&rsquo;un duel avec le chevalier d&rsquo;Albret), et Roger de Bussy-Rabutin courtise la marquise, sans beaucoup de succ\u00e8s.<br \/>M\u00eame apr\u00e8s la mort de son mari, Madame de S\u00e9vign\u00e9 s\u00e9journe r\u00e9guli\u00e8rement aux Rochers &#8211; jusqu&rsquo;en 1690. Elle s&rsquo;est d\u00e9couvert un amour pour la campagne&#8230; et la vie bretonne est moins ch\u00e8re que la vie parisienne.<br \/>&#8211; Veuve, elle emm\u00e9nage rue Saint-Avoye (actuelle partie de la rue du Temple comprise entre la rue Michel-le-Comte et la rue Saint-Merri).<br \/>&#8211; Fran\u00e7oise \u00e9pouse le comte de Grignan en 1669. Le jeune couple et la marquise s&rsquo;installent 8 rue de Thorigny (l&rsquo;h\u00f4tel a disparu depuis) mais, \u00e0 l&rsquo;automne 1669, le comte de Grignan est nomm\u00e9 lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du Languedoc.<br \/>&#8211; Madame de S\u00e9vign\u00e9 \u00e9crit ses premi\u00e8res lettres \u00e0 sa fille en 1671. Elle emm\u00e9nage chez ses cousins Coulanges 8 rue du Parc-Royal entre fin 1671 et mai 1672, la variole mena\u00e7ant rue de Thorigny.<br \/>&#8211; Puis elle loue une maison existant encore 14 rue Elz\u00e9vir (alors rue des Trois Pavillons) entre mai 1672 et 1677.<br \/><br \/>En 1672, elle s\u00e9journe au ch\u00e2teau de Grignan, mais l&rsquo;ambiance deviendra \u00e9lectrique (elle y s\u00e9journera \u00e0 nouveau en 1690 et en 1694-96). D&rsquo;o\u00f9, apr\u00e8s quinze mois, retour de la marquise \u00e0 Paris et \u00e9change de nombreuses autres lettres (environ 770 conserv\u00e9es aujourd&rsquo;hui, qui ne seront \u00e9dit\u00e9es qu&rsquo;apr\u00e8s sa mort -alors que la marquise n&rsquo;a jamais pens\u00e9 \u00e0 leur publication ; celles de la comtesse de Grignan ont malheureusement \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites).<br \/><br \/>Par ses lettres, Madame de S\u00e9vign\u00e9 essaie de reconqu\u00e9rir sa fille. Elle y parviendra, avec l&rsquo;aide de la religion et des jans\u00e9nistes, en exp\u00e9rimentant aussi que l&rsquo;on aime parfois plus \u00e0 distance que de pr\u00e8s.<br \/><br \/>Les deux femmes s&rsquo;\u00e9crivent deux fois par semaine lorsqu&rsquo;elles sont \u00e9loign\u00e9es.<br \/>Les Grignan font des s\u00e9jours r\u00e9guliers \u00e0 Paris, et il arrive que des lettres soient adress\u00e9es d&rsquo;une chambre \u00e0 l&rsquo;autre quand la tension monte.<br \/>&#8211; En 1677, la marquise s&rsquo;agrandit car elle accueille un oncle abb\u00e9 et deux petites filles. Elle vient occuper le 8 rue de Montmorency (alors rue Courteauvilain -la maison n&rsquo;existe plus). Mais le lieu est humide, et elle rejoint sa fille et le comte qui ont emm\u00e9nag\u00e9 rue de la Couture Sainte-Catherine (devenue rue S\u00e9vign\u00e9), dans l&rsquo;H\u00f4tel Carnavalet.<br \/>&#8211; La marquise d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Grignan le 17 avril 1696. Elle y repose sous une dalle de marbre blanc, dans l&rsquo;\u00e9glise Saint-Sauveur.<\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><\/p>\n<p>Madame de S\u00e9vign\u00e9 s\u00e9journe \u00e9galement :<\/p>\n<p>&#8211; au ch\u00e2teau de Montaleau \u00e0 Sucy-en-Brie (2 rue Pierre S\u00e9mard, devenu le conservatoire de musique). Elle y passe plusieurs \u00e9t\u00e9s de son enfance jusqu&rsquo;\u00e0 son mariage en 1644,<br \/>&#8211; au ch\u00e2teau du Buron \u00e0 Vigneux-de-Bretagne pr\u00e8s de Nantes, appartenant \u00e0 Henri de S\u00e9vign\u00e9. Elle y vient \u00e0 huit reprises entre 1646 et 1689,<br \/>&#8211; au Ch\u00e2teau-Marie \u00e0 Vitr\u00e9,<br \/>&#8211; \u00e0 l&rsquo;Auberge du Cheval Blanc \u00e0 Vichy, o\u00f9 elle vient soigner ses rhumatismes en 1676 et 77 (\u00e0 l&#8217;emplacement actuel de l&rsquo;h\u00f4tel du Pont-neuf, sur les bords de l&rsquo;Allier),<br \/>&#8211; dans l&rsquo;h\u00f4tel Jouffroy, rue Victor-Genoux \u00e0 Luxeuil-les-Bains,<br \/>&#8211; au ch\u00e2teau de Bussy-le-Grand, ouvert toute l&rsquo;ann\u00e9e (03 80 96 00 03),<br \/>&#8211; au ch\u00e2teau d&rsquo;Ancy-le-Franc, ouvert de fin mars au 11 novembre (03 86 75 15 63),<br \/>&#8211; au ch\u00e2teau d&rsquo;Epoisses (C\u00f4te d&rsquo;Or), ouvert d&rsquo;avril \u00e0 la Toussaint (03 80 96 42 65),<br \/>&#8211; au ch\u00e2teau de Cormatin, ouvert d&rsquo;avril au 11 novembre (03 85 50 16 55),<br \/>&#8211; au ch\u00e2teau de Bourbilly,<br \/>&#8211; &#8230; et encore ailleurs&#8230;<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><br \/><br \/>L&rsquo;H\u00f4tel Carnavalet (23, rue S\u00e9vign\u00e9, 75003 Paris, t\u00e9l. 01 44 59 58 58 ; fax 01 44 59 58 10 61) est ouvert de 10h \u00e0 17h40, sauf les lundis et jours f\u00e9ri\u00e9s. Gratuit sauf expositions temporaires. www.carnavalet.paris.fr<br \/><br \/>Le ch\u00e2teau des Rochers-S\u00e9vign\u00e9 (route d&rsquo;Argentr\u00e9-du-Plessis 35500 Vitr\u00e9, t\u00e9l. 02 99 75 04 54) vaut le d\u00e9tour. Ne pas rater en particulier le \u00ab\u00a0petit rediseur de mots jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;oreille\u00a0\u00bb, syst\u00e8me acoutisque \u00e9tonnant, au centre de l&rsquo;h\u00e9micycle de pierre dans les jardins du ch\u00e2teau.<br \/><br \/>Le ch\u00e2teau de Grignan, d\u00e9moli en 1793, a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9 entre 1912 et 1925. Pour tous renseignements sur les visites ou le Festival de la Correspondance : office de tourisme de Grignan : t\u00e9l. 04 75 46 56 75 ou fax 04 75 46 55 89.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/><br \/><em>Les \u00e9crivains du Marais. Promenade litt\u00e9raire autour de la Place Royale<\/em>. Le Promeneur des Lettres (t\u00e9l : 01 40 50 30 95).<br \/><em>Madame de S\u00e9vign\u00e9 \u00e0 Grignan<\/em>. Article de Paul-\u00c9mile Cadilhac dans <em>Demeures inspir\u00e9es et sites romanesques<\/em>, tome I, Editions de l&rsquo;Illustration. Paul-\u00c9mile Cadilhac et Robert Coiplet.<br \/><em>Le Val-de-Marne de Madame de S\u00e9vign\u00e9<\/em>, article de Mireille G\u00e9rard dans <em>Balade en Val-de-Marne sur les pas des \u00e9crivains<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.alexandrines.fr\">\u00c9ditions Alexandrines<\/a>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"628\" height=\"830\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/De-Sevigne-Paris-Carnavalet.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4829\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/De-Sevigne-Paris-Carnavalet.png 628w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/De-Sevigne-Paris-Carnavalet-227x300.png 227w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/De-Sevigne-Paris-Carnavalet-450x595.png 450w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/De-Sevigne-Paris-Carnavalet-378x500.png 378w\" sizes=\"(max-width: 628px) 94vw, 628px\" \/><figcaption>L\u2019h\u00f4tel Carnavalet \u00e0 Paris.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le ch\u00e2teau des Rochers. \u00a0 \u00ab\u00a0Une heure de conversation vaut mieux que cinquante lettres.\u00a0\u00bbMadame de S\u00e9vign\u00e9. \u00ab\u00a0Quiconque ne [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1415,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[46,35],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=179"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4830,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/179\/revisions\/4830"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1415"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=179"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=179"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=179"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}