{"id":291,"date":"2004-01-24T09:38:45","date_gmt":"2004-01-24T08:38:45","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/01\/24\/george-sand-4\/"},"modified":"2023-03-21T11:57:05","modified_gmt":"2023-03-21T10:57:05","slug":"george-sand-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/01\/24\/george-sand-4\/","title":{"rendered":"George SAND : Les Ma\u00eetres sonneurs &#8211; Voyages autour de Nohant (2)"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1541\" aria-describedby=\"caption-attachment-1541\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1541\" title=\"Le ch\u00e2teau de Saint-Chartier.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_stchartchat1.jpg\" alt=\"Le ch\u00e2teau de Saint-Chartier.\" width=\"410\" height=\"310\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_stchartchat1.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_stchartchat1-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1541\" class=\"wp-caption-text\">Le ch\u00e2teau de Saint-Chartier.<\/figcaption><\/figure>\n<div align=\"right\"><b><i>La \u00ab sacro-sainte litt\u00e9rature \u00bb, comme tu l&rsquo;appelles, n&rsquo;est que secondaire pour moi dans la vie. J&rsquo;ai toujours aim\u00e9 quelqu&rsquo;un plus qu&rsquo;elle, et ma famille plus que ce quelqu&rsquo;un.<\/i><br \/>George Sand, lettre \u00e0 Flaubert en 1872.<\/b><\/div>\n<figure id=\"attachment_1542\" aria-describedby=\"caption-attachment-1542\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1542\" title=\"Le ch\u00e2teau de Saint-Chartier.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_stchartchat2.jpg\" alt=\"Le ch\u00e2teau de Saint-Chartier.\" width=\"300\" height=\"400\" align=\"left\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_stchartchat2.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_stchartchat2-225x300.jpg 225w\" sizes=\"(max-width: 300px) 94vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1542\" class=\"wp-caption-text\">Le ch\u00e2teau de Saint-Chartier.<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Les Ma\u00eetres sonneurs<\/em> est un formidable roman dont l&rsquo;action se d\u00e9roule \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle et qui respire l&rsquo;amour de la nature et du voyage, de la musique&#8230; et de l&rsquo;amour. Ce m\u00e9lange de Stevenson (pour l&rsquo;art de raconter), d&rsquo;Indiana Jones (pour les sc\u00e8nes qui font peur) et de romantisme, c&rsquo;est George Sand, celle qui passe ses journ\u00e9es \u00e0 \u00e9crire et proclame en m\u00eame temps, avec une belle humilit\u00e9, que ses livres ne sont pas grand chose.<\/p>\n<p>Alors lisez ou relisez ce roman, en profitant \u00e9ventuellement des balades sur les pas des Ma\u00eetres sonneurs propos\u00e9es entre Bourbonnais et Berry dans le cadre de l&rsquo;ann\u00e9e George Sand.<\/p>\n<p>Ecrit en quelques semaines fin 1852-d\u00e9but 1853\u00a0 (le roman para\u00eet en 32 feuilletons dans <em>Le Constitutionnel<\/em> en juin-juillet 1853) au milieu de graves soucis intimes, familiaux et politiques, l&rsquo;ouvrage reprend un th\u00e8me d\u00e9velopp\u00e9 dix ans auparavant dans <em>Consuelo<\/em> : la fusion de l&rsquo;artiste et du peuple, mais de fa\u00e7on moins lyrique. Car, depuis, la r\u00e9volution de 1848 est pass\u00e9e par l\u00e0. Le conservatisme a stopp\u00e9 net l&rsquo;\u00e9lan r\u00e9volutionnaire en juin 1848 et le coup d\u2019\u00c9tat de d\u00e9cembre 1851 l&rsquo;a enterr\u00e9 pour longtemps. Tout cela a boulevers\u00e9 la conception qu&rsquo;avait l&rsquo;\u00e9crivain romantique des aspirations sociales du peuple et de la communion entre ce dernier et l&rsquo;artiste.<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0morale\u00a0\u00bb des <em>Ma\u00eetres sonneurs<\/em> est humble mais exigeante : comme les h\u00e9ros du r\u00e9cit, Tiennet, Brulette, Th\u00e9rence et Huriel, chacun doit s&rsquo;efforcer de changer pour trouver le bonheur : le voyageur se fait s\u00e9dentaire, le casanier voyage, la fille gaie devient maternelle, la sauvage devient aimante. L&rsquo;\u00e9volution individuelle est le pr\u00e9lude indispensable \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Joseph, orphelin de p\u00e8re, le seul personnage qui ne change gu\u00e8re &#8211; except\u00e9 en poussant plus loin sa ma\u00eetrise de la cornemuse &#8211; se condamne \u00e0 mort. Souffreteux, \u00e9go\u00efste, lunatique, il emprunte beaucoup de son caract\u00e8re \u00e0 Chopin, amant de Sand pendant dix ans jusqu&rsquo;en 1847 (il s&rsquo;est mis \u00e0 lui pr\u00e9f\u00e9rer Solange, sa fille) et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 deux ans plus tard (1).<\/p>\n<figure id=\"attachment_1543\" aria-describedby=\"caption-attachment-1543\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1543\" title=\"La petite \u00e9glise de Nohant.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_nohanteglise.jpg\" alt=\"La petite \u00e9glise de Nohant.\" width=\"370\" height=\"275\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_nohanteglise.jpg 370w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_nohanteglise-300x223.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 370px) 94vw, 370px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1543\" class=\"wp-caption-text\">La petite \u00e9glise de Nohant.<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;essentiel du roman se passe \u00e0 Nohant, bien que ce ne soit pas toujours explicite. Les guides touristiques parlent davantage de Saint-Chartier, dont les combles du ch\u00e2teau abritent en effet une des derni\u00e8res sc\u00e8nes (le ch\u00e2teau \u00e9tait en ruines \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de George Sand, et il appara\u00eet ainsi dans le roman).<\/p>\n<p>A plusieurs reprises, l&rsquo;action se d\u00e9place donc du Berry au Bourbonnais, puisque qu&rsquo;elle narre comment Joseph, jeune gar\u00e7on de ferme attach\u00e9 \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;Aulni\u00e8re (que l&rsquo;on peut toujours voir pr\u00e8s de Nohant) s&rsquo;initie \u00e0 la musique en compagnie des muletiers et des b\u00fbcherons de la r\u00e9gion de Chamb\u00e9rat, dans l&rsquo;Allier.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres lieux du roman :<\/p>\n<p>La m\u00e8re de Joseph travaille \u00e0 l&rsquo;auberge du <em>Boe\u009cuf couronn\u00e9<\/em>, \u00e0 Saint-Chartier dans la rue qui va vers Issoudun. <em>\u00ab\u00a0De la rivi\u00e8re, qui arrosait le mur en contrebas du Boeuf couronn\u00e9, on montait, raide comme pique, \u00e0 la place, qui \u00e9tait, comme aujourd&rsquo;hui, cette longue chauss\u00e9e raboteuseplant\u00e9e d&rsquo;arbres, bord\u00e9e \u00e0 gauche par des maisons fort anciennes, \u00e0 droite par le grand foss\u00e9, alors rempli d&rsquo;eau, et la grande muraille alors bien enti\u00e8re du ch\u00e2teau. Au bout, l&rsquo;\u00e9glise finit la place, et deux ruelles descendent l&rsquo;une \u00e0 la cure, l&rsquo;autre le long du cimeti\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le b\u00e2timent qui abritait le <em>Boeuf couronn\u00e9<\/em> est encore debout aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>La Font-de-fond, pr\u00e8s de la ferme de l&rsquo;Aulni\u00e8re, est la \u00ab\u00a0Fontaine des fontaines\u00a0\u00bb o\u00f9 Tiennet rencontre un soir l&rsquo;inqui\u00e9tant Joseph et qui est \u00e9galement, dans les <em>L\u00e9gendes rustiques<\/em>, le lieu de rencontre des lavandi\u00e8res maudites.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1544\" aria-describedby=\"caption-attachment-1544\" style=\"width: 420px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1544\" title=\"La Font-de-fond.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_fontfond.jpg\" alt=\"La Font-de-fond.\" width=\"420\" height=\"230\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_fontfond.jpg 420w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/01\/jpg_fontfond-300x164.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 420px) 94vw, 420px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1544\" class=\"wp-caption-text\">La Font-de-fond.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n<p>(1) : George Sand a \u00e9lev\u00e9 quelque temps \u00e0 Nohant Joseph Coret, un jeune gar\u00e7on ch\u00e9tif d\u00e9laiss\u00e9 par sa m\u00e8re. Si l&rsquo;on consid\u00e8re \u00e9galement le personnage de Charlot, <em>Les Ma\u00eetres sonneurs<\/em> est aussi un roman sur l&rsquo;enfance orpheline&#8230; son auteur ayant \u00e9t\u00e9 orpheline de p\u00e8re \u00e0 quatre ans et priv\u00e9e d&rsquo;une vraie m\u00e8re.]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La \u00ab sacro-sainte litt\u00e9rature \u00bb, comme tu l&rsquo;appelles, n&rsquo;est que secondaire pour moi dans la vie. 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