{"id":328,"date":"2004-07-18T00:00:00","date_gmt":"2004-07-17T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/07\/18\/michel-zevaco\/"},"modified":"2025-04-20T22:53:09","modified_gmt":"2025-04-20T20:53:09","slug":"michel-zevaco","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/07\/18\/michel-zevaco\/","title":{"rendered":"Michel ZEVACO \u00e0 Ajaccio, Paris, Pierrefonds, Eaubonne"},"content":{"rendered":"<p><em> <strong>\u00ab\u00a0Non seulement Michel Z\u00e9vaco \u00e9gale Dumas par sa fantaisie, mais il le d\u00e9passe par l&#8217;emballement de son imagination.\u00a0\u00bb<\/strong> <\/em><\/p>\n<p><strong> <em>La Petite r\u00e9publique socialiste<\/em>, 23 juin 1903.<\/strong><\/p>\n<p>Ce jugement, tout charg\u00e9 qu&rsquo;il soit arri\u00e8res pens\u00e9es publicitaires, est vrai. A lire Z\u00e9vaco, on \u00e9prouve une joie que peu d&rsquo;auteurs de romans d&rsquo;aventures parviennent \u00e0 susciter, sauf peut-\u00eatre Dumas. Oubli\u00e9s les Eug\u00e8ne Sue, F\u00e9val, Leroux, Fant\u00f4mas. Loin derri\u00e8re, les About, Ponson du Terrail, Gaboriau, Erckmann-Chatrian, etc.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Z\u00e9vaco, le roman populaire conna\u00eet d&rsquo;autres bonheurs dans des genres d\u00e9riv\u00e9s comme le policier ou la science-fiction. Mais dans sa veine du roman feuilleton historique, \u00ab\u00a0de cape et d&rsquo;\u00e9p\u00e9e\u00a0\u00bb, bien tristes sont ses successeurs. Peut-\u00eatre aujourd&rsquo;hui Valerio Evangelisti (qui d\u00e9die \u00e0 Z\u00e9vaco <em>Le Pr\u00e9cipice<\/em>, troisi\u00e8me \u00e9pisode &#8211; en partie parisien &#8211; du <em>Roman de Nostradamus<\/em>) et quelques autres sont-ils en train de prendre la rel\u00e8ve ?<\/p>\n<p>Pardaillan est peu lu de nos jours et m\u00e9rite vraiment d&rsquo;\u00eatre red\u00e9couvert. Lire un <em>Pardaillan<\/em>, c&rsquo;est ressentir la jubilation qu&rsquo;a \u00e9prouv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9crire un auteur dont le parcours est \u00e9tonnant : Z\u00e9vaco commence comme enseignant, continue comme militaire, poursuit comme \u00ab\u00a0socialiste r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb et finit comme auteur combl\u00e9 dans son int\u00e9rieur bourgeois.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1604\" aria-describedby=\"caption-attachment-1604\" style=\"width: 330px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1604\" title=\"1 cit\u00e9 Berg\u00e8re (ph. Philippe Boisseau)\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/07\/jpg_Zevaco1891a1895def.jpg\" alt=\"1 cit\u00e9 Berg\u00e8re (ph. Philippe Boisseau)\" width=\"330\" height=\"430\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/07\/jpg_Zevaco1891a1895def.jpg 330w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/07\/jpg_Zevaco1891a1895def-230x300.jpg 230w\" sizes=\"(max-width: 330px) 94vw, 330px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1604\" class=\"wp-caption-text\">1 cit\u00e9 Berg\u00e8re (ph. Philippe Boisseau)<\/figcaption><\/figure>\n<p>&#8211; Michel Z\u00e9vaco na\u00eet \u00e0 Ajaccio en 1860. La famille habite sur le cours Napol\u00e9on.<br \/>\n&#8211; En 1869, la carri\u00e8re militaire de M. Z\u00e9vaco m\u00e8ne sa famille \u00e0 s&rsquo;installer dans les Deux-S\u00e8vres, \u00e0 Saint-Maixent.<br \/>\n&#8211; En 1878, on retrouve Michel interne au lyc\u00e9e Saint-Louis \u00e0 Paris. Il pr\u00e9pare le concours d&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Ecole Normale. Il poss\u00e8de alors une adresse 38 rue Saint-Sabin.<br \/>\n&#8211; En 1880-1881, il est professeur de Lettres au Coll\u00e8ge de Vienne, dans l&rsquo;Is\u00e8re, \u00e0 une centaine de kilom\u00e8tres de Privas o\u00f9 r\u00e9sident ses parents. Il est contraint \u00e0 d\u00e9missionner de son poste, pour ses amiti\u00e9s anarchistes ou des relations trop proches avec la femme d&rsquo;un conseiller municipal, et s&rsquo;engage alors dans l&rsquo;arm\u00e9e.<br \/>\n&#8211; Z\u00e9vaco s&rsquo;installe \u00e0 Paris \u00e0 sa sortie de l&rsquo;arm\u00e9e, en 1888. Son adresse officielle est le 18 rue Volta. Apr\u00e8s avoir pourchass\u00e9 Paul Ginisty (un r\u00e9dacteur du <em>Gil Blas<\/em>) jusque chez lui pour lui faire lire son manuscrit, il parvient \u00e0 faire publier son premier roman, <em>Le Boute-charge<\/em>. Il ne r\u00e9cidive pas tout de suite dans la veine romanesque, devenant en 1889 journaliste \u00e0 <em>L&rsquo;Egalit\u00e9<\/em> &#8211; qui se veut (de 1889 \u00e0 son arr\u00eat en 1891) l&rsquo;h\u00e9ritier du <em>Cri du peuple<\/em> fond\u00e9 par Jules Vall\u00e8s &#8211; et que dirige le socialiste r\u00e9volutionnaire Jules Roques. Z\u00e9vaco y est secr\u00e9taire de r\u00e8daction&#8230; et auteur de son premier roman feuilleton, <em>Roublard et Cie<\/em>. Il adh\u00e8re et milite \u00e0 la Ligue socialiste de Roques et se pr\u00e9sente sans succ\u00e8s aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de 1889. Il fait \u00e0 cette \u00e9poque connaissance avec Louise Michel.<br \/>\n&#8211; Il croise \u00e9galement Aristide Bruant en 1890 \u00e0 la prison Sainte-P\u00e9lagie pour avoir \u00e9crit un violent article, provoquant en duel le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00e9poque. Sainte-P\u00e9lagie l&rsquo;accueille de nouveau pendant les 6 premiers mois de 1893, pour d&rsquo;autres articles anti-bourgeois, en pleine p\u00e9riode d&rsquo;attentats anarchistes.<br \/>\n&#8211; Son domicile vers 1891-1895 est le 1 Cit\u00e9 Berg\u00e8re, non loin de Montmartre, dont il se rapprochera encore en emm\u00e9nageant ensuite rue de Steinkerque. Du sang montmartrois coule dans ses veines, tant il aime la butte, situant d&rsquo;ailleurs de nombreuses sc\u00e8nes de ses romans dans le village de Montmartre \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9poques. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, ses romans sont de longues promenades \u00e0 Paris ou en Province, dans les villes qu&rsquo;aime Z\u00e9vaco.<br \/>\n&#8211; Sans doute d\u00e9\u00e7u par les manigances des partis et des syndicats ainsi que par le manque de combativit\u00e9 des ouvriers, il abandonne le journalisme politique en 1900, apr\u00e8s avoir tir\u00e9 des derni\u00e8res cartouches pour d\u00e9fendre Dreyfus. C&rsquo;est qu&rsquo;en m\u00eame temps, son retour vers le roman feuilleton avec <em>Borgia<\/em> en 1900, publi\u00e9 dans le journal de Jaur\u00e8s <em>La Petite r\u00e9publique socialiste<\/em> (dont les bureaux se trouvent entre le 4 rue Paul Lelong et le 111 rue de R\u00e9aumur ; Jaur\u00e8s quitte le journal en 1904 pour fonder <em>L&rsquo;Humanit\u00e9<\/em>) est cette fois-ci couronn\u00e9 de succ\u00e8s. Ses convictions libertaires et anticl\u00e9ricales vont d\u00e9sormais s&rsquo;exprimer dans des romans feuilletons historiques. Z\u00e9vaco fournit plus de 1 400 feuilletons (dont, \u00e0 partir de 1903, les 262 de <em>La Fausta<\/em>, qui met en sc\u00e8ne le chevalier de Pardaillan) au journal de Jaur\u00e8s jusqu&rsquo;en 1905, \u00e9poque \u00e0 laquelle il passe au <em>Matin<\/em>, dont il devient le feuilletonniste attitr\u00e9 avec Gaston Leroux. Entre 1905 et 1918, <em>Le Matin<\/em> publie en feuilletons neuf romans de Z\u00e9vaco. Avant et apr\u00e8s sa mort paraissent dix volumes des aventures de Pardaillan p\u00e8re et fils.<br \/>\n&#8211; Le 12 rue de Steinkerque devient sa r\u00e9sidence principale, puis secondaire lorsqu&rsquo;il s&rsquo;installe \u00e0 Pierrefonds en 1900, dans une maison en face du ch\u00e2teau. S\u00e9verine, qui a particip\u00e9 au <em>Cri du peuple<\/em> avec Jules Vall\u00e8s en 1883, puis seule entre 1885 et l&rsquo;arr\u00eat du journal en 1889, et qui conna\u00eet Z\u00e9vaco depuis une douzaine d&rsquo;ann\u00e9es, s&rsquo;y est install\u00e9e apr\u00e8s l&rsquo;affaire Dreyfus pour s&rsquo;\u00e9loigner de l&rsquo;agitation parisienne.<br \/>\n&#8211; La guerre se rapprochant de Pierrefonds, la famille Z\u00e9vaco s&rsquo;installe un peu plus \u00e0 l&rsquo;abri \u00e0 Eaubonne (Val d&rsquo;Oise) en 1917. Il meurt en ao\u00fbt 1918, sans doute d&rsquo;un cancer.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><\/p>\n<p><em>Michel Z\u00e9vaco, anarchiste de plume et romancier d&rsquo;\u00e9p\u00e9e.<\/em> Pr\u00e9face d&rsquo;Alice Demars au volume <em>Les Pardaillan<\/em> \u00e9dit\u00e9 par Robert Laffont, collection <em>Bouquins<\/em>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1315\" aria-describedby=\"caption-attachment-1315\" style=\"width: 1299px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1315\" title=\"Les bureaux du Matin.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_JournalLeMatin.jpg\" alt=\"Les bureaux du Matin.\" width=\"1299\" height=\"817\" align=\"middle\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1315\" class=\"wp-caption-text\">Les bureaux du Matin.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Non seulement Michel Z\u00e9vaco \u00e9gale Dumas par sa fantaisie, mais il le d\u00e9passe par l&#8217;emballement de son imagination.\u00a0\u00bb [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1604,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[17],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/328"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=328"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/328\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6025,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/328\/revisions\/6025"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1604"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=328"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=328"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=328"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}