{"id":4,"date":"2003-08-13T13:28:59","date_gmt":"2003-08-13T11:28:59","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/guillaume-apollinaire-a-monaco-paris\/"},"modified":"2003-08-13T13:28:59","modified_gmt":"2003-08-13T11:28:59","slug":"guillaume-apollinaire-a-monaco-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/guillaume-apollinaire-a-monaco-paris\/","title":{"rendered":"Guillaume APOLLINAIRE \u00e0 Monaco, Paris&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><html><\/p>\n<div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0Ce qui me subjuguait chez Apollinaire, c&rsquo;est qu&rsquo;il allait prendre ses mat\u00e9riaux dans la rue, qu&rsquo;il parvenait \u00e0 dignifier, pour peu qu&rsquo;il s&rsquo;avis\u00e2t de les assembler en po\u00e8mes, jusqu&rsquo;\u00e0 des bribes de conversation.\u00a0\u00bb<\/i><br \/>\nAndr\u00e9 Breton, Entretiens avec Madeleine Chapsal.<\/b><\/div>\n<p><\/html><\/p>\n<p>Une bonne dizaine d&rsquo;ann\u00e9es suffit \u00e0 ce po\u00e8te-l\u00e0 pour inventer une nouvelle po\u00e9sie, lancer une nouvelle forme d&rsquo;art (le cubisme, qu&rsquo;il promeut \u00e0 partir de 1910), devenir le Saint patron des surr\u00e9alistes\u0085 et tra\u00eener sa cour de Montmartre \u00e0 Montparnasse, puis de Montparnasse \u00e0 Saint-Germain-des-Pr\u00e9s (Saint-Germain attendra cependant les ann\u00e9es 1950 pour d\u00e9tr\u00f4ner r\u00e9ellement Montparnasse).<\/p>\n<p>&#8211;\tWilhem Apollinaris de Kostrowitzky na\u00eet \u00e0 Rome en 1880 d&rsquo;une m\u00e8re polonaise et &#8211;\tLa m\u00e8re et ses deux fils s&rsquo;installent en 1887 \u00e0 Monaco, 15 rue Louis (devenue rue de la Poste, \u00e0 La Condamine), puis villa Ang\u00e9lica, passage des Moulins (devenu passage Barri\u00e9ra). Sa scolarit\u00e9 m\u00e8nera aussi Guillaume \u00e0 Cannes et \u00e0 Nice<br \/>\n&#8211;\tLa famille arrive \u00e0 Paris en 1899. Une de ses adresses sera le 9 rue de Constantinople.<br \/>\n<br \/>Guillaume commence \u00e0 \u00e9crire des po\u00e8mes, \u00e0 faire des piges pour des journaux et diff\u00e9rents m\u00e9tiers. En 1902, il rencontre Roland Dorgel\u00e8s, qui l&rsquo;attire \u00e0 Montmartre. Ils collaborent parfois aux m\u00eames journaux : <em>L&rsquo;Intransigeant, L&rsquo;Excelsior, Paris-Journal<\/em>&#8230; Guillaume \u00e9crit aussi pour <em>La Revue blanche<\/em>, qui a compt\u00e9 ou compte les plumes de Zola, Gide, Proust, Verlaine, Jarry, Renard, etc., et dont le secr\u00e9taire est F\u00e9lix F\u00e9n\u00e9on.<br \/>\n<br \/>Vers 1903, il participe au sous-sol du Soleil d&rsquo;Or (aujourd&rsquo;hui le caf\u00e9 du D\u00e9part place Saint-Michel, \u00e0 l&rsquo;angle du quai Saint-Michel) aux soir\u00e9es de la revue <em>La Plume<\/em>.<br \/>\n&#8211; Il se lie en 1904 avec Picasso, qu&rsquo;il rencontre en 1904 \u00e0 L&rsquo;Austin&rsquo;s. L&rsquo;Austin&rsquo;s existe toujours 24 rue d&rsquo;Amsterdam. Apollinaire s&rsquo;y rend apr\u00e8s son travail, en attendant le train qui le ram\u00e8ne chez sa m\u00e8re au V\u00e9sinet, qui est sa r\u00e9sidence principale jusqu&rsquo;en 1907. Avec ses apparences \u00e9l\u00e9gantes (jusqu&rsquo;en 1904, il est employ\u00e9 de banque rue de la Chauss\u00e9e d&rsquo;Antin, puis r\u00e9dacteur en chef du <em>Guide des rentiers<\/em>\u0085), il s\u00e9duit tout le monde par ses origines slaves (il parle cinq langues !), sa grande culture (de l&rsquo;Antiquit\u00e9 \u00e0 Fant\u00f4mas et Nick Carter), son physique de colosse, son app\u00e9tit d&rsquo;ogre (un de ses restaurants favoris est Chartier, rue Montmartre) et ses excentricit\u00e9s.<br \/>\n<br \/>\u00c0 l&rsquo;Austin&rsquo;s, il entretient une cour compos\u00e9e de Max Jacob, Picasso, Jarry, Vlaminck, Derain.<br \/>\n&#8211; Il vit 9 rue L\u00e9onie, devenu 4 rue Henner, d&rsquo;avril 1907, l&rsquo;ann\u00e9e de sa rencontre avec Marie Laurencin, jusqu&rsquo;\u00e0 octobre 1909.<br \/>\n<br \/>Lorsqu&rsquo;il rencontre le peintre Marie Laurencin, celle-ci vit avec sa m\u00e8re 51 bd de la Chapelle. Toutes deux s&rsquo;installent ensuite 32 rue La Fontaine, et Apollinaire s&rsquo;installe en 1909 tout pr\u00e8s de chez elles, 15 rue Gros, puis au 37 de la rue fin 1910, apr\u00e8s les inondations du d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e.<br \/>\n<br \/>Cette ann\u00e9e-l\u00e0 para\u00eet son roman <em>L&rsquo;H\u00e9r\u00e9siarque et Cie<\/em> qui obtient quelques voix au prix Goncourt.<br \/>\n<br \/>Une sale histoire va pr\u00e9cipiter les choses : le vol de La Joconde au Louvre. Quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, un vol de statuettes avait \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9 par un des anciens coll\u00e8gues d&rsquo;Apollinaire au <em>Guide des rentiers<\/em>, G\u00e9ry Pi\u00e9ret, qui les avait ensuite vendues \u00e0 Picasso par l&rsquo;interm\u00e9diaire du po\u00e8te. Pi\u00e9ret d\u00e9clare \u00e0 <em>Paris-Journal<\/em> qu&rsquo;il a vol\u00e9 les statuettes et La Joconde (en fait, celle-ci, d\u00e9rob\u00e9e par un italien, ne r\u00e9appara\u00eetra qu&rsquo;en 1913). La police remonte jusqu&rsquo;\u00e0 Apollinaire, qui est emprisonn\u00e9 \u00e0 la Sant\u00e9 du 7 au 11 septembre 1911, avant d&rsquo;\u00eatre lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n<br \/>Ce bref \u00e9pisode le traumatise. Sa photo para\u00eet alors dans la presse. Il provoque son d\u00e9m\u00e9nagement, n&rsquo;est pas \u00e9tranger \u00e0 la fin de sa liaison avec Marie Laurencin\u0085 et, sans doute, \u00e0 son engagement volontaire en ao\u00fbt 1914.<br \/>\n&#8211; Malgr\u00e9 son innocence dans cette histoire, son propri\u00e9taire de la rue Gros pr\u00e9f\u00e8re en effet se d\u00e9lester d&rsquo;un artiste \u00e0 qui il arrive pareille m\u00e9saventure, et Apollinaire s&rsquo;installe 10 rue La Fontaine fin 1911. Pour le remettre en selle, ses amis rach\u00e8tent une revue, <em>Les Soir\u00e9es de Paris<\/em>, et lui en confient la direction. Apr\u00e8s le caf\u00e9 de Flore, les comit\u00e9s de r\u00e9daction se d\u00e9roulent 278 bd Raspail en 1912-1914.<br \/>\n&#8211; Peu \u00e0 peu, Marie et Guillaume s&rsquo;\u00e9loignent. Il est h\u00e9berg\u00e9 par des amis, en particulier les Delaunay, 3 rue des Grands-Augustins. Les deux amants se revoient encore, mais sans vraiment se r\u00e9concilier. Marie \u00e9pouse un peintre allemand en 1914.<br \/>\n&#8211; Apollinaire s&rsquo;installe en 1913 dans un appartement au dernier \u00e9tage du 202 bd Saint-Germain, o\u00f9 il vivra jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1918 (plaque). C&rsquo;est une enfilade de petites pi\u00e8ces reli\u00e9es par des couloirs encombr\u00e9s de livres, de statuettes et de tableaux. Une toute petite terrasse domine les toits de Paris.<br \/>\n<br \/>C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;en voisin (il habite alors 4 rue de Savoie), Blaise Cendrars vient travailler avec lui sur le projet d&rsquo;une revue commune, <em>Zones<\/em>, qui ne verra pas le jour. Au passage, Cendrars lui sugg\u00e8re de choisir le titre <em>Alcools<\/em> plut\u00f4t qu&rsquo;Eaux-de-Vie pour le recueil de po\u00e8mes qu&rsquo;il pr\u00e9pare\u0085 Bient\u00f4t, les deux amis s&rsquo;\u00e9loignent.<br \/>\n<br \/><em>Alcools<\/em> para\u00eet en 1913 et popularise des innovations reprises ensuite par d&rsquo;autres : la suppression de la ponctuation et les calligrammes, ces po\u00e8mes-dessins. C&rsquo;est encore trop moderne pour la critique et le public, except\u00e9 certains dont les futurs surr\u00e9alistes.<br \/>\n&#8211; Apollinaire passe \u00e0 Nice en septembre 1914, 26 rue Cotta (aujourd&rsquo;hui rue Alfred Mortier), avant de rejoindre son r\u00e9giment \u00e0 N\u00eemes.<br \/>\n<br \/>Le 17 mars 1916, soldat au front, il lit <em>Le Mercure de France<\/em> sous un bombardement ordinaire, quand un \u00e9clat d&rsquo;obus lui perfore la tempe droite. Le 9 mai, il est op\u00e9r\u00e9 d&rsquo;un abc\u00e8s cr\u00e2nien \u00e0 la villa Moli\u00e8re, 57 bd de Montmorency \u00e0 Paris. Il se repose ensuite \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital du Val-de-Gr\u00e2ce et reprend peu \u00e0 peu une vie normale, collaborant \u00e0 <em>Excelsior, Nord-Sud<\/em>, cr\u00e9\u00e9e par Pierre Reverdy en 1917 (la revue s&rsquo;\u00e9teint en mai 1918), <em>SIC<\/em>, cr\u00e9\u00e9e en 1916, <em>L&rsquo;Information<\/em>&#8230; Il r\u00e9unit ses comp\u00e8res le mardi au caf\u00e9 de Flore ; il rencontre Breton et lui pr\u00e9sente Philippe Soupault.<br \/>\n<br \/>Le 24 juin 1917, sa pi\u00e8ce <em>Les Mamelles de Tir\u00e9sias<\/em> est jou\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre Ren\u00e9e-Maubel \u00e0 Montmartre. Apollinaire lance \u00e0 cette occasion le terme \u00ab\u00a0surr\u00e9aliste\u00a0\u00bb, appel\u00e9 \u00e0 un bel avenir. La pi\u00e8ce, bien s\u00fbr, cr\u00e9e un beau scandale.<br \/>\n&#8211; Il meurt dans son appartement du bd St-Germain, le 9 novembre 1918, deux jours avant l&rsquo;armistice, de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de grippe espagnole qui attaque la capitale.<br \/>\n&#8211; On peut mentionner une derni\u00e8re adresse parisienne du po\u00e8te : le 63 rue Notre-Dame-des-Victoires, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 de la banque Lep\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/>Les \u00e9crivains de Montmartre, Le Promeneur des lettres, 6 rue Raffet, 75016 Paris (t\u00e9l. 01 40 50 30 95). <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Ce qui me subjuguait chez Apollinaire, c&rsquo;est qu&rsquo;il allait prendre ses mat\u00e9riaux dans la rue, qu&rsquo;il parvenait \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[21,20],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}