{"id":505,"date":"2005-09-24T21:24:49","date_gmt":"2005-09-24T19:24:49","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/24\/balzac-et-ses-personnages\/"},"modified":"2005-09-24T21:24:49","modified_gmt":"2005-09-24T19:24:49","slug":"balzac-et-ses-personnages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/24\/balzac-et-ses-personnages\/","title":{"rendered":"Balzac et ses personnages"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1809\" aria-describedby=\"caption-attachment-1809\" style=\"width: 420px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1809\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueMazarine3.jpg\" alt=\"La rue Mazarine. Au fond et \u00e0 droite : l'Institut de France.\" title=\"La rue Mazarine. Au fond et \u00e0 droite : l'Institut de France.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"420\" height=\"270\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueMazarine3.jpg 420w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueMazarine3-300x193.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 420px) 94vw, 420px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1809\" class=\"wp-caption-text\">La rue Mazarine. Au fond et \u00e0 droite : l&rsquo;Institut de France.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le quartier Latin est au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle un quartier pauvre &#8211; except\u00e9 le r\u00e9cent faubourg Saint-Germain, nouveau bastion de l&rsquo;aristocratie dont le c\u009cur bat entre les rues de Lille, de Constantine, de Babylone et Bonaparte.<\/p>\n<p>Ce quartier est pour Balzac celui de l&rsquo;\u00e9mancipation d\u00e9finitive de la tutelle familiale \u00e0 partir de 1824, de ses premiers amours et de ses premi\u00e8res faillites. Plus au sud, la rue Cassini est le lieu de sa rapide ascension litt\u00e9raire \u00e0 partir de 1830-31.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1810\" aria-describedby=\"caption-attachment-1810\" style=\"width: 340px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1810\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueTournefort2.jpg\" alt=\"Le bas de la rue Tournefort.\" title=\"Le bas de la rue Tournefort.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"340\" height=\"660\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueTournefort2.jpg 340w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueTournefort2-155x300.jpg 155w\" sizes=\"(max-width: 340px) 94vw, 340px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1810\" class=\"wp-caption-text\">Le bas de la rue Tournefort.<\/figcaption><\/figure>Dans la <em>Com\u00e9die humaine<\/em>, except\u00e9 toujours le faubourg Saint-Germain, ce quartier est le havre des humbles et des d\u00e9class\u00e9s. Les pensionnaires de Madame Vauquer, dans le bas de la rue de la Montagne-Sainte-Genevi\u00e8ve, appartiennent \u00e0 la toute-petite bourgeoisie. Dans <em>L&rsquo;Interdiction<\/em>, le marquis d&rsquo;Espard, d\u00e9chu, est rel\u00e9gu\u00e9 dans la m\u00eame rue de ce faubourg Saint-Marceau disparu.<br \/>\n<br \/>Quant au faubourg Saint-Germain (que nous ne traverserons gu\u00e8re dans cette promenade), il est tout entier incarn\u00e9 dans l&rsquo;h\u00f4tel de la vicomtesse de Beaus\u00e9ant, situ\u00e9 quelque part rue de Grenelle. Cousine \u00e9loign\u00e9e de Rastignac, la vicomtesse l&rsquo;aide \u00e0 faire ses premiers pas dans le monde, en l&rsquo;occurrence aupr\u00e8s des filles du p\u00e8re Goriot. C&rsquo;est \u00e0 une r\u00e9ception dans son h\u00f4tel que se rendent ces deux derni\u00e8res le soir qui pr\u00e9c\u00e8de la mort de Goriot, au lieu de veiller \u00e0 son chevet.<br \/>\n<br \/>Un autre phare du faubourg est, quelque part rue Saint-Dominique, l&rsquo;h\u00f4tel de Grandlieu, famille au sein de laquelle Rubempr\u00e9 s&rsquo;\u00e9vertue \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer.<\/p>\n<p>Depuis Balzac, le Quartier latin a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 par le baron Haussmann. Nous essaierons pendant notre balade de l&rsquo;imaginer sans les boulevards Saint-Michel et Saint-Germain. A l&rsquo;\u00e9poque, les rues des \u00c9coles, Monge, M\u00e9dicis, Auguste Comte, n&rsquo;existaient pas davantage.<\/p>\n<p>1)\tCommen\u00e7ons notre balade \u00e0 <strong>la Conciergerie, quai de l&rsquo;Horloge<\/strong>, o\u00f9 Lucien de Rubempr\u00e9 et Vautrin sont emprisonn\u00e9s apr\u00e8s le suicide d&rsquo;Esther Gobseck (ils sont soup\u00e7onn\u00e9s d&rsquo;avoir contribu\u00e9 \u00e0 sa mort). Lucien se pend dans sa cellule le 15 mai 1830.<\/p>\n<p>2)\tLa tradition situe l&rsquo;action du <em>Chef-d&rsquo;\u009cuvre inconnu<\/em> <strong>7 rue des Grands-Augustins<\/strong> et le rappelle par une plaque. Mais le texte de la nouvelle de Balzac n&rsquo;est pas aussi pr\u00e9cis quand \u00e0 son emplacement dans la rue. Le cocasse de l&rsquo;histoire est que dans ces murs, Picasso, un si\u00e8cle plus tard, peint Guernica.<\/p>\n<p>3)\tDans <em>La Rabouilleuse<\/em>, Madame Bridaud, veuve et d\u00e9munie, habite le troisi\u00e8me et dernier \u00e9tage d&rsquo;une maison <strong>rue Mazarine<\/strong>, au nord de la rue Gu\u00e9n\u00e9gaud et face aux murs de l&rsquo;Institut. On peut imaginer que c&rsquo;est au 18 \u00e0 22 ou 26 \u00e0 32. Son fils Joseph s&rsquo;en \u00e9chappe un jour pour p\u00e9n\u00e9trer, en face, dans l&rsquo;atelier d&rsquo;un sculpteur. Cela d\u00e9cidera de son avenir. Il installera son atelier dans le grenier, au-dessus de l&rsquo;appartement de sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>4)\tEn 1826, Balzac installe son imprimerie au rez-de-chauss\u00e9e du <strong>17 rue Visconti<\/strong> et son appartement au 1er \u00e9tage (plaque). Les <em>Illusions perdues<\/em> et <em>La Maison du chat-qui-pelote<\/em> d\u00e9crivent bien l&rsquo;endroit. Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intervention de M. de Berny, il a obtenu un brevet d&rsquo;imprimeur, l&rsquo;autorisation royale indispensable. Mais son entreprise &#8211; financ\u00e9e en grande partie par sa m\u00e8re et par Laure de Berny, 24 ouvriers, sept presses &#8211; fait faillite pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1827. Elle faisait d\u00e9j\u00e0 suite \u00e0 sa d\u00e9cevante exp\u00e9rience d&rsquo;\u00e9diteur men\u00e9e alors qu&rsquo;il habitait rue de Tournon. Il tente bien de redresser la barre en cr\u00e9ant une nouvelle soci\u00e9t\u00e9 (de fonderie de caract\u00e8res d&rsquo;imprimerie, cette fois, et encore une fois en empruntant \u00e0 Madame de Berny)&#8230; qui fera faillite au printemps suivant.<br \/>\n<br \/>Il r\u00e9cidivera encore avec des investissements dans <em>La Chronique de Paris<\/em> en 1835-36, dans des mines d&rsquo;argent en Sardaigne en 1838, des cultures d&rsquo;ananas dans sa maison des Jardies \u00e0 S\u00e8vres (mais cela tient plus \u00e0 la l\u00e9gende qu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9alit\u00e9), dans la <em>Revue parisienne<\/em>, qu&rsquo;il cr\u00e9e en 1840, etc.<br \/>\n<br \/>Il investit dans chaque nouvelle affaire non pas toute sa raison, mais toute son imagination, ses fantasmes, et l&rsquo;\u00e9nergie qu&rsquo;il est capable de mettre dans l&rsquo;\u00e9criture. S&rsquo;il a si bien d\u00e9crit les rouages \u00e9conomiques, psychologiques et sociaux de fabuleux projets d&rsquo;entreprises&#8230; et de belles faillites (comme celle de C\u00e9sar Birotteau), c&rsquo;est qu&rsquo;il les a v\u00e9cus de l&rsquo;int\u00e9rieur comme aucun autre \u00e9crivain de son \u00e9poque. Convaincre des associ\u00e9s, n\u00e9gocier avec des fournisseurs ou des clients, perdre la confiance de cr\u00e9anciers, gagner, perdre un proc\u00e8s, \u00e9chapper aux huissiers&#8230; autant de p\u00e9rip\u00e9ties v\u00e9cues qu&rsquo;il r\u00e9injectera dans ses plus grands romans : Les Illusions perdues, C\u00e9sar Birotteau, La Peau de chagrin, Louis Lambert, etc.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1811\" aria-describedby=\"caption-attachment-1811\" style=\"width: 255px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1811\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueCassette2.jpg\" alt=\"22 rue Cassette.\" title=\"22 rue Cassette.\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"255\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueCassette2.jpg 255w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueCassette2-191x300.jpg 191w\" sizes=\"(max-width: 255px) 94vw, 255px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1811\" class=\"wp-caption-text\">22 rue Cassette.<\/figcaption><\/figure>5)\tLucien de Rubempr\u00e9 est enterr\u00e9 dans <strong>l&rsquo;\u00e9glise de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s<\/strong>, que l&rsquo;on peut consid\u00e9rer comme l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 est du noble faubourg Saint-Germain (<em>Splendeurs et mis\u00e8res des courtisanes<\/em>).<\/p>\n<p>6)\tDans <em>La Messe de l&rsquo;Ath\u00e9e<\/em>, Desplein r\u00eave de s&rsquo;attabler au caf\u00e9 Zoppi (qui a repris depuis son nom d&rsquo;origine : le <strong>Procope, 13 rue de l&rsquo;Ancienne-Com\u00e9die<\/strong>). Desplein sera bient\u00f4t, avec son \u00e9l\u00e8ve pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 Bianchon, le m\u00e9decin omnipr\u00e9sent de <em>La Com\u00e9die humaine<\/em>.<\/p>\n<p>7)\tApr\u00e8s avoir d\u00een\u00e9 chez Flicoteaux et avant de regagner son \u00ab mis\u00e9rable h\u00f4tel \u00bb rue de Cluny, Lucien de Rubempr\u00e9 prend l&rsquo;habitude de venir lire au \u00ab cabinet de lecture \u00bb (biblioth\u00e8que) de Blosse, que l&rsquo;on a un peu de mal \u00e0 situer aujourd&rsquo;hui <strong>7 cour du Commerce Saint-Andr\u00e9<\/strong> (<em>Les Illusions perdues<\/em>).<\/p>\n<p>8)\tApr\u00e8s avoir habit\u00e9 la rue des Quatre-Vents, Desplein occupe une chambre dans la <strong>cour de Rohan<\/strong>, o\u00f9 le temps s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Balzac, (<em>La Messe de l&rsquo;Ath\u00e9e<\/em>).<\/p>\n<p>9)\tDaniel d&rsquo;Arthez s&rsquo;\u00e9tablit en 1821 dans la <strong>rue des Quatre-Vents<\/strong>, qui a conserv\u00e9 un petit air du XIXe si\u00e8cle (<em>La Messe de l&rsquo;Ath\u00e9e<\/em>). Il r\u00e9unit ici des amis \u00e9crivains et artistes, et cette soci\u00e9t\u00e9 se nomme elle-m\u00eame le C\u00e9nacle &#8211; comme le groupe romantique qui se rassemble rue Notre-Dame-des-Champs, autour de Victor Hugo, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1820.<br \/>\n<br \/>Daniel d&rsquo;Arthez fr\u00e9quente alors le restaurant Flicoteaux, o\u00f9 il fait la connaissance de Lucien de Rubempr\u00e9, qu&rsquo;il aidera en r\u00e9\u00e9crivant une de ses \u009cuvres (D&rsquo;Arthez, \u00e0 la diff\u00e9rence de Rubempr\u00e9, est un \u00e9crivain dou\u00e9 et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9). Une fois devenu journaliste influent, pris dans des rivalit\u00e9s de pouvoir politiques, Lucien \u00e9crira un article contre un livre de Daniel, ce qui lui vaudra un duel avec Michel Chrestien.<br \/>\n<br \/>Quelques ann\u00e9es avant d&rsquo;Arthez, le jeune et pauvre Desplein vit dans cette m\u00eame maison, avant d&rsquo;en \u00eatre chass\u00e9 pour non-paiement de loyer et d&rsquo;atterrir Cour de Rohan. Il deviendra le m\u00e9decin renomm\u00e9 qui allait &#8211; entre autres &#8211; assister aux derni\u00e8res heures de Madame Desmarets.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1812\" aria-describedby=\"caption-attachment-1812\" style=\"width: 320px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1812\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueQuatrevents2.jpg\" alt=\"Rue des Quatre-vents.\" title=\"Rue des Quatre-vents.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"320\" height=\"420\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueQuatrevents2.jpg 320w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueQuatrevents2-229x300.jpg 229w\" sizes=\"(max-width: 320px) 94vw, 320px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1812\" class=\"wp-caption-text\">Rue des Quatre-vents.<\/figcaption><\/figure>10)\tBalzac habite entre 1824 et 1826 au dernier \u00e9tage de l&rsquo;h\u00f4tel Ch\u00e2tillon, <strong>2 rue de Tournon<\/strong>, encore debout aujourd&rsquo;hui. Il se consacre \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture depuis 1819 mais n&rsquo;a encore trouv\u00e9 ni le succ\u00e8s ni sa voie. A vingt-cinq ans, il s&rsquo;essaie alors \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition, encourag\u00e9 par le libraire Canel, 30 place Saint-Andr\u00e9-des-Arts, \u00e0 qui il vient de remettre Wann-Chlore, son dernier manuscrit alimentaire sign\u00e9 Horace de Saint-Aubin. Son projet est de publier avec des associ\u00e9s des \u009cuvres de La Fontaine et de Moli\u00e8re. C&rsquo;est un fiasco&#8230; qui l&rsquo;encouragera \u00e0 r\u00e9cidiver rue de Visconti, cette fois en devenant \u00e9diteur-imprimeur.<br \/>\n<br \/>Laure de Berny l&rsquo;a conduit \u00e0 choisir cette adresse. Elle demeure alors non loin, rue d&rsquo;Enfer-Saint-Michel (actuel boulevard Saint-Michel). <\/p>\n<p>11)\tDans <em>Splendeurs et mis\u00e8res<\/em>, Corentin demeure <strong>10 rue Honor\u00e9-Chevalier<\/strong>, dans une maison qui pourrait \u00eatre celle que l&rsquo;on y voit encore aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>12)\tLucien de Rubempr\u00e9 habite entre 1822 et 1825 une maison <strong>rue Cassette<\/strong>, telle que celle que l&rsquo;on peut voir aujourd&rsquo;hui au n\u00b022. Vautrin, alias Carlos Herrera, occupe une \u00ab cellule \u00bb dans cette maison.<\/p>\n<p>13)\tProche aussi du logis de la rue de Tournon se trouvait le caf\u00e9 Voltaire, <strong>1 place de l&rsquo;Od\u00e9on<\/strong>, disparu en 1956, o\u00f9 Balzac se rend pour rencontrer les \u00e9crivains et journalistes. Dans <em>Les Illusions perdues<\/em>, Lucien de Rubempr\u00e9 s&rsquo;y retrouve avec ses amis. <\/p>\n<p>14)\tEn 1836, Z. Marcas (dans l&rsquo;\u009cuvre du m\u00eame nom) loge dans l&rsquo;h\u00f4tel Corneille, alors rempli d&rsquo;\u00e9tudiants et qui existait r\u00e9ellement <strong>5 rue Corneille<\/strong>.<\/p>\n<p>15)\tBalzac se rend parfois au restaurant Flicoteaux, \u00ab ce temple de la faim et de la mis\u00e8re \u00bb situ\u00e9 alors <strong>\u00e0 l&rsquo;angle de la rue Champollion et de la place de la Sorbonne<\/strong>. Dans <em>Les Illusions perdues<\/em>, Lucien, sans moyens, s&rsquo;y restaure \u00e9galement.<\/p>\n<p>16)\tLa <strong>rue des Cordiers<\/strong> reliait alors la rue Saint-Jacques et l&rsquo;actuelle rue Victor Cousin. Rapha\u00ebl de Valentin y habite pauvrement dans l&rsquo;h\u00f4tel Saint-Quentin (h\u00f4tel qui a vu passer Jean-Jacques Rousseau) avant que la peau de chagrin ne fasse sa richesse et sa perte. <em>La Peau de chagrin<\/em> inaugure \u00ab le \u00bb th\u00e8me balzacien typique : l&rsquo;homme qui ne sait r\u00e9fr\u00e9ner ses d\u00e9sirs court \u00e0 sa perte ; les passions sont fatales.<\/p>\n<p>17)\tApr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par Madame de Bargenton, Lucien quitte l&rsquo;h\u00f4tel du Gaillard-Bois pour loger dans une chambre au 4e \u00e9tage du modeste h\u00f4tel de Cluny, toujours debout 8 rue Victor Cousin.<\/p>\n<p>18)\t<strong>La place du Panth\u00e9on<\/strong> est un d\u00e9cor important de <em>La Com\u00e9die humaine<\/em>. Les fun\u00e9railles du p\u00e8re Goriot se d\u00e9roulent dans <strong>l&rsquo;\u00e9glise Saint-Etienne-du-Mont<\/strong> ; le \u00ab coll\u00e8ge Henri IV \u00bb, dans le dos du Panth\u00e9on, est fr\u00e9quent\u00e9 par plusieurs personnages ; dans <em>Les Illusions perdues<\/em>, Lucien de Rubempr\u00e9 vient \u00e9tudier \u00e0 <strong>la biblioth\u00e8que Sainte-Genevi\u00e8ve<\/strong>.<\/p>\n<p><figure id=\"attachment_1813\" aria-describedby=\"caption-attachment-1813\" style=\"width: 275px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1813\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueTournon2.jpg\" alt=\"2 rue de Tournon.\" title=\"2 rue de Tournon.\" class=\"caption\" align=\"right\" width=\"275\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueTournon2.jpg 275w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_rueTournon2-206x300.jpg 206w\" sizes=\"(max-width: 275px) 94vw, 275px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1813\" class=\"wp-caption-text\">2 rue de Tournon.<\/figcaption><\/figure>19)\t<strong>A l&rsquo;angle de la rue Royer-Collard (alors rue Saint-Dominique d&rsquo;Enfer) et de l&rsquo;impasse du m\u00eame nom<\/strong> se trouve dans la fiction la maison Thuillier, cadre principal du r\u00e9cit des <em>Petits bourgeois<\/em>. <\/p>\n<p>20)\tLaure de Berny s&rsquo;installe vers 1824 rue d&rsquo;Enfer-Saint-Michel (actuel boulevard Saint-Michel), <strong>\u00e0 l&rsquo;angle des rues de l&rsquo;Abb\u00e9-de-l&rsquo;\u00e9p\u00e9e et Henri-Barbusse<\/strong>.<\/p>\n<p>21)\tEn 1830, Melle Michonneau, ancienne pensionnaire de la pension Vauquer qui a contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arrestation de Vautrin, est \u00ab logeuse en garni \u00bb rue des Poules (<strong>rue Laromigui\u00e8re<\/strong>), soit-disant \u00e0 l&rsquo;intersection avec la rue des Postes (rue Lhomond), en r\u00e9alit\u00e9 avec la rue Amyot.<\/p>\n<p>22)\tLa c\u00e9l\u00e8bre pension Vauquer du P\u00e8re Goriot se trouve quelque part <strong>dans le bas de la rue Neuve-Sainte-Genevi\u00e8ve, devenue Tournefort<\/strong>. C&rsquo;est ici qu&rsquo;en 1819 trouvent refuge Rastignac, le p\u00e8re Goriot, retir\u00e9 des affaires depuis 1813, et Vautrin, sympathique mais myst\u00e9rieux personnage. Tous trois font d&rsquo;ailleurs ici connaissance. Rastignac et Vautrin vont ainsi d\u00e9couvrir que le pauvre et ridicule Goriot, ris\u00e9e de tous les pensionnaires, est bel et bien le p\u00e8re de la somptueuse Anastasie de Restaud et de sa s\u009cur, Delphine de Nucingen.<br \/>\n<br \/>Vautrin est en r\u00e9alit\u00e9 Jacques Collin, alias trompe-la-Mort, \u00e9vad\u00e9 du bagne o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 pour un meurtre commis par un autre. Gondureau, alias Bibi-Lupin, chef de la police, l&rsquo;arr\u00eatera bient\u00f4t ici-m\u00eame. En 1830, Vautrin&#8230; succ\u00e8dera \u00e0 Bibi-Lupin \u00e0 la t\u00eate de la police.<\/p>\n<p>23)\tEn mars 1828, au moment o\u00f9 s&rsquo;\u00e9croule son entreprise de fonderie de caract\u00e8res d&rsquo;imprimerie, il s&rsquo;agit de dispara\u00eetre de la vue des cr\u00e9anciers. Balzac, \u00e0 29 ans, s&rsquo;installe <strong>1 rue Cassini<\/strong> sous le nom de M. Surville &#8211; c&rsquo;est le nom de son beau-fr\u00e8re et de sa s\u009cur Laure. Madame de Berny, rue d&rsquo;Enfer-Saint-Michel, n&rsquo;est pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e&#8230; et les faubourgs non plus, en cas de fuite n\u00e9cessaire (Paris est alors bord\u00e9 par le boulevard Saint-Jacques et le boulevard Raspail).<br \/>\n<br \/>La rue Cassini est l&rsquo;adresse principale de Balzac jusqu&rsquo;\u00e0 septembre 1837 (l&rsquo;immeuble d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est plus r\u00e9cent). C&rsquo;est celle qui le voit se m\u00e9tamorphoser en un \u00e9crivain reconnu. En 1830 et 1831, c&rsquo;est un d\u00e9luge d&rsquo;\u009cuvres. En 1830, les premi\u00e8res Sc\u00e8nes de la vie priv\u00e9e qui sont rapidement un succ\u00e8s en France et dans d&rsquo;autres pays d&rsquo;Europe et, en 1831, La Peau de chagrin, qu&rsquo;il signe pour la premi\u00e8re fois Honor\u00e9 de Balzac, est son premier grand succ\u00e8s.<br \/>\n<br \/>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1830, alors qu&rsquo;il se trouve toujours dans une grande g\u00eane financi\u00e8re, la duchesse d&rsquo;Abrant\u00e8s l&rsquo;introduit dans le salon de Madame R\u00e9camier \u00e0 l&rsquo;Abbaye-aux-Bois (\u00e0 l&#8217;emplacement actuel de la rue R\u00e9camier) o\u00f9 la duchesse a un pied-\u00e0-terre. Apr\u00e8s une courte parenth\u00e8se politique &#8211; il tente sa chance aux \u00e9lections de 1831 et 1832 et essaie de se faire \u00e9lire d\u00e9put\u00e9, sans succ\u00e8s &#8211; il commence \u00e0 donner corps \u00e0 un projet qu&rsquo;il serait le premier \u00e9crivain \u00e0 r\u00e9aliser et qui, croit-il, repr\u00e9sente encore quatre ou cinq ann\u00e9es de travail. Plus tard, il estimera qu&rsquo;il lui faut vivre jusqu&rsquo;\u00e0 1860 pour le mener \u00e0 bien. Il mourra en 1850 avant d&rsquo;achever <em>La Com\u00e9die humaine<\/em>.<br \/>\n<br \/>En m\u00eame temps que prend forme ce grand projet, na\u00eet une passion qui le conduira \u00e9galement jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort. En f\u00e9vrier 1832, il re\u00e7oit la premi\u00e8re lettre d&rsquo;une comtesse polonaise, plus jeune que lui de six ans et qui s&rsquo;ennuie \u00e0 mourir dans son ch\u00e2teau de Wierchownia en Ukraine. Balzac, sortant d\u00e9confit d&rsquo;une relation \u00e0 sens unique avec la duchesse de Castries, se lance dans cette correspondance avec \u00ab L&rsquo;Etrang\u00e8re \u00bb, qui se b\u00e2tit sur deux fantasmes : celui d&rsquo;Honor\u00e9 de se faire passer pour un jeune premier perdu dans la vaste ville et se laissant d\u00e9truire lentement par son labeur acharn\u00e9, en qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;\u00e2me s\u009cur ; et celui d&rsquo;Eve Hanska, flatt\u00e9e d&rsquo;attirer l&rsquo;attention d&rsquo;un jeune \u00e9crivain habitant Paris. Ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, cela deviendra fiert\u00e9 sinon orgueil de guider son \u00ab pauvre Balzac \u00bb \u00e0 distance &#8211; dans les deux sens du terme : le conseiller et le commander.<\/p>\n<p>24)\tNotre derni\u00e8re \u00e9tape est une curiosit\u00e9. Au <strong>3 rue Duguay-Trouin<\/strong> se trouve dans la nouvelle <em>Entre Savants<\/em>, au milieu d&rsquo;un mur d\u00e9sol\u00e9, une porte verte qui donne acc\u00e8s au logis d&rsquo;une esp\u00e8ce \u00e0 laquelle l&rsquo;auteur de <em>La Com\u00e9die humaine<\/em> s&rsquo;est bri\u00e8vement int\u00e9ress\u00e9 : le savant.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1814\" aria-describedby=\"caption-attachment-1814\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1814\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_courrohan.jpg\" alt=\"La cour de Rohan.\" title=\"La cour de Rohan.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"370\" height=\"490\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_courrohan.jpg 370w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_courrohan-227x300.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 370px) 94vw, 370px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1814\" class=\"wp-caption-text\">La cour de Rohan.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le quartier Latin est au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle un quartier pauvre &#8211; except\u00e9 le r\u00e9cent faubourg Saint-Germain, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1809,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[18,27],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/505"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=505"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/505\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1809"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=505"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=505"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=505"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}