{"id":197,"date":"2003-08-29T16:51:00","date_gmt":"2003-08-29T14:51:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/roger-vailland\/"},"modified":"2003-08-29T16:51:00","modified_gmt":"2003-08-29T14:51:00","slug":"roger-vailland","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/roger-vailland\/","title":{"rendered":"Roger VAILLAND"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab\u00a0[&#8230;] J&rsquo;ai [&#8230;] commenc\u00e9 d&rsquo;avoir envie d&rsquo;\u00e9crire un roman et je suis devenu, comme d&rsquo;habitude, extr\u00eamement attentif \u00e0 tout ce qui m&rsquo;entoure. Pour moi, c&rsquo;est toujours le premier sympt\u00f4me.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Roger Vailland, dans la revue <em>Arts<\/em>, 26 f\u00e9vrier 1964. <\/p>\n<p>C&rsquo;est la guerre, la montagne et Stendhal qui ouvrent pour Roger Vailland les vannes de l&rsquo;\u00e9criture. D\u00e9sireux de se retirer au calme pour \u00e9crire le grand roman dont il attend la renomm\u00e9e, il s&rsquo;installe en juin 1942, sur le conseil d&rsquo;un ami, au \u00ab\u00a0ch\u00e2teau Marion\u00a0\u00bb, un peu \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de Chavannes-sur-Reyssouze pr\u00e8s de Bourg-en-Bresse. <\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est \u00e0 Paris, 11 rue des Abbesses (et seulement en mars 1944), qu&rsquo;il \u00ab\u00a0tient le bon bout\u00a0\u00bb. Son r\u00f4le dans la R\u00e9sistance l&rsquo;am\u00e8ne en effet \u00e0 s\u00e9journer souvent dans la capitale, au Grand h\u00f4tel Goudeau (11 rue Ravignan \u00e0 Montmartre) et rue des Abbesses. Lors d&rsquo;une mission au domicile de Daniel Cordier, un agent de la R\u00e9sistance, il d\u00e9couvre un exemplaire de <em>Lucien Leuwen<\/em>, se plonge dans sa lecture&#8230; et se lance aussit\u00f4t dans l&rsquo;\u00e9criture du <em>Dr\u00f4le de jeu<\/em>. <em>Dr\u00f4le de jeu<\/em> para\u00eet en 1945. Vailland y a mis le quotidien de sa vie de r\u00e9sistant : engagement politique, clandestinit\u00e9, libertinage.<br \/>\n<br \/>Il r\u00eavait depuis longtemps d&rsquo;\u00e9crire un grand roman sans y parvenir&#8230; puis il s&rsquo;est trouv\u00e9 capable, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa vie, de les encha\u00eener les uns \u00e0 la suite des autres avec une facilit\u00e9 impressionnante&#8230; et une m\u00e9thode efficace : \u00e9crire sous le regard d&rsquo;un diagramme accroch\u00e9 au mur, indiquant en abscisses les jours pass\u00e9s et \u00e0 venir, et en ordonn\u00e9es les nombres de pages \u00e9crites. <\/p>\n<p>Voici les diff\u00e9rents lieux o\u00f9, entre la guerre et sa mort en 1965, il a accroch\u00e9 ses diagrammes :<br \/>\n&#8211;\tEn d\u00e9cembre 1947, Vailland s&rsquo;installe au second \u00e9tage du 14 avenue de Verdun \u00e0 Sceaux, chez ses amis De Meyenbourg qui ont piti\u00e9 de sa situation mat\u00e9rielle. Il y demeure jusqu&rsquo;en d\u00e9cembre 1950.<br \/>\n&#8211;\tDe juillet \u00e0 septembre 1949, il se retire dans une maison pr\u00eat\u00e9e par des amis, les Peytavin, situ\u00e9e \u00e0 Crouzaz, un lieu-dit pr\u00e8s de Mende en Loz\u00e8re.<br \/>\n&#8211;\tEn d\u00e9cembre 1950, ses h\u00f4tes de l&rsquo;avenue de Verdun r\u00e9cup\u00e8rement l&rsquo;appartement qu&rsquo;il occupe. Apr\u00e8s un voyage en Extr\u00eame-Orient, il emm\u00e9nage au printemps 1951 avec Elisabeth Naldi \u00e0 La grange aux loups (aussi appel\u00e9e La grange aux vents) une aust\u00e8re petite maison des Allymes, hameau \u00e0 six kilom\u00e8tres d&rsquo;Amb\u00e9rieu-en-Bugey. Loin des \u00ab\u00a0intellectuels de gauche\u00a0\u00bb parisiens, il d\u00e9couvre la vie des ouvriers et des paysans. Elisabeth et Roger vivent alors les ann\u00e9es les plus pauvres et les plus heureuses de leur vie.<br \/>\n&#8211;\tAutomne 1954 : Roger et Elisabeth (qu&rsquo;il \u00e9pouse cette ann\u00e9e-l\u00e0) s&rsquo;installent dans une belle maison du centre de Meillonnas, \u00e0 vingt kilom\u00e8tres de Bourg-en-Bresse.<br \/>\nUn an plus tard, le prix Goncourt r\u00e9compense (enfin !) <em>La loi<\/em> et son auteur, dont les 325 000 francs avaient recueilli l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente moins de votes des jur\u00e9s que <em>Les Eaux m\u00eal\u00e9es<\/em>, de Roger Ikor.<br \/>\n<br \/>Lorsque les crimes de Staline sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s en 1956, Vailland se r\u00e9veille du communisme, pour ne plus y retourner.<\/p>\n<p>Roger Vailland d\u00e9c\u00e8dera \u00e0 cinquante-sept ans, le 12 mai 1965, d&rsquo;un cancer du poumon. Il repose depuis dans le cimeti\u00e8re de Meillonnas.<\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><br \/>\n<br \/>Par ailleurs, durant toutes ces ann\u00e9es, les h\u00f4tels S\u00e8vres-Vaneau et Pont-Royal (rue du Bac) sont deux domiciles parisiens privil\u00e9gi\u00e9s de Roger Vailland.<\/p>\n<p><strong>Quelqu&rsquo;un \u00e0 contacter ?<\/strong><br \/>\nM\u00e9diath\u00e8que \u00c9lizabeth et Roger Vailland, 1 rue du Moulin de Brou, 01000 Bourg-en-Bresse (t\u00e9l. : 04 74 45 06 07).<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><br \/>\n&#8211;\t\tLamartine \u00e0 M\u00e2con, Milly, Montceau, Saint-Point,<br \/>\n&#8211;\tClaudel \u00e0 Brangues,<br \/>\n&#8211;\tStendhal \u00e0 Grenoble,<br \/>\n&#8211;\tRousseau aux Charmettes et \u00e0 Chamb\u00e9ry,<br \/>\n&#8211;\tVoltaire \u00e0 Ferney,<br \/>\n&#8211;\tSaint-Exup\u00e9ry \u00e0 Lyon et R\u00e9mens,<br \/>\n&#8211;\tEug\u00e8ne Sue \u00e0 Annecy-le-Vieux,<br \/>\n&#8211;\tVal\u00e9ry Larbaud \u00e0 Vichy,<br \/>\n&#8211;\tHenri Pourrat et Alexandre Vialatte \u00e0 Ambert,<br \/>\n&#8211;\tHonor\u00e9 d&rsquo;Urf\u00e9 \u00e0 Bo\u00ebn-sur-Lignon,<br \/>\n&#8211;\tJules Romains \u00e0 Saint-Julien-Chapteuil,<br \/>\n&#8211;\tGeorge Sand \u00e0 Saint-Paulien.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Roger Vailland, ou un libertin au regard froid<\/em>. L&rsquo;\u00e9norme et passionnante biographie d&rsquo;Yves Courri\u00e8re. Plon, 1991, 976 pages, 180 F.<br \/>\n<br \/>Les <em>Cahiers Roger Vailland<\/em>, publi\u00e9s depuis 1994 par Le Temps des Cerises, 6 avenue E. Vaillant, 93500 Pantin (t\u00e9l. : 01 49 42 99 11),<br \/>\n<br \/>base de donn\u00e9es de Philippe Boisseau sur le Paris historique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0[&#8230;] J&rsquo;ai [&#8230;] commenc\u00e9 d&rsquo;avoir envie d&rsquo;\u00e9crire un roman et je suis devenu, comme d&rsquo;habitude, extr\u00eamement attentif \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,36],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/197"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=197"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/197\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=197"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=197"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}