{"id":293,"date":"2004-02-12T14:10:16","date_gmt":"2004-02-12T13:10:16","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/02\/12\/paul-bowles-a-paris\/"},"modified":"2004-02-12T14:10:16","modified_gmt":"2004-02-12T13:10:16","slug":"paul-bowles-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/02\/12\/paul-bowles-a-paris\/","title":{"rendered":"Paul BOWLES \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p><html><\/p>\n<div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0Ta m\u00e8re est une femme tr\u00e8s malade, et c&rsquo;est enti\u00e8rement de ta faute, jeune homme. Souviens-toi de cela.\u00a0\u00bb<\/i><br \/>\nSon p\u00e8re \u00e0 Paul Bowles. Cit\u00e9 dans <i>M\u00e9moires d&rsquo;un nomade<\/i> (<i>Without stopping<\/i>).<\/b><\/div>\n<p><div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0La vie d&rsquo;un \u00e9crivain n&rsquo;a aucun int\u00e9r\u00eat, ce qu&rsquo;il aime, ce qu&rsquo;il fait n&rsquo;a aucune importance. Ce qu&rsquo;il \u00e9crit, oui. [\u0085] Il peut y avoir une relation entre la vie et l&rsquo;\u009cuvre, mais c&rsquo;est une supposition. J&rsquo;ai voulu moi-m\u00eame \u00e9tablir cette relation en racontant les principaux \u00e9v\u00e9nements de mon enfance, dans les premiers chapitres de Without stopping : il y a sans doute l\u00e0 une cl\u00e9 pour comprendre mon \u009cuvre, mais pas du point de vue th\u00e9matique.\u00a0\u00bb<br \/>M\u00e9moires d&rsquo;un nomade (Without stopping).<\/i><\/b><\/div>\n<p><div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0Tous les mois, quand j&rsquo;achetais le nouveau num\u00e9ro [du magazine <i>transition<\/i>], j&rsquo;avais l&rsquo;illusion d&rsquo;\u00eatre \u00e0 Paris, car l&rsquo;atmosph\u00e8re de la ville, telle qu&rsquo;elle apparaissait \u00e0 la lecture de ces pages, correspondait tout \u00e0 fait \u00e0 l&rsquo;image que je m&rsquo;en faisais : celle d&rsquo;une m\u00e9tropole o\u00f9 les gens sont \u00e0 la fois d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s et sophistiqu\u00e9s, cyniques et fanatiquement passionn\u00e9s par les id\u00e9es. Paris \u00e9tait l&rsquo;\u00e9picentre de l&rsquo;existence ; je sentais son rayonnement quand je me tournais vers l&rsquo;Est, comme un musulman re\u00e7oit la lumi\u00e8re de La Mecque, et je savais qu&rsquo;un jour, avec un peu de chance, j&rsquo;irais l\u00e0-bas pour visiter les lieux sacr\u00e9s.\u00a0\u00bb<br \/>M\u00e9moires d&rsquo;un nomade (Without stopping).<\/i><\/b><\/div>\n<p><\/html><\/p>\n<p>Dans l&rsquo;errance permanente qui fut le grand bonheur de sa vie, Paris a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e9tape \u00e9trang\u00e8re de Paul Bowles.<\/p>\n<p>Fils unique d&rsquo;un dentiste irascible qui est aussi hypocondriaque et violoniste refoul\u00e9, Paul devient tr\u00e8s t\u00f4t expert dans l&rsquo;art de masquer ses sentiments. <i>\u00ab\u00a0La famille Bowles \u00e9tait intimement convaincue que le plaisir \u00e9tait destructeur, tandis qu&rsquo;une activit\u00e9 d\u00e9plaisante contribuait d&rsquo;une fa\u00e7on positive \u00e0 la formation du caract\u00e8re\u00a0\u00bb<\/i>, explique-t-il, toujours dans <i>M\u00e9moires d&rsquo;un nomade<\/i>.<br \/>\n<br \/>Paul apprend la musique \u00e0 partir de sept ans.<\/p>\n<p>Sa premi\u00e8re gloire litt\u00e9raire est de voir publier deux textes \u00ab\u00a0surr\u00e9alistes\u00a0\u00bb \u00e0 Paris dans la revue <i>transition<\/i> en 1928. Fascin\u00e9 par les surr\u00e9alistes, Bowles l&rsquo;est aussi par les oeuvres d&rsquo;Andr\u00e9 Gide.<\/p>\n<p>Un jour de 1929, apr\u00e8s avoir tir\u00e9 \u00e0 pile ou face, il s&rsquo;\u00e9chappe \u00e0 dix-huit ans vers l&rsquo;Europe (c&rsquo;\u00e9tait \u00e7a ou le suicide) sans pr\u00e9venir sa famille. Il arrive \u00e0 Paris, o\u00f9 il devient standardiste au <em>New York Herald<\/em>[[Dont les locaux administratifs se trouvent alors 49 avenue de l&rsquo;Op\u00e9ra et la r\u00e9daction 120 avenue des Champs-Elys\u00e9es. Il deviendra en 1967 le <em>International Herald Tribune.]]. Il vit en h\u00f4tel (quelque temps \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Daunou, au-dessus du Harry&rsquo;s bar, 5 rue Daunou), est fascin\u00e9 par les ballets russes de Diaghilev, fr\u00e9quente le D\u00f4me. Ses amis fran\u00e7ais le font voyager \u00e0 travers toute la France (il s\u00e9journe ainsi au ch\u00e2teau de Lavillatte).<\/p>\n<p>Lorsque, apr\u00e8s un s\u00e9jour en Am\u00e9rique, il revient \u00e0 Paris en 1931, un de ses premiers gestes est de se pr\u00e9senter 27 rue de Fleurus, chez Gertrude Stein. Celle-ci, ainsi que Aaron Copland, parraine son entr\u00e9e en musique et en litt\u00e9rature.<br \/>\n<br \/>Bowles fait alors connaissance avec Pound et Cocteau.<br \/>\n<br \/>C&rsquo;est Gertrude Stein qui, ayant d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu trois \u00e9t\u00e9s \u00e0 Tanger, lui conseille d&rsquo;aller y passer ses vacances, ce qu&rsquo;il fait entre ao\u00fbt et novembre 1931. Il y passera bient\u00f4t le restant de sa vie.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;heure, il emm\u00e9nage en 1931 dans un studio au dernier \u00e9tage du 17 quai Voltaire, fait connaissance avec une voisine du dessous, Lucie Delarue-Mardrus, et compose des sonates. Il est un compositeur reconnu avant d&rsquo;\u00eatre un \u00e9crivain reconnu.<br \/>\n<br \/>En 1932, il s&rsquo;installe chez son ami Carlo Suar\u00e8s, avenue La Bourdonnais, puis \u00e0 Montmartre.<\/p>\n<p>En 1938, il \u00e9pouse Jane, qui \u00e9crit aussi. Leur vraie vie commune dure quelques mois, chacun \u00e9tant davantage port\u00e9 vers des personnes de son propre sexe. Mais un attachement profond les lie jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de Jane en 1973.<\/p>\n<p>Son premier roman, <i>Un th\u00e9 au Sahara (The Sheltering sky)<\/i> para\u00eet en 1949 et est rapidement un succ\u00e8s. Pour un amateur du d\u00e9paysement permanent, le th\u00e8me en est paradoxal : l&rsquo;histoire &#8211; qui finira mal &#8211; de trois am\u00e9ricains qui voyagent sans but dans le d\u00e9sert nord-africain et cherchent l\u00e0 un rem\u00e8de \u00e0 leurs maux.<\/p>\n<p>Au total, Bowles \u00e9crira quatre romans, une autobiographie et des dizaines de nouvelles. Il ne d\u00e9laisse pas pour autant la musique et part \u00e0 la recherche de la tradition orale et de la litt\u00e9rature marocaine, qu&rsquo;il contribue \u00e0 faire conna\u00eetre par des transcriptions et des traductions.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Ta m\u00e8re est une femme tr\u00e8s malade, et c&rsquo;est enti\u00e8rement de ta faute, jeune homme. 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