{"id":342,"date":"2004-06-18T00:00:00","date_gmt":"2004-06-17T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/06\/18\/james-joyce\/"},"modified":"2004-06-18T00:00:00","modified_gmt":"2004-06-17T22:00:00","slug":"james-joyce","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/06\/18\/james-joyce\/","title":{"rendered":"James JOYCE"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1620\" aria-describedby=\"caption-attachment-1620\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1620\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/06\/jpg_joyce1.jpg\" alt=\"l'h\u00f4tel Powers, 52 rue Fran\u00e7ois 1er\" title=\"l'h\u00f4tel Powers, 52 rue Fran\u00e7ois 1er\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"310\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/06\/jpg_joyce1.jpg 310w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/06\/jpg_joyce1-227x300.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 310px) 94vw, 310px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1620\" class=\"wp-caption-text\">l&rsquo;h\u00f4tel Powers, 52 rue Fran\u00e7ois 1er<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00ab\u00a0Joyce a du bon. C&rsquo;est un bon \u00e9crivain. Les gens l&rsquo;aiment parce qu&rsquo;il est incompr\u00e9hensible et chacun y trouve quelque chose \u00e0 comprendre. Mais qui est venu le premier, Gertrude Stein ou Joyce ?\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Gertrude Stein, cit\u00e9e dans <em>James Joyce<\/em>, Richard Ellmann.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Jim, je n&rsquo;ai jamais lu tes livres, mais je le ferai un jour ; ils doivent \u00eatre bons, puisqu&rsquo;ils se vendent bien.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Nora \u00e0 James Joyce en mai 1940, apr\u00e8s la parution de <em>Finnegans Wake<\/em>.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est en \u00e9crivant qu&rsquo;arrivent les bonnes choses.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>James Joyce interview\u00e9 par Arthur Power, 1955.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>[&#8230;] j&rsquo;\u00e9crivis une courte \u00e9tude sur l&rsquo;Ulysse de James Joyce que j&rsquo;avais lu avec un m\u00e9lange de d\u00e9go\u00fbt, d&rsquo;admiration et d&rsquo;ennui [&#8230;]. Malgr\u00e9 tout, je re\u00e7us une forte impression de cette oeuvre consid\u00e9rable. [&#8230;] Je vins \u00e0 bout de d\u00e9chiffrer le monologue de Mrs Bloom qui tour \u00e0 tour me transporta, me r\u00e9volta, me mit mal \u00e0 l&rsquo;aise, me fit rire. Je trouvais le tout fort long et le dis dans les pages que je donnais \u00e0 Morhange pour<\/em> Philosophies.\u00a0\u00bb<br \/>\n<br \/>Julien Green. <em>Jeunes ann\u00e9es<\/em>, volume 2, Points Seuil n\u00b0R172, p. 442.<\/p>\n<p>La pr\u00e9s\u00e9ance de l&rsquo;art sur toute autre activit\u00e9 humaine ne fait aucun doute aux yeux (par ailleurs bien malades) de Joyce. Il ne s&rsquo;engage pas dans le mouvement nationaliste irlandais. Plus tard, bien que penchant vers le socialisme, il est absent de tous les congr\u00e8s d&rsquo;\u00e9crivains et d&rsquo;artistes qui se mobilisent contre le nazisme dans les ann\u00e9es trente, alors qu&rsquo;il est parisien et qu&rsquo;\u00e0 Paris \u00e0 cette \u00e9poque, il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 faire un pas pour tomber sur un intellectuel antifasciste. S\u00fbr de son g\u00e9nie, il se consacre beaucoup \u00e0 son \u009cuvre (sept ans pour \u00e9crire <em>Ulysse<\/em>, dix-sept pour <em>Finnegans Wake<\/em>) et un peu \u00e0 sa famille : sa femme Nora et leurs enfants Georgio et Lucia, qu&rsquo;il aura toujours du mal \u00e0 tirer une fois pour toute de l&rsquo;incertitude du lendemain.<\/p>\n<p>Avec <em>Ulysse<\/em>, il r\u00e9alise l&rsquo;exploit de devenir c\u00e9l\u00e8bre pratiquement sans \u00eatre lu (puisque rares sont, aujourd&rsquo;hui comme hier, celles et ceux qui peuvent pr\u00e9tendre l&rsquo;avoir lu jusqu&rsquo;au bout) et en d\u00e9crivant des banalit\u00e9s.<br \/>\n<br \/>Mais il le fait de mani\u00e8re \u00e0 tromper les apparences. D&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement banal, il fait un objet d&rsquo;art. Du quotidien &#8211; le terme est appropri\u00e9 car le r\u00e9cit d&rsquo;<em>Ulysse<\/em> se d\u00e9roule dans l&rsquo;espace d&rsquo;une journ\u00e9e et celui de <em>Finnegans Wake<\/em> pendant une nuit &#8211; il fait surgir l&rsquo;humour, le hasard, le sordide, le pitoyable et finalement le bonheur (il aime rappeler que le mot joie est \u00e0 l&rsquo;origine de son nom).<br \/>\n<br \/>Il calque son <em>Ulysse<\/em> sur le r\u00e9cit de <em>L&rsquo;Odyss\u00e9e<\/em> et invente un nouveau langage pour <em>Finnegans Wake<\/em>. Il fait de ceux-ci des romans capables de s&rsquo;auto-construire &#8211; ce qui fascinera Raymond Queneau[[<em>[&#8230;] aux temps des cr\u00e9ations CREEES qui furent ceux des oeuvres litt\u00e9raires que nous connaissons, devrait succ\u00e9der l&rsquo;\u00e8re des CREATIONS CREANTES, susceptibles de se d\u00e9velopper \u00e0 partir d&rsquo;elles-m\u00eames et au-del\u00e0 d&rsquo;elles-m\u00eames, d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e0 la fois pr\u00e9visible et in\u00e9puisablement impr\u00e9vue. Oulipo, La litt\u00e9rature potentielle.<\/em>]] &#8211; tellement ils ob\u00e9issent \u00e0 des r\u00e8gles d&rsquo;\u00e9laboration pr\u00e9cises[[<em>Ainsi chaque \u00e9pisode traitera d&rsquo;une science ou d&rsquo;un art particulier, contiendra un symbole particulier, repr\u00e9sentera un organe donn\u00e9 du corps humain, aura sa couleur particuli\u00e8re (comme dans la liturgie catholique), aura sa technique propre, et en tant qu&rsquo;\u00e9pisode, correspondra \u00e0 une des heures de la journ\u00e9e.<\/em> Valery Larbaud parlant d&rsquo;<em>Ulysse<\/em>, compos\u00e9 en dix-huit \u00e9pisodes comme <em>L&rsquo;Odyss\u00e9e<\/em>. Pr\u00e9face \u00e0 <em>Gens de Dublin<\/em>.]]. <em>Finnegans<\/em> est un r\u00e9cit qui se lit avec l&rsquo;oreille plus qu&rsquo;avec les yeux&#8230; et que l&rsquo;on peut relire toute une vie.<br \/>\n<br \/>Nombreux sont les contemporains de Joyce, en premier lieu sa famille, qui consid\u00e8rent sa prose alambiqu\u00e9e, sans int\u00e9r\u00eat ou obsc\u00e8ne : Gide, Claudel, H. G. Wells, Robert McAlmon&#8230; <em>\u00ab\u00a0Pourquoi n&rsquo;\u00e9cris-tu pas des livres cens\u00e9s qu&rsquo;on puisse comprendre ?\u00a0\u00bb<\/em>, lui demande un jour sa femme Nora. Quant \u00e0 Gertrude Stein, elle n&rsquo;appr\u00e9cie pas que Joyce lui rende si peu visite rue de Fleurus. Il le lui rend bien. De toute fa\u00e7on, il n&rsquo;aime pas les \u00ab\u00a0femmes intellectuelles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&#8211; James na\u00eet en 1882 \u00e0 Dublin. Son p\u00e8re est sportif, com\u00e9dien, ivrogne \u00e0 ses heures. Il fait tous les m\u00e9tiers et <em>\u00ab\u00a0[s&rsquo;applique] avec une \u00e9gale diligence \u00e0 la procr\u00e9ation et aux hypoth\u00e8ques\u00a0\u00bb<\/em> (Richard Ellmann). James a trois fr\u00e8res et six s\u009curs. Ses parents ne le d\u00e9couragent pas d&rsquo;\u00e9crire des po\u00e8mes. Lorsque Ibsen, en 1900, le remercie d&rsquo;un article que le jeune Joyce a \u00e9crit sur lui, voil\u00e0 James lanc\u00e9 dans la lecture des litt\u00e9ratures d&rsquo;Europe et dans l&rsquo;\u00e9tude des langues.<br \/>\n&#8211; Soit-disant pour poursuivre des \u00e9tudes de m\u00e9decine, en fait pour vivre l&rsquo;aventure, il d\u00e9barque une premi\u00e8re fois \u00e0 Paris fin 1902. Il trouve une chambre \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Corneille, 5 rue Corneille, repaire des touristes britanniques d\u00e9sargent\u00e9s, et se restaure souvent chez Polidor, rue Monsieur-le-Prince. Ses \u00e9tudes le m\u00e8nent plut\u00f4t \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale et \u00e0 la biblioth\u00e8que Sainte-Genevi\u00e8ve. Il rentre \u00e0 Dublin en avril 1903, sa m\u00e8re \u00e9tant malade (elle d\u00e9c\u00e8de en ao\u00fbt)<br \/>\n&#8211; Il quitte l&rsquo;Irlande en 1904 (pour n&rsquo;y revenir qu&rsquo;en 1909 et 1912) et s&rsquo;installe \u00e0 Trieste. L&rsquo;Irlande sent le renferm\u00e9, refuse ses livres. Il se tiendra d\u00e9sormais \u00e0 distance, mettant dans un m\u00eame sac son pays, la politique, la morale et la religion, et faisant paradoxalement de Dublin le centre de son \u009cuvre. Cela se manifeste d&rsquo;abord dans <em>Gens de Dublin<\/em>, termin\u00e9 au milieu des ann\u00e9es 1900 et qui peine \u00e0 trouver un \u00e9diteur.<br \/>\n<br \/>A Trieste, Joyce est bri\u00e8vement employ\u00e9 de banque. Il est surtout professeur d&rsquo;anglais, pour l&rsquo;\u00e9cole Berlitz ou pour des cours particuliers. Fin d\u00e9cembre 1913, Ezra Pound prend contact avec lui par l&rsquo;interm\u00e9diaire de W. B. Yeats, et ce soutien am\u00e9ricain va acc\u00e9l\u00e9rer son succ\u00e8s.<br \/>\n&#8211; La guerre m\u00e8ne les Joyce vers une ville plus calme : Zurich, o\u00f9 ils vivent entre 1915 et 1919 puis en 1940-1941.<br \/>\n&#8211; Lorsque, en 1920, ils regagnent Trieste, ils ne reconnaissent pas la ville d&rsquo;avant-guerre, et d\u00e9cident de migrer \u00e0 Paris. En juillet 1920, ils pensent s&rsquo;y installer seulement le temps suffisant pour, avec Ezra Pound, obtenir que <em>Portrait de l&rsquo;artiste jeune par lui-m\u00eame<\/em> et <em>Gens de Dublin<\/em> soient traduits en fran\u00e7ais. Pound loge alors \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Elys\u00e9e, 3 rue de Beaune, et installe les Joyce \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Lennox, 9 rue de l&rsquo;Universit\u00e9.<br \/>\n<br \/>Les Joyce ne quitteront la capitale qu&rsquo;en 1939. Leurs lieux d&rsquo;habitation y sont nombreux, mais Paris est moins parsem\u00e9e de plaques rappelant leur passage que Dublin, Trieste et Zurich.<br \/>\n&#8211; La famille vit de juillet \u00e0 novembre 1920 dans un petit trois pi\u00e8ces, 5 rue de l&rsquo;Assomption. Le r\u00e9seau de relations Pound permet \u00e0 Joyce de rencontrer en juillet les libraires Adrienne Monnier et Sylvia Beach.<br \/>\n&#8211; Fin 1920 : retour 9 rue de l&rsquo;Universit\u00e9, puis 5 boulevard Raspail \u00e0 partir de d\u00e9cembre.<br \/>\n&#8211; Ils emm\u00e9nagent 71 rue du Cardinal-Lemoine en juin 1921, chez Valery Larbaud qui s&rsquo;absente de Paris.<br \/>\n<br \/>En avril, devant les refus des \u00e9diteurs de publier <em>Ulysse<\/em>, vis\u00e9 par la censure, Sylvia Beach propose de le faire. L&rsquo;accord conclu est f\u00eat\u00e9 au bal Bullier puis en face, \u00e0 la Closerie des lilas.<br \/>\n<br \/>De g\u00e9n\u00e9reux amis permettent \u00e0 la famille Joyce de vivre sans que James ne courre apr\u00e8s des \u00e9l\u00e8ves : Robert McAlmon, nouvelliste am\u00e9ricain, et Harriet Weaver, anglaise, responsable avec Pound et T. S. Eliot de la revue <em>L&rsquo;Ego\u00efste<\/em> qui a publi\u00e9 en 1914-1915 <em>Portrait de l&rsquo;artiste<\/em>. Miss Weaver ira jusqu&rsquo;\u00e0 payer les frais d&rsquo;obs\u00e8ques de Joyce.<br \/>\n<br \/>Hemingway vient rue du Cardinal Lemoine se pr\u00e9senter \u00e0 Joyce avec une recommandation de Sherwood Anderson.<br \/>\n<br \/>Une soir\u00e9e de lancement d&rsquo;<em>Ulysse<\/em> &#8211; qui para\u00eet en f\u00e9vrier 1922 &#8211; a lieu le 7 d\u00e9cembre \u00e0 la Maison des Amis du livre, rue de l&rsquo;Od\u00e9on. Elle est anim\u00e9e par Valery Larbaud. <em>Ulysse<\/em> est donc l&rsquo;histoire de la journ\u00e9e du 16 juin 1904 (jour de la premi\u00e8re sortie de Joyce avec Nora) v\u00e9cue par Leopold Bloom, agent de publicit\u00e9, et sa femme Molly, qui revient \u00e0 son mari apr\u00e8s lui avoir \u00e9t\u00e9 infid\u00e8le. On y retrouve aussi Stephen Dedalus, h\u00e9ros du <em>Portrait de l&rsquo;artiste<\/em>. Joyce y a transpos\u00e9 les personnages qu&rsquo;il c\u00f4toie, ses angoisses, ses \u00e9checs, ses petits bonheurs, son humour et, tout compte fait, sa foi en la mati\u00e8re humaine. La v\u00e9rit\u00e9 des personnages, que l&rsquo;on entend souvent penser \u00e0 travers des monologues int\u00e9rieurs[[<em>Le monologue int\u00e9rieur et la conversation se substituent de plus en plus \u00e0 la narration. Nous sommes de plus en plus souvent transport\u00e9s au sein de la pens\u00e9e des personnages : nous voyons ces pens\u00e9es se former, nous les suivons, nous assistons \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des sensations \u00e0 la conscience et c&rsquo;est par ce que pense le personnage que nous apprenons qui il est, ce qu&rsquo;il fait, o\u00f9 il se trouve et ce qui se passe autour de lui.<\/em> Valery Larbaud. Idem.]], choquent cependant le public et la censure.<br \/>\n<br \/>Les ann\u00e9es qui suivent sont celles de la conception de <em>Finnegans Wake<\/em> et de la c\u00e9cit\u00e9 croissante de Joyce.<br \/>\n&#8211; \u00c0 l&rsquo;automne 1921, le retour de Larbaud provoque le retour des Joyce dans la chambre d\u00e9primante du 9 rue de l&rsquo;Universit\u00e9.<br \/>\n&#8211; En octobre 1922, ils s\u00e9journent \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Suisse \u00e0 Nice.<br \/>\n&#8211; Les d\u00e9m\u00e9nagements continuent : 26 avenue Charles-Floquet en novembre 1922, le Victoria Palace Hotel, 6 rue Blaise-Desgoffes, en ao\u00fbt 1923 ; 8 avenue Charles-Floquet septembre 1924 apr\u00e8s des vacances d&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00e0 Saint-Malo (\u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de France et de Chateaubriand).<br \/>\n&#8211; Les Joyce sont \u00e0 F\u00e9camp fin juillet 1925 (Grand h\u00f4tel des bains et de Londres), puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de la Poste \u00e0 Rouen puis au R\u00e9gina Palace Hotel \u00e0 Arcachon.<br \/>\n&#8211; Ils vivent 2 square Robiac (192 rue de Grenelle) entre juin 1925 et le 30 avril 1931, puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Powers, 52 rue Fran\u00e7ois 1er, puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel La R\u00e9sidence, 4 avenue Pierre-1er-de-Serbie, et encore 2 avenue Saint-Philibert \u00e0 partir de d\u00e9cembre 1931. Tout en essayant de faire face \u00e0 diff\u00e9rentes difficult\u00e9s (Lucia, 25 ans, r\u00e9v\u00e8le une psychose en 1932 et son p\u00e8re s&rsquo;en rend en partie coupable ; lui-m\u00eame devient peu \u00e0 peu aveugle, etc.), Joyce fait avancer son <em>Finnegans Wake<\/em> dont le titre provisoire est, jusqu&rsquo;\u00e0 sa publication en 1939, <em>Work in Progress<\/em>.<br \/>\n&#8211; En octobre 1932, entre des s\u00e9jours \u00e0 Zurich o\u00f9 il fait examiner ses yeux, voil\u00e0 les Joyce \u00e0 Nice, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel M\u00e9tropole.<br \/>\n&#8211; En novembre, ils emm\u00e9nagent \u00e0 Paris, 42 rue Galil\u00e9e.<br \/>\n<br \/>Au moment o\u00f9 la loi de prohibition est abrog\u00e9e aux Etats-Unis, la cour du district de New York reconna\u00eet en d\u00e9cembre 1933 qu&rsquo;<em>Ulysse<\/em> n&rsquo;est pas un ouvrage obsc\u00e8ne. Dix minutes apr\u00e8s que l&rsquo;\u00e9diteur am\u00e9ricain (Random House) en a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9, l&rsquo;impression du livre commence !<br \/>\n&#8211; Les Joyce habitent au 5e \u00e9tage du 7 rue Edmond-Valentin entre 1935 et 1939. L&rsquo;\u00e9crivain fr\u00e9quente le bistrot de Mme Lapeyre, au coin de la rue de Grenelle et de la rue de Bourgogne.<br \/>\n<br \/>Nouveau d\u00e9m\u00e9nagement 34 rue des Vignes au printemps 1939, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;automne, puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Lutetia.<br \/>\n&#8211; Malgr\u00e9 l&rsquo;aversion qu&rsquo;\u00e9prouve Joyce pour la campagne, il accepte de rejoindre ses amis Jolas \u00e0 Saint-G\u00e9rand-le-Puy, pr\u00e8s de Vichy, pour No\u00ebl. Les Joyce sont log\u00e9s \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de la Paix. En avril 1940, Mrs Jolas les invite \u00e0 s&rsquo;installer au ch\u00e2teau de La Chapelle, o\u00f9 elle a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 son \u00e9cole libre et bilingue. Samuel Beckett vient leur rendre visite.<br \/>\n&#8211; Entre avril et mi-juin, ils s\u00e9journent avec Beckett \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de Beaujolais \u00e0 Vichy (Joyce pr\u00e9f\u00e8re d\u00e9cid\u00e9ment la ville), situ\u00e9 alors 12 rue de Paris. De l\u00e0, Joyce n&rsquo;a que quelques pas \u00e0 faire pour rendre visite \u00e0 Larbaud, paralys\u00e9 depuis 1935, avenue Victoria.<br \/>\n&#8211; Suite \u00e0 l&rsquo;occupation de Paris par l&rsquo;arm\u00e9e allemande le 14 juin, l&rsquo;h\u00f4tel de Beaujolais est r\u00e9quisitionn\u00e9 par le gouvernement de Vichy. Apr\u00e8s quelques p\u00e9rip\u00e9ties, les Joyce se retrouvent \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel du Commerce de Saint-G\u00e9rand.<br \/>\nCe n&rsquo;est que mi-d\u00e9cembre qu&rsquo;ils parviennent enfin \u00e0 gagner Aix-les-Bains, puis Gen\u00e8ve, Lausanne et Zurich. Joyce meurt l\u00e0 le 13 janvier 1941, d&rsquo;un ulc\u00e8re perfor\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>James Joyce<\/em>. Richard Ellmann. Gallimard. 1962.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Joyce a du bon. C&rsquo;est un bon \u00e9crivain. Les gens l&rsquo;aiment parce qu&rsquo;il est incompr\u00e9hensible et chacun y [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1620,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,38,35],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/342"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=342"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/342\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1620"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=342"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=342"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=342"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}