{"id":245,"date":"2003-11-19T10:52:57","date_gmt":"2003-11-19T09:52:57","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/11\/19\/ecrivains-voyageurs-a-paris\/"},"modified":"2003-11-19T10:52:57","modified_gmt":"2003-11-19T09:52:57","slug":"ecrivains-voyageurs-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/11\/19\/ecrivains-voyageurs-a-paris\/","title":{"rendered":"Ecrivains voyageurs \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p>Aventuriers, ethnologues, explorateurs, diplomates, marins, nombreux sont ceux qui, parmi ces voyageurs-\u00e9crivains ou ces \u00e9crivains-voyageurs, font escale \u00e0 Paris \u00e0 toutes \u00e9poques.<\/p>\n<p>Est-ce un hasard si cet itin\u00e9raire \u00ab \u00e9crivains-voyageurs \u00bb dans la capitale longe souvent les rives de la Seine ?<\/p>\n<figure id=\"attachment_1479\" aria-describedby=\"caption-attachment-1479\" style=\"width: 430px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1479\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_humbolt2.jpg\" alt=\"3 quai Malaquais.\" title=\"3 quai Malaquais.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"430\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_humbolt2.jpg 430w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_humbolt2-300x230.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 430px) 94vw, 430px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1479\" class=\"wp-caption-text\">3 quai Malaquais.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>1)<\/strong>\tFaisons l&rsquo;honneur \u00e0 Alphonse-Ren\u00e9 de Chateaubriand d&rsquo;\u00eatre le point de d\u00e9part de notre promenade au <strong>5 rue de Beaune<\/strong>, o\u00f9 il habite en 1804. De son voyage aux Am\u00e9riques en 1791-92, il a publi\u00e9 en 1801 <em>Atala<\/em> et <em>Ren\u00e9<\/em> en 1802 (int\u00e9gr\u00e9 dans <em>Le G\u00e9nie du Christianisme<\/em>) ; <em>Les Natchez<\/em> et <em>Le Voyage en Am\u00e9rique<\/em> viendront en 1826 et 1827. Ces r\u00e9cits ouvrent dans la litt\u00e9rature une br\u00e8che romantique et exotique qui ne se refermera jamais.<br \/>\n<br \/>Apr\u00e8s un exil en Angleterre et une exp\u00e9rience diplomatique \u00e0 Rome, le voil\u00e0 parisien en 1804. D\u00e8s cette \u00e9poque, il pense \u00e0 \u00e9crire une grande \u00e9pop\u00e9e sur les premiers temps du christianisme (ce sera <em>Les Martyrs<\/em>, publi\u00e9s en 1809). En 1806-1807, il parcourt les lieux o\u00f9 doit s&rsquo;en d\u00e9rouler l&rsquo;action : la Gr\u00e8ce, la Terre sainte, l&rsquo;Egypte et la Tunisie&#8230; Il en ram\u00e8nera l&rsquo;<em>Itin\u00e9raire de Paris \u00e0 J\u00e9rusalem<\/em> (1811).<\/p>\n<p><strong>2)<\/strong>\tUn de ses voisins a \u00e9t\u00e9, <strong>3 rue de Beaune<\/strong>, Dumont-Durville, qui d\u00e9couvre la Terre Ad\u00e9lie en 1840.<\/p>\n<p><strong>3)<\/strong>\tEntre deux p\u00e9riples \u00e0 travers les oc\u00e9ans, Paul Bowles s\u00e9journe \u00e0 l&rsquo;automne 1931 dans un studio <strong>17 quai Voltaire<\/strong>. Il avait d\u00e9j\u00e0 voyag\u00e9 \u00e0 travers la France deux ans auparavant, apr\u00e8s avoir fuit sa famille rest\u00e9e \u00e0 New-York, pour vivre de musique et d&rsquo;\u00e9criture. En ao\u00fbt 1931, il a d\u00e9couvert Tanger sur le conseil de Gertrude Stein. Il s&rsquo;y installe d\u00e9finitivement \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1940.<\/p>\n<p><strong>4)<\/strong>\tApr\u00e8s son fameux voyage en Am\u00e9rique latine (1799-1804), le naturaliste-explorateur Alexandre von Humboldt vit entre 1804 et 1827 <strong>3 quai Malaquais<\/strong>. Il r\u00e9dige la plus grande partie de ses r\u00e9cits et \u00e9tudes en fran\u00e7ais (en particulier son <em>Voyage aux r\u00e9gions \u00e9quinoxiales du nouveau Continent<\/em>, dont la publication s&rsquo;\u00e9chelonne pendant 20 ans). En 1828, il largue \u00e0 nouveau les amarres, direction la Russie, avant de se fixer \u00e0 Berlin.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1480\" aria-describedby=\"caption-attachment-1480\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1480\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_dumontbeaune.jpg\" alt=\"3 rue de Beaune.\" title=\"3 rue de Beaune.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"410\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_dumontbeaune.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_dumontbeaune-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1480\" class=\"wp-caption-text\">3 rue de Beaune.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>5)<\/strong> En juin 1870, environ un mois avant la d\u00e9claration de guerre \u00e0 la Prusse, Jules Verne stationne son bateau le <em>Saint-Michel<\/em> pendant dix jours au pied du <strong>Pont des Arts<\/strong>, provoquant des attroupements de badauds. Il regagne ensuite le port du Crotoy, en peinant un peu car la Seine est tr\u00e8s basse \u00e0 cause de la s\u00e8cheresse.<\/p>\n<p><strong>6)<\/strong>\tHenry de Monfreid vit \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel d&rsquo;Angleterre, <strong>44 rue Jacob<\/strong>, vers 1898. Il a dix-neuf ans. Un peu plus t\u00f4t, il \u00e9tait encore interne au lyc\u00e9e Saint-Louis, boulevard Saint-Michel. Mais, ayant converti ses condisciples aux balades nocturnes sur les toits de Paris, il a \u00e9t\u00e9 pri\u00e9 d&rsquo;aller passer ses nuits ailleurs. Sa famille lui paie une chambre \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel d&rsquo;Angleterre, o\u00f9 il ram\u00e8ne ses conqu\u00eates de passage, dont une qui deviendra sa compagne pour plusieurs ann\u00e9es. Comme l&rsquo;\u00e9crit (dans <em>Le Feu de Saint-Elme<\/em>) celui qui s&rsquo;exile en Ethiopie en 1911 : \u00ab H\u00e9las ! L&rsquo;aventure est en nous, et elle appara\u00eet dans le plus banal incident \u00bb.<\/p>\n<p><strong>7)\t18 rue Jacob<\/strong> se trouvait la maison de l&rsquo;\u00e9diteur Jules Hetzel, o\u00f9 il rencontre Jules Verne en 1862.<\/p>\n<p><strong>8)<\/strong>\tLa Soci\u00e9t\u00e9 de G\u00e9ographie la plus ancienne du monde, cr\u00e9\u00e9e en 1821 par de Humboldt, Chateaubriand, Dumont d&rsquo;Urville, Champollion, etc., est fran\u00e7aise ! Elle est bas\u00e9e <strong>184 boulevard Saint-Germain<\/strong> \u00e0 partir de 1878. Pour y p\u00e9n\u00e9trer, on doit encore passer entre les deux gigantesques cariatides repr\u00e9sentant la terre et la mer. La Soci\u00e9t\u00e9 couronne les recherches et explorations de Cailli\u00e9, Savorgnan de Brazza, Stanley et Livingstone, Charcot, Amundsen, Peary, Malaurie&#8230; En 1879, c&rsquo;est ici qu&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9e la construction du canal de Panama. Ses adresses pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9taient le 12 rue Taranne en 1821 (rue disparue avec la perc\u00e9e du boulevard Saint-Germain, qui subsiste encore un peu en doublon du boulevard Saint-Germain entre la rue des Saints-P\u00e8res et la rue de Rennes), le 36 passage Dauphine en 1827, le 23 rue de l&rsquo;Universit\u00e9 en 1833 et le 3 rue Christine en 1853.<\/p>\n<p><strong>9)\tAu 166 boulevard St-Germain<\/strong>, la Rhumerie existe toujours. Elle \u00e9tait un rep\u00e8re favori d&rsquo;Antonin Artaud, le voyageur sans feu ni lieu. <\/p>\n<p><strong>10)<\/strong>\tDu d\u00e9but des ann\u00e9es 1960 \u00e0 sa mort en 1973, Roland Dorgel\u00e8s habite au 6e \u00e9tage du <strong>2 rue Mabillon<\/strong>. Il ne voyage alors plus beaucoup, mais l&rsquo;a fait auparavant : en Indochine en 1923 et 1932, en Syrie 1927, au Maroc en 1937. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es sont pour lui plut\u00f4t celles de la tristesse de voir les colonies (dont il d\u00e9fendra toute sa vie la \u00ab mission civilisatrice \u00bb)&#8230; se d\u00e9coloniser.<\/p>\n<p><strong>11)<\/strong>\tC&rsquo;est au c\u009cur de Paris que Jean-Fran\u00e7ois Champollion d\u00e9chiffre en 1822 les hi\u00e9roglyphes (<strong>28 rue Mazarine<\/strong>), et non \u00e0 l&rsquo;ombre des pyramides.<\/p>\n<p><strong>12)<\/strong>\tFin 1848, Jules Verne s&rsquo;installe au 3e \u00e9tage du <strong>24 rue de l&rsquo;Ancienne Com\u00e9die<\/strong> (disparu aujourd&rsquo;hui) pour poursuivre ses \u00e9tudes de droit et surtout fr\u00e9quenter les milieux litt\u00e9raires (il obtient tout de m\u00eame son titre d&rsquo;avocat en 1850). En 1857, on le retrouvera au 5e \u00e9tage du 18 boulevard Poissonni\u00e8re. Il s&rsquo;essaie encore, sans r\u00e9el succ\u00e8s, \u00e0 \u00e9crire du th\u00e9\u00e2tre. Son premier Voyage extraordinaire sera, en 1863, <em>Cinq semaines en ballon<\/em>.<\/p>\n<p><strong>13)<\/strong>\tBlaise Cendrars le bourlingueur habite une chambre du <strong>4 rue de Savoie<\/strong> \u00e0 partir de 1912 (il a alors 25 ans). Il n&rsquo;a pas encore d\u00e9couvert le Br\u00e9sil, sa terre d&rsquo;utopie, mais a d\u00e9j\u00e0 vu du pays : la Suisse, sa patrie, l&rsquo;Italie, l&rsquo;Egypte, l&rsquo;Allemagne, la Russie, la Chine, la Pologne, l&rsquo;Am\u00e9rique&#8230;<\/p>\n<p><strong>14)<\/strong>\tAndr\u00e9 Malraux passe l&rsquo;hiver 1937 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Madison, <strong>143 boulevard Saint-Germain<\/strong>. Entre deux missions en Espagne, il vient d&rsquo;\u00e9crire <em>L&rsquo;Espoir<\/em>. Treize ans plus t\u00f4t, il a d\u00e9couvert le Cambodge. En 1925, il est retourn\u00e9 en Indochine fonder un journal.<br \/>\n<br \/>En 1932, 44 rue du Bac (plaque), il a compos\u00e9 une partie de <em>La Condition humaine<\/em> (prix Goncourt 1933) qui, avec <em>Les Conqu\u00e9rants<\/em>, dresse un tableau de la r\u00e9volution chinoise.<\/p>\n<p><strong>15)\tA l&rsquo;angle de la rue Racine (n\u00b02) et de la rue de l&rsquo;Ecole de m\u00e9decine<\/strong> se tenait l&rsquo;H\u00f4tel des Etrangers qui accueille Arthur Rimbaud en octobre-novembre 1871. Il a quitt\u00e9 le giron familial et la tyrannie de sa m\u00e8re depuis quelques mois, et vient de rencontrer Paul Verlaine. Il ne demeure jamais longtemps au m\u00eame endroit et d\u00e9m\u00e9nage soit au moment de payer le loyer, soit lorsque le d\u00e9sir d&rsquo;ailleurs bout trop fort chez ce \u00ab po\u00e8te aux semelles de vent \u00bb. En 1880, ayant abandonn\u00e9 la po\u00e9sie, il embarquera pour Aden, pour ne plus gu\u00e8re revenir en m\u00e9tropole.<\/p>\n<p><strong>16)<\/strong>\tSur son \u00eele au <strong>8 quai d&rsquo;Orl\u00e9ans<\/strong> (au rez-de-chauss\u00e9e), le po\u00e8te Jean de la Ville de Mirmont (fr\u00e8re du pr\u00e9c\u00e9dent en esprit) vit entre 1911 et 1914 avant de mourir sur le front \u00e0 28 ans. Bordelais comme son ami Fran\u00e7ois Mauriac, il aurait bien voulu prendre le large, mais sa mauvaise vue le d\u00e9tourne d&rsquo;une carri\u00e8re maritime. Elle ne l&#8217;emp\u00eache pas de s&rsquo;engager en 1914.<br \/>\n<br \/>Sa maison du quai d&rsquo;Orl\u00e9ans est \u00e0 ses yeux semblable \u00e0 celle d&rsquo;un armateur.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1481\" aria-describedby=\"caption-attachment-1481\" style=\"width: 430px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1481\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_monodorleans.jpg\" alt=\"14 quai d'Orl\u00e9ans.\" title=\"14 quai d'Orl\u00e9ans.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"430\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_monodorleans.jpg 430w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_monodorleans-300x230.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 430px) 94vw, 430px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1481\" class=\"wp-caption-text\">14 quai d&rsquo;Orl\u00e9ans.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>17)<\/em>14 quai d&rsquo;Orl\u00e9ans<\/strong> : c&rsquo;est le havre de paix de Th\u00e9odore Monod \u00e0 la fin de sa vie. Il a v\u00e9cu les premi\u00e8res ann\u00e9es du si\u00e8cle (qui sont aussi les siennes &#8211; il est n\u00e9 en 1902) non loin, 75 rue du Cardinal Lemoine, en profitant pour visiter r\u00e9guli\u00e8rement le Jardin des plantes et le Mus\u00e9um d&rsquo;histoire naturelle. Parti en Afrique d\u00e8s les ann\u00e9es 1920 pour \u00e9tudier la faune marine, c&rsquo;est en accompagnant une caravane de chameliers entre la Mauritanie et le S\u00e9n\u00e9gal qu&rsquo;il se d\u00e9couvre une vocation de chercheur de d\u00e9serts (\u00ab fou de d\u00e9serts \u00bb disent ses amis du Sahara).<\/p>\n<p><strong>18)<\/strong>\tPaul Claudel, diplomate-\u00e9crivain, vit <strong>43 quai de Bourbon<\/strong> en 1892-93, jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9part \u00e0 New-York. Non loin, il fera halte <strong>37 quai d&rsquo;Anjou<\/strong> chez sa s\u009cur Louise, lors de diff\u00e9rents s\u00e9jours en 1900, 1905, 1909&#8230;<\/p>\n<p><strong>19)<\/strong>\tJustement, au <strong>29 quai d&rsquo;Anjou<\/strong> a v\u00e9cu Michel Tournier au d\u00e9but des ann\u00e9es 50, avec une bande de joyeux drilles : Yvan Audouard, Georges Arnaud (l&rsquo;auteur du <em>Salaire de la peur<\/em>), Pierre Boulez, Georges de Caunes, Armand Gatti. Dire que l&rsquo;ermite du presbyt\u00e8re de Choisel dans les Yvelines est un grand voyageur serait exag\u00e9r\u00e9. Mais il a tout de m\u00eame \u00e9crit en 1967 <em>Vendredi ou les limbes du Pacifique<\/em>, histoire merveilleusement revisit\u00e9e de Robinson Cruso\u00e9. Et il voyage : l&rsquo;Europe, le Japon, l&rsquo;Inde&#8230;<\/p>\n<p><strong>20)<\/strong>\tJoseph Kessel habite <strong>28 rue de Rivoli<\/strong> en 1914. Apr\u00e8s une enfance russo-ni\u00e7oise, le voil\u00e0 dans la maison paternelle, dans la ville qui le faisait r\u00eaver mais qu&rsquo;il d\u00e9couvre dans de tristes conditions. Car, derri\u00e8re la belle fa\u00e7ade du 28, c&rsquo;est un humble appartement qui abrite le docteur Samuel Kessel et sa famille. Bient\u00f4t, gr\u00e2ce au th\u00e9\u00e2tre, au journalisme&#8230; et \u00e0 la guerre, dans laquelle il s&rsquo;engage fin 1916, \u00e0 dix-huit ans, Joseph voit le monde s&rsquo;ouvrir \u00e0 lui.<br \/>\n<br \/>A 21 ans, toujours militaire, il fait le tour du monde.<\/p>\n<p><strong>21)\t11 place des Vosges<\/strong> se situe une demeure d&rsquo;Alexis de Tocqueville, parent de Chateaubriand par l&rsquo;esprit et par le sang (une de ses tantes a \u00e9pous\u00e9 un fr\u00e8re de Chateaubriand). Tocqueville est surtout l&rsquo;auteur de <em>De la d\u00e9mocratie en Am\u00e9rique<\/em>, qu&rsquo;il rapporte du Nouveau monde apr\u00e8s un s\u00e9jour de neuf mois en 1831-32. Il en rapporte \u00e9galement <em>Quinze jours dans le d\u00e9sert<\/em>, publi\u00e9 en 1860, apr\u00e8s sa mort, dans la Revue des deux mondes.<\/p>\n<p><strong>22)<\/strong>\tGeorges Simenon s&rsquo;installe <strong>21 place des Vosges<\/strong> en 1923, au rez-de-chauss\u00e9e et bient\u00f4t au second \u00e9tage. Il y s\u00e9journera bri\u00e8vement \u00e0 nouveau en 1945. S&rsquo;il est plus connu comme p\u00e8re de Jules Maigret, Simenon est aussi un grand voyageur.<br \/>\n<br \/>En 1923-24, il commence \u00e0 collaborer \u00e0 diff\u00e9rents journaux. Sa prose a entre autres s\u00e9duit Colette, qui travaille au <em>Matin<\/em>. Des grands reportages le m\u00e8neront plus tard en Afrique pour le magazine <em>Voil\u00e0<\/em>, l'\u00a0\u00bbhebdomadaire du reportage\u00a0\u00bb, puis en \u00e9quip\u00e9e dans l&rsquo;Europe de 1933, ce qui lui donne l&rsquo;occasion de croiser plusieurs fois Hitler \u00e0 Berlin&#8230; et Trotski \u00e0 Principo, dans la Mer de Marmara, puis un tour du monde en 1935 qui lui permet de visiter aux Iles Samoa la tombe d&rsquo;un auteur qu&rsquo;il r\u00e9v\u00e8re : Robert-Louis Stevenson.<br \/>\n<br \/>Entre-temps, Maigret est sorti de sa plume en 1929. Il sera lui aussi un (commissaire) voyageur, ses enqu\u00eates le menant partout en France et m\u00eame au-del\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aventuriers, ethnologues, explorateurs, diplomates, marins, nombreux sont ceux qui, parmi ces voyageurs-\u00e9crivains ou ces \u00e9crivains-voyageurs, font escale \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1479,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[33,37],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/245"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=245"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/245\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1479"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=245"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=245"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=245"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}