{"id":428,"date":"2005-06-10T12:28:59","date_gmt":"2005-06-10T10:28:59","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/06\/10\/sur-les-pas-de-nadja-et-andre-breton-a-paris\/"},"modified":"2005-06-10T12:28:59","modified_gmt":"2005-06-10T10:28:59","slug":"sur-les-pas-de-nadja-et-andre-breton-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/06\/10\/sur-les-pas-de-nadja-et-andre-breton-a-paris\/","title":{"rendered":"Sur les pas de Nadja et Andr\u00e9 Breton \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Dans Nadja et ses oeuvres des ann\u00e9es vingt, Andr\u00e9 Breton exp\u00e9rimente un rapport aux lieux (et en particulier \u00e0 Paris) qui ne s&rsquo;appuie ni sur le souvenir ni sur le pass\u00e9, mais sur la rencontre, la d\u00e9ambulation, la recherche de signes, de l&rsquo;insolite et de l&rsquo;inattendu. Tout cela afin de se lib\u00e9rer de l&rsquo;histoire, de la morale bourgeoise, de sa propre histoire et de toutes les autres contraintes, pour tenter de parvenir \u00e0 soi.<br \/>\n<br \/>Partir aujourd&rsquo;hui, <em>Nadja<\/em> \u00e0 la main, en qu\u00eate de ces signes n&rsquo;est donc pas chose ais\u00e9e, puisque l&rsquo;auteur a peu d\u00e9crit ces rencontres, de peur d&rsquo;enfermer son lecteur dans un lieu, un temps et une situation donn\u00e9s. Il ne s&rsquo;agit rien de moins que de lib\u00e9rer l&rsquo;homme, tout de m\u00eame !<br \/>\n<br \/>Exp\u00e9rience&#8230;<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n<em>Il se peut que la vie demande \u00e0 \u00eatre d\u00e9chiffr\u00e9e comme un cryptogramme.<\/em> (<em>Nadja<\/em>, Folio, p. 133).<\/p>\n<p>Pour cela, se laisser bousculer par l&rsquo;impr\u00e9vu, le susciter, endormir le contr\u00f4le de la conscience&#8230; Et, si possible, faire de sa qu\u00eate une qu\u00eate collective (Breton associe Aragon, Eluard, sa femme, etc. \u00e0 son aventure avec Nadja).<\/p>\n<p>___<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1733\" aria-describedby=\"caption-attachment-1733\" style=\"width: 305px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1733\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja1.jpg\" alt=\"120 rue Lafayette.\" title=\"120 rue Lafayette.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"305\" height=\"325\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja1.jpg 305w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja1-282x300.jpg 282w\" sizes=\"(max-width: 305px) 94vw, 305px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1733\" class=\"wp-caption-text\">120 rue Lafayette.<\/figcaption><\/figure><em>Par-del\u00e0 toutes sortes de go\u00fbts que je me connais, d&rsquo;affinit\u00e9s que je me sens, d&rsquo;attirances que je subis, d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qui m&rsquo;arrivent et n&rsquo;arrivent qu&rsquo;\u00e0 moi, par-del\u00e0 quantit\u00e9 de mouvements que je me vois faire, d&rsquo;\u00e9motions que je suis seul \u00e0 \u00e9prouver, je m&rsquo;efforce, par rapport aux autres hommes, de savoir en quoi consiste, sinon \u00e0 quoi tient, ma diff\u00e9renciation. N&rsquo;est-ce pas dans la mesure exacte o\u00f9 je prendrai conscience de cette diff\u00e9renciation que je me r\u00e9v\u00e8lerai ce qu&rsquo;entre tous les autres je suis venu faire en ce monde et de quel message unique je suis porteur pour ne pouvoir r\u00e9pondre de son sort que sur ma t\u00eate ?<\/em> (<em>Nadja<\/em>, Folio, p. 11).<\/p>\n<p>Ce que nous allons faire ensemble est donc banni d&#8217;embl\u00e9e par Andr\u00e9 Breton : marcher sur ses traces et celles de Nadja, revoir les lieux et \u00e9voquer les \u00e9v\u00e9nements qu&rsquo;ils ont travers\u00e9s. Cela ne doit pas \u00eatre une tentative de nous approprier une histoire qui n&rsquo;est pas la n\u00f4tre, mais d&rsquo;assister \u00e0 une exp\u00e9rience, afin de tenter \u00e9ventuellement de la reproduire soi-m\u00eame ailleurs. Presque tous les lieux d\u00e9crits dans <em>Nadja<\/em> sont publics et ouverts, comme pour dire qu&rsquo;ils sont accessibles sans condition \u00e0 quiconque veut s&rsquo;y pr\u00e9senter : rues, places, th\u00e9\u00e2tres, caf\u00e9s&#8230; l&rsquo;exp\u00e9rience propos\u00e9e au lecteur est \u00e0 la fois plus facile et plus difficile qu&rsquo;un simple p\u00e8lerinage sur les lieux d&rsquo;une histoire. C&rsquo;est en tout cas, si elle se produit, une exp\u00e9rience r\u00e9ellement personnelle et unique. Aucune condition n&rsquo;est donc requise pour qu&rsquo;elle se r\u00e9alise, et c&rsquo;est pourquoi elle peut tout aussi bien ne pas avoir lieu.<\/p>\n<p><em>J&rsquo;esp\u00e8re, en tout cas, que la pr\u00e9sentation d&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;observations de cet ordre et de celle qui va suivre sera de nature \u00e0 pr\u00e9cipiter quelques hommes dans la rue, apr\u00e8s leur avoir fait prendre conscience, sinon du n\u00e9ant, du moins de la grave insuffisance de tout calcul soi-disant rigoureux sur eux-m\u00eames, de toute action qui exige une application suivie, et qui a pu \u00eatre pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e. Autant en emporte le vent du moindre fait qui se produit, s&rsquo;il est vraiment impr\u00e9vu.<\/em> (<em>Nadja<\/em> p. 68).<\/p>\n<p><strong>1.<\/strong>\tPour rappeler bri\u00e8vement le cadre de <em>Nadja<\/em>, rendons-nous &#8211; avec toutes ces pr\u00e9cautions \u00e0 l&rsquo;esprit &#8211; devant le <strong>120 rue Lafayette<\/strong>. C&rsquo;\u00e9tait en 1926 la librairie du journal <em>L&rsquo;Humanit\u00e9<\/em>. C&rsquo;est, quatre-vingt apr\u00e8s, toujours un local g\u00e9r\u00e9 par le parti communiste. Si le rez-de-chauss\u00e9e a chang\u00e9, la fa\u00e7ade des \u00e9tages sup\u00e9rieurs est telle qu&rsquo;elle appara\u00eet sur la photo dans Nadja. Les immeubles autour sont ceux qu&rsquo;a vus Breton. Ils datent des ann\u00e9es 1840-1900.<\/p>\n<p>[&#8230;] <em>tous les empiriques du roman qui pr\u00e9tendent mettre en sc\u00e8ne des personnages distincts d&rsquo;eux-m\u00eames et les campent physiquement, moralement, \u00e0 leur mani\u00e8re, pour les besoins de quelle cause on pr\u00e9f\u00e8re ne pas le savoir. D&rsquo;un personnage r\u00e9el, duquel ils croient ils croient avoir quelque aper\u00e7u, ils font deux personnages de leur histoire ; de deux, sans plus de g\u00eane, ils en font un. Et l&rsquo;on se donne la peine de discuter ! Quelqu&rsquo;un sugg\u00e9rait \u00e0 un auteur de ma connaissance, \u00e0 propos d&rsquo;un ouvrage de lui qui allait para\u00eetre et dont l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne pouvait trop bien \u00eatre reconnue, de changer au moins encore la couleur de ses cheveux. Blonde, elle e\u00fbt chance, para\u00eet-il, de ne pas trahir une femme brune. Eh bien, je ne trouve pas cela enfantin, je trouve cela scandaleux. Je persiste \u00e0 r\u00e9clamer les noms, \u00e0 ne m&rsquo;int\u00e9resser qu&rsquo;aux livres qu&rsquo;on laisse battants comme des portes, et desquels on n&rsquo;a pas \u00e0 chercher la cl\u00e9.<\/em> (pp. 17-18).<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1734\" aria-describedby=\"caption-attachment-1734\" style=\"width: 303px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1734\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja4.jpg\" alt=\"Dans la cour du 16 rue de la Grange bateli\u00e8re\" title=\"Dans la cour du 16 rue de la Grange bateli\u00e8re\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"303\" height=\"413\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja4.jpg 303w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja4-220x300.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 303px) 94vw, 303px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1734\" class=\"wp-caption-text\">Dans la cour du 16 rue de la Grange bateli\u00e8re<\/figcaption><\/figure>Breton parle donc en son nom dans <em>Nadja<\/em>, et cette derni\u00e8re, dont aucune photo ne figure dans le livre, est donc blonde comme il nous l&rsquo;indique un peu plus loin.<br \/>\nCe qui est \u00e9crit ou montr\u00e9 \u00e0 travers les photos a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement v\u00e9cu et est localisable et identifiable. Le ton est celui d&rsquo;une description clinique (Breton a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudiant en m\u00e9decine).<\/p>\n<p>Andr\u00e9 croise Nadja le 4 octobre 1926 <strong>sur la place Franz Liszt<\/strong>, qu&rsquo;il ne nomme pas mais que l&rsquo;on identifie ais\u00e9ment. <\/p>\n<p><em>Le 4 octobre dernier, \u00e0 la fin d&rsquo;un de ces apr\u00e8s-midi tout \u00e0 fait d\u00e9soeuvr\u00e9s et tr\u00e8s mornes, comme j&rsquo;ai le secret d&rsquo;en passer, je me trouvais rue Lafayette : apr\u00e8s m&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9 quelques minutes devant la vitrine de la librairie de L&rsquo;Humanit\u00e9 et avoir fait l&rsquo;acquisition du dernier ouvrage de Trotski, sans but je poursuivais ma route dans la direction de l&rsquo;Op\u00e9ra.<\/em> (p. 71).<\/p>\n<p>(&#8230; dont on aper\u00e7oit d&rsquo;ailleurs le toit depuis le trottoir en face de la librairie).<br \/>\n<br \/>Il croise une jeune femme mal habill\u00e9e, qui le regarde aussi. Il la salue et elle lui sourit, <em>comme en connaissance de cause<\/em>. Il l&rsquo;invite \u00e0 s&rsquo;asseoir \u00e0 la terrasse d&rsquo;un caf\u00e9. C&rsquo;est le d\u00e9but d&rsquo;une relation dont Breton se lasse au bout de quelques jours, mais qui perdure quelques semaines pour cesser fin 1926. Breton a \u00e9prouv\u00e9 une passion qui n&rsquo;est pas enti\u00e8rement amoureuse. Il ne veut pas \u00eatre entra\u00een\u00e9 par la folie de Nadja (tout comme il chasse Antonin Artaud du groupe surr\u00e9aliste en novembre 1926, de peur d&rsquo;\u00eatre entra\u00een\u00e9 trop loin). Nadja fait ensuite un s\u00e9jour de quatorze mois en asile psychiatrique, o\u00f9 Breton ne viendra pas la voir ; elle atterrit dans un h\u00f4pital de Lille en 1928 et d\u00e9c\u00e8de d&rsquo;un cancer en 1941. Breton s&rsquo;installe en ao\u00fbt 1927 dans le manoir d&rsquo;Ango \u00e0 Varengeville-sur-Mer pour \u00e9crire son histoire \u00ab \u00e0 chaud \u00bb.<br \/>\n<br \/>Cette histoire d&rsquo;une rencontre est \u00e0 la fois l&rsquo;histoire d&rsquo;un \u00e9chec et d&rsquo;une renaissance. Nadja et Andr\u00e9 se s\u00e9parent ; elle s&rsquo;enfonce dans sa pauvret\u00e9 et sa folie ; Andr\u00e9 peine finalement \u00e0 comprendre le discours et les dessins de Nadja ; il d\u00e9cide de rester du c\u00f4t\u00e9 abrit\u00e9 de la folie. Mais le r\u00e9cit se conclut par un nouveau d\u00e9part, puisqu&rsquo;Andr\u00e9 abandonne Nadja pour une autre femme, Suzanne Musard.<\/p>\n<p><strong>2.<\/strong>\tApr\u00e8s la librairie de <em>L&rsquo;Humanit\u00e9<\/em> et la place Liszt, rendons-nous \u00e0 une nouvelle \u00e9tape et explorons pourquoi Breton fait de ce quartier un quartier de choix pour les rencontres et les manifestations du hasard.<br \/>\n<br \/>Le 5 octobre, lendemain de leur premi\u00e8re rencontre, Andr\u00e9 et Nadja se retrouvent \u00e0 la brasserie de la Nouvelle-France, <strong>\u00e0 l&rsquo;angle de la rue La Fayette et de la rue du Faubourg-Poissonni\u00e8re<\/strong> (actuellement un restaurant asiatique).<\/p>\n<p>Pourquoi Breton cherche-t-il l&rsquo;aventure dans ce quartier ?<\/p>\n<p>Pour Aragon, Soupault, Breton et les surr\u00e9alistes, la d\u00e9ambulation dans les rues est le cadre privil\u00e9gi\u00e9 d&rsquo;une exp\u00e9rience toujours renouvel\u00e9e. En qu\u00eate de myst\u00e8re \u00e0 travers le spectacle renouvel\u00e9 de la ville, les surr\u00e9alistes fuient les rues fig\u00e9es par l&rsquo;histoire[[Les rares r\u00e9f\u00e9rences des surr\u00e9alistes \u00e0 l&rsquo;histoire concernent des \u00e9poques de r\u00e9volte intemporelles (la R\u00e9volution fran\u00e7aise ou la Commune de Paris, chez Desnos et Soupault). Lorsque Breton s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 un monument historique comme la tour Saint-Jacques, c&rsquo;est en lui conf\u00e9rant un pouvoir magique \u00e9ternel. Son rejet de la m\u00e9moire et de l&rsquo;histoire lui fera m\u00eame employer l&rsquo;expression \u00ab il y aura une fois \u00bb.]] ou par un charme po\u00e9tique, auxquelles ils pr\u00e9f\u00e8rent les endroits de passage, aliment\u00e9s par un mouvement humain qui est n\u00e9cessaire \u00e0 leur recherche, comme les gares du Nord et de l&rsquo;Est ou la place Liszt.<br \/>\n<br \/>Breton habite depuis 1922 non loin, 42 rue Fontaine. <\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1735\" aria-describedby=\"caption-attachment-1735\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1735\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja2.jpg\" alt=\"L'entr\u00e9e du passage Verdeau rue de la Grange bateli\u00e8re\" title=\"L'entr\u00e9e du passage Verdeau rue de la Grange bateli\u00e8re\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"300\" height=\"390\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja2.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja2-231x300.jpg 231w\" sizes=\"(max-width: 300px) 94vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1735\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;entr\u00e9e du passage Verdeau rue de la Grange bateli\u00e8re<\/figcaption><\/figure><em>On peut, en attendant, \u00eatre s\u00fbr de me rencontrer dans Paris, de ne pas passer plus de trois jours sans me voir aller et venir, vers la fin de l&rsquo;apr\u00e8s-midi, boulevard Bonne-Nouvelle entre l&rsquo;imprimerie du Matin et le boulevard de Strasbourg. Je ne sais pourquoi c&rsquo;est l\u00e0, en effet, que mes pas me portent, que je me rends presque toujours sans but d\u00e9termin\u00e9, sans rien de d\u00e9cidant que cette donn\u00e9e obscure, \u00e0 savoir que c&rsquo;est l\u00e0 que se passera cela (?). Je ne vois gu\u00e8re, sur ce rapide parcours, ce qui pourrait, m\u00eame \u00e0 mon insu, constituer pour moi un p\u00f4le d&rsquo;attraction, ni dans l&rsquo;espace ni dans le temps. Non : pas m\u00eame la tr\u00e8s belle et tr\u00e8s inutile Porte Saint-Denis.<\/em> (P. 38)<\/p>\n<p>Le seul monument historique du quartier que mentionne Breton est la porte Saint-Denis, porte de Paris d\u00e9sormais inutile et dont le myst\u00e8re l&rsquo;attire.<br \/>\n<br \/>Il y a aussi, au d\u00e9but du r\u00e9cit, la statut d&rsquo;\u00c9tienne Dolet, place Maubert, qui l&rsquo;attire et le rend \u00e0 la fois mal \u00e0 l&rsquo;aise. L\u00e0 non plus, Breton ni ne remonte dans le pass\u00e9, ni n&rsquo;explique l&rsquo;origine de son malaise. Il se contente de constater.<br \/>\n<br \/>Tout comme, plus loin lorsqu&rsquo;ils se retrouvent place Dauphine, Nadja <em>se trouble \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de ce qui s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 sur cette place<\/em>&#8230; mais ni elle ni lui n&rsquo;en disent davantage.<\/p>\n<p>Le hasard joue un tel r\u00f4le dans la vie de Breton qu&rsquo;il en devient l&rsquo;objet de son \u00e9criture, qu&rsquo;il le nomme \u00ab faits-glissades\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0faits-pr\u00e9cipices\u00a0\u00bb dans Nadja ou \u00ab\u00a0hasard objectif\u00a0\u00bb [[Qu&rsquo;il d\u00e9finit ainsi dans <em>L&rsquo;Amour fou<\/em> : \u00ab\u00a0forme de manifestation de la n\u00e9cessit\u00e9 ext\u00e9rieure qui se fraie un chemin dans l&rsquo;inconscient humain\u00a0\u00bb.]]dans <em>Les Vases communicants<\/em> (1932) et <em>L&rsquo;Amour fou<\/em> (1937). Il s&rsquo;agit dans la vie et dans la rue d&rsquo;\u00eatre aussi attentif aux signes que l&rsquo;on peut rencontrer que, dans l&rsquo;\u00e9criture automatique, de parvenir \u00e0 exprimer ses pens\u00e9es en-dehors de tout contr\u00f4le de la conscience.<\/p>\n<p><em>Je n&rsquo;ai dessein que de relater, en marge du r\u00e9cit que je vais entreprendre, que les \u00e9pisodes les plus marquants de ma vie telle que je peux la concevoir hors de son plan organique, soit dans la mesure m\u00eame o\u00f9 elle est livr\u00e9e aux hasards, au plus petit comme au plus grand, o\u00f9 regimbant contre l&rsquo;id\u00e9e commune que je m&rsquo;en fais, elle m&rsquo;introduit dans un monde comme d\u00e9fendu qui est celui des rapprochements soudains, des p\u00e9trifiantes co\u00efncidences, des r\u00e9flexes primant tout autre essor du mental, des accords plaqu\u00e9s comme au piano, des \u00e9clairs qui feraient voir, mais alors voir, s&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient encore plus rapides que les autres. [&#8230;] Il s&rsquo;agit de faits qui, fussent-ils de l&rsquo;ordre de la constatation pure, pr\u00e9sentent chaque fois toutes les apparences d&rsquo;un signal, sans qu&rsquo;on puisse dire au juste de quel signal, qui font qu&rsquo;en pleine solitude, je me d\u00e9couvre d&rsquo;invraisemblables complicit\u00e9s, qui me convainquent de mon illusion toutes les fois que je me crois seul \u00e0 la barre du navire.<\/em> (p. 19-20).<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de <em>Nadja<\/em>, Breton expose plusieurs faits-glissades : les rencontres avec Paul Eluard [[D&rsquo;abord \u00e0 la premi\u00e8re d&rsquo;une pi\u00e8ce d&rsquo;Apollinaire au th\u00e9\u00e2tre Ren\u00e9e-Maubel, 10-12 rue de l&rsquo;Arm\u00e9e d&rsquo;Orient \u00e0 Montmartre, puis \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel des Grands hommes, place du Panth\u00e9on, o\u00f9 il occupe une chambre de septembre 1918 &#8211; il est alors encore infirmier au Val-de-Gr\u00e2ce &#8211; jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1920.]] et Benjamin P\u00e9ret, l&rsquo;apparition du pr\u00e9nom H\u00e9l\u00e8ne, dans lequel Nadja dit se reconna\u00eetre, l&rsquo;image du jet d&rsquo;eau \u00e9voqu\u00e9e par Nadja, etc.<br \/>\n<br \/>Dans <em>L&rsquo;Amour fou<\/em>, c&rsquo;est un po\u00e8me \u00e9crit en 1923 qui ne prend sens qu&rsquo;en 1934 lors de la rencontre avec Jacqueline Lamba. Cette fois, Breton explique pr\u00e9cis\u00e9ment pourquoi.<\/p>\n<p>Breton est intrigu\u00e9 et attir\u00e9 par Nadja, qui concentre de multiples dons \u00e0 ses yeux. Elle est voyante (elle devine des \u00e9v\u00e9nement \u00e0 l&rsquo;avance, voit des objets qu&rsquo;elle ne peut conna\u00eetre, voit ce que les autres ne voient pas), elle fait surgir les co\u00efncidences, r\u00e9v\u00e8lant ainsi la n\u00e9cessit\u00e9 du hasard. M\u00eame lorsqu&rsquo;un rendez-vous a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 avec Andr\u00e9, elle est capable de le retrouver ailleurs plus t\u00f4t, comme si de toute fa\u00e7on leur rencontre \u00e9tait in\u00e9vitable.<\/p>\n<p>Breton pense que, \u00e0 la diff\u00e9rence de l&rsquo;homme, la femme a conserv\u00e9 avec la nature un lien qui lui permet de voir plus loin que l&rsquo;ordre \u00e9tabli par l&rsquo;esprit masculin. Le r\u00e9cit de <em>Nadja<\/em> est \u00e9maill\u00e9 d&rsquo;\u00e9nigmatiques dessins de la jeune femme, reproduits dans l&rsquo;ouvrage sans gu\u00e8re de commentaire ou d&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1736\" aria-describedby=\"caption-attachment-1736\" style=\"width: 290px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1736\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja3.jpg\" alt=\"En face, l'entr\u00e9e du passage Jouffroy\" title=\"En face, l'entr\u00e9e du passage Jouffroy\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"290\" height=\"390\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja3.jpg 290w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_nadja3-223x300.jpg 223w\" sizes=\"(max-width: 290px) 94vw, 290px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1736\" class=\"wp-caption-text\">En face, l&rsquo;entr\u00e9e du passage Jouffroy<\/figcaption><\/figure><strong>3.<\/strong>\t\u00c0 son arriv\u00e9e \u00e0 Paris, Nadja a habit\u00e9 plusieurs mois au Sphinx-H\u00f4tel, qui n&rsquo;existe plus <strong>106 boulevard de Magenta<\/strong>, mais dont on voit encore les t\u00eates de Sphinx sur la fa\u00e7ade, \u00e0 comparer avec la photo figurant page 121.<\/p>\n<p>Les reproductions des photos de lieux dans <em>Nadja<\/em> pourraient inciter le lecteur \u00e0 faire ce que nous faisons : tenter de les retrouver aujourd&rsquo;hui, les situer pr\u00e9cis\u00e9ment, les comparer au pass\u00e9. Breton nous a bien mis en garde contre ce type de p\u00e8lerinage. Voir ces photos aujourd&rsquo;hui est \u00e9galement trompeur. Elles ont pour nous le charme d&rsquo;un Paris disparu alors qu&rsquo;elles \u00e9taient des photos d&rsquo;actualit\u00e9 lorsque Nadja a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1927. C&rsquo;est plut\u00f4t leur objectif : montrer la ville telle qu&rsquo;elle est apparue \u00e0 Andr\u00e9 et Nadja.<\/p>\n<p><strong>4.<\/strong>\tNous pouvons \u00e9galement faire \u00e9tape <strong>16 rue de la Grange bateli\u00e8re<\/strong>, o\u00f9 \u00e9tait alors situ\u00e9e la salle de l&rsquo;Agence g\u00e9n\u00e9rale cin\u00e9matographique (cf. p. 39 de <em>Nadja<\/em>), o\u00f9 Breton est all\u00e9 voir le film <em>L&rsquo;\u00c9treinte de la pieuvre<\/em>, feuilleton aux rebondissements invraisemblables dict\u00e9s par \u00ab\u00a0la providence\u00a0\u00bb (Breton, de toute fa\u00e7on, ne consulte jamais le programme avant de rentrer dans une salle de cin\u00e9ma).<\/p>\n<p>Dans cette rue se trouvent les acc\u00e8s aux passages Verdeau et Jouffroy.<br \/>\n<br \/>C\u00e9l\u00e9br\u00e9s en particulier par Aragon dans <em>Le Paysan de Paris<\/em>, les passages sont le lieu de l&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, de la transformation, du mouvement, lieux \u00ab\u00a0hostiles \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;habitudes\u00a0\u00bb (Marie-Claire Bancquart dans <em>Paris des surr\u00e9alistes<\/em>, comme le m\u00e9tro chez Desnos (que fr\u00e9quente \u00e9galement Nadja), les gares chez Crevel, les tramways et autobus chez P\u00e9ret et Soupault, les ponts chez Soupault.<br \/>\n<br \/>Le passage Jouffroy conduit au mus\u00e9e Gr\u00e9vin, \u00e9voqu\u00e9 bri\u00e8vement \u00e0 la fin de <em>Nadja<\/em>. Dans le passage Verdeau flotte le souvenir de Lautr\u00e9amont, dont la librairie Gabrie, situ\u00e9e au n\u00b025 du passage (aujourd&rsquo;hui le restaurant Verdeau), a \u00e9dit\u00e9 les po\u00e9sies en 1870.<\/p>\n<p><strong>5.<\/strong>\tDe 1922 \u00e0 sa mort en 1966, Andr\u00e9 Breton vit <strong>42 rue Fontaine<\/strong>. Il y re\u00e7oit Nadja. <\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il rencontre Nadja en octobre 1926, il est mari\u00e9 avec Simone Kahn depuis 1921 et est le chef du jeune groupe surr\u00e9aliste. \u00c0 partir de cette rencontre, il organise pendant quelques semaines sa vie familiale et ses activit\u00e9s avec le groupe autour de Nadja. La relation qui devient rapidement difficile avec celle-ci a des r\u00e9percussions sur ces activit\u00e9s. Breton participe par exemple \u00e0 un beau chahut le 7 novembre 1926 \u00e0 la Com\u00e9die des Champs-Elys\u00e9es lors des \u00ab\u00a0danses surr\u00e9alistes\u00a0\u00bb pr\u00e9sent\u00e9es par la danseuse Valeska Gert. Bient\u00f4t, il remplace sa passion pour Nadja par une passion pour le parti communiste. Et, au sein du groupe surr\u00e9aliste, les relations se tendent. Artaud et Soupault en sont exclus en novembre 1926.<\/p>\n<p>Lorsque Breton re\u00e7oit Nadja chez lui, rue Fontaine, elle interpr\u00e8te divers objets du mus\u00e9e personnel de l&rsquo;\u00e9crivain, dont plusieurs sont reproduits en photo dans le livre. La salle 22 du 5\u00e8me \u00e9tage du Centre pompidou continue de nombreux objets de ce mus\u00e9e vivant de la rue Fontaine que Breton entretenait tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement (mais pas d&rsquo;objet que l&rsquo;on trouve reproduit dans <em>Nadja<\/em>).<\/p>\n<p><strong>6.<\/strong>\tQuelques dizaines de m\u00e8tres plus haut, <strong>\u00e0 l&rsquo;angle de la rue Lepic et du boulevard de Clichy<\/strong> se trouvait le caf\u00e9 Cyrano, lieu de r\u00e9union du groupe surr\u00e9aliste et, bien s\u00fbr, lieu de rencontres pour Breton.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1737\" aria-describedby=\"caption-attachment-1737\" style=\"width: 250px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1737\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_henri.jpg\" alt=\"L'h\u00f4tel Henri IV, place dauphine, o\u00f9 a s\u00e9journ\u00e9 Nadja.\" title=\"L'h\u00f4tel Henri IV, place dauphine, o\u00f9 a s\u00e9journ\u00e9 Nadja.\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"250\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_henri.jpg 250w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/06\/jpg_henri-188x300.jpg 188w\" sizes=\"(max-width: 250px) 94vw, 250px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1737\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;h\u00f4tel Henri IV, place dauphine, o\u00f9 a s\u00e9journ\u00e9 Nadja.<\/figcaption><\/figure>On l&rsquo;a vu un peu au d\u00e9but de <em>Nadja<\/em>, les relations entre Breton, Eluard et P\u00e9ret sont n\u00e9es de co\u00efncidences. Le surr\u00e9alisme ne serait ainsi pas n\u00e9 d&rsquo;un programme litt\u00e9raire, mais de rencontres inattendues.<br \/>\n<br \/>De m\u00eame, les diff\u00e9rentes femmes qui ont crois\u00e9 la route de Breton ont, pour la plupart, \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9es \u00ab\u00a0par hasard\u00a0\u00bb. Simone Kahn, qu&rsquo;il \u00e9pouse en 1921, a \u00e9t\u00e9 crois\u00e9e au jardin du Luxembourg (ils se s\u00e9pareront en 1928 et divorceront en 1931) ; il \u00e9prouve une passion pour Lise Deharme, apparue un jour au Bureau de recherches surr\u00e9alistes 15 rue de Grenelle ; Suzanne Muzard lui est pr\u00e9sent\u00e9e par Emmanuel Berl au Caf\u00e9 Cyrano en novembre 1927 et c&rsquo;est le coup de foudre ; il rencontre Jacqueline Lamba le 29 mai 1934 et cela donne <em>L&rsquo;Amour fou<\/em>. Il rencontre Elisa, sa derni\u00e8re femme dont un portrait figure dans la salle 22 du centre Pompidou, en 1943 aux Etats-Unis.<\/p>\n<p><strong>7.<\/strong>\tDerni\u00e8re \u00e9tape de notre parcours : le 21 mars 1927, le patron d&rsquo;un h\u00f4tel de la <strong>rue Becquerel<\/strong> (est-ce celui du 4 rue Becquerel ?) o\u00f9 Nadja  a \u00e9chou\u00e9, appelle la police apr\u00e8s, sans doute, une crise de folie de la jeune femme. Nadja est transport\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Infirmerie du d\u00e9p\u00f4t de la pr\u00e9fecture de police puis \u00e0 l&rsquo;Hospice Sainte-Anne. Trois jours plus tard, elle est intern\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Perray-Vaucluse, pr\u00e8s d&rsquo;\u00c9pinay-sur-Orge et y reste un an, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que ses parents la fassent transporter dans un asile psychiatrique \u00e0 Lille.<br \/>\n<br \/>\u00c0 noter, Paul Eluard vit entre 1932 et 1934 au 1er \u00e9tage du 7 rue Becquerel.<\/p>\n<p>Breton s&rsquo;est donc \u00e9loign\u00e9 de la jeune femme par crainte de sa folie, mais aussi parce qu&rsquo;il se sent impuissant \u00e0 l&rsquo;aider autrement qu&rsquo;en la secourant mat\u00e9riellement; il avoue \u00e9galement avoir sous-estim\u00e9 la gravit\u00e9 de son \u00e9tat.<\/p>\n<p>[&#8230;] <em>il m&rsquo;e\u00fbt fallu tout d&rsquo;abord prendre conscience du p\u00e9ril qu&rsquo;elle courait. Or, je n&rsquo;ai jamais suppos\u00e9 qu&rsquo;elle p\u00fbt perdre ou e\u00fbt d\u00e9j\u00e0 perdu la faveur de cet instinct de conservation &#8211; auquel je me suis d\u00e9j\u00e0 r\u00e9f\u00e9r\u00e9 &#8211; et qui fait qu&rsquo;apr\u00e8s tout mes amis et moi, nous nous tenons bien &#8211; nous bornant \u00e0 d\u00e9tourner la t\u00eate &#8211; sur le passage d&rsquo;un drapeau, qu&rsquo;en toute occasion nous ne prenons pas \u00e0 partie qui bon nous semblerait, que nous ne nous donnons pas la joie sans pareille de commettre quelque beau \u00ab\u00a0sacril\u00e8ge\u00a0\u00bb, etc<\/em>. (<em>Nadja<\/em>, p. 169).<\/p>\n<hr \/>\n<p>La \u00ab\u00a0carte du tendre\u00a0\u00bb du Paris d&rsquo;Andr\u00e9 Breton est, on l&rsquo;a compris, difficile \u00e0 figer dans le marbre. Les lieux ne sont pas \u00e0 gagner ou \u00e0 fuir en eux-m\u00eames, mais parce qu&rsquo;ils sont plus ou moins favorables \u00e0 l&rsquo;\u00e9closion du hasard. Les lieux de transport sont \u00e0 privil\u00e9gier : passages, places, rues, terrasses des caf\u00e9s, cin\u00e9mas, th\u00e9\u00e2tres, h\u00f4tels, jardins, gares, m\u00e9tro&#8230; Certains lieux indisposent cependant Breton, sans qu&rsquo;il puisse (ou qu&rsquo;il ne veuille) bien pr\u00e9ciser pourquoi : la place Maubert avec la statue d&rsquo;Etienne Dolet, la place Dauphine.<br \/>\n<br \/>Quelques rares lieux semblent magiques en eux-m\u00eames, tel la Tour Saint-Jacques.<\/p>\n<p>On est loin du Paris (et en particulier de ce m\u00eame X\u00e8me arrondissement) arpent\u00e9 par un autre pi\u00e9ton de la capitale : L\u00e9on-Paul Fargue.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1221\" aria-describedby=\"caption-attachment-1221\" style=\"width: 1627px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1221\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Cyrano.jpg\" alt=\"Le caf\u00e9 Cyrano.\" title=\"Le caf\u00e9 Cyrano.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"1627\" height=\"1036\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1221\" class=\"wp-caption-text\">Le caf\u00e9 Cyrano.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_1222\" aria-describedby=\"caption-attachment-1222\" style=\"width: 1299px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1222\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Enfer_Ciel.jpg\" alt=\"Les cabarets du Ciel et de l'Enfer, en bas du 42 rue Fontaine.\" title=\"Les cabarets du Ciel et de l'Enfer, en bas du 42 rue Fontaine.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"1299\" height=\"811\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1222\" class=\"wp-caption-text\">Les cabarets du Ciel et de l&rsquo;Enfer, en bas du 42 rue Fontaine.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans Nadja et ses oeuvres des ann\u00e9es vingt, Andr\u00e9 Breton exp\u00e9rimente un rapport aux lieux (et en particulier [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1733,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[24,21],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/428"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=428"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/428\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1733"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=428"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=428"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=428"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}