{"id":418,"date":"2005-04-20T23:12:54","date_gmt":"2005-04-20T21:12:54","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/04\/20\/fantomas-au-cinema-muet\/"},"modified":"2005-04-20T23:12:54","modified_gmt":"2005-04-20T21:12:54","slug":"fantomas-au-cinema-muet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/04\/20\/fantomas-au-cinema-muet\/","title":{"rendered":"Fant\u00f4mas au cin\u00e9ma muet"},"content":{"rendered":"<p>Le succ\u00e8s litt\u00e9raire de Fant\u00f4mas a inspir\u00e9, d\u00e8s les d\u00e9buts du cin\u00e9ma, de nombreux r\u00e9alisateurs fran\u00e7ais comme \u00e9trangers. Citons Edward Sedgwick, metteur en sc\u00e8ne am\u00e9ricain, qui r\u00e9alisa Fant\u00f4mas en 1920, Pal Fej\u00f6s un Austro-hongrois qui adapta le roman en 1932 ou encore Jean Sacha, en 1947, qui fit jouer Simone Signoret dans son Fant\u00f4mas. Mais l&rsquo;une des premi\u00e8res adaptations des c\u00e9l\u00e8bres ouvrages est celle de Louis Feuillade, qui sortit, entre 1913 et 1914, cinq films sur le fameux bandit. Des films qui sont consid\u00e9r\u00e9s encore aujourd&rsquo;hui comme les premiers chefs d&rsquo;\u009cuvre du cin\u00e9ma, ce que la critique moderne appellera plus tard le \u00ab r\u00e9alisme fantastique \u00bb ou le \u00ab fantastique social \u00bb. Alain Resnais d\u00e9clarera d&rsquo;ailleurs[[Dans <em>Louis Feuillade, Ma\u00eetre des lions et des Vampires<\/em> de Francis Lacassin.]]  : <em>On dit qu&rsquo;il y a dans le cin\u00e9ma une tradition M\u00e9li\u00e8s et une tradition Lumi\u00e8re ; je crois qu&rsquo;il y a aussi un courant Feuillade qui utilise merveilleusement le fantastique de M\u00e9li\u00e8s et le r\u00e9alisme de Lumi\u00e8re<\/em>. Louis Feuillade aura donc consid\u00e9rablement marqu\u00e9 l&rsquo;histoire du cin\u00e9ma, et, sur les traces de son Fant\u00f4mas, Paris se d\u00e9couvre \u00e0 la fois dans toute sa noirceur et dans toute sa beaut\u00e9.<\/p>\n<p>1)\tSi le premier film de Feuillade ne commence pas dans l&rsquo;appartement de l&rsquo;inspecteur Juve mais dans un h\u00f4tel o\u00f9 le bandit d\u00e9robe le collier et l&rsquo;argent d&rsquo;une princesse, le spectateur ne tarde pas \u00e0 \u00eatre introduit dans les lieux. L&rsquo;appartement de Juve situ\u00e9 au <strong>142 rue Bonaparte<\/strong> est en effet un endroit r\u00e9current dans tous les films de Feuillade. On y voit l&rsquo;inspecteur r\u00e9fl\u00e9chir aux diff\u00e9rents moyens d&rsquo;arr\u00eater Fant\u00f4mas, avec son ami le journaliste Fandor. Cet appartement est \u00e9galement le lieu o\u00f9 Juve manque de se faire tuer par un serpent introduit dans sa chambre par Fant\u00f4mas (Juve Contre Fant\u00f4mas). La rue Bonaparte doit sa d\u00e9nomination \u00e0 l&#8217;empereur du m\u00eame nom (arr\u00eat\u00e9 du 12 ao\u00fbt 1852). Elle abrite de nombreux monuments class\u00e9s, dont l&rsquo;Ecole Sup\u00e9rieure des Beaux Arts, les arcades de l&rsquo;H\u00f4tel Torpanne ou encore la fa\u00e7ade du ch\u00e2teau d&rsquo;Anet.<img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1694\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/04\/jpg_palais.jpg\" alt=\"palais.jpg\" align=\"right\" width=\"410\" height=\"250\" \/><\/p>\n<p>2)\tTout comme l&rsquo;appartement de Juve qui est un lieu r\u00e9current dans les films de Feuillade, le Palais de Justice (<strong>4 boulevard du Palais<\/strong>) et la Pr\u00e9fecture de police (<strong>7 boulevard du Palais<\/strong>) apparaissent de nombreuses fois \u00e0 l&rsquo;image. Fant\u00f4mas s&rsquo;\u00e9chappe m\u00eame par le toit du Palais de Justice dans Le Mort qui tue. Juve, soup\u00e7onn\u00e9 un temps d&rsquo;\u00eatre Fant\u00f4mas, y est \u00e9galement interrog\u00e9 et est ensuite emprisonn\u00e9 au D\u00e9p\u00f4t (Fant\u00f4mas contre Fant\u00f4mas). Le D\u00e9p\u00f4t de la Pr\u00e9fecture est la prison provisoire o\u00f9 l&rsquo;on am\u00e8ne les individus arr\u00eat\u00e9s par la police pour cause de flagrant d\u00e9lit ou par un ordre direct du pr\u00e9fet. On y acc\u00e8de par la vo\u00fbte du quai de l&rsquo;Horloge. La cr\u00e9ation de la Pr\u00e9fecture de Police r\u00e9sulte de la loi du 28 Pluvi\u00f4se an VIII (17 f\u00e9vrier 1800). C&rsquo;est en 1871 qu&rsquo;elle int\u00e8gre la Caserne de la Cit\u00e9, si\u00e8ge qu&rsquo;elle occupe aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1695\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/04\/jpg_harlay.jpg\" alt=\"harlay.jpg\" align=\"left\" width=\"410\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/04\/jpg_harlay.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/04\/jpg_harlay-300x241.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/>3)\tSur l&rsquo;\u00eele de la Cit\u00e9, <strong>\u00e0 l&rsquo;angle de la rue Harlay et du Quai de l&rsquo;Horloge<\/strong>, se trouve l&rsquo;\u00e9choppe de la M\u00e8re Toulouche, fripi\u00e8re le jour, receleuse la nuit et grande complice de Fant\u00f4mas. Ce personnage appara\u00eet dans Le Mort qui tue. L&rsquo;inspecteur Juve, que tout le monde croit mort, tu\u00e9 dans une explosion provoqu\u00e9e par Fant\u00f4mas dans l&rsquo;\u00e9pisode pr\u00e9c\u00e9dent, s&rsquo;est fait embaucher par la m\u00e8re Toulouche et se fait passer pour un simple d&rsquo;esprit. Il peut ainsi observer \u00e0 loisir les agissement de l&rsquo;ennemi public num\u00e9ro un et de sa bande. Aujourd&rsquo;hui, ironie du sort, \u00e0 l&rsquo;angle de la rue Harlay et du quai de l&rsquo;Horloge, se situent les locaux de la BNP.<\/p>\n<p>4)\tSous la boutique de la M\u00e8re Toulouche, les \u00e9gouts servent de \u00ab cave \u00bb pour le rec\u00e8le. Difficile cependant d&rsquo;acc\u00e9der directement au collecteur d&rsquo;\u00e9gout de l&rsquo;\u00eele de la Cit\u00e9. Mais il existe, afin de t\u00e2ter l&rsquo;ambiance du refuge des bandits, un mus\u00e9e des \u00e9gouts qui propose de visiter une partie du r\u00e9seau de la ville. Le mus\u00e9e se situe au Pont de l&rsquo;Alma, rive gauche, <strong>face au 93 quai d&rsquo;Orsay<\/strong>. La visite est organis\u00e9e au c\u009cur du r\u00e9seau et l&rsquo;on peut y voir le collecteur de l&rsquo;avenue Bosquet, l&rsquo;\u00e9gout \u00e9l\u00e9mentaire de la rue Cognacq-Jay, le d\u00e9versoir d&rsquo;orage de la place de la R\u00e9sistance ou encore le point de d\u00e9part de l&rsquo;\u00e9missaire sud qui emm\u00e8ne une partie des eaux us\u00e9es de la rive gauche vers la station d&rsquo;\u00e9puration d&rsquo;Ach\u00e8res.<\/p>\n<p>5)\tDans <em>Juve contre Fant\u00f4mas<\/em>, une m\u00e9morable fusillade a lieu au milieu des <strong>entrep\u00f4ts de Bercy<\/strong> (12e arrondissement) entre les tonneaux de vin. Aujourd&rsquo;hui, les entrep\u00f4ts de vin n&rsquo;existent plus et les rives de la Seine sont long\u00e9es par la voie express Georges Pompidou. On peut cependant se promener dans Bercy Village&#8230; L&rsquo;association raconte d&rsquo;ailleurs sur son site Internet une anecdote sur la cr\u00e9ation du premier entrep\u00f4t de vin : On raconte que Louis XIV, venu \u00e9couter la messe \u00e0 Bercy, s&rsquo;indigna de voir une personne de l&rsquo;assistance rester debout pendant l&rsquo;office. Il envoya un garde qui constata, qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9, il \u00e9tait agenouill\u00e9. Sa taille hors du commun causant cette m\u00e9prise ! Intrigu\u00e9 le roi convoqua ce g\u00e9ant. Son nom \u00e9tait Martin et vigneron bourguignon, son \u00e9tat. Sautant sur l&rsquo;opportunit\u00e9 de cette inopin\u00e9e rencontre, le sieur Martin demanda au Roi l&rsquo;autorisation de vendre ses produits sur cette rive de la Seine. Amus\u00e9, le Roi accepta. Ainsi naissait le tout premier entrep\u00f4t de vin de Bercy.<\/p>\n<p>6)\tDe Bercy au m\u00e9tro Saint-Jacques, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas&#8230; qui vous m\u00e8nera \u00e0 la prison de la sant\u00e9 (<strong>42 rue de la Sant\u00e9<\/strong>), l&rsquo;\u00e9tablissement p\u00e9nitentiaire dans lequel est d\u00e9tenu Fant\u00f4mas dans <em>\u00c0 l&rsquo;Ombre de la guillotine<\/em>, et au <strong>96 boulevard Arago<\/strong>, appartement dans lequel Lady Beltham mijote son \u00e9vasion. Un acteur prendra en effet la place de Fant\u00f4mas, avec la complicit\u00e9 plus ou moins volontaire des gardiens de prison, et manquera de se faire guillotiner \u00e0 sa place ! Sauv\u00e9 par l&rsquo;inspecteur Juve dans le film (et par la censure de l&rsquo;\u00e9poque, peu habitu\u00e9e aux effusions de sang), l&rsquo;acteur aura moins de chance dans le livre de Souvestre et Allain !<\/p>\n<p>7)\tPar le m\u00e9tro toujours, rejoignez la ligne 2 et effectuez <strong>le trajet entre Barb\u00e8s Rochechouart et La Chapelle<\/strong>. La ligne a\u00e9rienne surplombe Paris. Dans <em>Juve contre Fant\u00f4mas<\/em>, Fandor y suit une jolie fille, complice du bandit. Paris d\u00e9file derri\u00e8re les vitres, tandis que le journaliste ne quitte pas la jeune femme des yeux&#8230;<\/p>\n<p>8)\tDans <em>\u00c0 l&rsquo;Ombre de la guillotine<\/em>, on d\u00e9couvre l&rsquo;un des repaires du monstre. Il vient de tuer Lord Beltham et se fait passer pour Gurn, connaissance d&rsquo;affaires de la victime et amant de sa femme, Lady Beltham. Le <strong>147 rue Levert<\/strong> abrite des malles, dont une contient le cadavre du Lord. C&rsquo;est la premi\u00e8re arrestation de Fant\u00f4mas par l&rsquo;inspecteur Juve&#8230; ce n&rsquo;est malheureusement pas la derni\u00e8re !  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le succ\u00e8s litt\u00e9raire de Fant\u00f4mas a inspir\u00e9, d\u00e8s les d\u00e9buts du cin\u00e9ma, de nombreux r\u00e9alisateurs fran\u00e7ais comme \u00e9trangers. 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