{"id":184,"date":"2003-08-29T16:17:08","date_gmt":"2003-08-29T14:17:08","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/germaine-de-stael\/"},"modified":"2003-08-29T16:17:08","modified_gmt":"2003-08-29T14:17:08","slug":"germaine-de-stael","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/germaine-de-stael\/","title":{"rendered":"Germaine de STAEL"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1420\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_stael.jpg\" alt=\"stael.jpg\" align=\"center\" width=\"310\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_stael.jpg 310w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_stael-227x300.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 310px) 94vw, 310px\" \/><\/p>\n<p><html><\/p>\n<div align=\"center\">L&rsquo;h\u00f4tel de Salm, 64 rue de Lille \u00e0 Paris.<\/div>\n<p><\/html><\/p>\n<p>H\u00e9riti\u00e8re pragmatique de Rousseau, elle est la premi\u00e8re \u00ab\u00a0grande\u00a0\u00bb femme philosophe et, avec Chateaubriand dont elle est l&rsquo;homologue protestante (c&rsquo;est un peu vite dit, mais bon), l&rsquo;initiatrice du romantisme. <\/p>\n<p>Un temp\u00e9rament volcanique, une conversation brillante\u0085 elle fait mentir plusieurs r\u00e8gles, parmi lesquelles celle qui veut que les descendants de parents c\u00e9l\u00e8bres peinent \u00e0 se faire un nom, et cette autre qui veut qu&rsquo;on ne puisse animer brillammant un salon litt\u00e9raire et produire des \u009cuvres autres que d&rsquo;estime.<br \/>\n<br \/>Son p\u00e8re : Jacques Necker, bourgeois genevois, ministre des finances de Louis XVI \u00e0 partir de 1776 (bien que ni fran\u00e7ais, ni catholique !), ambitieux mais sage et populaire.<br \/>\n<br \/>Suzanne, sa m\u00e8re, fait d\u00e9j\u00e0 salon. \u00c0 la fois parce que cela entre dans le droit fil d&rsquo;une \u00e9ducation protestante, et parce que les lettres peuvent \u00eatre un support du pouvoir de son mari.<br \/>\n<br \/>Rue de Cl\u00e9ry viennent ainsi r\u00e9guli\u00e8rement Buffon, les Encyclop\u00e9distes, Bernardin de Saint-Pierre, Mme du Deffand, Mme Geoffrin\u0085 Germaine y a son tabouret r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 partir de douze ans (c&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 domicile). <\/p>\n<p>Ses parents lui l\u00e8gueront un double h\u00e9ritage : une passion pour les lettres et la philosophie, un profond int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;action politique.<\/p>\n<p>&#8211; Germaine Necker na\u00eet en 1766 28 rue Michel-le-Comte dans l&rsquo;H\u00f4tel d&rsquo;Hallwyll qui existe toujours.<br \/>\n&#8211; Les Necker habitent l&rsquo;h\u00f4tel Le Blanc entre 1766 et 1789. Aujourd&rsquo;hui, son emplacement est occup\u00e9 par le 12 rue du Sentier et par la rue de Mulhouse ouverte en 1843 dans la rue de Cl\u00e9ry.<br \/>\n&#8211; Germaine \u00e9pouse en 1785 l&rsquo;ambassadeur de Su\u00e8de en France, le baron de Sta\u00ebl-Holstein et, de grande bourgeoise, devient ainsi aristocrate.<br \/>\n<br \/>Le grand amour ne dure pas longtemps, ce qui ne les emp\u00eache pas de r\u00e9sider 470 (actuel 94) rue du Bac, de fa\u00e7on discontinue entre 1786 et 1798. Telle m\u00e8re, telle fille, Germaine ouvre son salon \u00e0 La Fayette, Condorcet, Talleyrand\u0085 et elle \u00e9crit.<br \/>\n<br \/>Les exc\u00e8s de la Terreur poussent les de Sta\u00ebl \u00e0 l&rsquo;exil de 1792 \u00e0 1795, puis \u00e0 nouveau en 96.<br \/>\nEn 1794 dans le ch\u00e2teau de son p\u00e8re, \u00e0 Coppet pr\u00e8s de Gen\u00e8ve, Mme de Sta\u00ebl fait la connaissance de Benjamin Constant. Elle restera li\u00e9e \u00e0 lui, beaucoup pendant les premiers mois (une fille, Albertine, na\u00eet bient\u00f4t), de fa\u00e7on orageuse ensuite, jusqu&rsquo;\u00e0 leur rupture en 1811.<br \/>\n&#8211; En 1796, elle fait para\u00eetre <em>De l&rsquo;influence des passions sur le bonheur des individus et des nations<\/em> (Constant et sa passion du jeu doivent \u00eatre un bon laboratoire d&rsquo;observation), essai dans lequel s&rsquo;expriment ses attentes r\u00e9publicaines.<br \/>\n<br \/>En 1797, l&rsquo;ambassade de Su\u00e8de emm\u00e9nage dans le r\u00e9cent et imposant h\u00f4tel de Salm, qui est encore debout 64 rue de Lille. Mme de Sta\u00ebl parvient \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque \u00e0 man\u009cuvrer aupr\u00e8s de Barras pour que Talleyrand soit nomm\u00e9 ministre des Relations ext\u00e9rieures. C&rsquo;est pendant la p\u00e9riode encore un peu l\u00e2che du Directoire.<br \/>\n&#8211; Les de Sta\u00ebl s&rsquo;installent 102 rue de Grenelle en 1798, dans un h\u00f4tel moins co\u00fbteux que celui de la rue du Bac. Apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00c9tat du 18 Brumaire (9 novembre 1799) qui inaugure le Consulat, Mme de Sta\u00ebl et ses proches voient encore dans le Premier Consul le restaurateur possible de la R\u00e9publique. Mais les d\u00e9sillusions ne tardent pas. <em>De la litt\u00e9rature dans ses rapports avec les institutions<\/em> est publi\u00e9 en 1800. \u00c0 l&rsquo;heure o\u00f9 le discours officiel (par exemple par la bouche de Fontanes, protecteur de Chateaubriand) rend les philosophes responsables des exc\u00e8s qui ont suivi la R\u00e9volution, Mme de Sta\u00ebl y explique qu&rsquo;une litt\u00e9rature nouvelle (le romantisme) doit accompagner la naissance de la nouvelle soci\u00e9t\u00e9 issue de 1789, et emp\u00eacher qu&rsquo;elle connaisse \u00e0 nouveau des p\u00e9riodes de Terreur.<br \/>\n<br \/>Elle quitte Paris pour la Suisse en avril 1802. Son mari d\u00e9c\u00e8de en route, dans une auberge de Poligny. En octobre, elle est officiellement interdite de s\u00e9jour en France.<br \/>\n<br \/>Ses deux romans <em>Delphine<\/em> (1802) et <em>Corinne<\/em> (1807) sont des succ\u00e8s de librairie et racontent peu ou proue la m\u00eame histoire : la descente aux enfers d&rsquo;une jeune femme \u00e0 qui tout aurait d\u00fb r\u00e9ussir. Pour leur auteur, la R\u00e9volution n&rsquo;a pas fait avancer la cause des femmes.<br \/>\n&#8211; Bonaparte se d\u00e9cr\u00e8te empereur en 1804, et Mme de Sta\u00ebl et ses proches ne pourront mener d&rsquo;action que \u00e0 distance et\u0085 litt\u00e9raire. Son port d&rsquo;attache est le ch\u00e2teau de Coppet, d&rsquo;o\u00f9 elle se d\u00e9place r\u00e9guli\u00e8rement en Europe, rencontrant Schiller, Goethe\u0085 Elle doit ainsi \u00e0 l&#8217;empereur la d\u00e9couverte de l&rsquo;Allemagne et de sa litt\u00e9rature.<br \/>\n<br \/>\u00c0 Coppet, \u00ab\u00a0le groupe\u00a0\u00bb rassemble autour d&rsquo;elle Constant, Juliette R\u00e9camier, et des \u00e9crivains fran\u00e7ais, allemands et d&rsquo;autres pays encore qui viennent se rencontrer, mais surtout travailler \u00e0 leurs \u009cuvres, \u00e9crire, jouer du th\u00e9\u00e2tre et se traduire mutuellement.<br \/>\nMme de Sta\u00ebl, interdite de demeurer et de faire salon \u00e0 Paris, cr\u00e9e par la force des choses \u00e0 Coppet un laboratoire cosmopolite du romantisme o\u00f9 lib\u00e9raux et royalistes se m\u00ealent, les premiers l&#8217;emportant en nombre sur les seconds. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, en France, Napol\u00e9on fige la litt\u00e9rature dans un triste carcan n\u00e9o-classique.<br \/>\n&#8211; En 1812, par la Russie et la Su\u00e8de (o\u00f9 elle demeure jusqu&rsquo;\u00e0 mai 1813), elle gagne Londres.<br \/>\n<br \/><em>De L&rsquo;Allemagne<\/em> est son testament intellectuel. L&rsquo;ouvrage para\u00eet \u00e0 Londres en 1813 et impose d\u00e8s lors \u00e0 tout bon romantique le p\u00e8lerinage des lieux saints que sont Vienne et les bords du Rhin.<br \/>\n&#8211; Mme de Sta\u00ebl revient \u00e0 Paris au printemps 1814 (elle s&rsquo;installe \u00e0 Clichy), lorsque l&rsquo;exil change de camp. Cette fois, c&rsquo;est au tour de l&#8217;empereur, direction l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Elbe.<br \/>\n<br \/>Elle d\u00e9c\u00e8de 40 rue des Mathurins, \u00e0 51 ans en 1817.<br \/>\nAutres demeures de l&rsquo;auteur<br \/>\n<br \/>Mme de Sta\u00ebl habite \u00e9galement \u00e0 Paris 64 rue de Lille, et 6 rue Royale sous le Directoire.<br \/>\n<br \/>Elle s\u00e9journe chez Benjamin Constant \u00e0 H\u00e9rivaux en 1797 et 98 et au Ch\u00e2teau d&rsquo;Acosta \u00e0 Meulan, pendant l&rsquo;hiver 1806-07, ainsi qu&rsquo;au ch\u00e2teau de Franconville (aujourd&rsquo;hui centre m\u00e9dical Fernand-Besan\u00e7on).<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><br \/>\n<br \/>Le ch\u00e2teau de Coppet est ouvert \u00e0 la visite, de m\u00eame que, \u00e0 Paris, l&rsquo;h\u00f4tel de Salm devenu Palais de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur.<\/p>\n<p><strong>Quelqu&rsquo;un \u00e0 contacter ?<\/strong><br \/>\n<br \/><a href=\"www.stael.org\">www.stael.org<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Les Voix de la libert\u00e9<\/em>. Michel Winock, Seuil, 2000.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;h\u00f4tel de Salm, 64 rue de Lille \u00e0 Paris. 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