{"id":358,"date":"2004-11-26T21:20:14","date_gmt":"2004-11-26T20:20:14","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/11\/26\/simone-de-beauvoir-a-paris-marseille-rouen-et-ailleurs\/"},"modified":"2004-11-26T21:20:14","modified_gmt":"2004-11-26T20:20:14","slug":"simone-de-beauvoir-a-paris-marseille-rouen-et-ailleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/11\/26\/simone-de-beauvoir-a-paris-marseille-rouen-et-ailleurs\/","title":{"rendered":"Simone de BEAUVOIR \u00e0 Paris, Marseille, Rouen et ailleurs"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1635\" aria-describedby=\"caption-attachment-1635\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1635\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/11\/jpg_bains.jpg\" alt=\"l'h\u00f4tel des Bains, 33 rue Delambre\" title=\"l'h\u00f4tel des Bains, 33 rue Delambre\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"410\" height=\"310\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/11\/jpg_bains.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/11\/jpg_bains-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1635\" class=\"wp-caption-text\">l&rsquo;h\u00f4tel des Bains, 33 rue Delambre<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00ab\u00a0Telle \u00e9tait, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque [1935], notre attitude ; les \u00e9v\u00e9nements pouvaient susciter en nous de vifs sentiments de col\u00e8re, de crainte, de joie : mais nous n&rsquo;y participions pas ; nous restions spectateurs.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/><em>La Force de l&rsquo;\u00e2ge.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est alors qu&rsquo;il mit au point les premi\u00e8res id\u00e9es cl\u00e9s de sa philosophie : l&rsquo;absolue vacuit\u00e9 de la conscience, et son pouvoir de n\u00e9antisation. Cette recherche, o\u00f9 il inventait \u00e0 la fois m\u00e9thode et contenu, tirant tous ses mat\u00e9riaux de sa propre exp\u00e9rience, exigeait une concentration consid\u00e9rable : n&rsquo;\u00e9tant arr\u00eat\u00e9 par nul souci de forme, il \u00e9crivait avec une extr\u00eame rapidit\u00e9, s&rsquo;essoufflant \u00e0 suivre de sa plume le mouvement de sa pens\u00e9e ; \u00e0 la diff\u00e9rence de son travail litt\u00e9raire, cette invention soutenue et pr\u00e9cipit\u00e9e le fatiguait.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n<br \/>Idem.<\/p>\n<p>Merci Simone pour ces m\u00e9moires[[<em>M\u00e9moires d&rsquo;une jeune fille rang\u00e9e, La Force de l&rsquo;\u00e2ge, La Force des choses, Tout compte fait<\/em>.]] oscillant entre finesse et na\u00efvet\u00e9, francs, souvent dr\u00f4les et qui traversent le si\u00e8cle. Le compagnon \u00ab\u00a0Sartre\u00a0\u00bb n&rsquo;a ainsi pas eu besoin d&rsquo;\u00e9crire les siens. On le voit ici, au milieu des ann\u00e9es trente, b\u00e2tir les premiers \u00e9chafaudages de sa pens\u00e9e philosophique. On apprend, quelques lignes plus tard comment, ayant voulu tester, comme d&rsquo;autres, les effets de la mescaline sur l&rsquo;imagination (et \u00e9galement tr\u00e8s surmen\u00e9), il se crut pendant plusieurs semaines poursuivi par des scarab\u00e9s et des orang-outans !<\/p>\n<p>Simone na\u00eet (103 boulevard du Montparnasse en 1908) et meurt (\u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital Cochin en 1986) \u00e0 Montparnasse.<br \/>\n<br \/>Entre les deux, sa vie est riche d&rsquo;aventures, de rencontres, de livres et de d\u00e9m\u00e9nagements.<\/p>\n<p>&#8211; Jusqu&rsquo;en 1919, elle vit au 103 du boulevard, au-dessus de La Rotonde et face au D\u00f4me. Entre 1913 et 1925, elle \u00e9tudie \u00e0 l&rsquo;institut D\u00e9sir, 39 rue Jacob.<br \/>\n&#8211; Des revers de fortune obligent sa famille \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager au 6e \u00e9tage du 71 rue de Rennes. Simone vit l\u00e0, sans ascenseur ni eau courante, jusqu&rsquo;en 1929.<br \/>\n&#8211; Pour \u00eatre ind\u00e9pendante et s&rsquo;\u00e9loigner en particulier d&rsquo;une m\u00e8re omnipr\u00e9sente, elle s&rsquo;installe ensuite dans un petit studio appartenant \u00e0 sa grand-m\u00e8re, 91 avenue Denfert-Rochereau, o\u00f9 elle vit en 1929-1931.<br \/>\n<br \/>L&rsquo;\u00e9t\u00e9 1929, elle fait la connaissance de Jean-Paul Sartre en pr\u00e9parant l&rsquo;agr\u00e9gation de philosophie. Il est re\u00e7u premier au concours et elle, seconde. D\u00e8s lors, leurs lieux de vie varient en fonction leurs affectations professionnelles, jusqu&rsquo;\u00e0 leur d\u00e9part de l&rsquo;Education nationale &#8211; en 1943 pour elle, un an plus tard pour lui[[Avec une parenth\u00e8se \u00e0 Berlin pour Sartre en 1933-34.]].<br \/>\n&#8211; Elle part enseigner \u00e0 Marseille en 1931-32, puis au lyc\u00e9e Jeanne-d&rsquo;Arc de Rouen en 1932-34, o\u00f9 elle loue une chambre \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel La Rochefoucauld puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel du Petit mouton.<br \/>\n&#8211; Elle enseigne ensuite au lyc\u00e9e Moli\u00e8re \u00e0 Paris en habitant en 1936-1937 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Royal-Bretagne, 11 bis rue de la Ga\u00eet\u00e9. Sartre a alors \u00e9t\u00e9 mut\u00e9 \u00e0 Laon. Les matins o\u00f9 elle n&rsquo;a pas cours, Simone prend son petit d\u00e9jeuner au D\u00f4me, au milieu des r\u00e9fugi\u00e9s allemands qui lisent les journaux ou jouent aux \u00e9checs.<br \/>\n<br \/>Sartre et Beauvoir, par Nizan de retour d&rsquo;URSS et par d&rsquo;autres, commencent \u00e0 se douter que le r\u00e9gime sovi\u00e9tique n&rsquo;est pas le paradis qu&rsquo;il veut \u00eatre. La mont\u00e9e des fascismes ne les mobilise pas plus que cela. Beauvoir justifie par un sentiment d&rsquo;impuissance, des restes d&rsquo;id\u00e9alisme bourgeois et un \u00ab\u00a0ent\u00eatement schizophr\u00e9nique au bonheur\u00a0\u00bb cet attentisme des deux champions de l&rsquo;existentialisme et de l&rsquo;engagement qu&rsquo;ils seront \u00e0 partir de 1945.<br \/>\n&#8211; Au printemps 1937, Beauvoir s&rsquo;installe \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel des Bains, 33 rue Delambre.<br \/>\n&#8211; Elle loue une chambre (et Sartre une autre) 24 rue Cels, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Mistral, de l&rsquo;automne 1937 \u00e0 septembre 1939. Elle aime petit-d\u00e9jeuner \u00e0 la brasserie des Trois mousquetaires, 77 avenue du Maine. Elle veut devenir \u00e9crivain et travaille \u00e0 son premier roman qui sera publi\u00e9, <em>L&rsquo;Invit\u00e9e<\/em>[[Elle sera en 1941-42 de retour dans cet h\u00f4tel qu&rsquo;elle appr\u00e9cie et, cette fois, dans une chambre avec cuisine. Sartre, mobilis\u00e9, s&rsquo;est \u00e9vad\u00e9 d&rsquo;un camp de prisonniers en Allemagne. C&rsquo;est dans la chambre de Beauvoir que se tient la premi\u00e8re rencontre du groupe \u00ab\u00a0Socialisme et libert\u00e9\u00a0\u00bb.]].<br \/>\n&#8211; En octobre 1939, la voil\u00e0 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel du Danemark, 21 rue Vavin. En juin 1940, elle quitte la capitale, puis la regagne le 28 lorsqu&rsquo;il appara\u00eet que l&rsquo;on peut y habiter en relative s\u00e9curit\u00e9. Elle retrouve alors le studio de sa grand-m\u00e8re et passe ses apr\u00e8s-midis d&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00e0 lire Hegel \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale, rue de Richelieu.<br \/>\n&#8211; Elle regagne la chaleur d&rsquo;une chambre \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel du Danemark pendant le tr\u00e8s rigoureux hiver 1940-41. Elle donne \u00e0 nouveau des cours au lyc\u00e9e Camille-S\u00e9e, 11 rue L\u00e9on-Lhermitte.<br \/>\n&#8211; Apr\u00e8s de longues vacances en 1942 qui ont fait croire au propri\u00e9taire de l&rsquo;h\u00f4tel Mistral qu&rsquo;elle ne repara\u00eetrait plus, Simone doit trouver une autre chambre. Elle \u00e9choue \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel d&rsquo;Aubusson, rue Dauphine, o\u00f9 elle demeure jusqu&rsquo;en juillet 1943 dans ce qu&rsquo;elle nomme \u00ab\u00a0un taudis\u00a0\u00bb. Elle y a transport\u00e9 ses effets personnels avec une charrette \u00e0 bras depuis l&rsquo;h\u00f4tel Mistral. Elle partage sa chambre avec deux lyc\u00e9ens, Nathalie Sorokine et Bourla. Elle enseigne toujours, mais pour peu de temps encore : elle est exclue de l&rsquo;\u00c9ducation nationale en juin 1943 &#8211; non pour d\u00e9tournement de ces deux mineurs comme on le dit souvent (cette affaire se cl\u00f4t en effet par un non-lieu), mais parce que le recteur d&rsquo;acad\u00e9mie d\u00e9nonce le fait qu&rsquo;elle vit en concubinage, qu&rsquo;elle enseigne Proust et Gide \u00e0 ses \u00e9tudiants et qu&rsquo;elle affiche un m\u00e9pris sup\u00e9rieur de toute discipline morale et familiale. Le recteur demande aussi la r\u00e9vocation de Sartre, qu&rsquo;il n&rsquo;obtient pas. Beauvoir sera r\u00e9int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la Lib\u00e9ration mais d\u00e9cidera de ne pas reprendre l&rsquo;enseignement. Apr\u00e8s juin 1943, elle con\u00e7oit des pi\u00e8ces pour Radio-Vichy afin de gagner sa vie.<br \/>\n&#8211; L&rsquo;h\u00f4tel La Louisiane, 60 rue de Seine, est l&rsquo;adresse de Beauvoir et Sartre entre juillet 1943 et fin 1946. C&rsquo;est la p\u00e9riode d&rsquo;euphorie &#8211; toutes proportions gard\u00e9es : publication de <em>L&rsquo;Invit\u00e9e<\/em>, d&rsquo;essais, du <em>Sang des autres<\/em> pour elle, de <em>L&rsquo;Etre et le n\u00e9ant<\/em> pour lui ; <em>Les Mouches<\/em> et <em>Huis-clos<\/em> sont jou\u00e9s au th\u00e9\u00e2tre ; <em>Les Temps modernes<\/em> sont fond\u00e9s en 1945 avec Aron, Leiris, Merleau-Ponty, Paulhan et Ollivier.<br \/>\n&#8211; Entre 1948 et 1955, le 11 rue de la B\u00fbcherie est le lieu d&rsquo;\u00e9criture du <em>Deuxi\u00e8me sexe<\/em> et des <em>Mandarins<\/em>. Simone accueille dans ce petit trois pi\u00e8ces Nelson Algren en 1949 puis Claude Lanzmann.<br \/>\n&#8211; Sa derni\u00e8re demeure est le rez-de-chauss\u00e9e du 11 bis rue Schoelcher, o\u00f9 elle emm\u00e9nage en 1955 avec Lanzmann. Ses <em>Mandarins<\/em> viennent d&rsquo;obtenir le prix Goncourt.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>La Force de l&rsquo;\u00e2ge<\/em>, Folio n\u00b0 1782.<br \/>\n<br \/><em>Le Paris de Beauvoir<\/em>. Barbara Klaw, \u00e9ditions Syllepse.<br \/>\n<br \/><em>Les \u00e9crivains de Montparnasse<\/em>. Le promeneur des lettres (<a href=\"http:\/\/www.lireetpartir.com\">www.lireetpartir.com<\/a>).<\/p>\n<figure id=\"attachment_1296\" aria-describedby=\"caption-attachment-1296\" style=\"width: 1299px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1296\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Dome-4.jpg\" alt=\"Le D\u00f4me.\" title=\"Le D\u00f4me.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"1299\" height=\"793\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1296\" class=\"wp-caption-text\">Le D\u00f4me.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Telle \u00e9tait, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque [1935], notre attitude ; les \u00e9v\u00e9nements pouvaient susciter en nous de vifs sentiments de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1635,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,36,29],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/358"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=358"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/358\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1635"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=358"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=358"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=358"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}