{"id":23,"date":"2003-08-14T19:12:29","date_gmt":"2003-08-14T17:12:29","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/petrus-borel-a-lyon-paris\/"},"modified":"2003-08-14T19:12:29","modified_gmt":"2003-08-14T17:12:29","slug":"petrus-borel-a-lyon-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/petrus-borel-a-lyon-paris\/","title":{"rendered":"P\u00e9trus BOREL \u00e0 Lyon, Paris&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><html><\/p>\n<div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0Tous les hommes, ou presque tous, penchent leur \u00e9criture vers la droite ; P\u00e9trus Borel couchait absolument la sienne \u00e0 gauche, si bien que tous les caract\u00e8res, d&rsquo;une physionomie fort soign\u00e9e d&rsquo;ailleurs, ressemblaient \u00e0 des files de fantassins renvers\u00e9s par la mitraille.\u00a0\u00bb<\/i><br \/>\nBaudelaire, <i>Revue fantaisiste<\/i>, 15 juillet 1861.<\/b><\/div>\n<p><\/html><\/p>\n<p>Se pr\u00e9nommer \u00ab\u00a0le lycanthrope\u00a0\u00bb (le loup-garou), comme argument publicitaire, il faut oser ! Cela ne lui r\u00e9ussira d&rsquo;ailleurs pas. <\/p>\n<p>Borel prouve, comme d&rsquo;autres, que \u00ab\u00a0po\u00e9sie\u00a0\u00bb rime avec \u00ab\u00a0maudit\u00a0\u00bb.<br \/>\n<br \/>Sa chapelle litt\u00e9raire est celles des \u00ab\u00a0Bousingots\u00a0\u00bb, ces romantiques premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration qui ont la haine des bourgeois et des aristocrates, et le culte de l&rsquo;exc\u00e8s.<br \/>\n<br \/>Son surnom animal s&rsquo;accorde bien avec cette \u00e9cole. Borel a commenc\u00e9 par attribuer \u00e0 deux personnages de <em>Champavert, Contes immoraux<\/em> (1833) un profil d&rsquo;homme-loup, et par signer ce recueil de nouvelles en s&rsquo;identifiant \u00e0 Champavert, le lycanthrope. C&rsquo;en est fait de lui. Les journalistes et \u00e9chotiers font le succ\u00e8s de ce surnom qui, d\u00e9j\u00e0, ne pla\u00eet plus \u00e0 un public un peu lass\u00e9 des exc\u00e8s en tous genres.<\/p>\n<p>Si Baudelaire n&rsquo;avait pas \u00e9crit \u00ab\u00a0Sans Borel, il y aurait eu une lacune dans le romantisme\u00a0\u00bb, conna\u00eetrions-nous la belle prose du Lycanthrope ? Ils se croisent tr\u00e8s certainement dans les ann\u00e9es 1840 sur l&rsquo;Ile-Saint-Louis o\u00f9 ils sont voisins, ou encore dans les locaux de <em>L&rsquo;Artiste<\/em> et du <em>Corsaire Satan<\/em> ; \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, Borel, d&rsquo;auteur boh\u00e8me, est d\u00e9j\u00e0 devenu un mis\u00e9reux.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire de ses lieux de vie, dans les petites rues du Paris pr\u00e9-haussmannien, est dict\u00e9e par l&rsquo;\u00e9tat de sa bourse, en g\u00e9n\u00e9ral pas fameux. Form\u00e9 sur le tas \u00e0 l&rsquo;architecture, il habite souvent ce qu&rsquo;il construit (en attendant qu&rsquo;un client occupe l&rsquo;endroit). Ainsi, par exemple, il vit en 1832 21 rue du Cherche-Midi avec L\u00e9on Clopet. <\/p>\n<p>&#8211; P\u00e9trus na\u00eet en 1809 \u00e0 Lyon, rue des Quatre Chapeaux.<br \/>\n&#8211; En 1820, la famille habite Paris, 10 rue Notre-Dame-de-Nazareth.<br \/>\n&#8211; A la fin des ann\u00e9es 20, Borel travaille chez un architecte \u00e0 Melun et participe, aux c\u00f4t\u00e9s entre autres de Gautier et de Nerval au Petit C\u00e9nacle d&rsquo;artistes romantiques, form\u00e9 autour du sculpteur Jehan Duseigneur rue de Vaugirard, et dont Borel devient le pivot. Le 25 f\u00e9vrier 1830, il est de la bataille d&rsquo;<em>Hernani<\/em>.<br \/>\n&#8211; En 1831, le petit C\u00e9nacle, install\u00e9 dans une maison rue de Rochechouart au bas de Montmartre, fait l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un \u00ab\u00a0Camp des tartares\u00a0\u00bb naturiste.<br \/>\n&#8211; En 1834, Borel est incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 Sainte-P\u00e9lagie (situ\u00e9e jusqu&rsquo;en 1895 entre les rues Quatrefages, Larrey et du Puits-de-l&rsquo;Ermite et dont l&rsquo;entr\u00e9e principale se trouvait \u00e0 l&rsquo;actuel 56 rue de la Clef) ; il habite \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque 61 rue d&rsquo;Enfer.<br \/>\n<br \/>Il traduit <em>Robinson Crusoe<\/em> en 1835.<br \/>\n&#8211; Fin 1836-mai 1837, il s&rsquo;installe au B\u00e9zil dans la Marne, avec sa ma\u00eetresse et la fille de celle-ci, qu&rsquo;il \u00e9pousera en 1847. Les temps sont tr\u00e8s durs.<br \/>\n&#8211; Il demeure \u00e0 l&rsquo;ancien n\u00b06 quai de B\u00e9thune (b\u00e2timent d\u00e9truit par la construction du bd Henri IV) \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1830, avant de s&rsquo;installer d\u00e9but 1840 dans une mis\u00e9rable ferme pr\u00e8s de la gare d&rsquo;Asni\u00e8res, o\u00f9 il vit jusqu&rsquo;\u00e0 1843.<br \/>\n<br \/>Il collabore \u00e0 diverses revues, dont <em>L&rsquo;Artiste<\/em>, avec Baudelaire, Nerval, Houssaye, Murger, Banville, etc. Il retrouve tout ce monde au Divan Le Peletier (ouvert en 1837 au n\u00b03 rue Le Peletier), \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Caf\u00e9 Riche.<br \/>\n<br \/>Mais cela ne nourrit pas son homme. Dans l&rsquo;espoir d&rsquo;une vie meilleure, Borel s&rsquo;installe en 1846, en Alg\u00e9rie o\u00f9, sur le conseil de Gautier, il int\u00e8gre l&rsquo;administration coloniale. Son parcours l\u00e0-bas, avec des hauts et beaucoup de bas (il faut dire qu&rsquo;au niveau politique, la p\u00e9riode est anim\u00e9e), le m\u00e8ne \u00e0 Mostaganem (apr\u00e8s une ann\u00e9e \u00e0 Alger). L\u00e0, il se construit peu \u00e0 peu une maison. <\/p>\n<p>D\u00e9non\u00e7ant des malversations de ses sup\u00e9rieurs, accus\u00e9 de mal faire son travail, Borel est limog\u00e9 en 1855, mais demeure sur place comme simple colon. Il d\u00e9c\u00e8de en Alg\u00e9rie le 17 juillet 1859.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Tous les hommes, ou presque tous, penchent leur \u00e9criture vers la droite ; P\u00e9trus Borel couchait absolument la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[30,25],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}