{"id":212,"date":"2003-08-31T11:49:24","date_gmt":"2003-08-31T09:49:24","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/31\/jules-verne\/"},"modified":"2021-06-25T20:29:12","modified_gmt":"2021-06-25T18:29:12","slug":"jules-verne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/31\/jules-verne\/","title":{"rendered":"Jules VERNE"},"content":{"rendered":"<p>Ce sont des \u00e9tudes de droit, mais aussi un chagrin d&rsquo;amour nantais et, bien s\u00fbr, la volont\u00e9 de r\u00e9ussir dans les lettres, qui am\u00e8nent Jules Verne \u00e0 Paris en 1848. Et une r\u00e9volution l&rsquo;y attend.<br \/>\n<br \/>L&rsquo;objet du chagrin d&rsquo;amour est la belle Herminie, vingt ans comme Jules, et amoureuse de lui aussi. Mais un \u00e9crivaillon n&rsquo;est pas un beau parti pour une jeune bourgeoise nantaise, et Herminie en \u00e9pouse rapidement un meilleur.<br \/>\n<br \/>Contre la bourgeoisie et contre Nantes (o\u00f9, \u00e0 part des visites \u00e0 sa famille, il ne revient vivre quelques mois qu&rsquo;en 1877), Verne gardera de cette histoire une longue rancune. <\/p>\n<p>La r\u00e9volution, c&rsquo;est celle des journ\u00e9es sanglantes des 23 au 26 juin 1848, provoqu\u00e9es par la maladroite suppression des Ateliers nationaux d\u00e9cid\u00e9e par la seconde R\u00e9publique, et qui m\u00e8neront \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection de Louis-Napol\u00e9on Bonaparte.<br \/>\nL&rsquo;amertume que Verne ram\u00e8ne de Nantes et le fait qu&rsquo;il vive au si\u00e8cle du romantisme et des \u00e9crivains engag\u00e9s, ne font pas pour autant de lui un r\u00e9volutionnaire. Il est vrai qu&rsquo;il vient de rater la g\u00e9n\u00e9ration des Dumas, Hugo, Lamartine, Michelet, Sand, Sue&#8230; pour qui art et engagement politique vont de pair. Et puis il a surtout la t\u00eate \u00e0 ses essais de romans et de drames. Quoi qu&rsquo;il en soit, lorsqu&rsquo;il arrive \u00e0 Paris en juillet pour passer des examens de droit, l&rsquo;ordre vient d&rsquo;\u00eatre r\u00e9tabli, et il observe sur les fa\u00e7ades les traces des balles et des boulets en spectateur d\u00e9sabus\u00e9 et pas vraiment enthousiaste. Il exprimera les m\u00eames sentiments pour la commune de 1871. <\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9crivain vit entre 1848 et 1869 dans une capitale qui se pr\u00e9pare aux grands r\u00e9am\u00e9nagements de Napol\u00e9on III et du baron Haussmann :<br \/>\n&#8211; Fin 1848, il s&rsquo;installe donc au 3e \u00e9tage du 24 rue de l&rsquo;Ancienne Com\u00e9die (num\u00e9ro disparu aujourd&rsquo;hui) afin de poursuivre ses \u00e9tudes de droit. Il obtient son titre d&rsquo;avocat en 1850, bien que son \u00e9nergie se d\u00e9pense surtout dans l&rsquo;\u00e9criture et la fr\u00e9quentation des milieux litt\u00e9raires. Il fait ainsi la connaissance de l&rsquo;explorateur-\u00e9crivain Jacques Arago devenu aveugle, fr\u00e8re de Fran\u00e7ois, d&rsquo;\u00c9tienne et de Jean.<br \/>\n<br \/>La famille Verne demande \u00e0 Jules de rentrer \u00e0 Nantes ou de choisir une \u00e9tude de notaire parisienne pour y travailler comme clerc. \u00c0 la fois t\u00eatu et angoiss\u00e9 (ce qui d\u00e9clenche en 1851 des premi\u00e8res crises de paralysie faciale), il refuse.<br \/>\nLa revue <em>Le Mus\u00e9e des familles<\/em>, dirig\u00e9e par Pitre-Chevalier, publie en 1851 et 1852 trois premi\u00e8res nouvelles sign\u00e9es Jules Verne.<br \/>\n&#8211; Il vit ensuite dans le quartier Notre-Dame-de-Lorette jusqu&rsquo;\u00e0 1853 o\u00f9, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 Dumas Fils comme secr\u00e9taire du directeur du Th\u00e9\u00e2tre lyrique (ex-Th\u00e9\u00e2tre historique de Dumas P\u00e8re), il emm\u00e9nage 11 boulevard Bonne-Nouvelle, puis au 18, au 6e \u00e9tage. Cet emploi, qu&rsquo;il occupe de 1851 \u00e0 1855, l&rsquo;autorise \u00e0 faire jouer ses pi\u00e8ces au Th\u00e9\u00e2tre lyrique.<br \/>\n<br \/>C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9poque des succ\u00e8s d&rsquo;Offenbach, et Verne tente de surfer sur la vague en \u00e9crivant des op\u00e9rettes. Tout cela \u00e9tant bien gentil mais pas tr\u00e8s r\u00e9mun\u00e9rateur, il devient en 1856 placier en Bourse, pour un agent de change bas\u00e9 72 rue de Provence.<br \/>\n&#8211; Avec sa jeune femme Honorine, il s&rsquo;installe 18 boulevard Poissonni\u00e8re en 1857 et quelques mois plus tard rue Saint-Martin.<br \/>\n&#8211; Entre 1860 et 61, les voil\u00e0 54 rue du faubourg Montmartre, puis 45 boulevard de Magenta, puis 18 passage Saulnier.<br \/>\n&#8211; \u00c0 l&rsquo;automne 1862, il rencontre l&rsquo;\u00e9diteur Pierre-Jules Hetzel dont les bureaux se trouvent 18 rue Jacob, et lui remet le manuscrit d&rsquo;<em>Un Voyage en l&rsquo;air<\/em>, qui devient <em>Cinq semaines en ballon<\/em>.<br \/>\n<br \/>Verne vient d&rsquo;inventer &#8211; il en est conscient &#8211; un nouveau type de roman : l&rsquo;aventure g\u00e9ographique, \u00e0 la crois\u00e9e du romantisme, des romans exotiques et du positivisme de l&rsquo;\u00e9poque.<br \/>\n<br \/>D&rsquo;o\u00f9 lui est venue l&rsquo;id\u00e9e ? Il y a bien s\u00fbr sa collaboration avec <em>Le Mus\u00e9e des familles<\/em> et les encouragements de Jacques Arago ; ses voyages, dont le premier v\u00e9ritable date de 1859 en Ecosse, puis en Scandinavie en 1861 ; il observe et note tout ; il y a l&rsquo;influence d&rsquo;Edgar Poe, que Verne \u00e9tudie et qui vient d&rsquo;inventer lui aussi un nouveau genre romanesque avec ses enqu\u00eates criminelles et scientifiques ; il y a l&rsquo;int\u00e9r\u00eat que porte \u00e0 ce premier Voyage extraordinaire Pierre-Jules Hetzel, \u00e9diteur d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre et qui signe un contrat avec Verne d\u00e8s le rapide succ\u00e8s de <em>Cinq semaines en ballon<\/em>.<br \/>\n&#8211; En 1863, les Verne emm\u00e9nagent 39 rue La Fontaine. Ils demeurent jusqu&rsquo;en 1869 et quittent alors Paris pour Le Crotoy (pr\u00e9cis\u00e9ment la maison La Solitude, rue Lef\u00e8vre \u00e0 deux pas du port, aujourd&rsquo;hui 9 rue Jules Verne).<br \/>\n<br \/>Avec le bateau qu&rsquo;il vient d&rsquo;acheter, il remonte la Seine jusqu&rsquo;\u00e0 Paris durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1870 et stationne dix jours au pied du Pont des Arts, juste avant la d\u00e9claration de guerre \u00e0 la Prusse et la capitulation de Napol\u00e9on III \u00e0 Sedan.<br \/>\n&#8211; En 1871, ils s&rsquo;\u00e9tablissent pour la vie \u00e0 Amiens. Pour l&rsquo;\u00e9crivain, Amiens est comme la grande banlieue de Paris. Il y est tranquille pour \u00e9crire, et la poste ou le train permettent de garder une relation \u00e9troite avec son \u00e9diteur, avec ses amis et les th\u00e9\u00e2tres qui commencent enfin \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 lui. En effet, alors que les Voyages extraordinaires continuent de se succ\u00e9der, le succ\u00e8s du <em>Tour du monde en quatre-vingt jours<\/em> en 1872 ram\u00e8ne l&rsquo;\u00e9crivain vers son premier amour : la sc\u00e8ne. Le roman est adapt\u00e9 en pi\u00e8ce et fait salle comble au th\u00e9\u00e2tre de la Porte-Saint-Martin \u00e0 Paris (18 bd Saint-Martin). D&rsquo;autres de ses romans sont adapt\u00e9s au th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet.<br \/>\n&#8211; Lorsque Verne se rend \u00e0 Paris pour rencontrer Hetzel ou voir jouer ses pi\u00e8ces, son h\u00f4tel de pr\u00e9dilection est l&rsquo;H\u00f4tel du Louvre, place Andr\u00e9 Malraux face \u00e0 la Com\u00e9die fran\u00e7aise.<\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><br \/>\n<br \/>Le p\u00e8re des <em>Voyages extraordinaires<\/em> a \u00e9galement v\u00e9cu <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/nantes-et-jules-verne\/\">\u00e0 Nantes<\/a>, \u00e0 Amiens, au Tr\u00e9port&#8230;<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><br \/>\n<br \/>Il faut aller \u00e0 Nantes et \u00e0 Amiens voir les tr\u00e8s beaux mus\u00e9es Jules Verne. <\/p>\n<p><strong>Quelqu&rsquo;un \u00e0 contacter ?<\/strong><br \/>\n<br \/><a href=\"http:\/\/www.jules-verne.net\">Le Centre international Jules Verne<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Jules Verne l&rsquo;enchanteur<\/em>. Jean-Paul Dekiss, \u00e9dition Le F\u00e9lin, 2002, 11 euros.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce sont des \u00e9tudes de droit, mais aussi un chagrin d&rsquo;amour nantais et, bien s\u00fbr, la volont\u00e9 de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[26,42,48],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=212"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3667,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212\/revisions\/3667"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=212"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=212"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=212"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}