{"id":292,"date":"2004-01-31T11:27:05","date_gmt":"2004-01-31T10:27:05","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/01\/31\/emile-de-girardin\/"},"modified":"2021-06-25T20:29:15","modified_gmt":"2021-06-25T18:29:15","slug":"emile-de-girardin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/01\/31\/emile-de-girardin\/","title":{"rendered":"Emile de GIRARDIN"},"content":{"rendered":"<p>Comme l&rsquo;\u00e9crit Pierre Lepape dans <em>Le pays de la litt\u00e9rature<\/em>, Emile de Girardin est un personnage balzacien : parti de rien, ambitieux, respectueux du pouvoir en place[[Il est r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e9put\u00e9 dans les ann\u00e9es 1830. Parmi les id\u00e9es qu&rsquo;il promeut \u00e0 la Chambre ou dans ses journaux : l&rsquo;assurance vie, la participation des employ\u00e9s au b\u00e9n\u00e9fice, la journ\u00e9e de huit heures, l&rsquo;imp\u00f4t sur le capital, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 civile de la femme&#8230;]], faisant fortune dans la presse (milieu abondamment d\u00e9crit dans <em>Les Illusions perdues<\/em> et <em>Splendeurs et mis\u00e8res des courtisanes<\/em>), pr\u00eat \u00e0 en d\u00e9coudre physiquement &#8211; il tue en duel, le 22 juillet 1836, Armand Carrel, fondateur avec Adolphe Thiers du journal d&rsquo;opposition <em>Le National<\/em>[[Carrel meurt des blessures re\u00e7ues lors du duel dans une maison 5 bis avenue Victor-Hugo \u00e0 Saint-Mand\u00e9, pr\u00e8s de Vincennes. Il est enterr\u00e9 au cimeti\u00e8re de Saint-Mand\u00e9.]] (et se promet d\u00e8s lors de ne plus combattre que par la plume), \u00e9chouant parfois douloureusement&#8230;<br \/>\n<br \/>Pour faire Rastignac, Rubempr\u00e9 et le banquier Nucingen, Balzac prend des morceaux de Girardin. <\/p>\n<p>Il arrive au bon moment : lib\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;Ancien r\u00e9gime, la bourgeoisie a soif d&rsquo;information et d&rsquo;histoires. Lib\u00e9r\u00e9e de la censure imp\u00e9riale &#8211; un seul journal \u00e9tait autoris\u00e9 par d\u00e9partement &#8211; la presse doit encore lutter pour exister, mais c&rsquo;est le grand combat des Chateaubriand, Lamartine et consorts sous la Restauration.<\/p>\n<p>Avec Charles Lautour M\u00e9zeray, un condisciple du coll\u00e8ge d&rsquo;Argentan, Girardin fonde en 1828 un journal au nom bien choisi : <em>Le Voleur<\/em>, puisqu&rsquo;il se compose d&rsquo;articles pill\u00e9s dans d&rsquo;autres journaux. Six mois plus tard, avec le b\u00e9n\u00e9fice, il cr\u00e9e <em>La Mode<\/em>, qui s&rsquo;enorgueillit bient\u00f4t de signatures prestigieuses : Balzac, Nodier, Lamartine, Sue, etc., et, pour les illustrations, Valmont et Tony Johannot.<br \/>\nSa fr\u00e9quentation du salon de Sophie Gay[[Qui habitait 30 rue des Je\u00fbneurs avec ses parents.]] lui permet de rencontrer les \u00e9crivains romantiques et Delphine, la femme qu&rsquo;il \u00e9pouse en 1830.<\/p>\n<p>Ses projets continuent : apr\u00e8s <em>La Mode<\/em>, <em>Le Garde national<\/em>, le <em>Journal des connaissances utiles<\/em>, <em>Le Mus\u00e9e des familles<\/em> en 1833. Les grands tirages et la publicit\u00e9 font baisser le prix des abonnements. Il r\u00e9concilie l&rsquo;\u00e9crivain et le journaliste en introduisant la litt\u00e9rature dans les journaux, d&rsquo;abord y int\u00e9grant des \u00ab livraisons \u00bb de romans, puis en inventant le roman-feuilleton quotidien avec Balzac et sa <em>Vieille fille<\/em> [[Le roman para\u00eet en douze articles dans <em>La Presse<\/em>, entre le 23 octobre et le 4 novembre 1836. Devant les r\u00e9actions scandalis\u00e9es de ses lecteurs, Girardin pr\u00e9f\u00e8rera par la suite commander ses feuilletons \u00e0 des auteurs dont la morale para\u00eet plus sure : Souli\u00e9, Scribe et Alexandre Dumas.]]. Surtout, Girardin met en sc\u00e8ne ses entreprises dans ses journaux, pour augmenter sa connivence avec le lecteur. Ses colonnes abondent d&rsquo;articles sur les rivalit\u00e9s avec les autres journaux qui, peu \u00e0 peu, meurent ou alignent leurs prix et leur fonctionnement sur ceux de Girardin.<\/p>\n<p>&#8211; Emile na\u00eet en 1806 4 rue Chabanais \u00e0 Paris, sous le nom d&rsquo;Emile Delamothe. Il est le petit-fils du marquis de Girardin, qui a accueilli Jean-Jacques Rousseau en 1778 \u00e0 Ermenonville. Emile a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u hors mariage. Abandonn\u00e9 par ses parents, il est \u00e9lev\u00e9 dans une institution parisienne, qu&rsquo;il quitte en 1814 pour dix ann\u00e9es d&rsquo;apprentissage aux Haras du Pin, en Normandie. Il \u00e9tudie au coll\u00e8ge d&rsquo;Argentan et d\u00e9couvre les livres dans la riche biblioth\u00e8que du ch\u00e2teau du Bourg-Saint-L\u00e9onard.<br \/>\n&#8211; A 18 ans, il revient \u00e0 Paris \u00e0 la recherche de ses parents. Son p\u00e8re lui ouvre sa porte, sa m\u00e8re non. Emile se rend r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Ch\u00e4tenay-Malabry, rue Chateaubriand o\u00f9, dans une petite maison blanche situ\u00e9e c\u00f4t\u00e9 impair face \u00e0 la rue Anatole-France, son p\u00e8re lui remet une pension mensuelle (le ch\u00e2teau de celui-ci n&rsquo;existe plus). En 1827, se r\u00e9appropriant son nom, il signe Emile de Girardin son premier roman&#8230; <em>Emile<\/em>, en partie autobiographique et bien dans le go\u00fbt romantique de l&rsquo;\u00e9poque.<br \/>\n&#8211; Il s&rsquo;\u00e9tablit 28 avenue des Champs-Elys\u00e9es. En 1829, il est nomm\u00e9 inspecteur adjoint des Beaux-Arts.<br \/>\n&#8211; Il vit avec sa femme 11 rue Saint-Georges et, surtout, dans l&rsquo;h\u00f4tel de Choiseul-Gouffier qui s&rsquo;\u00e9levait entre la rue Quentin-Bauchart et la rue Lincoln, que les Girardin occupent jusqu&rsquo;\u00e0 1855. Depuis 1840, le pouvoir est au conservateur Guizot, auquel s&rsquo;oppose Girardin. Apr\u00e8s la r\u00e9volution de juin 1848, ce dernier est emprisonn\u00e9 quelques jours \u00e0 la Conciergerie.<br \/>\n&#8211; Le coup d&rsquo;\u00e9tat du 2 d\u00e9cembre 1851 chasse les Girardin jusqu&rsquo;\u00e0 Bruxelles, aux c\u00f4t\u00e9s de Victor Hugo. Quatre mois plus tard, ils sont de retour \u00e0 Paris.<br \/>\n&#8211; Delphine d\u00e9c\u00e8de en 1855, de m\u00eame que le p\u00e8re d&rsquo;Emile. En 1857, Girardin se remarie et se fait construire un h\u00f4tel rue La P\u00e9rouse.<br \/>\n<br \/>En 1860, il ach\u00e8te trois ch\u00e2teaux voisins \u00e0 Enghien-les-Bains, dont il est conseiller municipal de 1865 \u00e0 1870. Il est ainsi voisin de son amie la princesse Mathilde \u00e0 Saint-Gratien. Les ch\u00e2teaux sont encore debouts aujourd&rsquo;hui : le \u00ab ch\u00e2teau \u00e9cossais \u00bb (revendu un an plus tard), le \u00ab ch\u00e2teau d&rsquo;Enghien \u00bb qu&rsquo;il habite et le \u00ab ch\u00e2teau L\u00e9on \u00bb qu&rsquo;il consacre aux r\u00e9ceptions. Ces deux derniers se trouvent aujourd&rsquo;hui au milieu de la cour du lyc\u00e9e Gustave Monod.<br \/>\n&#8211; En 1862, il r\u00e9int\u00e8gre <em>La Presse<\/em>, qu&rsquo;il avait vendue en 1855.  Il acquiert <em>La Libert\u00e9<\/em> en 1868, <em>Le Petit journal<\/em> en 1872, <em>Le Moniteur universel<\/em>&#8230;<br \/>\n&#8211; Il ach\u00e8te en 1834 la propri\u00e9t\u00e9 \u00ab le verger \u00bb \u00e0 Bourganeuf dans la Creuse, juste avant d&rsquo;\u00eatre \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 du d\u00e9partement.<br \/>\n&#8211; Il poss\u00e9da \u00e9galement le ch\u00e2teau d&rsquo;Agnetz, pr\u00e8s de Clermont dans l&rsquo;Oise.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><\/p>\n<p>Pr\u00e9sences litt\u00e9raires aux alentours :<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/05\/13\/jean-jacques-rousseau-3\/\">Jean-Jacques Rousseau<\/a> \u00e0 Montmorency,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/paul-eluard-2\/\">Paul Eluard<\/a> \u00e0 Eaubonne,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/eugene-sue\/\">Eug\u00e8ne Sue<\/a> \u00e0 Bouqueval et Saint-Brice-sous-For\u00eat,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/29\/edith-wharton\/\">Edith Wharton<\/a> \u00e0 Saint-Brice-sous-For\u00eat,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/jules-et-edmond-de-goncourt\/\">Les Goncourt<\/a>, Dumas, Gautier, etc. chez la Princesse Mathilde \u00e0 Saint-Gratien,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/francis-carco\/\">Carco<\/a> \u00e0 L&rsquo;Isle-Adam,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/honore-de-balzac-4\/\">Balzac<\/a> \u00e0 Presles et L&rsquo;Isle-Adam,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/georges-duhamel\/\">Georges Duhamel<\/a> \u00e0 La Naze (Valmondois),<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/jacques-henri-bernardin-de-saint-pierre\/\">Bernardin de Saint-Pierre<\/a> \u00e0 Eragny,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/19\/victor-hugo-4\/\">93<\/a>,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/benjamin-constant\/\">Benjamin Constant<\/a> \u00e0 H\u00e9rivaux (Luzarches) . <\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><a href=\"http:\/\/www.nouveau-monde.net\/livre\/index.cfm?GCOI=84736100171770\">1836, l&rsquo;an I de l&rsquo;\u00e8re m\u00e9diatique. Analyse litt\u00e9raire et historique de La Presse de Girardin<\/a> chez Nouveau Monde \u00e9ditions.<br \/>\n<br \/><em>Les \u00ab\u00a0ch\u00e2teaux\u00a0\u00bb enghiennois<\/em>. Article de Gwendoline Marqueze dans le magazine <em>Reflets<\/em> n\u00b019, d\u00e9cembre 1998.<br \/>\n<br \/>Catalogue de la belle exposition qui s&rsquo;est tenue du 10 janvier au 10 avril 2004 au centre culturel Fran\u00e7ois Villon \u00e0 Enghien-les-Bains.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme l&rsquo;\u00e9crit Pierre Lepape dans Le pays de la litt\u00e9rature, Emile de Girardin est un personnage balzacien : [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[45,18,27],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=292"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3726,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292\/revisions\/3726"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}