{"id":474,"date":"2005-09-09T21:14:10","date_gmt":"2005-09-09T19:14:10","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/09\/3e-balade-litteraire-sur-les-pas-de-dreyfus-et-zola-a-paris\/"},"modified":"2021-06-25T20:29:16","modified_gmt":"2021-06-25T18:29:16","slug":"3e-balade-litteraire-sur-les-pas-de-dreyfus-et-zola-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/09\/3e-balade-litteraire-sur-les-pas-de-dreyfus-et-zola-a-paris\/","title":{"rendered":"3e balade litt\u00e9raire sur les pas de Dreyfus et Zola \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p>(Suite de <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/08\/19\/1ere-balade-sur-les-pas-de-dreyfus-et-zola-a-paris\/\">435<\/a> et <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/02\/2e-balade-litteraire-sur-les-pas-de-dreyfus-et-zola-a-paris\/\">478<\/a>.)<\/p>\n<p><em> <strong>Un secret bien gard\u00e9<\/strong> <\/em><\/p>\n<p>Sous ce titre, l&rsquo;historien des arm\u00e9es Jean Doise publie en 1994 un ouvrage qui \u00e9claire les \u00e9v\u00e9nements sous un autre jour en r\u00e9pondant \u00e0 certaines questions : pourquoi Esterhazy n&rsquo;a-t-il jamais \u00e9t\u00e9 inqui\u00e9t\u00e9 ? Pourquoi les soup\u00e7ons de l&rsquo;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral se sont-ils orient\u00e9s vers Dreyfus \u00e0 partir d&rsquo;indices tr\u00e8s vagues ? L&rsquo;antis\u00e9mitisme explique-t-il tout ? Pourquoi l&rsquo;\u00e9tat-major se d\u00e9termine-t-il entre d\u00e9but et fin octobre 1894 \u00e0 \u00ab enfoncer \u00bb Dreyfus malgr\u00e9 l&rsquo;absence de preuves, la presse n&rsquo;intervenant dans l&rsquo;Affaire de fa\u00e7on dramatique et d\u00e9cisive que fin octobre ? Pourquoi, s&rsquo;il soup\u00e7onne Dreyfus mais ne poss\u00e8de pas de preuve certaine, ne le fait-il pas surveiller de pr\u00e8s, comme il est de coutume dans pareil cas ?<\/p>\n<p>La th\u00e8se (convaincante) de Doise soutient que l&rsquo;affaire Dreyfus est une \u00ab intox \u00bb men\u00e9e par le Service de renseignements, dans le dos de l&rsquo;\u00e9tat-major, pour d\u00e9tourner l&rsquo;attention des Allemands d&rsquo;un secret militaire crucial : les avanc\u00e9es techniques de l&rsquo;artillerie de l&rsquo;\u00e9poque, avec la mise au point, entre 1894 et 1900, du canon r\u00e9volutionnaire de 75. Le \u00ab bordereau \u00bb met en effet l&rsquo;accent sur le canon de 120, moins performant.<br \/>\n<br \/>Esterhazy serait un agent t\u00e9l\u00e9guid\u00e9 par Sandherr pour d\u00e9tourner &#8211; en particulier gr\u00e2ce au bordereau &#8211; l&rsquo;attention des Allemands vers de fausses pistes. Dreyfus, par ailleurs accus\u00e9 d&rsquo;espionnage en Alsace par une d\u00e9nonciation au printemps 1894 (d\u00e9nonciation non fond\u00e9e selon toute apparence, mais qui \u00e9tait pour Henry et d&rsquo;autres la preuve que Dreyfus espionnait pour l&rsquo;Allemagne, m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas l&rsquo;auteur du bordereau), aurait \u00e9t\u00e9 choisi comme fusible \u00e0 la fois pour s&rsquo;en d\u00e9barrasser et pour renforcer la \u00ab couverture \u00bb d&rsquo;Esterhazy.<br \/>\n<br \/>Henry serait avec Sandherr \u00e0 l&rsquo;origine de la manipulation, le premier s&rsquo;inspirant fortement du feuilleton Les Deux fr\u00e8res paru dans le tr\u00e8s populaire Petit Journal durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1894. Ce feuilleton est l&rsquo;histoire&#8230; d&rsquo;un capitaine arr\u00eat\u00e9 pour espionnage sur la foi d&rsquo;une lettre contrefaite !<br \/>\nCe serait donc Sandherr qui aurait demand\u00e9 \u00e0 Esterhazy de se vendre aux Allemands. Schwartzkoppen, sachant Dreyfus innocent, se serait tu pour ne pas griller \u00ab son \u00bb agent Esterhazy et pour ne pas r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 son ambassadeur qu&rsquo;il avait agit contre ses consignes.<br \/>\n<br \/>Le g\u00e9n\u00e9ral Mercier n&rsquo;est pas mis dans la confidence par Sandherr. Craignant sans doute que Dreyfus ait effectivement trahit ou puisse trahir, Mercier d\u00e9cide de le mettre d\u00e9finitivement hors d&rsquo;\u00e9tat de nuire.<\/p>\n<p>Cela n&rsquo;enl\u00e8verait rien au m\u00e9rite de Dreyfus &#8211; qui, malgr\u00e9 les calomnies \u00e0 son encontre, n&rsquo;a jamais accus\u00e9 ni l&rsquo;arm\u00e9e, ni l&rsquo;\u00c9glise, ni le pouvoir -, de Picquart &#8211; personnage en demi teinte, qui n&rsquo;\u00e9prouvait pas pour les Juifs de sympathie particuli\u00e8re mais a fini par sacrifier sa carri\u00e8re \u00e0 la d\u00e9fense de la v\u00e9rit\u00e9 -, de Zola et des dreyfusards.<br \/>\nTous se seraient cependant tromp\u00e9s de cible en accusant l&rsquo;\u00e9tat-major et l&rsquo;antis\u00e9mitisme (certes r\u00e9el, mais moins d\u00e9terminant dans un premier temps), alors que c&rsquo;est la Section de statistiques &#8211; et seulement quelques-uns de ses \u00e9l\u00e9ments &#8211; qui serait \u00e0 l&rsquo;origine de la manipulation.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Notre troisi\u00e8me et derni\u00e8re balade sur les pas de Zola et Dreyfus \u00e0 Paris nous m\u00e8ne de la gare du Nord \u00e0 la rue R\u00e9aumur.<\/p>\n<p><strong>1)\tLe 45 rue de Chabrol<\/strong> est le si\u00e8ge-blockhaus de la Ligue antis\u00e9mite de Jules Gu\u00e9rin. C&rsquo;est, sauf erreur, le b\u00e2timent que l&rsquo;on peut encore voir aujourd&rsquo;hui \u00e0 cette adresse. La justice lance un mandat d&rsquo;arr\u00eat contre lui le 15 ao\u00fbt 1899. Il se retranche ici avec ses acolytes, comme le raconte Georges Bernanos dans <em>La Grande peur des bien-pensants<\/em>. Ils se rendent apr\u00e8s quarante jours de si\u00e8ge.<\/p>\n<p><strong>2)<\/strong>\tAvant l&rsquo;issue de son second proc\u00e8s pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1898, Zola s&rsquo;\u00e9clipse discr\u00e8tement de son domicile de la rue de Bruxelles, \u00e9chappant \u00e0 la surveillance de la police pour rejoindre <strong>la gare du Nord<\/strong>, direction l&rsquo;Angleterre.<\/p>\n<p><strong>3)<\/strong>\tEn mars 1898 est publi\u00e9 <em>Paris<\/em> (publi\u00e9 en feuilleton dans <em>Le Journal<\/em> entre octobre 1897 et f\u00e9vrier 1898), roman utopiste de Zola qui fait de la capitale, au milieu des convulsions humaines, le berceau d&rsquo;une nouvelle humanit\u00e9. Montmartre est le d\u00e9cor de plusieurs moments du r\u00e9cit, et en particulier une \u00ab maison-caserne \u00bb <strong>rue des Saules<\/strong> et une \u00ab maison-phalanst\u00e8re \u00bb pr\u00e8s du Sacr\u00e9-c&#339;ur.<\/p>\n<p><strong>4)<\/strong>\tLa Ligue antis\u00e9mite de Drumont s&rsquo;installe \u00e0 ses d\u00e9buts au rez-de-chauss\u00e9e du <strong>48 rue Lepic<\/strong>. Bernanos en dresse dans son ouvrage cit\u00e9 ci-dessus un portrait enthousiaste.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1786\" aria-describedby=\"caption-attachment-1786\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1786\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_zolab.jpg\" alt=\"21 bis rue de Bruxelles.\" title=\"21 bis rue de Bruxelles.\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"310\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_zolab.jpg 310w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_zolab-227x300.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 310px) 94vw, 310px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1786\" class=\"wp-caption-text\">21 bis rue de Bruxelles.<\/figcaption><\/figure><strong>5)<\/strong>\tZola habite le rez-de-chauss\u00e9e et le 1er \u00e9tage du <strong>21 bis rue de Bruxelles<\/strong> entre 1889 et sa mort en 1902. Il est familier du quartier, puisqu&rsquo;il a par exemple v\u00e9cu 1 rue Moncey (rue Dautancourt) en 1867-1870, 14 rue La Condamine en 1869-1874, 21 rue Saint-Georges (19 rue des Apennins) en 1874-1877, 23 rue de Boulogne (rue Ballu) en 1877-1889. Signalons aussi que, si le caf\u00e9 Guerbois n&rsquo;existe plus 11 avenue de Clichy, un panonceau en garde le souvenir. C&rsquo;\u00e9tait le lieu de rendez-vous favori de Manet, de ses coll\u00e8gues artistes et de leurs amis \u00e9crivains &#8211; dont le voisin Zola &#8211; entre 1865 et 1875. C&rsquo;est dans sa salle en sous-sol que se th\u00e9orise l&rsquo;impressionnisme naissant. Degas et C\u00e9zanne y croisent Monet, Renoir et Pissarro. La guerre de 1870 disperse en partie cette communaut\u00e9. Zola le d\u00e9crit sous le nom du Caf\u00e9 Baudequin dans <em>L&rsquo;&#338;uvre<\/em>.<\/p>\n<p><strong>6)<\/strong>\tMaurice Barr\u00e8s habite <strong>14 rue Chaptal<\/strong> en 1886 et <strong>8 rue Caroline<\/strong> en 1891. <em>Combien de fois j&rsquo;\u00e9tais venu frapper le matin \u00e0 sa maison \u00e0 lui, rue Caroline, tout pr\u00e8s de la place Clichy. Je le trouvais tout en haut de son petit h\u00f4tel de peintre, dans l&rsquo;atelier qu&rsquo;il avait transform\u00e9 en biblioth\u00e8que. Je tombais au milieu de la le\u00e7on d&rsquo;armes qu&rsquo;il s&rsquo;imposait chaque matin, et qu&rsquo;il \u00e9tait ravi d&rsquo;interrompre. Il disait au pr\u00e9v\u00f4t :<\/em> \u00ab\u00a0Alors, \u00e0 demain&#8230;\u00a0\u00bb <em>et \u00e0 moi :<\/em> \u00ab\u00a0Allons, asseyez-vous, qu&rsquo;avez-vous fait cette semaine ?\u00a0\u00bb[[En d\u00e9cembre 1897, dans <em>Souvenirs de l&rsquo;Affaire<\/em>. L\u00e9on Blum.]].  <\/p>\n<p><strong>7)<\/strong>\tAlexandrine Zola s&rsquo;installe <strong>62 rue de Rome<\/strong> apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de son mari en 1902. St\u00e9phane Mallarm\u00e9 vit <strong>89 rue de Rome<\/strong> \u00e0 partir de 1875. Il pr\u00e9f\u00e8re rester \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de l&rsquo;affaire Dreyfus.<\/p>\n<p><strong>8)<\/strong>\tDans <em>L&rsquo;Argent<\/em>, la Banque universelle de Saccard, \u00e0 son apog\u00e9e, se fait construire un magnifique palais <strong>rue de Londres<\/strong>, qu&rsquo;elle occupe jusqu&rsquo;\u00e0 sa chute. <\/p>\n<p><strong>9)<\/strong>\tL&rsquo;intriguant Saccard loue un appartement dans l&rsquo;h\u00f4tel d&rsquo;Orviedo, <strong>rue Saint-Lazare<\/strong>. Il remarque rapidement la jolie Mme Caroline, qui habite au-dessus et devient sa compagne dans la vie et en affaires. Saccard installe bient\u00f4t ici le premier si\u00e8ge de la Banque universelle, qui tiendra aussi des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales rue Blanche.<\/p>\n<p><strong>10)<\/strong>\tZola loue <strong>3 rue du Havre<\/strong> un appartement pour Jeanne Rozerot en novembre 1897.<\/p>\n<p><strong>11)<\/strong>\tToujours dans <em>L&rsquo;Argent<\/em>, le banquier juif Gundermann habite un immense h\u00f4tel <strong>rue de Provence<\/strong>. Bourreau de travail, il refuse de s&rsquo;associer \u00e0 Saccard et lui pr\u00e9dit la faillite. Il fera plus que r\u00e9cup\u00e9rer sa mise dans la d\u00e9b\u00e2cle de la Banque universelle. <\/p>\n<p><strong>12)<\/strong>\t<em>La Revue blanche<\/em> a ses bureaux <strong>1 rue Laffitte<\/strong>. Comme il le raconte dans <em>Souvenirs sur l&rsquo;Affaire<\/em>, L\u00e9on Blum et ses coll\u00e8gues s&rsquo;y retrouvent chaque fin de journ\u00e9e aux temps forts de l&rsquo;Affaire. Mirbeau et Jules Renard se joignent souvent \u00e0 eux.<\/p>\n<p><strong>13)<\/strong>\tLe 12 janvier 1898 au soir, une conf\u00e9rence de r\u00e9daction r\u00e9unit dans les bureaux de <em>L&rsquo;Aurore<\/em>, <strong>142 rue Montmartre<\/strong>, Zola, Ernest Vaughan, Bernard Lazare, collaborateur r\u00e9gulier, Joseph Reinach et Georges Clemenceau, \u00e9ditorialiste du journal depuis 1897[[Une accusation non fond\u00e9e de D\u00e9roul\u00e8de dans l&rsquo;affaire de Panama l&rsquo;a \u00e9cart\u00e9 de la d\u00e9putation en 1893. Clemenceau sera de retour dans l&rsquo;ar\u00e8ne politique en 1902 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9lu s\u00e9nateur.]]. Zola lit le texte de <em>J&rsquo;Accuse<\/em> (le titre est propos\u00e9 par Clemenceau), pour une publication le lendemain. Clemenceau est alors convaincu de l&rsquo;irr\u00e9gularit\u00e9 du proc\u00e8s de 1894, mais pas encore tout \u00e0 fait de l&rsquo;innocence de Dreyfus.<\/p>\n<p><strong>14)<\/strong>\tLa Bourse, <strong>place de la Bourse<\/strong>, est le cadre des exploits et de la chute de Saccard. La question juive va se trouver au fonds de mon sujet, car je ne puis pas toucher \u00e0 l&rsquo;argent sans \u00e9voquer tout le r\u00f4le des juifs, \u00e9crit Zola en pr\u00e9parant <em>L&rsquo;Argent<\/em>. Ce roman d\u00e9crit l&rsquo;ascension et de la chute finale, en 1868, de l&rsquo;avide Aristide Rougon, d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 dans La Fortune des Rougon et La Cur\u00e9e et qui a chang\u00e9 son nom en Saccard. La sp\u00e9culation organis\u00e9e par Saccard se termine mal pour lui et de nombreux autres actionnaires, \u00e0 l&rsquo;image du krach de la catholique et royaliste Union g\u00e9n\u00e9rale[[Qui inspire aussi <em>Fromont jeune et Risler a\u00een\u00e9<\/em> de Daudet et <em>Bel-Ami<\/em> de Maupassant.]] en 1882, qui entra\u00eene la ruine d&rsquo;une multitude de petits \u00e9pargnants. Les bourgeois de l&rsquo;Union g\u00e9n\u00e9rale ou de la Banque universelle sont catholiques, l\u00e9gitimistes, orl\u00e9anistes ou bonapartistes. Ils rivalisent avec d&rsquo;autres bourgeois, protestants ou juifs, et souvent r\u00e9publicains. Dans le roman, le banquier juif Gundermann abat, par sa conduite froide et logique des affaires, la Banque universelle que Saccard a b\u00e2tie sur la sp\u00e9culation pure. Dans la r\u00e9alit\u00e9 comme dans la fiction, les responsables et la masse des victimes du krach constitueront un vivier fertile d&rsquo;opinions antis\u00e9mites. En 1882, Rothschild et la \u00ab banque juive \u00bb sont accus\u00e9s d&rsquo;\u00eatre \u00e0 l&rsquo;origine de la catastrophe. En 1868, l&rsquo;opinion accuse Gundermann. Une mani\u00e8re pour les v\u00e9ritables coupables de d\u00e9tourner vers d&rsquo;autres l&rsquo;attention du public. Mme Caroline est, dans le roman, le porte-parole de Zola. Elle a cette r\u00e9flexion : <em>Pour moi, les Juifs, ce sont des hommes comme les autres. S&rsquo;ils sont \u00e0 part, c&rsquo;est qu&rsquo;on les y a mis<\/em>. <\/p>\n<p><strong>15)<\/strong>\tL&rsquo;agent de change Mazaud, aupr\u00e8s de qui Saccard cherche conseil, habite <strong>rue de la Banque<\/strong>. <\/p>\n<p><strong>16)<\/strong>\tJean Jaur\u00e8s est assassin\u00e9 le 31 juillet 1914 au Caf\u00e9 du Croissant, sis <strong>\u00e0 l&rsquo;angle de la rue Montmartre et de la rue du Croissant<\/strong> et fr\u00e9quent\u00e9 alors par toute la presse parisienne.<\/p>\n<p><strong>17)<\/strong>\tSaccard s&rsquo;associe avec des hommes d&rsquo;affaires pour monter le projet pharaonique de la Banque universelle, et avec entre autres S\u00e9dille, un fabricant de soie qui a ses bureaux <strong>rue des Je\u00fbneurs<\/strong>, et le Juif Kolb, dont l&rsquo;atelier de fondeur est situ\u00e9 <strong>rue Vivienne<\/strong>. Le \u00ab journal catholique en d\u00e9tresse \u00bb <em>L&rsquo;Esp\u00e9rance<\/em>, que Saccard rach\u00e8te, est bas\u00e9 <strong>rue Saint-Joseph<\/strong>. Zola est n\u00e9 <strong>10 rue Saint Joseph<\/strong> en 1840 (plaque).<\/p>\n<p><strong>18)<\/strong>\tComme cela appara\u00eet \u00e0 la lecture des articles de Jaur\u00e8s dans <em>La Petite r\u00e9publique socialiste<\/em> alors bas\u00e9e <strong>111 rue R\u00e9aumur<\/strong>, les socialistes mettent un certain temps (jusqu&rsquo;\u00e0 fin janvier 1898) \u00e0 se rallier \u00e0 la cause dreyfusarde. Pour eux, le bourgeois juif est longtemps l&rsquo;ennemi de classe. En ao\u00fbt 1898, juste avant le suicide de Henry, Jaur\u00e8s commence dans La Petite r\u00e9publique la publication de ses Preuves. En 1904, il veut fonder un nouveau journal, vierge de toute compromission politique. Ce sera <em>L&rsquo;Humanit\u00e9<\/em>.<\/p>\n<p><strong>19)<\/strong>\tLe magnifique Mus\u00e9e d&rsquo;art et d&rsquo;histoire du Juda\u00efsme, <strong>71 rue du Temple<\/strong> (www.mahj.org), est une derni\u00e8re \u00e9tape id\u00e9ale &#8211; et pas seulement parce qu&rsquo;il dispose d&rsquo;une sympathique caf\u00e9t\u00e9ria ! En attendant l&rsquo;ouverture prochaine du mus\u00e9e Dreyfus \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la maison d&rsquo;\u00c9mile Zola \u00e0 M\u00e9dan (www.maisonzola-museedreyfus.com), le mus\u00e9e du 71 rue du Temple est en effet le seul \u00e0 pr\u00e9senter quelques objets uniques concernant l&rsquo;Affaire, comme les galons et bandes de pantalon arrach\u00e9s au capitaine lors de sa d\u00e9gradation \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole militaire (et d\u00e9pos\u00e9s un jour sur le palier de sa fille, apr\u00e8s la Grande guerre !), une photo d&rsquo;ensemble repr\u00e9sentant la sc\u00e8ne, la montre \u00e0 gousset de Dreyfus, le registre des gardiens charg\u00e9s de sa surveillance \u00e0 l&rsquo;Ile du Diable, une affiche publique de 1896 comparant son \u00e9criture avec celle du bordereau et celle d&rsquo;Esterhazy&#8230; On peut aussi voir dans la cour une grande statue du capitaine, r\u00e9alis\u00e9e dans les ann\u00e9es 1980 par le dessinateur-sculpteur Tim \u00e0 la demande du ministre de la culture Jack Lang. Elle devait \u00eatre \u00e9rig\u00e9e dans la cour de l&rsquo;\u00c9cole militaire, mais le ministre de la D\u00e9fense d&rsquo;alors (Charles Hernu) s&rsquo;y opposa, all\u00e9guant que la cour n&rsquo;\u00e9tait pas accessible au public&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Suite de 435 et 478.) 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