{"id":43,"date":"2003-08-14T19:32:09","date_gmt":"2003-08-14T17:32:09","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/benjamin-constant\/"},"modified":"2023-04-28T15:53:06","modified_gmt":"2023-04-28T13:53:06","slug":"benjamin-constant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/benjamin-constant\/","title":{"rendered":"Benjamin CONSTANT"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1235\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_constant.jpg\" alt=\"constant.jpg\" width=\"410\" height=\"310\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_constant.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_constant-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><\/p>\n<div align=\"center\">Le ch\u00e2teau d&rsquo;H\u00e9rivaux.<\/div>\n<div align=\"right\"><b><i>\u00ab Servons la bonne cause et servons-nous. \u00bb<\/i><br \/>\nBenjamin Constant.<\/b><\/div>\n<div align=\"right\"><b><i>\u00ab Adolphe, c&rsquo;est lui ; l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne d&rsquo;Adolphe, c&rsquo;est Mme de Sta\u00ebl.<br \/>\nAussi la vie de Benjamin Constant fut-elle, non point la vie d&rsquo;un homme, mais celle d&rsquo;une femme,<br \/>\nc&rsquo;est-\u00e0-dire un compos\u00e9 de contradictions et de faiblesses. \u00bb<\/i><br \/>\nAlexandre Dumas, <i>Mes M\u00e9moires<\/i>, chap. CLXXX.<\/b><\/div>\n<p>Attention ! Ne vous aventurez pas jusqu&rsquo;\u00e0 H\u00e9rivaux ! Vous risqueriez de tomber amoureux d&rsquo;un lieu qui a conserv\u00e9 son caract\u00e8re sauvage d&rsquo;il y a deux si\u00e8cles&#8230;<br \/>\nL&rsquo;acc\u00e8s au ch\u00e2teau est long et magnifique, mais peu avenant : au bout d&rsquo;un beau chemin qui traverse les champs vous attend une bifurcation vers deux autres chemins&#8230; tous deux en sens interdit ! Il faut prendre celui de droite, \u00e0 pieds.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme dont la vie sentimentale qu&rsquo;il raconte dans ses <em>Journaux intimes<\/em> et, de fa\u00e7on romanc\u00e9e et dramatique dans <em>Adolphe<\/em>, aurait fait le bonheur des paparazzi est n\u00e9 \u00e0 Lausanne le 25 octobre 1767 (\u00e0 cette \u00e9poque, son compatriote Jean-Jacques Rousseau se cache \u00e0 Trie-Ch\u00e2teau&#8230;).<\/p>\n<p>Orphelin de m\u00e8re, Benjamin Constant montre tr\u00e8s vite un esprit vif, rendu plus vif encore par une jeunesse cosmopolite. La modestie ne fait pas partie de son vocabulaire, pas plus que la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ni&#8230; la constance, car il est aux prises avec un fort d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre reconnu&#8230;<\/p>\n<p>Il arrive \u00e0 Paris en 1795 en compagnie de Germaine de Sta\u00ebl, dont il a fait la connaissance un an plus t\u00f4t dans le ch\u00e2teau de celle-ci, \u00e0 Coppet, et qu&rsquo;il d\u00e9crit sous les traits de Mme de Malb\u00e9e dans C\u00e9cile, son roman posthume.<\/p>\n<p>Il ach\u00e8te les restes de l&rsquo;Abbaye d&rsquo;H\u00e9rivaux en 1796. D\u00e9cid\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0percer\u00a0\u00bb en politique, il estime que ce domaine de jardins, de terres, de vignes et de bois \u00e0 huit lieux de Paris l&rsquo;aidera \u00e0 obtenir la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise et la reconnaissance de ses pairs. Cherchant l&rsquo;isolement et la tranquillit\u00e9, il emm\u00e9nage dans l&rsquo;aile encore debout d&rsquo;un b\u00e2timent annexe, coeur de ce qui deviendra plus tard le ch\u00e2teau. Il y installe sa biblioth\u00e8que, et poursuit la d\u00e9molition d&rsquo;autres parties de l&rsquo;ancienne abbaye (dont les restes qui entourent l&rsquo;\u00e9glise du XII\u00e8me si\u00e8cle sont actuellement visibles derri\u00e8re le ch\u00e2teau). Madame de Sta\u00ebl s\u00e9journe quelques mois \u00e0 H\u00e9rivaux en 1797 puis 1798. Une fille, Albertine, na\u00eet de son union avec Benjamin. Leur amour dure quatre-cinq ans et sera suivi de relations espac\u00e9es et tumultueuses pendant une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 H\u00e9rivaux, Constant r\u00e9dige <em>Des r\u00e9actions politiques<\/em> et <em>Des effets de la Terreur<\/em>.<\/p>\n<p>En 1796 est publi\u00e9 son essai <em>De la force du gouvernement actuel de la France et de la n\u00e9cessit\u00e9 de s&rsquo;y rallier<\/em>, qui le rend c\u00e9l\u00e8bre aussit\u00f4t.<\/p>\n<p>Par l&rsquo;entremise de Germaine, il est nomm\u00e9 fin 1799 au Tribunat, une assembl\u00e9e l\u00e9gislative qui si\u00e8ge au Palais-Royal et s&rsquo;\u00e9teindra en 1807. Mais \u00eatre li\u00e9 \u00e0 Mme de Sta\u00ebl et \u00eatre \u00ab lib\u00e9ral \u00bb, ce n&rsquo;est pas mettre tous les atouts dans son jeu face \u00e0 Bonaparte\u0085 De plus, sans tarder, Benjamin se fait remarquer par ses prises de position pour les libert\u00e9s et contre ce dernier, qui obtient en 1802 l&rsquo;\u00e9viction de Constant du Tribunat en 1802.<\/p>\n<p>Mme de Sta\u00ebl est chass\u00e9e de Paris fin 1803 (son mari est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en mai 1802) et Constant prend \u00e9galement le chemin de la Suisse. Jusqu&rsquo;\u00e0 la chute de l&rsquo;Empire en 1814, ces deux exil\u00e9s partagent ou non leur exil, en fonction de l&rsquo;humeur.<\/p>\n<p>Benjamin aimerait bien \u00e9pouser Germaine, mais une baronne n&rsquo;\u00e9pouse pas un parvenu.<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier 1802, il vend le domaine d&rsquo;H\u00e9rivaux, trop co\u00fbteux \u00e0 entretenir, et ach\u00e8te la propri\u00e9t\u00e9 des Herbages, pr\u00e8s de Saint-Martin-du-Tertre dans la for\u00eat de Carnelle. <em>\u00ab\u00a0Un ruisseau, un bois, une prairie, une petite maison de paysans, voil\u00e0 tout mon domaine\u00a0\u00bb<\/em>. En 1810, des pertes graves au jeu l&rsquo;obligent \u00e0 vendre la propri\u00e9t\u00e9 dont il ne reste rien aujourd&rsquo;hui (elle devait se situer entre la fontaine du Sure et le chemin du Christ).<\/p>\n<p>Il attend 1815 pour \u00eatre un \u00ab vrai \u00bb homme politique et \u00eatre nomm\u00e9 au Conseil d&rsquo;Etat\u0085<\/p>\n<p>Toute sa vie, Constant est joueur. Il perd au jeu des sommes colossales. Et la politique est \u00e0 ses yeux bien s\u00fbr une affaire de grands principes (Constant est &#8211; comme Chateaubriand &#8211; le grand d\u00e9fenseur des libert\u00e9s), mais aussi de paris sur les hommes. Comment expliquer autrement, par exemple, qu&rsquo;il mise tout sur Napol\u00e9on pendant les Cent jours en 1815, alors qu&rsquo;il a pass\u00e9 les quinze ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e0 le combattre ? En politique comme autour d&rsquo;une table de jeu, son flair est identique : il perd.<\/p>\n<p>En 1816, lorsque Louis XVIII r\u00e9int\u00e8gre ses quartiers apr\u00e8s les Cent jours qui s&rsquo;ach\u00e8vent sur Waterloo, Constant s&rsquo;exile \u00e0 Londres, puis en Belgique. Il regagne Paris en d\u00e9cembre et s&rsquo;engage dans la presse lib\u00e9rale.<\/p>\n<p>En 1819, le voil\u00e0 enfin \u00e9lu d\u00e9put\u00e9. Ses talents d&rsquo;orateur \u00e9galent ceux de sa plume. Une conf\u00e9rence qu&rsquo;il donne en 1819 sous le titre <em>De la libert\u00e9 des anciens compar\u00e9e \u00e0 celle des modernes<\/em> contribue \u00e0 fonder le lib\u00e9ralisme politique en France.<\/p>\n<div align=\"center\">* *<br \/>\n*<\/div>\n<p>Dumas, en suivant les obs\u00e8ques de Constant en 1830, s&rsquo;interroge : pourquoi le peuple le pleure-t-il comme un h\u00e9ros ? Constant \u00e9tait lib\u00e9ral, mais pas r\u00e9publicain. Le peuple lui doit peu (Constant \u00e9tait favorable au suffrage censitaire et non pas universel), si ce n&rsquo;est la d\u00e9fense de la libert\u00e9 de penser, de dire et d&rsquo;\u00e9crire. Et peut-\u00eatre, d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 certes instable, ambitieux, pas toujours clairvoyant et souvent men\u00e9 par les femmes, mais aussi passionn\u00e9 et, malgr\u00e9 tout, un penseur original. Bref, un vrai pr\u00e9romantique.<\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><\/p>\n<p>Entre de nombreux s\u00e9jours en Europe et \u00e0 Coppet (o\u00f9 il croise Chateaubriand), Constant habite plusieurs adresses \u00e0 Paris et en r\u00e9gion parisienne :<br \/>\n&#8211; rue du Bac.<br \/>\n&#8211; 40 rue Neuve des Mathurins (rue des Mathurins).<br \/>\n&#8211; au ch\u00e2teau de Franconville, ch\u00e2teau majestueux et triste situ\u00e9 \u00e0 Saint-Martin du Tertre dans le Val d&rsquo;Oise et qui abrite aujourd&rsquo;hui le centre m\u00e9dical Fernand-Besan\u00e7on. Il y s\u00e9journe avec Mme de Sta\u00ebl.<br \/>\n&#8211; au ch\u00e2teau d&rsquo;Acosta pr\u00e8s de Meulan dans les Yvelines, o\u00f9 il passe l&rsquo;hiver 1806-1807 toujours avec Germaine.<br \/>\n&#8211; 43 rue Neuve-Saint-Augustin (rue Saint-Augustin), \u00e0 partir d&rsquo;avril 1810.<br \/>\n&#8211; le 28 novembre 1814, en pleine passion pour Mme R\u00e9camier, il ach\u00e8te une belle maison \u00e0 Paris, 6 rue Neuve de Berry (aujourd&rsquo;hui rue de Berri).<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><\/p>\n<p>Le ch\u00e2teau d&rsquo;H\u00e9rivaux ne se visite pas. Mais le voir dans son \u00e9crin de verdure vaut le d\u00e9tour.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 voir aux alentours<\/strong><\/p>\n<p>Pr\u00e9sences litt\u00e9raires proches :<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/alexandre-dumas\/\">Dumas<\/a> et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/31\/alfred-de-vigny-a-paris\/\">Vigny<\/a> \u00e0 Valgenceuse,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/daniel-boulanger\/\">Daniel Boulanger<\/a> et Louis Bromfield \u00e0 Senlis,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/georges-bernanos\/\">Bernanos<\/a> et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/roger-martin-du-gard-a-paris-menton-le-tertre-nice\/\">Martin du Gard<\/a> \u00e0 Clermont,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/13\/honore-de-balzac-4\/\">Balzac<\/a> et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/francis-carco\/\">Carco<\/a> \u00e0 l&rsquo;Isle-Adam,<br \/>\n&#8211; Fran\u00e7ois Copp\u00e9e \u00e0 Auvers-sur-Oise,<br \/>\n&#8211; La Comtesse de S\u00e9gur \u00e0 M\u00e9ry-sur-Oise,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/georges-duhamel\/\">Georges Duhamel<\/a> \u00e0 La Naze (Valmondois),<br \/>\n&#8211; Anna de Noailles \u00e0 Epinay-Champl\u00e2treux,<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/28\/francois-mauriac-2\/\">Mauriac<\/a> \u00e0 V\u00e9mars.<\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<em>Les Cahiers Sta\u00ebliens<\/em> sont publi\u00e9s par la Soci\u00e9t\u00e9 des \u00e9tudes sta\u00ebliennes (contact : Simone Balay\u00e9, 44 rue Vaneau, 75007 Paris).<br \/>\n<em>Les Annales Benjamin Constant<\/em>, publi\u00e9es par l&rsquo;Institut Benjamin Constant.<br \/>\n<em>Benjamin Constant ou la solitude aux champs<\/em>, article de Marianne Berlinger dans <em>Balade en Val d&rsquo;Oise sur les pas des \u00e9crivains<\/em>, Marie-No\u00eblle Craissati. <a href=\"http:\/\/www.alexandrines.fr\">\u00c9ditions Alexandrines<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le ch\u00e2teau d&rsquo;H\u00e9rivaux. \u00ab Servons la bonne cause et servons-nous. \u00bb Benjamin Constant. \u00ab Adolphe, c&rsquo;est lui ; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1235,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[18,34],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=43"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5356,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43\/revisions\/5356"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1235"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=43"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=43"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=43"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}