{"id":402,"date":"2006-08-12T14:15:00","date_gmt":"2006-08-12T12:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/08\/12\/jean-paulhan-a-nimes-paris-port-cros\/"},"modified":"2021-06-28T18:36:32","modified_gmt":"2021-06-28T16:36:32","slug":"jean-paulhan-a-nimes-paris-port-cros","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/08\/12\/jean-paulhan-a-nimes-paris-port-cros\/","title":{"rendered":"Jean PAULHAN \u00e0 N\u00eemes, Paris, Port-Cros&#8230;"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1675\" aria-describedby=\"caption-attachment-1675\" style=\"width: 330px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1675\" title=\"La maison natale, rue Jean Reboul.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/jpg_paulhannimes.jpg\" alt=\"La maison natale, rue Jean Reboul.\" width=\"330\" height=\"440\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/jpg_paulhannimes.jpg 330w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2006\/08\/jpg_paulhannimes-225x300.jpg 225w\" sizes=\"(max-width: 330px) 94vw, 330px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1675\" class=\"wp-caption-text\">La maison natale, rue Jean Reboul.<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>\u00ab La vie est en g\u00e9n\u00e9ral joyeuse. [&#8230;] Elle est joyeuse dans les pires moments, elle a un go\u00fbt de joie comme les roses ont une odeur de rose. [&#8230;] Ce qui nous rend injustes \u00e0 son \u00e9gard, c&rsquo;est que la joie ne fait pas souvenir. Elle est trop m\u00eal\u00e9e \u00e0 tout le reste, elle est trop naturelle, elle est insaisissable. Au lieu que l&rsquo;inqui\u00e9tude, elle, demeure. \u00bb<\/em><br \/>\nJean Paulhan \u00e0 Robert Mallet, 1952.<\/p>\n<p>Lorsque l&rsquo;on \u00e9voque Jean Paulhan, plusieurs images viennent \u00e0 l&rsquo;esprit : celle du pilier de la <em>Nouvelle Revue Fran\u00e7aise<\/em> ; celle du r\u00e9sistant des ann\u00e9es noires, cofondateur des Lettres fran\u00e7aises et du Comit\u00e9 national des \u00e9crivains, dont le bureau est voisin de celui de Drieu la Rochelle chez Gallimard ; celle d&rsquo;une des rares personnalit\u00e9s litt\u00e9raires de la Lib\u00e9ration \u00e0 s&rsquo;opposer vivement \u00e0 l&rsquo;\u00e9puration chez les intellectuels ; celle de l&rsquo;ami de Dominique Aury, auteur longtemps rest\u00e9e inconnue de <em>Histoire d&rsquo;O<\/em>.<\/p>\n<p>Homme de l&rsquo;ombre, mais pas tant que cela. Plut\u00f4t litt\u00e9rateur d&rsquo;avant-garde et homme \u00e0 contre courant des vents dominants. Homme \u00e0 qui il est arriv\u00e9 bien des \u00ab choses redoutables \u00bb (<em>La Vie est pleine de choses redoutables<\/em> est le titre du recueil de textes autobiographiques de Jean Paulhan, publi\u00e9s par Claire Paulhan, sa petite-fille, aux \u00e9ditions Seghers en 1989), qui n&rsquo;ont pas pour autant g\u00e2ch\u00e9 sa sensibilit\u00e9, son humour et sa joie de vivre.<\/p>\n<p>Jean na\u00eet en 1884 rue Jean-Reboul \u00e0 N\u00eemes tout pr\u00e8s des ar\u00e8nes, en face de la maison o\u00f9 v\u00e9cut Jean Reboul, fils de serrurier et boulanger-po\u00e8te. Son p\u00e8re, Fr\u00e9d\u00e9ric Paulhan, par ailleurs conservateur de la biblioth\u00e8que de N\u00eemes, est auteur d&rsquo;une \u0153uvre abondante dans les domaines de la philosophie et de la psychologie, \u0153uvre dont Jean s&rsquo;impr\u00e8gnera t\u00f4t.<\/p>\n<p>Les Th\u00e9rond, ses grands-parents maternels, poss\u00e8dent une grande maison le long de la d\u00e9partementale n\u00b08, \u00e0 Comiac, pr\u00e8s de Logrian, au Sud d&rsquo;Al\u00e8s. Son grand-oncle Casimir s&rsquo;est fait construire \u00e0 Cros (50 km \u00e0 l&rsquo;est de N\u00eemes) une b\u00e2tisse qui descend de la route jusqu&rsquo;\u00e0 la rivi\u00e8re Vergalous.<\/p>\n<p>Les Paulhan s&rsquo;installent en 1896 dans la maison de La Madeleine \u00e0 Loz\u00e8re (Essonne). Jean \u00e9tudie bient\u00f4t au lyc\u00e9e Louis-le-Grand \u00e0 Paris. La famille emm\u00e9nage ensuite rue Saint-Jacques, o\u00f9 Mme Paulhan ouvre une pension qui accueille des protestants (comme les Paulhan), mais aussi des jeunes filles polonaises et russes, souvent anarchistes (comme Jean, qui les retrouve parfois dans un foyer de la rue Flatters et visite les exil\u00e9s russes rue de la Glaci\u00e8re).<\/p>\n<p>Les Paulhan passent les \u00e9t\u00e9s des ann\u00e9es 1900 dans la maison \u00ab Ker Ernest \u00bb \u00e0 Erquy, dans les C\u00f4tes-du-Nord.<\/p>\n<p>Jean termine en 1904 une licence en lettres et philosophie \u00e0 la Sorbonne et suit les cours de son cousin Georges Dumas \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital Sainte-Anne.<br \/>\nIl embarque fin 1907 pour Madagascar, afin d&rsquo;enseigner les lettres pendant trois ans au coll\u00e8ge europ\u00e9en de Tananarive.<\/p>\n<p>Il \u00e9pouse en 1911 Sala Prusak et emm\u00e9nage dans le quartier du parc Montsouris, puis rue d&rsquo;Assas en 1913. Entre \u00e9criture, enseignement, commerce d&rsquo;\u0153uvres d&rsquo;art&#8230;, vers quoi s&rsquo;orienter ? La vie est difficile&#8230;<br \/>\nIl est heureusement nomm\u00e9 fin 1913 r\u00e9dacteur-stagiaire au minist\u00e8re de l&rsquo;Instruction publique.<\/p>\n<p>Bless\u00e9 le 25 d\u00e9cembre 1914 au Bois-Saint-Mard pr\u00e8s de Tracy-le-Val, il est soign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Compi\u00e8gne, puis \u00e0 ceux d&rsquo;Angers et de Melun. Entre ao\u00fbt 1915 et juillet 1916, il est \u00ab guetteur d&rsquo;avions \u00bb \u00e0 Beauvais et dans l&rsquo;Aisne, vivant \u00e0 la briqueterie de S\u00e9n\u00e9fontaine pr\u00e8s de Beauvais et \u00e0 la ferme de l&rsquo;\u00c9pitaphe pr\u00e8s de Braine. Il s&rsquo;y fait un grand ami, le peintre Albert Uriet, et un nouvel amour, Germaine Pascal. Puis le voil\u00e0 au camp d&rsquo;Orl\u00e9ans, et \u00e0 celui de Saint-Mesme pr\u00e8s de Dourdan.<\/p>\n<p>Il publie en 1917 <em>Le Guerrier<\/em> appliqu\u00e9, s\u00e9lectionn\u00e9 pour le prix Goncourt.<br \/>\nAffect\u00e9 \u00e0 la caserne Reffye \u00e0 Tarbes en octobre 1917, une pneumonie l&rsquo;oblige \u00e0 y s\u00e9journer \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. Apr\u00e8s une convalescence \u00e0 Villefranche-sur-Mer, il retrouve Sala et son fils dans la pension maternelle du 120 avenue d&rsquo;Orl\u00e9ans.<\/p>\n<p>Titularis\u00e9 r\u00e9dacteur au minist\u00e8re de l&rsquo;Instruction publique en 1919, il prend en m\u00eame temps en charge la r\u00e9daction du bimensuel <em>La Vie<\/em>. Il rencontre Reverdy, Aragon, Soupault et Breton, et leur pr\u00e9sente \u00c9luard, dont il a fait connaissance en mars 1919 gr\u00e2ce \u00e0 la revue <em>L&rsquo;\u00c9lan<\/em> fond\u00e9e par Marcel Ozenfant, Max Jacob et Apollinaire. Paulhan se lie aussi \u00e0 Gide et Rivi\u00e8re, dont il commence \u00e0 assurer une partie du secr\u00e9tariat. Il collabore \u00e9galement aux revues <em>Nord-Sud, Litt\u00e9rature<\/em>, etc.<\/p>\n<p>Il habite entre 1920 et 1928 un petit atelier 9 rue Campagne-Premi\u00e8re, non loin de celui de son ami Bernard Groethuysen. Il vit l\u00e0 avec Germaine Pascal, pendant que Sala demeure rue Boissonade.<\/p>\n<p>Cheville ouvri\u00e8re de la revue <em>Commerce<\/em> lanc\u00e9e mi-1924, il devient r\u00e9dacteur en chef de la <em>NRF<\/em> en avril 1925 apr\u00e8s la mort de Jacques Rivi\u00e8re, et quitte son emploi au minist\u00e8re (il reste \u00e0 la t\u00eate de la revue jusqu&rsquo;en 1940 ; quand elle rena\u00eet en 1953, il la dirige \u00e0 nouveau, avec Marcel Arland, jusqu&rsquo;en 1963).<\/p>\n<p>\u00c0 partir de cette ann\u00e9e et jusqu&rsquo;\u00e0 la guerre, il s\u00e9journe souvent \u00e0 Port-Cros, dans le Fort et la Vigie de l&rsquo;\u00eele. Il occupe aussi une maison \u00e0 Lainville, pr\u00e8s de Gargenville, en 1926.<\/p>\n<p>Sa m\u00e8re a ouvert une nouvelle pension de famille (qu&rsquo;elle fermera en 1940) dans un h\u00f4tel particulier 5 rue des Ar\u00e8nes, achet\u00e9 en 1935 et qui est bient\u00f4t la r\u00e9sidence principale de Jean.<\/p>\n<p>Lorsque survient l&rsquo;armistice en juin 1940, il estime que ce n&rsquo;est qu&rsquo;une bataille perdue et entre imm\u00e9diatement en r\u00e9sistance.<br \/>\nIl est arr\u00eat\u00e9 une premi\u00e8re fois le 6 mai 1941 rue des Ar\u00e8nes, o\u00f9 il cache la presse \u00e0 imprimer du r\u00e9seau de r\u00e9sistance du mus\u00e9e de l&rsquo;Homme, puis lib\u00e9r\u00e9 de la prison de la Sant\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intervention de Drieu La Rochelle et d&rsquo;Otto Abetz.<\/p>\n<p>Les premiers membres du Comit\u00e9 National des \u00c9crivains se retrouvent \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1941 dans son bureau au si\u00e8ge de Gallimard, 5 rue S\u00e9bastien Bottin, \u00e0 quelques m\u00e8tres de celui de Drieu : Gu\u00e9henno, Deb\u00fb-Bridel, Blanzat, bient\u00f4t Mauriac, Decour &#8211; Jacques Decour (en fait Daniel Decourdemanche, professeur au lyc\u00e9e Rollin \u00e0 Paris &#8211; maintenant lyc\u00e9e Jacques-Decour &#8211; et cr\u00e9ateur du Front National des \u00c9crivains, futur Comit\u00e9 National des \u00c9crivains) est fusill\u00e9 au Mont-Val\u00e9rien en mai 1942. Ils travaillent ensemble \u00e0 la conception des <em>Lettres fran\u00e7aises<\/em> clandestines.<\/p>\n<p>D\u00e9nonc\u00e9 en mai 1944 comme \u00ab juif \u00bb par la femme de Marcel Jouhandeau, Paulhan parvient \u00e0 s&rsquo;enfuir par les toits de la rue des Ar\u00e8nes. Il se cache jusqu&rsquo;\u00e0 la Lib\u00e9ration au 17 rue Marbeau, chez Georges Batault.<\/p>\n<p>Les <em>Lettres<\/em> continuent apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, domicili\u00e9es 60 rue de Courcelles pour la r\u00e9daction et 37 rue du Louvre pour l&rsquo;administration. Paulhan y d\u00e9nonce les exc\u00e8s de l&rsquo;\u00e9puration dans le milieu litt\u00e9raire. Il attribue aux \u00e9crivains un droit \u00e0 l&rsquo;erreur et estime que, d&rsquo;une part, ceux qui jugent en 1945 n&rsquo;ont pas toujours \u00e9t\u00e9 les plus actifs dans la R\u00e9sistance, et que, d&rsquo;autre part, les intellectuels sont souvent des boucs \u00e9missaires faciles alors qu&rsquo;ils ne sont pas la seule profession qui ait collabor\u00e9 avec l&rsquo;Occupant.<\/p>\n<p>Homme de revues &#8211; on l&rsquo;aura compris -, il participe \u00e0 la fondation des <em>Temps modernes<\/em> en 1945 avec Sartre, Beauvoir, Aron, Leiris, Merleau-Ponty et Ollivier.<\/p>\n<p>Il passe ses derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 Boissise-la-Bertrand.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La vie est en g\u00e9n\u00e9ral joyeuse. 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