{"id":246,"date":"2003-11-16T10:37:27","date_gmt":"2003-11-16T09:37:27","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/11\/16\/vampires-monstres-et-morts-vivants-dans-la-capitale-1\/"},"modified":"2021-06-25T20:29:14","modified_gmt":"2021-06-25T18:29:14","slug":"vampires-monstres-et-morts-vivants-dans-la-capitale-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/11\/16\/vampires-monstres-et-morts-vivants-dans-la-capitale-1\/","title":{"rendered":"Vampires, monstres et morts-vivants dans la capitale (1)"},"content":{"rendered":"<p>Voici une proposition de balade \u00e0 travers quelques lieux  o\u00f9 flotte encore comme une odeur de sang frais, o\u00f9 on aper\u00e7oit parfois, au petit matin, un cadavre sans t\u00eate, o\u00f9, la nuit, les vampires cherchent les hommes, bref, \u00e0 travers des lieux dont les ma\u00eetres ne sont pas tout \u00e0 fait humains&#8230;<\/p>\n<p><strong>1)<\/strong>\tLe th\u00e9\u00e2tre de Renaud \u00e9tait situ\u00e9 (dans <em>Entretien avec un vampire<\/em>, d&rsquo;Anne Rice) <strong>quelque part boulevard du Temple<\/strong> avant les travaux haussmanniens, lorsque le boulevard se prolongeait sur la place de la R\u00e9publique qui n&rsquo;occupait pas encore son emplacement actuel. La R\u00e9volution de 1789 avait lev\u00e9 la censure, et le boulevard s&rsquo;appelait le \u00ab boulevard du crime \u00bb (principalement entre son n\u00b042 et la place de la R\u00e9publique), tellement on s&rsquo;y massacrait pour de faux devant des spectateurs terroris\u00e9s mais qui en redemandaient.<br \/>\n<br \/>Ce th\u00e9\u00e2tre deviendra, avec Lestat, le Th\u00e9\u00e2tre des Vampires, d\u00e9cor d&rsquo;une sc\u00e8ne macabre dans le roman. <figure id=\"attachment_1482\" aria-describedby=\"caption-attachment-1482\" style=\"width: 280px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1482\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_petitpar.jpg\" alt=\"L'ex-immeuble du Petit parisien, rue d'Enghien.\" title=\"L'ex-immeuble du Petit parisien, rue d'Enghien.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"280\" height=\"340\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_petitpar.jpg 280w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_petitpar-247x300.jpg 247w\" sizes=\"(max-width: 280px) 94vw, 280px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1482\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;ex-immeuble du Petit parisien, rue d&rsquo;Enghien.<\/figcaption><\/figure><br \/>\nPour les vampires, le r\u00f4le de com\u00e9dien repr\u00e9sente au moins deux avantages : celui de permettre de vivre presque constamment grim\u00e9, ce qui fait oublier la p\u00e2leur du visage, et celui de permettre de vivre surtout la nuit, ce qui est bien pratique pour un vampire.<\/p>\n<p><strong>2)<\/strong>\tSanson, dernier de sept g\u00e9n\u00e9rations de bourreaux, habite vers 1840 31 bis rue des Marais, qui, \u00e0 hauteur du <strong>52 rue de Lancry<\/strong>, reliait les rues du Faubourg-du-Temple et du Faubourg-Saint-Martin, dans une maison peinte en rouge qui ne dispara\u00eet qu&rsquo;en 1860. Dans la nouvelle <em>Passereau<\/em> de P\u00e9trus Borel, c&rsquo;est l\u00e0 que le jeune h\u00e9ros demande au bourreau qu&rsquo;il daigne le guillotiner. Pourquoi pas, mais il n&rsquo;obtiendra pas gain de cause.<\/p>\n<p><strong>3)<\/strong>\tA son arriv\u00e9e \u00e0 Paris en 1823, Dumas, quant \u00e0 lui, assiste \u00e0 la naissance du premier vampire m\u00e2le de la litt\u00e9rature en voyant la pi\u00e8ce Le Vampire au th\u00e9\u00e2tre de la Porte-Saint-Martin, <strong>18 boulevard Saint-Martin<\/strong> (cf <em>Mes M\u00e9moires<\/em>, chap. LXXIII \u00e0 LXXVII). Ce vampire est n\u00e9 en 1819 sous la plume de Lord Byron et John Polidori, amis de Mary et Percy Shelley, et Nodier, Carmouche et Taylor l&rsquo;ont adapt\u00e9 pour la sc\u00e8ne. Le th\u00e9\u00e2tre actuel a \u00e9t\u00e9 reconstruit apr\u00e8s la destruction en 1871 de la premi\u00e8re salle.<br \/>\n<br \/>En 1851, Dumas reprendra le sujet du Vampire pour sa pi\u00e8ce&#8230; <em>Le Vampire<\/em>.<\/p>\n<p><strong>4)<\/strong>\tAu <strong>180 rue Saint-Denis ou un peu plus haut dans la rue<\/strong>, op\u00e8re une prostitu\u00e9e monstrueuse et tueuse, dans <em>Un petit monstre \u00e0 louer&#8230;<\/em>, de Claude Seignolle.<\/p>\n<p><strong>5)<\/strong>\tPr\u00e8s de <strong>l&rsquo;angle que fait le boulevard de Bonne Nouvelle avec la rue d&rsquo;Hauteville<\/strong>, tard le soir d&rsquo;un triste dimanche d&rsquo;octobre, un vieux com\u00e9dien se mire sur le trottoir dans la glace d&rsquo;un caf\u00e9. Voulant redevenir plus humain, il va devenir monstre. C&rsquo;est dans <em>Le D\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre un homme<\/em>, l&rsquo;un des <em>Contes cruels<\/em> de Villiers de l&rsquo;Isle-Adam.<figure id=\"attachment_1483\" aria-describedby=\"caption-attachment-1483\" style=\"width: 375px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1483\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_stmartin2.jpg\" alt=\"Le th\u00e9\u00e2tre de la Porte Saint-Martin.\" title=\"Le th\u00e9\u00e2tre de la Porte Saint-Martin.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"375\" height=\"265\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1483\" class=\"wp-caption-text\">Le th\u00e9\u00e2tre de la Porte Saint-Martin.<\/figcaption><\/figure><\/p>\n<p><strong>6)<\/strong>\tJacques Bellegarde travaille 18 rue d&rsquo;Enghien dans les locaux du <em>Petit parisien<\/em>, pour lequel il enqu\u00eate sur les m\u00e9faits de Belph\u00e9gor, le \u00ab fant\u00f4me du Louvre \u00bb. C&rsquo;est presque le fant\u00f4me de l&rsquo;op\u00e9ra, puisque son cr\u00e9ateur Arthur Bern\u00e8de se met \u00e0 \u00e9crire des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre et des romans-feuilletons&#8230; pour <em>Le Petit Parisien<\/em>, apr\u00e8s avoir perdu sa voix de chanteur lyrique (il aurait mieux valu qu&rsquo;il continue de chanter, mais bon, il avait perdu sa voix).<\/p>\n<p><strong>7)<\/strong>\tA l&#8217;emplacement actuel du <strong>66 rue du Faubourg-Poissonni\u00e8re<\/strong> se trouvait une autre maison du bourreau Sanson (n\u00e9 tout pr\u00e8s, <strong>14 rue Bleue<\/strong>). <\/p>\n<p><strong>8)<\/strong>\tNotons en passant la pr\u00e9sence d&rsquo;Alexandre Dumas <strong>30 rue Bleue<\/strong> de 1833 \u00e0 37 et <strong>3 cit\u00e9 de Tr\u00e9vise<\/strong> en 1848.<\/p>\n<p><strong>9)<\/strong>\tMarchons un peu. Au <strong>15 rue de Hanovre<\/strong> est situ\u00e9 l&rsquo;h\u00f4tel d&rsquo;Ars\u00e8ne, la mort-vivante de <em>La Femme au collier de velours<\/em> (toujours Dumas). H\u00e9las ! La rue s&rsquo;arr\u00eate au 13 aujourd&rsquo;hui&#8230;<\/p>\n<p><strong>10)<\/strong>\tNous retrouvons Lestat accompagn\u00e9 de ses amis Claudia et Louis. Sous le second vampire &#8211; pardon, Empire -, ils s&rsquo;installent \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Saint-Gabriel, situ\u00e9 <strong>quelque part boulevard des Capucines<\/strong> (<em>Entretien avec un vampire<\/em>). Toujours les grands boulevards, le th\u00e9\u00e2tre et la vie nocturne.<br \/>\n<br \/>Le probl\u00e8me avec les vampires, c&rsquo;est qu&rsquo;ils sont tr\u00e8s souvent immortels. Et au rythme d&rsquo;une douzaine de victimes par nuit &#8211; consommation moyenne d&rsquo;un Lestat \u00e0 Paris en 1780 &#8211; (<em>Lestat le vampire<\/em>, \u00e9galement de Anne Rice), cela provoque autant de d\u00e9g\u00e2ts qu&rsquo;une petite r\u00e9volution.<br \/>\n<br \/>Heureusement que certains meurent tout de m\u00eame. Dans <em>Entretien<\/em>, Armand, doyen des vampires parisiens, explique \u00e0 Louis, qui arrive de La Nouvelle-Orl\u00e9ans : <em>\u00ab Le monde \u00e9toufferait sous le poids des vampires s&rsquo;ils y survivaient. <figure id=\"attachment_1484\" aria-describedby=\"caption-attachment-1484\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1484\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_3trevise.jpg\" alt=\"3 Cit\u00e9 de Tr\u00e9vise.\" title=\"3 Cit\u00e9 de Tr\u00e9vise.\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"260\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_3trevise.jpg 260w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/11\/jpg_3trevise-217x300.jpg 217w\" sizes=\"(max-width: 260px) 94vw, 260px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1484\" class=\"wp-caption-text\">3 Cit\u00e9 de Tr\u00e9vise.<\/figcaption><\/figure>[&#8230;] Pour commencer, ils ont de l&rsquo;immortalit\u00e9 les notions les plus sinistres. Car, en devenant immortels, ils voudraient que tout ce qui a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;accompagnement de leur vie devienne immuable et incorruptible comme ils le sont eux-m\u00eames. Que les v\u00e9hicules gardent la m\u00eame forme rassurante, que les v\u00eatements conservent la coupe qui leur allait du temps de leur jeunesse [&#8230;]. Bient\u00f4t, si l&rsquo;on poss\u00e8de une \u00e2me peu flexible, et souvent, m\u00eame si l&rsquo;on est dou\u00e9 de souplesse d&rsquo;esprit, l&rsquo;immortalit\u00e9 devient une peine de prison que l&rsquo;on purge dans une maison de fous [&#8230;]. Un soir, [le vampire] se rend compte tout simplement qu&rsquo;\u00e0 aucun prix il ne veut vivre davantage. [&#8230;] Et que rien ne subsiste qui puisse le lib\u00e9rer du d\u00e9sespoir, sinon l&rsquo;acte de tuer. Alors, le vampire s&rsquo;en va mourir. Personne ne retrouvera ses restes. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>11)<\/strong>\tDepuis Gaston Leroux, le Fant\u00f4me de l&rsquo;Op\u00e9ra hante les sous-sols et les couloirs de <strong>l&rsquo;Op\u00e9ra<\/strong>. Nicholas Meyer, dans <em>Sherlock Holmes et le fant\u00f4me de l&rsquo;Op\u00e9ra<\/em>, lui fait rencontrer le grand d\u00e9tective.<\/p>\n<p><strong>12)<\/strong>\tDenis, le loup de la nouvelle <em>Le Loup-garou<\/em> de Boris Vian, descend \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Scribe, <strong>1 rue Scribe<\/strong>, une fois devenu homme (horreur !).<\/p>\n<p><strong>13)<\/strong>\tBertrand Caillet, un animal de la m\u00eame esp\u00e8ce mais bien plus mena\u00e7ant (<em>Le Loup-garou<\/em> de Paris, Guy Endore) tue une prostitu\u00e9e <strong>rue de Budapest<\/strong>. Il n&rsquo;en est pas \u00e0 sa premi\u00e8re victime dans la capitale.<\/p>\n<p><strong>14)<\/strong>\tEncore plus au nord, il se livre \u00e0 des violations de s\u00e9pultures fra\u00eeches au <strong>cimeti\u00e8re Montmartre<\/strong>, qui est \u00e9galement l&rsquo;endroit o\u00f9 Louis (<em>Entretien avec un vampire<\/em>) se retire apr\u00e8s la mort de Claudia. Il y tue une victime, se repa\u00eet de son sang, trouve un cercueil dont il \u00e9jecte le corps afin d&rsquo;y passer la journ\u00e9e, et prend des forces avant de se venger en incendiant le Th\u00e9\u00e2tre des vampires.<br \/>\n<br \/>Quelle famille !<\/p>\n<p>Suite ici : <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/02\/14\/vampires-monstres-et-morts-vivants-dans-la-capitale-2\/\">295<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici une proposition de balade \u00e0 travers quelques lieux o\u00f9 flotte encore comme une odeur de sang frais, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1482,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[41,26],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/246"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=246"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/246\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3708,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/246\/revisions\/3708"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1482"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=246"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=246"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=246"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}