{"id":392,"date":"2005-02-24T15:55:04","date_gmt":"2005-02-24T14:55:04","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/02\/24\/jean-cocteau-2\/"},"modified":"2005-02-24T15:55:04","modified_gmt":"2005-02-24T14:55:04","slug":"jean-cocteau-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/02\/24\/jean-cocteau-2\/","title":{"rendered":"Jean COCTEAU"},"content":{"rendered":"<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;approche de la cinquantaine, en 1938, que le po\u00e8te Cocteau devient un auteur de th\u00e9\u00e2tre acclam\u00e9 par le public avec ses <em>Parents terribles<\/em>.<\/p>\n<p>Entre 1940 et 1944, il est un des rares \u00e9crivains \u00e0 \u00eatre aussi violemment vilipend\u00e9 par les collaborateurs (qui le traitent de gaulliste) que par les r\u00e9sistants (qui le traitent de collaborateur).<br \/>\n<br \/>Les premiers visent ses moeurs et son oeuvre. Les seconds constatent ses compromissions avec l&rsquo;occupant. C&rsquo;est dans ces ann\u00e9es que, les restrictions aidant, Cocteau renonce (temporairement) \u00e0 l&rsquo;opium, qu&rsquo;il d\u00e9couvre un auteur qui passe plus de temps en prison qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;air libre : Jean Genet ; que Jean Marais, avec qui il vit depuis 1938, se d\u00e9tache de lui&#8230;<\/p>\n<p>Il est davantage inqui\u00e9t\u00e9 par la presse collaborationniste que par l&rsquo;occupant. Gr\u00e2ce aux bonnes relations qu&rsquo;il entretient avec Gerhardt Heller (avec qui il d\u00e9jeune chez Prunier, rue Duphot), Mme Abetz et Arno Breker &#8211; le \u00ab\u00a0sculpteur du Reich\u00a0\u00bb, ex-\u00e9tudiant artiste de Montparnasse qui a fait visiter Paris \u00e0 Hitler le 23 juin 1940 &#8211; Cocteau et Marais sont prot\u00e9g\u00e9s. Ils obtiennent ainsi un <em>ausweis<\/em> qui leur permet de circuler pendant le couvre-feu. Ils sont des fid\u00e8les de Maxim&rsquo;s, Cocteau \u00e9tant un proche de Vaudable, le patron.<\/p>\n<p>Ne poss\u00e9dant alors pas de source stable de revenus, Cocteau continue \u00e0 produire. Ses <em>Parents terribles<\/em> sont jou\u00e9s en 1941 et 1942 au th\u00e9\u00e2tre du Gymnase, avant d&rsquo;\u00eatre interdits suite \u00e0 une campagne collaborationniste. L&rsquo;ann\u00e9e 1943 est plus florissante pour lui : sa pi\u00e8ce <em>Renaud et Armide<\/em> est jou\u00e9e \u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise ; il met en sc\u00e8ne, d\u00e9core et habille <em>Antigone<\/em> \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra, supervise la musique du film <em>L&rsquo;\u00c9ternel retour<\/em>, joue dans le film de Guitry <em>La Malibran<\/em>&#8230; Le d\u00e9c\u00e8s de sa m\u00e8re en janvier 1943 le prive de son meilleur confident, et il entame un journal intime.<\/p>\n<p>Sur les conseils d&rsquo;Emmanuel Berl, il s&rsquo;est install\u00e9 fin 1940 dans un petit entresol du 36 rue de Montpensier. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il rencontre le 15 f\u00e9vrier 1943 Jean Genet, voyou-\u00e9crivain sp\u00e9cialiste du vol de livres anciens (par exemple dans la librairie d&rsquo;Adrienne Monnier rue de l&rsquo;Od\u00e9on). Cocteau a d\u00e9couvert par un ami les premiers \u00e9crits de Genet, qui prend dans son esprit la place laiss\u00e9e libre par Radiguet. Cocteau le d\u00e9fendra de proc\u00e8s en proc\u00e8s et le visitera \u00e0 la prison de la Sant\u00e9. <\/p>\n<p>Il vient aussi au secours de Max Jacob, qui d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Drancy en mars 1944 au moment o\u00f9 Cocteau et d&rsquo;autres viennent d&rsquo;obtenir sa lib\u00e9ration.<br \/>\n<br \/>Marais joue <em>Andromaque<\/em> en mai au th\u00e9\u00e2tre Edouard VIII. La pi\u00e8ce est rapidement interdite sous la pression de la presse collaborationniste.<\/p>\n<p>Le 25 ao\u00fbt 1944, Cocteau voit de Gaulle se rendre \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Ville. C&rsquo;est le coup de foudre. Le 26, il se trouve \u00e0 une fen\u00eatre de l&rsquo;h\u00f4tel Crillon pour voir le g\u00e9n\u00e9ral descendre des Champs-Elys\u00e9es. Soudain, un \u00e9change de coups de feu \u00e9clate entre la foule et des hommes post\u00e9s sur les toits. Une balle cisaille net la cigarette de Cocteau, qu&rsquo;on a pris pour un tireur embusqu\u00e9 !<br \/>\n<br \/>Un peu plus tard, il est invit\u00e9 par Hemingway \u00e0 f\u00eater avec lui la lib\u00e9ration du Ritz.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la lib\u00e9ration de Paris, Marais s&rsquo;engage dans l&rsquo;arm\u00e9e qui poursuit le combat contre les nazis.<br \/>\n<br \/>Lorsqu&rsquo;il est convoqu\u00e9 par le comit\u00e9 d&rsquo;\u00e9puration du Comit\u00e9 national des \u00e9crivains, Cocteau est d\u00e9fendu entre autres par Eluard[[Qui lui conseille tout de m\u00eame : <em>Ne parlez jamais de passer l&rsquo;\u00e9ponge, c&rsquo;est un crime<\/em>.]] et Aragon. Il est innocent\u00e9 car il ne rentre dans aucun des quatre cas condamnables : il ne s&rsquo;est pas engag\u00e9 politiquement dans la collaboration ; il n&rsquo;a pas fait de voyage en Allemagne comme Drieu et d&rsquo;autres ; il n&rsquo;a pas re\u00e7u d&rsquo;argent des Allemands ; il n&rsquo;a pas diffus\u00e9 de propagande nazie.<\/p>\n<p>En 1947, pour s&rsquo;\u00e9loigner de Paris qui lui p\u00e8se, il ach\u00e8te la Maison du Bailli \u00e0 Milly-la-For\u00eat.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Jean Cocteau.<\/em> Claude Arnaud, \u00e9ditions Gallimard. Cette copieuse biographie, dont on ne peut que souhaiter une prochaine \u00e9dition en poche, est passionnante de bout en bout et en particulier sur la p\u00e9riode de l&rsquo;Occupation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;approche de la cinquantaine, en 1938, que le po\u00e8te Cocteau devient un auteur de th\u00e9\u00e2tre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[24,36],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/392"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=392"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/392\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=392"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=392"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=392"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}