{"id":382,"date":"2005-01-25T21:36:23","date_gmt":"2005-01-25T20:36:23","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/01\/25\/joseph-kessel-de-par-le-monde\/"},"modified":"2005-01-25T21:36:23","modified_gmt":"2005-01-25T20:36:23","slug":"joseph-kessel-de-par-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/01\/25\/joseph-kessel-de-par-le-monde\/","title":{"rendered":"Joseph KESSEL de par le monde"},"content":{"rendered":"<p>Kessel est, parmi les \u00e9crivains de sa g\u00e9n\u00e9ration, un de ceux qui m\u00ealent le plus litt\u00e9rature et reportage.<br \/>\n<br \/>Il est envoy\u00e9 d\u00e8s 1920 &#8211; par le quotidien <em>La Libert\u00e9<\/em> &#8211; enqu\u00eater sur les r\u00e9volutionnaires irlandais. Alors que <em>L&rsquo;\u00c9quipage<\/em> le situe en 1923 au premier rang du paysage romanesque fran\u00e7ais, sa s\u00e9rie d&rsquo;articles sur la Syrie et la Palestine pour le compte du <em>Journal<\/em> en fait aussi un des \u00ab\u00a0grands reporters\u00a0\u00bb les plus appr\u00e9ci\u00e9s du public. Il devient expert dans l&rsquo;art de recycler ses reportages dans les trames de ses romans.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir assur\u00e9 la direction litt\u00e9raire de <em>Gringoire<\/em> et tout en collaborant \u00e0 <em>D\u00e9tective<\/em> dirig\u00e9 par son fr\u00e8re Georges, il r\u00e9alise d\u00e9but 1930 le grand reportage sans doute le plus co\u00fbteux de l&rsquo;entre-deux-guerres. Pour le compte du <em>Matin<\/em>, Kessel part en exp\u00e9dition entre janvier et avril, accompagn\u00e9s par Henry de Monfreid[[Qui, pouss\u00e9 par Kessel, publie en 1932 <em>Les Secrets de la mer Rouge<\/em>.]], le m\u00e9decin militaite \u00c9mile Peyr\u00e9 (fr\u00e8re de l&rsquo;\u00e9crivain Joseph) et deux autres compagnons, sur la trace des esclaves d&rsquo;\u00c9thiopie. Le reportage sur les <em>March\u00e9s d&rsquo;esclaves<\/em> est publi\u00e9 en vingt articles \u00e0 partir du 26 mai 1930. Les ventes du <em>Matin<\/em> augmentent de 150 000 exemplaires.<br \/>\n<br \/>Il attend 1933 pour publier <em>March\u00e9s d&rsquo;esclaves<\/em> en librairie. Le livre int\u00e8gre d&rsquo;autres articles parus fin 1930 dans <em>Le Matin<\/em> sur le Y\u00e9men et la reine de Saba. Quelques semaines plus tard, Andr\u00e9 Malraux s&rsquo;envole avec Corniglion-Molinier \u00e0 la recherche de ce royaume fabuleux, pour les beaux yeux des lecteurs de <em>L&rsquo;Intransigeant<\/em>[[Les articles de Malraux paraissent en mai 1934.]].<\/p>\n<p>Correspondant de guerre en juin 1940 pour <em>Paris-Soir<\/em>, Kessel parvient \u00e0 se rendre sur le front pr\u00e8s de Rethel le 13 mai 1940. Il rapporte ce qu&rsquo;il a vu \u00e0 Pierre Lazareff, directeur de la r\u00e9daction du quotidien, qui le m\u00e8ne \u00e0 Jean Prouvost, patron de <em>Paris-Soir<\/em> et tout nouveau ministre de l&rsquo;Information, qui le m\u00e8ne \u00e0 son tour au pr\u00e9sident du Conseil, Paul Reynaud ! Gr\u00e2ce \u00e0 ce dernier, l&rsquo;article de Kessel para\u00eet sans \u00eatre vis\u00e9 par la censure militaire.<br \/>\n<br \/>Celle-ci le tient d\u00e9sormais \u00e0 l&rsquo;\u009cil. Le temps d&rsquo;une halte \u00e0 son domicile du 15 boulevard Lannes, il obtient tout de m\u00eame, gr\u00e2ce \u00e0 ses relations \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-major de la Marine, l&rsquo;autorisation de gagner par la mer Dunkerque assi\u00e9g\u00e9, d&rsquo;o\u00f9 les Anglais s&rsquo;\u00e9chappent depuis le 28 mai. Le 2 juin, l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise (dont le soldat Louis Aragon) est autoris\u00e9e \u00e0 embarquer elle aussi. Le 4, les Allemands investissent la ville. Kessel fait passer in extremis son article dans <em>Paris-Soir<\/em>. C&rsquo;est le dernier reportage de guerre publi\u00e9 par le journal avant qu&rsquo;il ne quitte Paris.<\/p>\n<p>Fin juin, Kessel s&rsquo;exile pour deux mois au Portugal. Il regagne la France en septembre avec l&rsquo;intention de rejoindre la r\u00e9daction de <em>Paris-Soir<\/em> \u00e0 Marseille. Sa curiosit\u00e9 le pousse \u00e0 visiter Vichy. Fin septembre, la \u00ab liste Otto \u00bb des livres interdits mentionne ses \u009cuvres. Le 3 octobre, la loi sur le statut des Juifs lui interdit de pratiquer le journalisme.<br \/>\n<br \/>Il s&rsquo;installe d\u00e9but novembre dans une maison \u00e0 Anth\u00e9or, pr\u00e8s d&rsquo;Agay non loin de Fr\u00e9jus. \u00c0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e, il monte clandestinement \u00e0 Paris. En f\u00e9vrier 1941, il termine le premier roman \u00e9crit \u00e0 la gloire de la R\u00e9sistance, <em>Les Maudru<\/em>. Pr\u00e9venu par la R\u00e9sistance que le viaduc d&rsquo;Anth\u00e9or serait une cible prochaine de bombardements anglais, Kessel s&rsquo;installe dans la villa Maritana \u00e0 Agay (la maison d&rsquo;Anth\u00e9or est effectivement d\u00e9truite par les bombes peu de temps apr\u00e8s).<br \/>\n<br \/>Fin 1941, il entre dans la r\u00e9sistance active sous le nom de Joseph Pascal. Sa compagne Germaine Sablon l&rsquo;avait fait avant lui sans le pr\u00e9venir.<\/p>\n<p>En septembre 1942, Georges et Joseph Kessel figurent \u00e0 l&rsquo;exposition \u00ab Le Juif et la France \u00bb organis\u00e9e au Palais Berlitz. L&rsquo;invasion proche de la zone Sud le pousse \u00e0 quitter la France. Un membre du cabinet Laval lui obtient des passeports qu&rsquo;il refuse. Il passe clandestinement la fronti\u00e8re espagnole le 24 d\u00e9cembre 1942 (au moment o\u00f9 est ex\u00e9cut\u00e9 l&rsquo;amiral Darlan \u00e0 Alger), puis le Portugal, puis Londres en janvier 1943.<br \/>\n<br \/>L\u00e0, il collabore bient\u00f4t au quotidien <em>France<\/em> et se lance dans l&rsquo;\u00e9criture de <em>L&rsquo;Arm\u00e9e des ombres<\/em>. L\u00e0 encore, il con\u00e7oit son roman \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un reporter, rassemblant des \u00ab\u00a0histoires vraies\u00a0\u00bb aupr\u00e8s de r\u00e9sistants.<br \/>\n<br \/>Il d\u00e9m\u00e9nage du Ritz au 14 Pall Mall, suit de Gaulle \u00e0 Alger en mai 1943 puis revient \u00e0 Londres. Il participe au printemps 1944 \u00e0 des missions d&rsquo;observation a\u00e9rienne.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Lazareff<\/em>. Yves Courri\u00e8re, \u00e9ditions Gallimard.<br \/>\n<br \/><em>Joseph Kessel ou sur la piste du lion<\/em>. Yves Courri\u00e8re. Plon.<br \/>\n<br \/><em>L&rsquo;\u00e9crivain-reporter au coeur des ann\u00e9es trente<\/em>. Myriam Boucharenc. Presses universitaires du Septentrion, 2004.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1315\" aria-describedby=\"caption-attachment-1315\" style=\"width: 1299px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1315\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_JournalLeMatin.jpg\" alt=\"Les bureaux du Matin.\" title=\"Les bureaux du Matin.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"1299\" height=\"817\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1315\" class=\"wp-caption-text\">Les bureaux du Matin.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kessel est, parmi les \u00e9crivains de sa g\u00e9n\u00e9ration, un de ceux qui m\u00ealent le plus litt\u00e9rature et reportage. 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