{"id":374,"date":"2004-12-18T10:07:06","date_gmt":"2004-12-18T09:07:06","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/12\/18\/vercors\/"},"modified":"2004-12-18T10:07:06","modified_gmt":"2004-12-18T09:07:06","slug":"vercors","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2004\/12\/18\/vercors\/","title":{"rendered":"VERCORS"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">En 1943-1944, on se demande qui a \u00e9crit <em>Le Silence de la mer<\/em>. Gide, Malraux ? Trop bien \u00e9crit pour Malraux, dit Aragon. Le myst\u00e8re ne sera lev\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 la Lib\u00e9ration. Jean Bruller, qui avait d\u00e9cid\u00e9 de garder le silence pendant l&rsquo;Occupation, n&rsquo;a pu r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture et a fond\u00e9 les Editions de Minuit avec Pierre de Lescure.<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n___<\/p>\n<p>Et\u00e9 1941, angle du boulevard Raspail et de la rue de S\u00e8vres, pr\u00e8s de la station de m\u00e9tro S\u00e8vres-Babylone. Au cours d&rsquo;une discussion, le critique collaborateur Andr\u00e9 Th\u00e9rive remet \u00e0 Jean Bruller <em>Jardins et routes<\/em>, \u00e9crit par le capitaine Ernst J\u00fcnger. Bruller se plonge dans le r\u00e9cit de J\u00fcnger qui respire l&rsquo;amour de la France et des Fran\u00e7ais. Si cet Allemand est sinc\u00e8re, se dit Bruller, cela ne doit pas pour autant rendre les occupants aimables aux yeux des Fran\u00e7ais. L&rsquo;id\u00e9e du <em>Silence de la mer<\/em> est n\u00e9e. Bruller \u00e9crit sa nouvelle dans les semaines qui suivent. Il rompt le silence qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait impos\u00e9 au d\u00e9but de l&rsquo;Occupation, comme il avait mis au rencard son pacifisme en visitant l&rsquo;Allemagne d&rsquo;Hitler en 1938.<\/p>\n<p><em>Le Silence de la mer<\/em> aurait pu para\u00eetre dans la revue communiste <em>La Pens\u00e9e libre<\/em>, mais celle-ci vient d&rsquo;\u00eatre d\u00e9mantel\u00e9e par les Allemands. Elle allait bient\u00f4t rena\u00eetre dans <em>Les Lettres fran\u00e7aises<\/em>.<br \/>\n<br \/>Bruller cr\u00e9e donc les \u00c9ditions de Minuit avec Pierre de Lescure pour \u00e9diter <em>Le Silence de la mer<\/em> et, pr\u00e9voient-ils, d&rsquo;autres futurs ouvrages con\u00e7us par d&rsquo;autres. Ils se connaissent depuis 1926 et Lescure a pouss\u00e9 Bruller dans la R\u00e9sistance active. Leur nouvelle maison d&rsquo;\u00e9dition, plus neutre politiquement que l&rsquo;ex <em>Pens\u00e9e libre<\/em>, pourra \u00e9diter un \u00e9ventail plus large d&rsquo;auteurs, qu&rsquo;ils soient gaullistes ou communistes : 25 titres publi\u00e9s entre 1942 et 1944.<br \/>\n<br \/><em>Le Silence de la mer<\/em> est imprim\u00e9 dans un petit atelier du boulevard de l&rsquo;H\u00f4pital qui ne peut r\u00e9aliser que huit pages \u00e0 la fois. 350 exemplaires sont pr\u00eats en f\u00e9vrier 1942. Bruller suit la fabrication. Jusqu&rsquo;\u00e0 la guerre, il a  \u00e9dit\u00e9 lui-m\u00eame ses recueils d&rsquo;illustrations.<br \/>\n<br \/>Par Deb\u00fb-Bridel, que conna\u00eet Lescure, Bruller (devenu \u00ab\u00a0Vercors\u00a0\u00bb) informe Jean Paulhan aux \u00e9ditions Gallimard qu&rsquo;un \u00e9diteur clandestin est n\u00e9. Par s\u00e9curit\u00e9, Bruller ne rencontrera jamais Paulhan sous l&rsquo;Occupation (Paulhan a d&rsquo;ailleurs du mal \u00e0 cacher, lorsqu&rsquo;il la conna\u00eet, la v\u00e9ritable identit\u00e9 d&rsquo;auteurs \u00e9dit\u00e9s dans la clandestinit\u00e9. D&rsquo;o\u00f9 la prudence de Vercors qui ne confie m\u00eame pas \u00e0 sa femme qu&rsquo;il est l&rsquo;auteur du <em>Silence de la mer<\/em>). <\/p>\n<p>Paulhan fait passer l&rsquo;information \u00e0 des auteurs \u00ab\u00a0s\u00fbrs\u00a0\u00bb qui seront bient\u00f4t publi\u00e9s par les \u00c9ditions de Minuit, parfois \u00e0 mille ou deux milles exemplaires : Mauriac, Cassou, Aragon et Triolet, Gu\u00e9henno, Chamson, \u00c9dith Thomas, Benda&#8230; \u00c0 la d\u00e9ception de Vercors, Sartre n&rsquo;enverra jamais de manuscrit.<br \/>\n<br \/>Pour \u00e9chapper \u00e0 la police, Lescure rejoint le maquis du Jura en 1942. Eluard lui succ\u00e8de \u00e0 la t\u00eate du comit\u00e9 de lecture. Bient\u00f4t le libraire Lucien Scheler s&rsquo;investit \u00e9galement dans des t\u00e2ches \u00e9ditoriales.<\/p>\n<p>___<\/p>\n<p>Vercors est n\u00e9 en 1902 \u00e0 Paris.<br \/>\n<br \/>Il est \u00e9tudiant \u00e0 l&rsquo;atelier de la Grande-Chaumi\u00e8re \u00e0 Montparnasse en 1926 puis devient dessinateur humoristique et illustrateur. Il collabore dans les ann\u00e9es trente \u00e0 diff\u00e9rents journaux de gauche, dont <em>Vendredi<\/em>.<br \/>\n<br \/>Il habite Villiers-sur-Morin entre 1931 et 1948, 31 bis rue du Touarte. Pendant la guerre, il vient chaque semaine \u00e0 Paris. \u00c0 Villiers, il est menuisier le jour et \u00e9crivain la nuit.<br \/>\n<br \/>\u00c0 partir de 1948, il vit dans un moulin (le \u00ab\u00a0Moulin des Iles\u00a0\u00bb) \u00e0 Saint-Augustin, pr\u00e8s de Faremoutiers, puis \u00e0 Paris dans l&rsquo;immeuble qu&rsquo;avait fait construire son p\u00e8re au 39 avenue Ren\u00e9 Coty, au coin de la    rue Bruller, puis dans une ancienne imprimerie au 58 quai des Orf\u00e8vres.<br \/>\n<br \/>Il rompt avec le parti communiste en 1956 apr\u00e8s l&rsquo;invasion de la Hongrie et s&rsquo;oppose un peu plus tard \u00e0 la guerre en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Balade sur les pas des \u00e9crivains en Seine-et-Marne<\/em>. <a href=\"http:\/\/www.alexandrines.fr\">\u00c9ditions Alexandrines<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1943-1944, on se demande qui a \u00e9crit Le Silence de la mer. Gide, Malraux ? Trop bien [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,36],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/374"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=374"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/374\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=374"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=374"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=374"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}