{"id":218,"date":"2003-08-31T11:57:52","date_gmt":"2003-08-31T09:57:52","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/31\/voltaire\/"},"modified":"2021-06-25T20:29:13","modified_gmt":"2021-06-25T18:29:13","slug":"voltaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/31\/voltaire\/","title":{"rendered":"VOLTAIRE"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1458\" aria-describedby=\"caption-attachment-1458\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1458\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_voltaire2-2.jpg\" alt=\"27 quai Voltaire \u00e0 Paris.\" title=\"27 quai Voltaire \u00e0 Paris.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"410\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_voltaire2-2.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_voltaire2-2-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1458\" class=\"wp-caption-text\">27 quai Voltaire \u00e0 Paris.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Voltaire rebute parce qu&rsquo;il est trop fort.<br \/>\n<br \/>Trop fort d&rsquo;abord pour Rousseau. Autant Rousseau est fragile, introverti, amoureux, naturel, pauvre, autant Voltaire est riche, para\u00eet invincible, insensible, mondain. Voltaire a ses ch\u00e2teaux et ses marquises, Rousseau a son ermitage et sa Th\u00e9r\u00e8se.<br \/>\n<br \/>Trop fort pour le syst\u00e8me politique et religieux de la France du XVIIIe si\u00e8cle, dont il d\u00e9nonce l&rsquo;arbitraire, les lettres de cachet, l&rsquo;obscurantisme religieux, et qui n&rsquo;oppose \u00e0 sa terrible ironie que la puissance d&rsquo;un pouvoir qui va bient\u00f4t vaciller. <\/p>\n<p>Quelques point \u00e0 pr\u00e9ciser tout de m\u00eame, pour \u00eatre s\u00fbr que l&rsquo;on parle bien du m\u00eame homme.<br \/>\n<br \/>La Bastille, Voltaire conna\u00eet aussi bien que Diderot et les Encyclop\u00e9distes. Il y passe onze mois en 1717, accus\u00e9 par erreur d&rsquo;offense envers le R\u00e9gent Philippe II d&rsquo;Orl\u00e9ans. Comme Sade qui se mettra \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture dans sa cellule de Vincennes, Voltaire con\u00e7oit sa premi\u00e8re pi\u00e8ce &#8211; <em>\u008cdipe<\/em> &#8211; \u00e0 l&rsquo;ombre de la Bastille (il adopte son c\u00e9l\u00e8bre nom de plume en 1719). Cette trag\u00e9die est jou\u00e9e quelques mois plus tard \u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise.<br \/>\n<br \/>Il est de retour dans les m\u00eames murs en 1726. Pour une remarque prise pour une injure, le Chevalier de Rohan l&rsquo;a fait rosser devant l&rsquo;h\u00f4tel du 62 rue Saint-Antoine. L&rsquo;\u00e9crivain se met \u00e0 l&rsquo;escrime pour venger son honneur. Il n&rsquo;en a pas le temps, car une lettre de cachet demand\u00e9e par les Rohan le fait d&rsquo;abord emprisonner \u00e0 la Bastille puis s&rsquo;exiler en Angleterre jusqu&rsquo;en 1728 (il en profite pour d\u00e9couvrir l\u00e0-bas que la libert\u00e9 d&rsquo;opinion est possible et existe). <\/p>\n<p>Pass\u00e9 ces tristes exp\u00e9riences, il n&rsquo;est pas pour autant \u00e0 l&rsquo;abri des menaces. Sa strat\u00e9gie est faite : pouvoir \u00e9crire comme bon lui semble en vivant d&rsquo;autres revenus (les droits d&rsquo;auteurs n&rsquo;existent pas encore) et faire publier \u00e0 Amsterdam, La Haye ou Gen\u00e8ve pour \u00e9chapper \u00e0 la censure royale.<br \/>\n<br \/>Ses revenus ? Comme Beaumarchais, Voltaire est initi\u00e9 par ses amis banquiers \u00e0 la finance et au commerce. Il investit en particulier dans des entreprises de fourniture de nourriture et munitions \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise. Son s\u00e9jour anglais l&rsquo;a converti aux \u00e9changes internationaux, dans lesquels il investit \u00e9galement. <\/p>\n<p>Son parcours g\u00e9ographique part des salons parisiens pour se fixer \u00e0 partir de 1734 en diff\u00e9rents endroits \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger ou non loin d&rsquo;une fronti\u00e8re, pour au cas o\u00f9&#8230; <\/p>\n<p>Fran\u00e7ois-Marie Arouet est fils de notaire. Il na\u00eet \u00e0 Paris en 1694. Ses premi\u00e8res ann\u00e9es sont aust\u00e8res. Seul son parrain, un abb\u00e9, sort du cadre et l&rsquo;abreuve de lecture, y compris des \u009cuvres censur\u00e9es par le pouvoir. C&rsquo;est ce parrain qui pr\u00e9sente un jour Fran\u00e7ois-Marie \u00e0 Ninon de Lenclos, \u00e2g\u00e9e alors de 88 ans.<br \/>\n<br \/>Sa m\u00e8re d\u00e9c\u00e8de lorsqu&rsquo;il a 7 ans. De 9 \u00e0 17 ans, il suit les cours du coll\u00e8ge Louis-le-Grand. L\u00e0, il s&rsquo;initie au th\u00e9\u00e2tre et \u00e0 la po\u00e9sie, se lie \u00e0 de futurs grands aristocrates et montre d\u00e9j\u00e0 sa grande ambition. En 1714, \u00e0 vingt ans, on le retrouve clerc dans une \u00e9tude rue des Grands-Degr\u00e9s. Mais il prend plus de plaisir \u00e0 fr\u00e9quenter les salons litt\u00e9raires. Apr\u00e8s la mort de Louis XIV en 1715, il agr\u00e9mente la cour de contes et de divertissements. Le R\u00e9gent puis la reine lui accordent une pension.<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre 1731, il s&rsquo;installe chez la baronne de Fontaine-Martel dans ce qui ne sera qu&rsquo;en 1782 la rue de Valois (\u00e0 hauteur du n\u00b020). La Banque de France a depuis pris possession des lieux.<br \/>\n<br \/>Voltaire a alors trente-huit ans, la baronne en a plus de soixante-dix. Leur plaisir commun est de recevoir et de faire jouer du th\u00e9\u00e2tre, dont ses pi\u00e8ces \u00e0 lui. Suite au d\u00e9c\u00e8s de la baronne, il quitte en mai 1733 l&rsquo;h\u00f4tel de la Fontaine-Martel qui avait \u00e9galement une entr\u00e9e 29 rue des Bons-Enfants &#8211; partie de la rue disparue aujourd&rsquo;hui, au profit encore de la Banque de France. Il habite rue de Brosse un peu plus tard dans l&rsquo;ann\u00e9e..<br \/>\n<br \/>Parce qu&rsquo;un imprimeur veut s&rsquo;enrichir en publiant ses <em>Lettres philosophiques<\/em> (\u00e9galement appel\u00e9es <em>Lettres Anglaises<\/em>, dont l&rsquo;id\u00e9e a germ\u00e9 six ans auparavant et qui sont rapidement vis\u00e9es par la censure), Voltaire doit fuir Paris pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1734. Avec cette \u009cuvre, d&rsquo;amuseur de cour, il est devenu philosophe \u00ab engag\u00e9 \u00bb. \u00c0 Cirey-sur-Blaise (Haute-Marne), il fait \u00e9tape chez Mme du Ch\u00e2telet, qu&rsquo;il conna\u00eet depuis un an. Le ch\u00e2teau de Cirey, proche de la fronti\u00e8re avec la Lorraine alors ind\u00e9pendante, est un refuge id\u00e9al.<br \/>\n<br \/>En fait, s\u00e9duit par le lieu et la ma\u00eetresse du lieu, il s&rsquo;y \u00e9tablit pour&#8230; quinze ans, jusqu&rsquo;\u00e0 la mort d&rsquo;\u00c9milie du Ch\u00e2telet en 1749. L&rsquo;arrangement est simple : il entretient le ch\u00e2teau et \u00c9milie (qui, apr\u00e8s quelque temps de vie parisienne, s&rsquo;installe aussi \u00e0 Cirey), et M. du Ch\u00e2telet se consacre \u00e0 d&rsquo;autres ma\u00eetresses comme il est d&rsquo;usage, sinon recommand\u00e9 pour quelqu&rsquo;un de son rang.<br \/>\n<br \/>\u00c9milie a de quoi charmer le philosophe. C&rsquo;est Voltaire au f\u00e9minin. Elle pratique \u00e0 douze ans l&rsquo;Allemand, le latin et le grec. Quatre heures de sommeil lui suffisent chaque nuit.<br \/>\n<br \/>De Cirey, Voltaire effectue parfois des s\u00e9jours \u00e0 Paris, en particulier chez les Ch\u00e2telet \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Lambert (1-3 quai d&rsquo;Anjou, entr\u00e9e par le 2 rue Saint-Louis-en-L&rsquo;Ile) en 1742, ou rue Moli\u00e8re (au niveau actuel des premiers num\u00e9ros pairs ; \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, au 43 rue Traversi\u00e8re) en 1746 puis en 1749-50.<br \/>\n<br \/>Il est nomm\u00e9 historiographe du roi en 1745 et devient acad\u00e9micien l&rsquo;ann\u00e9e suivante. Mais il n&rsquo;a pas pour autant la faveur de Louis XV, loin de l\u00e0. <\/p>\n<p>Entre 1750 et 1753, il est \u00e0 Berlin. Son <em>Histoire du docteur Akakia<\/em> m\u00e9contente Maupertuis, pr\u00e9sident de l&rsquo;Acad\u00e9mie de Berlin, et Voltaire quitte la Prusse et la cour de Fr\u00e9d\u00e9ric II, avec qui les relations \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e9lectriques.<br \/>\n<br \/>Etant toujours si peu attendu en France, malgr\u00e9 son d\u00e9sir de s&rsquo;installer \u00e0 nouveau \u00e0 Paris, il ach\u00e8te une propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 Montriond pr\u00e8s de Lausanne, puis, d\u00e9but 1755, les D\u00e9lices pr\u00e8s de Gen\u00e8ve. Il doit bient\u00f4t quitter la Suisse et obtient un bail \u00e0 vie de la seigneurie de Tournay \u00e0 Prigny, et enfin acquiert d\u00e9but 1759 le ch\u00e2teau de Ferney, \u00e0 la fronti\u00e8re franco-suisse. Tout en am\u00e9nageant les D\u00e9lices et les terres de Tournay, il finance de nombreuses entreprises dans le village de Ferney, qui se transforme grandement sous son impulsion, devient l&rsquo;incarnation de la petite m\u00e9tairie de Candide et une \u00e9tape oblig\u00e9e pour tout voyageur \u00e9clair\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque. On y voit encore aujourd&rsquo;hui des b\u00e2timents et des rues qu&rsquo;il a fait construire.<br \/>\n<br \/>A partir de 1756, il collabore \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture de <em>L&rsquo;Encyclop\u00e9die<\/em>. Un an plus tard, il con\u00e7oit <em>Candide<\/em>. En 1762, il d\u00e9fend Jean Calas, protestant ex\u00e9cut\u00e9 pour avoir, dit-on, assassin\u00e9 son fils pour l&#8217;emp\u00eacher de renier sa foi. Apr\u00e8s trois ans de campagne, Calas est r\u00e9habilit\u00e9. <\/p>\n<p>Il ne revient \u00e0 Paris qu&rsquo;en 1778, all\u00e9guant le pr\u00e9texte des r\u00e9p\u00e9titions de sa trag\u00e9die <em>Ir\u00e8ne<\/em> qui doit \u00eatre jou\u00e9e \u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise. Il s&rsquo;installe 27 quai Voltaire (donnant \u00e9galement sur le 1 rue de Beaune), de f\u00e9vrier 1778 jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort le 30 mai dans une chambre du second \u00e9tage sur la cour (plaque).<\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><br \/>\n<br \/>Au ch\u00e2teau de Saint-Ange, pr\u00e8s de Moret-sur-Loing, Voltaire compose une partie de La Henriade.<br \/>\n<br \/>Au ch\u00e2teau de Sceaux, il \u00e9crit <em>Zadig<\/em>.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><\/p>\n<p>Non loin de Ferney-Voltaire :<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/germaine-de-stael\/\">Mme de Sta\u00ebl<\/a> \u00e0 Coppet,<br \/>\n&#8211; Rousseau \u00e0 Gen\u00e8ve, Chamb\u00e9ry et aux Charmettes,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/albert-cohen-a-paris-et-neuilly\/\">Albert Cohen<\/a> \u00e0 Gen\u00e8ve,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/vladimir-nabokov-a-paris-cannes-menton-etc\/\">Vladimir Nabokov<\/a> \u00e0 Montreux,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/alphonse-de-lamartine-a-saint-point-et-montceau\/\">Lamartine<\/a> et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/blaise-cendrars\/\">Cendrars<\/a> \u00e0 Aix-les-Bains,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/bernard-clavel\/\">Clavel<\/a> \u00e0 Lons-le-Saulnier,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/roger-vailland\/\">Vailland<\/a> \u00e0 Meillonas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voltaire rebute parce qu&rsquo;il est trop fort. 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