{"id":370,"date":"2004-12-01T23:58:43","date_gmt":"2004-12-01T22:58:43","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/12\/01\/albert-camus-a-paris-bordeaux-clermont-ferrand-lyon-et-ailleurs-dans-les-annees-1940\/"},"modified":"2025-02-11T13:11:14","modified_gmt":"2025-02-11T12:11:14","slug":"albert-camus-a-paris-bordeaux-clermont-ferrand-lyon-et-ailleurs-dans-les-annees-1940","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/12\/01\/albert-camus-a-paris-bordeaux-clermont-ferrand-lyon-et-ailleurs-dans-les-annees-1940\/","title":{"rendered":"Albert CAMUS \u00e0 Paris, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Lyon et ailleurs, dans les ann\u00e9es 1940"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les ann\u00e9es de guerre sont pour Camus des ann\u00e9es de passages : de l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 la France, de sa premi\u00e8re femme \u00e0 Francine, de l\u2019inconnu \u00e0 un d\u00e9but de reconnaissance, du journalisme \u00e0 la litt\u00e9rature, avec un bref retour \u00e0 celui-ci entre 1943 et 1947.<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_1647\" aria-describedby=\"caption-attachment-1647\" style=\"width: 330px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1647\" title=\"L'h\u00f4tel Aviatic.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/12\/jpg_aviatic.jpg\" alt=\"L'h\u00f4tel Aviatic.\" width=\"330\" height=\"440\" align=\"middle\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1647\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;h\u00f4tel Aviatic.<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00ab\u00a0La d\u00e9mocratie n&rsquo;est pas le meilleur des r\u00e9gimes. Elle en est le moins mauvais. Nous avons go\u00fbt\u00e9 un peu de tous les r\u00e9gimes et nous savons maintenant cela. Mais ce r\u00e9gime ne peut \u00eatre con\u00e7u, cr\u00e9\u00e9 et soutenu que par des hommes qui savent qu&rsquo;ils ne savent pas tout, qui refusent d&rsquo;accepter la condition prol\u00e9tarienne et ne s&rsquo;accommoderont jamais de la mis\u00e8re des autres, mais qui justement refusent d&rsquo;aggraver cette mis\u00e8re au nom d&rsquo;une th\u00e9orie ou d&rsquo;un messianisme aveugle.\u00a0\u00bb <\/em>(<em>Essais<\/em>, Albert Camus)<\/p>\n<p>Camus d\u00e9barque d&rsquo;Alg\u00e9rie \u00e0 Paris le 16 mars 1940. Il n&rsquo;est plus journaliste au <em>Soir r\u00e9publicain<\/em> (auparavant <em>Alger r\u00e9publicain<\/em>), accus\u00e9 d&rsquo;\u00eatre sous l&#8217;emprise communiste. Pascal Pia, ancien d&rsquo;<em>Alger<\/em>, a \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9 par Pierre Lazareff \u00e0 <em>Paris-Soir<\/em> et y fait embaucher Albert comme secr\u00e9taire de r\u00e9daction.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;installe \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel du Poirier \u00e0 Montmartre, 16 rue de Ravignan (qui n&rsquo;existe plus et se trouvait \u00e0 l&rsquo;angle de la rue Berthe), puis bient\u00f4t 143 boulevard Saint-Germain, dans l&rsquo;h\u00f4tel Madison. Le soir, il continue d&rsquo;\u00e9crire. <em>L&rsquo;\u00c9tranger<\/em> est termin\u00e9 d\u00e9but mai 1940.<\/p>\n<p>Lorsque l&rsquo;arm\u00e9e allemande passe \u00e0 l&rsquo;offensive \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1940, il essaie d&rsquo;\u00eatre mobilis\u00e9 (il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9 pour cause de tuberculose), mais les \u00e9v\u00e9nements se pr\u00e9cipitent et le voil\u00e0 pris dans l&rsquo;exode avec l&rsquo;\u00e9quipe de <em>Paris Soir<\/em> jusqu&rsquo;\u00e0 Bordeaux, Clermont-Ferrand puis Lyon. Quelques jours apr\u00e8s son mariage avec Francine et son contrat de travail ayant \u00e9t\u00e9 rompu avec <em>Paris Soir<\/em>, il embarque pour Oran en janvier 1941, <em>L&rsquo;\u00c9tranger, Caligula<\/em> et <em>Le Mythe de Sisyphe<\/em> en poche.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 Pia, <em>L&rsquo;\u00c9tranger<\/em> para\u00eet en juin 1942 chez Gallimard. Gerhard Heller et la Propaganda Staffel n&rsquo;y voient rien \u00e0 redire : Camus est encore inconnu et c&rsquo;est sa chance. Il a refus\u00e9 que des extraits soient publi\u00e9s dans la <em>Nouvelle Revue Fran\u00e7aise<\/em> de Drieu La Rochelle.<br \/>\n&#8211; Une rechute de tuberculose, et son m\u00e9decin lui conseille un hiver en France. Juillet 42 voit les Camus emm\u00e9nager dans la <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/10\/04\/albert-camus\/\">maison forte du Panelier<\/a>, pr\u00e8s du Chambon-sur-Lignon (C\u00e9vennes) chez la belle famille. \u00c0 la rentr\u00e9e scolaire, Francine regagne l&rsquo;Alg\u00e9rie. Albert continue d&rsquo;y \u00e9crire <em>La Peste<\/em>, dans laquelle il transpose la souffrance que lui infligent la guerre et la s\u00e9paration d&rsquo;avec sa femme et son pays. Il esp\u00e8re toujours rejoindre l&rsquo;Alg\u00e9rie. Mais sa lib\u00e9ration par les alli\u00e9s en novembre 1942 met un terme \u00e0 ce projet.<br \/>\n&#8211; En janvier 1943, Camus monte deux semaines \u00e0 Paris et loge \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Aviatic, toujours debout 105 rue de Vaugirard. Il rencontre l&rsquo;\u00e9quipe Gallimard et fait la connaissance de Maria Casar\u00e8s. En juin, il est \u00e0 nouveau \u00e0 Paris et rencontre Sartre \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rale des <em>Mouches<\/em>. Cette m\u00eame ann\u00e9e, Pia, engag\u00e9 dans le mouvement Combat, l&rsquo;introduit dans la R\u00e9sistance. Camus prend bient\u00f4t en mains <em>Combat<\/em>, le journal clandestin cr\u00e9\u00e9 fin 1941 par le mouvement, qui tire \u00e0 trois cent mille exemplaires et auquel il apporte les signatures de Sartre et Dionys Mascolo, le compagnon de Marguerite Duras.<\/p>\n<p>Lorsque le mari de cette derni\u00e8re, Robert Antelme, est arr\u00eat\u00e9, Mascolo et Camus r\u00e9cup\u00e8rent au 3e \u00e9tage du 5 rue Saint-Beno\u00eet les dossiers de la r\u00e9sistance, Camus faisant le guet en bas de la rue alors que Mascolo grimpe \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage.<br \/>\n&#8211; Il est embauch\u00e9 comme lecteur aux Editions Gallimard fin 1943 et loue une chambre &#8211; chauff\u00e9e ! &#8211; \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Mercure, 22 rue de la Chaise (il n&rsquo;existe plus). Ses journ\u00e9es de travail sont bien remplies et il ne parvient \u00e0 consacrer \u00e0 <em>La Peste<\/em> qu&rsquo;une heure ou deux la nuit.<\/p>\n<p><em>Huis clos<\/em>, la pi\u00e8ce de Sartre, est jou\u00e9e en mai 1944 apr\u00e8s des r\u00e9p\u00e9titions avec Camus \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel La Louisiane, 60 rue de Seine. Camus a \u00e9t\u00e9 acteur et metteur en sc\u00e8ne, mais on demande \u00e0 Sartre, au dernier moment, de choisir un metteur en sc\u00e8ne de meilleure renomm\u00e9e, qui montera la pi\u00e8ce au th\u00e9\u00e2tre du Vieux Colombier.<\/p>\n<p>La g\u00e9n\u00e9rale du <em>Malentendu<\/em> de Camus a lieu le 25 juin 1944, avec Maria Casar\u00e8s dans le r\u00f4le principal. La pi\u00e8ce est vivement critiqu\u00e9e par la presse collaborationniste et en particulier Andr\u00e9 Castelot dans <em>La Gerbe<\/em>.<br \/>\n&#8211; En 1944, Camus habite dans le studio annexe de Gide 1 bis rue Vaneau. Il y re\u00e7oit Maria et continue l\u00e0 de confectionner <em>Combat<\/em>. Pris un jour dans un contr\u00f4le de police, il \u00e9chappe de peu \u00e0 l&rsquo;arrestation en confiant \u00e0 Maria un dossier sur <em>Combat<\/em>.<br \/>\n&#8211; \u00c0 la Lib\u00e9ration, Camus et Sartre travaillent main dans la main pour <em>Combat<\/em> qui emm\u00e9nage en ao\u00fbt 1944 100 rue R\u00e9aumur. Camus est r\u00e9dacteur en chef. Le journal pr\u00f4ne la \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, et le choix d&rsquo;une troisi\u00e8me voie entre communisme et capitalisme. Mais <em>Combat<\/em> perd des abonn\u00e9s au fil des mois. La troisi\u00e8me voie para\u00eet illusoire alors que la guerre froide est pour bient\u00f4t.<\/p>\n<p>Francine et Albert habitent un court temps \u00e0 la Vall\u00e9e-aux-Loups, l&rsquo;ancienne demeure de Chateaubriand, puis \u00e0 Vincennes, puis \u00e0 Bougival.<\/p>\n<p>G\u00e9rard Philippe participe au succ\u00e8s de <em>Caligula<\/em> en septembre 1945.<\/p>\n<p>Camus finit <em>La Peste<\/em> en ao\u00fbt-septembre 1946 au ch\u00e2teau des Brefs, aux Moutiers \u00e0 40 km de Nantes, propri\u00e9t\u00e9 de la famille Gallimard.<\/p>\n<p>Camus quitte <em>Combat<\/em> \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1947. <em>La Peste<\/em> para\u00eet au m\u00eame moment. Cent mille exemplaires sont vendus en trois mois.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1940, il loue une maison \u00e0 Palerme, pr\u00e8s de L&rsquo;Isle-sur-la-Sorgue o\u00f9 vit Ren\u00e9 Char, et s\u00e9journe aussi dans l&rsquo;annexe de l&rsquo;H\u00f4tel de la Ch\u00e8vre d&rsquo;or, \u00e0 Cabris pr\u00e8s de Grasse et au <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/10\/04\/albert-camus\/\">Chambon-sur-Lignon<\/a>.<\/p>\n<p>Camus habite \u00e9galement 17 rue de l&rsquo;Universit\u00e9 et 29 rue Madame et a un pied-\u00e0-terre au troisi\u00e8me \u00e9tage du 4 rue de Chalaneilles, comme Ren\u00e9 Char (au premier \u00e9tage).<\/p>\n<p><strong>Voir aussi <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/28\/sur-les-traces-de-la-nrf-dalbert-camus-et-de-gerhard-heller\/\">Sur les traces de la NRF, d\u2019Albert Camus et de Gerhard Heller, \u00e0 Paris sous l\u2019Occupation<\/a>.<\/strong><\/p>\n<p>Source : <em>Albert Camus, une vie<\/em>, par Olivier Todd.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les ann\u00e9es de guerre sont pour Camus des ann\u00e9es de passages : de l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 la France, de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1647,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,36,29,35],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/370"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=370"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/370\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5978,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/370\/revisions\/5978"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1647"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=370"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=370"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=370"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}