{"id":20,"date":"2003-08-13T16:59:14","date_gmt":"2003-08-13T14:59:14","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/georges-bernanos-2\/"},"modified":"2021-06-25T20:28:41","modified_gmt":"2021-06-25T18:28:41","slug":"georges-bernanos-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/georges-bernanos-2\/","title":{"rendered":"Georges BERNANOS"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab\u00a0Le devoir d&rsquo;un \u00e9crivain est d&rsquo;abord d&rsquo;\u00e9crire de beaux livres selon l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il se fait de son art et les ressources dont il dispose, sans m\u00e9nager rien ni personne, car tout livre est un t\u00e9moignage, et le premier m\u00e9rite d&rsquo;un t\u00e9moignage est d&rsquo;\u00eatre sinc\u00e8re. L&rsquo;artiste a un regard plus aigu que les autres et ce qu&rsquo;on lui demande, [&#8230;] c&rsquo;est qu&rsquo;il dise ce qu&rsquo;il voit r\u00e9ellement -non pas ce qu&rsquo;il d\u00e9sirerait voir, ou ce qu&rsquo;il lui est ordonn\u00e9 de voir.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Georges Bernanos, <em>Essais et \u00e9crits de combat<\/em>, t. II, Gallimard. <\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0D\u00e8s que je prends la plume, ce qui se l\u00e8ve tout de suite en moi, c&rsquo;est mon enfance, mon enfance si ordinaire, qui ressemble \u00e0 toutes les autres, et dont pourtant je tire tout ce que j&rsquo;\u00e9cris comme une source in\u00e9puisable de r\u00eaves.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Georges Bernanos, <em>Correspondance in\u00e9dite, t. II, Combat pour la libert\u00e9<\/em>, Plon. <\/p>\n<p>Bernanos, derri\u00e8re ses beaux yeux bleus, est un lutteur. Tout le touche mais rien ne l&rsquo;abat. Peut-\u00eatre est-ce parce qu&rsquo;il c\u00f4toie la maladie (depuis l&rsquo;enfance) et la mort (depuis la Grande Guerre), qu&rsquo;est n\u00e9 chez lui un besoin vital de comprendre et de communiquer, puis d&rsquo;\u00e9crire des articles, puis d&rsquo;\u00e9crire des romans. Il lutte tout au long de sa vie.<br \/>\n<br \/>Pour ses convictions politiques (qu&rsquo;il perd en partie apr\u00e8s la Grande Guerre) et religieuses, contre les modes, les pressions et les propositions d&rsquo;honneur ou d&rsquo;argent.<br \/>\nPour \u00e9viter la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e0 sa femme et \u00e0 ses six enfants, pr\u00e9carit\u00e9 \u00e0 laquelle il n&rsquo;\u00e9chappera jamais vraiment.<br \/>\nPour sauvegarder son enfance, dont Fressin est le coeur comme Saint-Sauveur-en-Puisaye l&rsquo;est pour Colette -les deux \u00e9crivains ayant en plus le m\u00eame go\u00fbt pour les d\u00e9m\u00e9nagements. Bernanos s&rsquo;\u00e9loigne r\u00e9guli\u00e8rement de la France. Mais qu&rsquo;il r\u00e9side en Espagne, au Br\u00e9sil ou en Tunisie, c&rsquo;est pour mieux l&rsquo;observer et, lors des p\u00e9riodes troubl\u00e9es de l&rsquo;avant-guerre, de la guerre et de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, pour mieux la d\u00e9fendre. <\/p>\n<p>&#8211;\tFin 1934, la famille Bernanos s&rsquo;exile \u00e0 Majorque, esp\u00e9rant une vie moins difficile qu&rsquo;en France, o\u00f9 les succ\u00e8s litt\u00e9raires n&rsquo;am\u00e9liorent pas pour autant l&rsquo;ordinaire. Elle \u00e9choue 95, calle du 14 abril \u00e0 Palma et, en 1935, change cinq fois d&rsquo;appartement. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, paraissent Un Crime (un roman policier !) et le Journal d&rsquo;un cur\u00e9 de campagne, o\u00f9 Ambricourt rappelle Fressin.<br \/>\n&#8211;\tApr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 au coeur des premiers mois de la guerre d&rsquo;Espagne, Bernanos revient avec sa famille \u00e0 Toulon, en 1937, pour y \u00e9crire <em>Les Grands Cimeti\u00e8res sous la lune<\/em>. Ce livre donne envie \u00e0 Malraux, l&rsquo;ex-combattant des Brigades Internationales, de rencontrer l&rsquo;\u00e9crivain dont un fils s&rsquo;est enr\u00f4l\u00e9 quelque temps dans la Phalange&#8230; L&rsquo;\u00e9t\u00e9 1937 trouve les Bernanos villa Les Flots, chemin des Douaniers, puis l&rsquo;automne les trouve \u00e0 L&rsquo;Hermitage, boulevard Louis Sorel au Petit-Bois.<br \/>\n&#8211;\tPour fuir l&rsquo;Europe totalitaire et r\u00e9aliser un r\u00eave d&rsquo;enfance, les Bernanos s&#8217;embarquent ensuite pour le Paraguay en juillet 1938. C&rsquo;est finalement le Br\u00e9sil, terre d&rsquo;\u00e9lection de Cendrars et de Zweig, qui les accueille. D&rsquo;abord \u00e0 Ita\u00efpawa, pr\u00e8s de Rio, puis \u00e0 Juiz de Fora, \u00e0 Vassouras, \u00e0 Pirapora, puis quinze kilom\u00e8tres plus loin, dans la fazenda Sao Antonio, puis dans la ferme La Croix des Ames pr\u00e8s de Barbacena (o\u00f9 ils re\u00e7oivent Zweig en 1941). Durant tout son s\u00e9jour au Br\u00e9sil, par les journaux et la radio, Bernanos m\u00e8ne campagne contre l&rsquo;occupant allemand et le r\u00e9gime de Vichy.<br \/>\n&#8211;\tEn 1945, il est de retour en France avec sa famille. Il refuse de hautes fonctions que lui propose de Gaulle, tout comme il refuse, quelques mois plus tard, d&rsquo;entrer \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise.<br \/>\n&#8211;\tLa famille s&rsquo;installe \u00e0 Briarq, pr\u00e8s de Sisteron (lorsqu&rsquo;il effectue de courts s\u00e9jours \u00e0 Paris, sa r\u00e9sidence pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e est l&rsquo;h\u00f4tel Cayr\u00e9) et \u00e0 Bandol, \u00e0 la villa La Pin\u00e8de, la base d&rsquo;\u00e9criture de Georges \u00e9tant alors le Caf\u00e9 de la Marine, face \u00e0 la mer.<br \/>\n&#8211;\tEn 1947, dans la foul\u00e9e d&rsquo;une s\u00e9rie de conf\u00e9rences en Afrique du Nord, Bernanos installe sa famille \u00e0 Hammamet en Tunisie, puis \u00e0 Gab\u00e8s (h\u00f4tel Atlantica). En juin 1948, sa sant\u00e9 se d\u00e9t\u00e9riorant, il revient \u00e0 Paris pour subir une op\u00e9ration, mais d\u00e9c\u00e8de le 5 juillet. <\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><br \/>\n<br \/>L&rsquo;\u00e9crivain a v\u00e9cu \u00e0 Paris, Pellevoisin, Fressin, Bar-le-Duc, Bagni\u00e8res-de-Bigorre, Clermont, Toulon,&#8230;<\/p>\n<p><strong>Quelqu&rsquo;un \u00e0 contacter ?<\/strong><br \/>\n<br \/>Association Internationale des Amis de Georges Bernanos, 30 rue des Dames, 75017 Paris.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/>Bernanos. Louis Muron, Editions Flammarion, 1996.<br \/>\n<br \/>Les Cahiers Georges Bernanos sont \u00e9dit\u00e9s chaque ann\u00e9e par l&rsquo;Association Internationale des Amis de Georges Bernanos, 30 rue des Dames, 75017 Paris.<br \/>\n<br \/>La c\u00f4te d&rsquo;Azur des \u00e9crivains. Christian Arthaud, Eric L. Paul, Edisud, 1999.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/georges-bernanos\/\">19<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Le devoir d&rsquo;un \u00e9crivain est d&rsquo;abord d&rsquo;\u00e9crire de beaux livres selon l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il se fait de son art [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,23,29],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3043,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20\/revisions\/3043"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}