{"id":50,"date":"2003-08-14T19:38:13","date_gmt":"2003-08-14T17:38:13","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/robert-desnos-a-paris\/"},"modified":"2003-08-14T19:38:13","modified_gmt":"2003-08-14T17:38:13","slug":"robert-desnos-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/robert-desnos-a-paris\/","title":{"rendered":"Robert DESNOS \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1241\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_desnos.jpg\" alt=\"desnos.jpg\" align=\"center\" width=\"310\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_desnos.jpg 310w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_desnos-227x300.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 310px) 94vw, 310px\" \/><\/p>\n<p><html><\/p>\n<div align=\"center\">Paris, rue Mazarine.<\/div>\n<p><div align=\"right\"><b><i>\u00ab\u00a0[&#8230;] je trouve un abri dans la po\u00e9sie. Elle est r\u00e9ellement \u00ab\u00a0le cheval qui court au-dessus des montagnes\u00a0\u00bb [&#8230;]\u00a0\u00bb<\/i><br \/>\nR. D. Lettre \u00e0 Youki, 7 janvier 1945, depuis son camp d&rsquo;internement.<\/b><\/div>\n<p><\/html><\/p>\n<p>Cet homme aime une femme pendant cinq ans sans \u00eatre aim\u00e9 en retour. Faut vraiment \u00eatre po\u00e8te.<br \/>\n<br \/>Puis il retrouve la premi\u00e8re en une autre, qui l&rsquo;aime vraiment apr\u00e8s le d\u00e9part de son mari.<br \/>\n<br \/>Il lui arrive aussi de poursuivre Paul \u00c9luard un couteau \u00e0 la main, dans un jardin de Saint-Brice apr\u00e8s une s\u00e9ance d&rsquo;\u00e9criture automatique.<br \/>\n<br \/>Dans son atelier de la rue Blomet, il dort une \u00e9p\u00e9e de cristal suspendue au-dessus de sa t\u00eate.<br \/>\n<br \/>Le 8 juin 1945, il lui arrive enfin de mourir de typhus, \u00e0 quarante-cinq ans, dans le camp de concentration de Terezin, \u00e0 cent kilom\u00e8tres de Prague.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 quelques-uns des hauts faits du po\u00e8te aux yeux cern\u00e9s, clairs comme de l&rsquo;eau, qui, \u00e0 partir de 1922, introduit le r\u00eave dans le Surr\u00e9alisme (il note ses r\u00eaves depuis l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans), avant d&rsquo;en \u00eatre chass\u00e9 en 1929 par le ma\u00eetre Breton pour cause d&rsquo;activit\u00e9s journalistiques (et il fera beaucoup plus grave : de la radio, de la critique musicale et cin\u00e9phile, des chansons, etc.).<\/p>\n<p>Il na\u00eet le 4 juillet 1900 au 11 rue Saint-Martin \u00e0 Paris. \u00c0 ses \u00e9tudes au coll\u00e8ge, il pr\u00e9f\u00e8re la lecture de Fant\u00f4mas. Il est employ\u00e9 \u00e0 17 ans dans une droguerie rue Pav\u00e9e mais la po\u00e9sie le passionne davantage. Il rencontre Benjamin P\u00e9ret et Roger Vitrac, puis Breton et des dada\u00efstes.<br \/>\n<br \/>En 1920-22, il effectue son service militaire au Maroc. Ses parents lui r\u00e9servent une chambre de bonne au 6e \u00e9tage de la maison qu&rsquo;ils occupent depuis 1913 au 9 rue de Rivoli.<br \/>\n<br \/>\u00c0 son retour, il se plonge avec Breton et ses amis dans l&rsquo;\u00e9criture automatique et le sommeil hypnotique. Lorsque, entre 1925 et 1928, Marcel Duhamel, Pr\u00e9vert et Tanguy font du 54 rue du Ch\u00e2teau le troisi\u00e8me haut lieu du surr\u00e9alisme apr\u00e8s le bar Cyrano et l&rsquo;appartement de Breton, Desnos (qui d\u00e9marre en 1925 une amiti\u00e9 de vingt ans avec son quasi-jumeau Pr\u00e9vert) s&rsquo;invite souvent, de m\u00eame que Queneau, P\u00e9ret&#8230;<br \/>\n<br \/>Il s&rsquo;installe 45 rue Blomet en 1926, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;atelier de Miro, dans celui que vient de quitter Andr\u00e9 Masson, au fond d&rsquo;une cour (atelier qui n&rsquo;existe plus aujourd&rsquo;hui). Mais la nuit, on le trouve davantage au Bal n\u00e8gre (33 rue Blomet) ou au D\u00f4me.<br \/>\n<br \/>Il s&rsquo;\u00e9loigne peu \u00e0 peu des surr\u00e9alistes \u00e0 partir de 1927, surtout lorsque certains s&rsquo;engagent dans le communisme.<br \/>\n<br \/>En 1930, il reconna\u00eet en Youki sa ma\u00eetresse imaginaire qui vient de d\u00e9c\u00e9der de tuberculose, la chanteuse Yvonne Georges. Youki et son mari le peintre Foujita accueillent souvent Desnos dans leur petit h\u00f4tel 3 rue du parc Montsouris, puis dans leur appartement du square Lacretelle. Desnos anime \u00e0 partir de 1932 une \u00e9mission radiophonique : La grande complainte de Fant\u00f4mas. Il devient aussi r\u00e9dacteur publicitaire.<br \/>\n<br \/>Lorsque Foujita retourne au Japon, Desnos et Youki emm\u00e9nagent (vers 1934-35) 19 rue Mazarine. Leur appartement est en permanence rempli d&rsquo;amis. Le milieu des ann\u00e9es trente voit le po\u00e8te se lancer dans la lutte antifasciste. Il s&rsquo;engage dans l&rsquo;AEAR (Association des \u00c9crivains et Artistes R\u00e9volutionnaires) et le CVIA (Comit\u00e9 de Vigilance des Intellectuels Antifascistes). La non-intervention de la France aux c\u00f4t\u00e9s des r\u00e9publicains espagnols le choque. Devant la mont\u00e9e du nazisme, il abandonne son pacifisme.<br \/>\n<br \/>Il collabore jusqu&rsquo;en 1943 au journal d&rsquo;Henri Jeanson, <em>Aujourd&rsquo;hui<\/em>. Cela devient une couverture qui lui permet de masquer ses activit\u00e9s r\u00e9sistantes \u00e0 partir de 1942. Il entre en contact avec le mouvement Combat et participe avec Eluard aux \u00c9ditions de Minuit. Il ne tait pas vraiment ses opinions antinazies, et est arr\u00eat\u00e9 par la Gestapo le 22 f\u00e9vrier 1944.  Il est emmen\u00e9 rue des Saussaies, transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Fresnes, Compi\u00e8gne puis Auschwitz (30 avril), Buchenwald (mai), Flossenburg, Soha (juin), puis Terezin lorsque Soha est lib\u00e9r\u00e9 par les alli\u00e9s en avril 1945.<\/p>\n<p><strong>Autres demeures de l&rsquo;auteur<\/strong><br \/>\n<br \/>Desnos a accompagn\u00e9 les surr\u00e9alistes dans diff\u00e9rentes aventures et diff\u00e9rents lieux. Il participe par exemple en 1922 aux exp\u00e9riences d&rsquo;\u00e9criture automatique dans la maison des \u00c9luard \u00e0 Saint-Brice-sous-For\u00eat. L&rsquo;\u00e9t\u00e9 1925, il s\u00e9journe avec Breton au Grand H\u00f4tel du Ch\u00e2teau \u00e0 Thorenc, sur la C\u00f4te d&rsquo;Azur.<br \/>\n<br \/>Plus tard, Desnos et Youki s\u00e9journeront \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 l&rsquo;auberge de Vaudrampont dans la for\u00eat de Compi\u00e8gne, apr\u00e8s avoir travers\u00e9 Senlis et ses environs sur les traces de Nerval.<\/p>\n<p><strong>Pour visiter le lieu<\/strong><br \/>\n<br \/>Les demeures de Desnos ne sont pas ouvertes au public. Mais le Paris surr\u00e9aliste est dans beaucoup d&rsquo;endroits. <\/p>\n<p><strong>Petite bibliographie<\/strong><br \/>\n<br \/><em>Les confidences de Youki<\/em>. Youki Desnos. Fayard, 342 p., 120 F.<br \/>\n<br \/><em>Desnos pour l&rsquo;an 2000<\/em>. Colloque de Cerisy-la-Salle. Gallimard, 538 p., 195 F.<br \/>\n<br \/><em>Robert Desnos<\/em>. Fayard, collections \u00ab\u00a0Cahiers de l&rsquo;herne\u00a0\u00bb, n\u00b054, 426 p., 300 F.<br \/>\n<br \/><em>Robert Desnos, le roman d&rsquo;une vie<\/em>. Mercure de France. Dominique Desanti, 352 p., 135 F.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1221\" aria-describedby=\"caption-attachment-1221\" style=\"width: 1627px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1221\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_Cyrano.jpg\" alt=\"Le caf\u00e9 Cyrano.\" title=\"Le caf\u00e9 Cyrano.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"1627\" height=\"1036\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1221\" class=\"wp-caption-text\">Le caf\u00e9 Cyrano.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris, rue Mazarine. \u00ab\u00a0[&#8230;] je trouve un abri dans la po\u00e9sie. 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