{"id":339,"date":"2004-07-29T00:00:00","date_gmt":"2004-07-28T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/07\/29\/elsa-triolet\/"},"modified":"2004-07-29T00:00:00","modified_gmt":"2004-07-28T22:00:00","slug":"elsa-triolet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/07\/29\/elsa-triolet\/","title":{"rendered":"Elsa TRIOLET"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1619\" aria-describedby=\"caption-attachment-1619\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1619\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/07\/jpg_ISTRIA.jpg\" alt=\"L'h\u00f4tel Istria, 29 rue Campagne-Premi\u00e8re \u00e0 Paris.\" title=\"L'h\u00f4tel Istria, 29 rue Campagne-Premi\u00e8re \u00e0 Paris.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"410\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/07\/jpg_ISTRIA.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/07\/jpg_ISTRIA-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1619\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;h\u00f4tel Istria, 29 rue Campagne-Premi\u00e8re \u00e0 Paris.<\/figcaption><\/figure>\n<div align=\"right\"><i><b>\u00ab\u00a0Je n&rsquo;ose m\u00eame plus penser quand il est pr\u00e8s de moi, de crainte qu&rsquo;il ne devine ce que je pense. Bref, il m&#8217;emp\u00eache de penser. Et quelle que soit la fa\u00e7on, la force dont il m&rsquo;aime, ce n&rsquo;est pas assez, ce n&rsquo;est pas comme je voudrais.\u00a0\u00bb<br \/>Journal<\/i>, 8 avril 1929.<\/b><\/div>\n<p><\/html><\/p>\n<p>La guerre fait d&rsquo;Elsa Triolet un \u00e9crivain. <em>Le Cheval blanc<\/em>, son premier \u00ab vrai \u00bb roman, para\u00eet en 1943. Deux recueils de nouvelles, <em>Mille Regrets<\/em> et <em>Le premier accroc co\u00fbte deux cents francs<\/em>, sont publi\u00e9s en 1942 et 1945 (toujours chez Deno\u00ebl), le second remportant le prix Goncourt. Elle dit que sans l&rsquo;\u00e9criture, elle n&rsquo;aurait pas r\u00e9sist\u00e9, dans tous les sens du terme. C&rsquo;est \u00e0 Carcassonne, Nice, Avignon, Lyon et dans la Dr\u00f4me qu&rsquo;elle n&rsquo;a cess\u00e9 de noircir du papier entre deux r\u00e9unions de r\u00e9sistants.<br \/>\n<br \/>Ces ann\u00e9es dramatiques sont peut-\u00eatre ses plus heureuses. Celles qui suivent comme celles qui pr\u00e9c\u00e8dent sont marqu\u00e9es par les sentiments qui la hantent depuis l&rsquo;enfance : la solitude et le d\u00e9go\u00fbt de soi.<\/p>\n<p>Elsa Kagan na\u00eet en 1896 au sein d&rsquo;une famille bourgeoise russe. Elle commence \u00e0 apprendre le fran\u00e7ais \u00e0 six ans et \u00e0 tenir un journal intime \u00e0 douze. Sa m\u00e8re est m\u00e9lomane, son p\u00e8re, qui d\u00e9c\u00e8de en 1915, avocat. Vers 1911, 1912 ou 1913, elle rencontre Vladimir Ma\u00efakovski lors de soir\u00e9es po\u00e9tiques. Le charisme de celui-ci ouvre \u00e0 Elsa les portes de la po\u00e9sie. Elle le pr\u00e9sente en 1915 \u00e0 sa s\u009cur Lili, qui le lui \u00ab\u00a0vole\u00a0\u00bb.<br \/>\n<br \/>Pour oublier Ma\u00efakovski et pour \u00e9chapper aux terribles conditions de vie de la Russie post-r\u00e9volutionnaire, Elsa \u00e9pouse \u00e0 Paris, en 1919, Andr\u00e9 Triolet, un officier fran\u00e7ais rencontr\u00e9 deux ans plus t\u00f4t \u00e0 Moscou. Apr\u00e8s l&rsquo;avoir quitt\u00e9 en 1921, elle vit \u00e0 Londres puis, en 1922-23, \u00e0 Berlin o\u00f9 elle retrouve Lili et Ossip Brik et ses amis Ma\u00efakovski, Vladimir Pozner, Ilya Ehrenbourg&#8230;<\/p>\n<p>Entre 1924 et d\u00e9but 1929, elle occupe la minuscule chambre 12 de l&rsquo;h\u00f4tel Istria, 29 rue Campagne-Premi\u00e8re. Ses voisins s&rsquo;appellent Picabia, Man Ray, Marcel Duchamp&#8230; Son roman <em>Camouflage<\/em> d\u00e9crit la vie dans ce quartier.<br \/>\n<br \/>Au moment o\u00f9, d\u00e9prim\u00e9e, elle se demande si elle ne va pas retourner vivre en URSS &#8211; et alors que Vladimir Ma\u00efakovski s\u00e9journe comme elle \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Istria (entre le 2 novembre et le 20 d\u00e9cembre), Elsa lui servant d&rsquo;interpr\u00e8te &#8211; elle obtient le 6 novembre \u00e0 La Coupole un rendez-vous avec Louis Aragon, qu&rsquo;elle admire pour son <em>Paysan de Paris<\/em>. L&rsquo;entremetteur est Roland Tual, un ami surr\u00e9aliste. Elsa s&rsquo;est faite accompagner par Vladimir Pozner. La vie commune d&rsquo;Elsa et d&rsquo;Aragon commence le soir m\u00eame \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Istria. Leurs p\u00e9r\u00e9grinations et leurs adresses seront d\u00e8s lors ins\u00e9parables.<\/p>\n<p>Aragon ne cesse pas pour autant ses autres aventures et l&rsquo;horizon d&rsquo;Elsa ne s&rsquo;\u00e9claire pas du jour au lendemain. Le doute permanent et le manque d&rsquo;estime de soi l&rsquo;assailliront toujours, comme au temps o\u00f9 elle jalousait sa s\u009cur Lili Brik, plus belle, plus blonde et plus aim\u00e9e par Ma\u00efakovski.<br \/>\n<br \/>Les revenus litt\u00e9raires d&rsquo;Aragon ne suffisent pas \u00e0 alimenter la marmite. Elsa fabrique des colliers que Louis vend aux grands couturiers. En 1932-33, Elsa en fait un livre : <em>Colliers<\/em>, qui est sa derni\u00e8re \u009cuvre en russe. Sa publication en URSS appara\u00eet impossible sans de larges amputations. Elsa \u00e9crira donc son prochain livre en fran\u00e7ais, ce qui aura pour autre avantage qu&rsquo;Aragon pourra le lire !<\/p>\n<p>Les voyages en URSS (sur lesquels ils mettent la p\u00e9dale douce entre 1936 et 1945) sont pour Elsa l&rsquo;occasion de retrouver son pays, sa langue et sa famille, quitte \u00e0 ce qu&rsquo;Aragon s&rsquo;\u00e9loigne des surr\u00e9alistes et prenne de plus en plus de poids au sein du parti communiste fran\u00e7ais auquel il a adh\u00e9r\u00e9 en 1927 et auquel elle n&rsquo;adh\u00e8rera jamais. Elsa se doute bien qu&rsquo;il existe quelques dysfonctionnements dans le r\u00e9gime sovi\u00e9tique, mais elle garde ses doutes pour elle, surtout apr\u00e8s 1945, alors qu&rsquo;elle veut un r\u00f4le de premier plan pour Aragon et elle. A la fin des ann\u00e9es cinquante, elle pr\u00e9voit la chute in\u00e9luctable du communisme. Aragon, quant \u00e0 lui, se croit plus malin que le diable, que Staline et que la post\u00e9rit\u00e9.<br \/>\n<br \/>Elsa traduit en russe des romans d&rsquo;Aragon (qu&rsquo;elle \u00e9pouse en f\u00e9vrier 1939) : <em>Les Cloches de B\u00e2le<\/em> (1934), <em>Les Beaux quartiers<\/em> (1936). <\/p>\n<p>C&rsquo;est donc la guerre qui met le feu \u00e0 sa plume. L&rsquo;apr\u00e8s-guerre est pour elle remplie de combats parall\u00e8les \u00e0 ceux d&rsquo;Aragon. Louis devient un personnage officiel du parti communiste. Elsa agit au sein du Comit\u00e9 National des Ecrivains, pour la cr\u00e9ation des biblioth\u00e8ques de la \u00ab\u00a0Bataille du livre\u00a0\u00bb. Elle continue d&rsquo;\u00e9crire et d&rsquo;entretenir une correspondance que seule la mort interrompt avec Lili, \u00e0 qui elle confie tout ce qu&rsquo;elle ne peut confier \u00e0 Aragon.<br \/>\n<br \/>Ses romans, comme ceux de Joseph Kessel (son presque contemporain, r\u00e9v\u00e9l\u00e9 plus t\u00f4t au public dans les ann\u00e9es vingt), d&rsquo;Aragon et d&rsquo;autres \u00e9crivains de leur \u00e9poque, m\u00e9riteraient d&rsquo;\u00eatre lus davantage. Le plus difficile est sans doute de faire le tri dans leurs abondantes productions.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Elsa Triolet.<\/em> Huguette Bouchardeau, Paris, Flammarion, 2001.<\/p>\n<p><doc969|center><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Je n&rsquo;ose m\u00eame plus penser quand il est pr\u00e8s de moi, de crainte qu&rsquo;il ne devine ce que [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1619,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,23],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/339"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=339"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/339\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1619"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=339"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=339"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=339"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}