{"id":202,"date":"2003-11-02T15:15:45","date_gmt":"2003-11-02T14:15:45","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/11\/02\/gertrude-stein-a-paris\/"},"modified":"2003-11-02T15:15:45","modified_gmt":"2003-11-02T14:15:45","slug":"gertrude-stein-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/11\/02\/gertrude-stein-a-paris\/","title":{"rendered":"Gertrude STEIN \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1436\" aria-describedby=\"caption-attachment-1436\" style=\"width: 330px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1436\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_steindef.jpg\" alt=\"27 rue de Fleurus\" title=\"27 rue de Fleurus\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"330\" height=\"414\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_steindef.jpg 330w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_steindef-239x300.jpg 239w\" sizes=\"(max-width: 330px) 94vw, 330px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1436\" class=\"wp-caption-text\">27 rue de Fleurus<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Miss Stein fait la le\u00e7on.<\/em> C&rsquo;est le titre du second chapitre de <em>Paris est une f\u00eate<\/em>, d&rsquo;Ernest Hemingway. Il r\u00e9sume bien (un peu trop, m\u00eame, mais c&rsquo;est du Hemingway[[qui, redisons-le, est parvenu \u00e0 se f\u00e2cher avec la plupart de celles et ceux qu&rsquo;il a c\u00f4toy\u00e9s dans sa vie, \u00e0 l&rsquo;exception de Sylvia Beach.]]) ce qui reste aujourd&rsquo;hui de Gertrude Stein : l&rsquo;image d&rsquo;une muse-m\u00e9c\u00e8ne-ma\u00eetre \u00e0 penser qui, \u00e0 partir de son arriv\u00e9e \u00e0 Paris en 1903, chaperonnera des artistes comme Picasso et des \u00e9crivains comme Hemingway.<\/p>\n<p>Tout fra\u00eechement arriv\u00e9s \u00e0 Paris, Hadley et Ernest Hemingway se rendent pour la premi\u00e8re fois chez elle le 8 mars 1922, sur le conseil de Sherwood Anderson.<\/p>\n<p>Elle-m\u00eame \u00e9crit, mais avec un style tout \u00e0 elle que les \u00e9diteurs, les revues et le public appr\u00e9cient mod\u00e9r\u00e9ment[[<em>Les critiques qui l&rsquo;avaient rencontr\u00e9e ou qui avaient vu sa collection de tableaux prenaient ses oeuvres au s\u00e9rieux, m\u00eame s&rsquo;ils n&rsquo;y comprenaient rien, tant ils \u00e9taient enthousiasm\u00e9s par sa personne et avaient confiance en son jugement.<\/em>]]. Alors qu&rsquo;elle poursuit l&rsquo;\u00e9criture de son grand oeuvre (<em>Am\u00e9ricains d&rsquo;Am\u00e9rique<\/em>[[dont le titre, \u00e0 lui seul, trahit son go\u00fbt pour la redondance.]]), ses \u00ab\u00a0\u00e9l\u00e8ves\u00a0\u00bb parviennent \u00e0 \u00eatre \u00e9dit\u00e9s avant elle&#8230;<\/p>\n<p>Si elle peut accueillir tout un monde chaque jour \u00e0 partir de 17 heures, c&rsquo;est que, contrairement \u00e0 ses compatriotes install\u00e9s \u00e0 Paris, elle habite (avec son amie Alice Toklas, peu avenante pour les Hemingway) un bel appartement au 27 rue de Fleurus. Hem le compare \u00e0 une salle de mus\u00e9e, avec en plus un po\u00eale et de quoi boire et manger.<\/p>\n<p>Alors qu&rsquo;il habite avec Hadley 74 rue du Cardinal Lemoine, il la visite \u00e0 plusieurs reprises[[moins r\u00e9guli\u00e8rement qu&rsquo;il ne le dit dans <em>Paris est une f\u00eate<\/em>, car ses nombreux voyages hors de la capitale font qu&rsquo;il ne la voit que pendant un et demi de ses dix-neuf premiers mois parisiens.]] pour y d\u00e9couvrir de nouveaux livres ou rencontrer d&rsquo;autres \u00e9crivains, et surtout pour parler avec elle[[Pour Michael Reynolds, Hemingway, dans son exil parisien, trouvait une m\u00e8re dans Gertrude Stein &#8211; 48 ans en 1922 &#8211; comme il trouvait un p\u00e8re dans Ezra Pound.]]. \u00ab\u00a0Miss Stein\u00a0\u00bb a de dr\u00f4les de go\u00fbts. Pour elle, Aldous Huxley \u00e9crit comme un \u00ab\u00a0cadavre\u00a0\u00bb, et D. H. Lawrence comme un \u00ab\u00a0malade\u00a0\u00bb. En fait, elle sait effectivement mieux donner des <em>conseils<\/em> que des encouragements, et commencera par critiquer durement les premiers \u00e9crits d&rsquo;Hem qui, d\u00e9butant mais d\u00e9termin\u00e9, ne suivra heureusement pas toutes ses critiques.<br \/>\n<br \/>C&rsquo;est lors d&rsquo;une de ces rencontres que Gertrude Stein invente l&rsquo;expression \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ration perdue\u00a0\u00bb en parlant de la g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;Hemingway et Fitzgerald[[Hemingway l&rsquo;invite 27 rue de Fleurus pour la premi\u00e8re fois en 1925.]], qui, selon elle, a vu son \u00e9ducation sacrifi\u00e9e par la premi\u00e8re guerre mondiale.<\/p>\n<p>&#8211; N\u00e9e en 1874 en Pennsylvanie, Gertrude s&rsquo;essaie \u00e0 22 ans \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture automatique, puis \u00e0 la traduction de Flaubert. Parmi les th\u00e8ses qu&rsquo;elle d\u00e9veloppe, en les faisant \u00e9voluer avec le temps, est celle que la pens\u00e9e est plus une relation qu&rsquo;une entit\u00e9, et qu&rsquo;il faut privil\u00e9gier dans le r\u00e9cit le temps pr\u00e9sent par rapport au pass\u00e9 et au futur.<br \/>\n<br \/>Par ailleurs, elle pr\u00f4ne que l&rsquo;\u00e9crivain ne doit pas se relire, car les phrases justes sont celles qui sortent du premier jet.<br \/>\n<br \/>Son go\u00fbt pour la r\u00e9p\u00e9tition, pour l&rsquo;addition et la d\u00e9clinaison des mots, des phrases et des id\u00e9es, rappelle le style de P\u00e9guy.<br \/>\n<br \/>Ce go\u00fbt pour la r\u00e9p\u00e9tition se trouve \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 du style de Flaubert ou de celui d&rsquo;Hemingway, lui-m\u00eame disciple de Flaubert et de Stein. Mais pour tous les trois, le but est le m\u00eame : parvenir \u00e0 un texte parfait, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;auteur se retire pour laisser la place au lecteur[[Citons encore <em>Paris est une f\u00eate<\/em> : <em>\u00ab\u00a0Ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est \u00e9crire une seule phrase vraie. [&#8230;] Ainsi, finalement, j&rsquo;\u00e9crivais une phrase vraie et continuais \u00e0 partir de l\u00e0.\u00a0\u00bb<\/em>]]<br \/>\n&#8211; En 1903, elle rejoint \u00e0 Londres son fr\u00e8re Leo, collectionneur d&rsquo;art. Puis ils migrent \u00e0 Paris.<br \/>\n&#8211; Gertrude Stein et Alice Toklas habitent 27 rue de Fleurus de 1903 \u00e0 1938. Avant-guerre, leur salon est beaucoup fr\u00e9quent\u00e9 par des artistes. Apr\u00e8s-guerre, ces rencontres se font plus rares.<br \/>\n&#8211; Elles s&rsquo;installent en 1938 5 rue Christine (jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1946 pour Stein et jusqu&rsquo;au milieu des ann\u00e9es 1960 pour Toklas, except\u00e9es les ann\u00e9es 1940 \u00e0 1944 qu&rsquo;elles passent en grande partie \u00e0 Culoz, ayant choisi, bien que juives et de nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine, de ne pas quitter la France pendant l&rsquo;Occupation).<br \/>\n<br \/>Notons qu&rsquo;au 35 de cette rue, Hadley Hemingway vit avec son fils Bumby en 1926 apr\u00e8s sa s\u00e9paration d&rsquo;avec Ernest, et avant d&#8217;emm\u00e9nager 98 boulevard Blanqui en 1927.<br \/>\n&#8211; C&rsquo;est son <em>Autobiographie d&rsquo;Alice Toklas<\/em> qui la fait conna\u00eetre du grand public.<\/p>\n<p><strong>Autres lieux<\/strong><br \/>\n<br \/>Le Paris de Gertrude Stein est celui d&rsquo;Hemingway, de Fitzgerald, Pound, Ford Madox Ford&#8230;<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Paris est une f\u00eate.<\/em> Ernest Hemingway. Edition Folio.<br \/>\n<br \/><em>Walks in Hemingway&rsquo;s Paris.<\/em> Noel Riley Fitch. Editions St-Martin&rsquo;s Griffin.<br \/>\n<br \/><em>Hemingway, the Paris years.<\/em> Michael Reynolds. Editions W. W. Norton &#038; Company.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Miss Stein fait la le\u00e7on. C&rsquo;est le titre du second chapitre de Paris est une f\u00eate, d&rsquo;Ernest Hemingway. 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