{"id":508,"date":"2005-09-28T00:00:00","date_gmt":"2005-09-27T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/28\/sur-les-traces-de-la-nrf-dalbert-camus-et-de-gerhard-heller\/"},"modified":"2023-02-12T14:23:08","modified_gmt":"2023-02-12T13:23:08","slug":"sur-les-traces-de-la-nrf-dalbert-camus-et-de-gerhard-heller","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/28\/sur-les-traces-de-la-nrf-dalbert-camus-et-de-gerhard-heller\/","title":{"rendered":"Sur les traces de la NRF, d&rsquo;Albert Camus et de Gerhard Heller, \u00e0 Paris sous l\u2019Occupation"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">En mai 1940, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat de choc comme en 1870. La guerre avec l&rsquo;Allemagne a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e en septembre 1939. Il ne s&rsquo;est rien pass\u00e9 pendant les huit mois de \u00ab dr\u00f4le de guerre \u00bb et d&rsquo;immobilit\u00e9 des troupes, jusqu&rsquo;au 10 mai 1940 et la perc\u00e9e \u00e9clair de l&rsquo;arm\u00e9e allemande qui contourne la ligne Maginot par la Belgique, franchit la Meuse pr\u00e8s de Sedan le 13, bombarde Paris le 3 juin et entre dans la capitale le 14. Deux millions de soldats fran\u00e7ais sont bient\u00f4t prisonniers.<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\nLe 6 juin, le gouvernement avait \u00e9t\u00e9 remani\u00e9 une derni\u00e8re fois sous la pr\u00e9sidence de Paul Reynaud et la vice-pr\u00e9sidence du mar\u00e9chal P\u00e9tain. Un nouveau venu \u00e9tait apparu : le g\u00e9n\u00e9ral Charles de Gaulle, quarante-neuf ans, nomm\u00e9 sous-secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 la D\u00e9fense nationale et \u00e0 la guerre.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de mai 1940, c&rsquo;est le choc de l&rsquo;exode pour plus de six millions de Fran\u00e7ais, dont beaucoup de Parisiens men\u00e9s par des femmes et des personnes \u00e2g\u00e9es, les hommes \u00e9tant encore mobilis\u00e9s ou d\u00e9j\u00e0 prisonniers. Avec, au milieu du tragique, des situations cocasses comme celle d&rsquo;Ilya Ehrenbourg qui reste quelques semaines dans la capitale, r\u00e9fugi\u00e9 dans son ambassade, se promenant librement dans la ville, prot\u00e9g\u00e9 par le pacte germano-sovi\u00e9tique apr\u00e8s avoir pass\u00e9 les ann\u00e9es trente \u00e0 combattre le nazisme (depuis le pacte germano-sovi\u00e9tique d&rsquo;ao\u00fbt 1939, l&rsquo;URSS est l&rsquo;alli\u00e9e de Berlin. Le pacte est rompu en juin 1941 par Hitler qui, ayant vaincu \u00e0 l&rsquo;Ouest, s&rsquo;attaque \u00e0 l&rsquo;Est). Il rassemble suffisamment d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments pour \u00e9crire sa <em>Chute de Paris<\/em>, qui sera jug\u00e9e trop antifasciste par la censure sovi\u00e9tique de l&rsquo;\u00e9poque ! Parmi les autres militants d&rsquo;avant-guerre, Koestler se r\u00e9fugie \u00e0 Londres, Sperber en Suisse. M\u00fcnzenberg, lib\u00e9r\u00e9 d&rsquo;un camp fran\u00e7ais de d\u00e9tention quelques jours avant l&rsquo;invasion allemande, est retrouv\u00e9 pendu \u00e0 un arbre, assassin\u00e9 sans doute sur l&rsquo;ordre de Staline.<\/p>\n<p>Le choc, c&rsquo;est enfin, apr\u00e8s la d\u00e9mission de Reynaud le 16 juin, la cr\u00e9ation du gouvernement pr\u00e9sid\u00e9 par le mar\u00e9chal P\u00e9tain, qui chasse de Gaulle, Mandel, Campinchi et d&rsquo;autres et signe l&rsquo;armistice le 22. Quelques jours auparavant, le cabinet Reynaud avait envoy\u00e9 de Gaulle en Angleterre n\u00e9gocier un plan de sauvetage avec le gouvernement britannique. Lorsque, le 16 juin, de Gaulle a pr\u00e9sent\u00e9 aux ministres r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Bordeaux la proposition de cr\u00e9er imm\u00e9diatement une union franco-anglaise, ceux-ci ont refus\u00e9 et choisi l&rsquo;armistice par 13 voix contre 11. Courte majorit\u00e9 lourde de cons\u00e9quence. Le 17 juin, de Gaulle red\u00e9colle pour Londres dans l&rsquo;avion pr\u00eat\u00e9 par Churchill.<\/p>\n<p>Les hostilit\u00e9s cessent le 25. Pierre Laval devient vice-pr\u00e9sident du Conseil le 27 &#8211; jug\u00e9 trop proche des Allemands, il sera remplac\u00e9 en d\u00e9cembre par Flandin, \u00e0 son tour remplac\u00e9 par l&rsquo;amiral Darlan en f\u00e9vrier 1941, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Laval revienne au pouvoir \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e &#8211; et le nouveau gouvernement quitte Bordeaux, le 29, pour Clermont-Ferrand, puis pour Vichy. Entre fantasmes et mythes, le mar\u00e9chal appara\u00eet dans ces premiers temps tant\u00f4t comme celui qui sauve la France du carnage, tant\u00f4t comme un fin renard plus fort que l&rsquo;envahisseur, qui, tel Talleyrand, sera capable de refaire en quelques ann\u00e9es une France redout\u00e9e (pour avoir du mar\u00e9chal une vision diff\u00e9rente qui prend toutefois en compte la bonhommie du personnage, on peut lire la belle nouvelle de Vercors d&rsquo;ao\u00fbt 1945 <em>L&rsquo;Imprimerie de Verdun<\/em> int\u00e9gr\u00e9e au <em>Silence de la mer<\/em>.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Nous vous proposons ici une premi\u00e8re balade dans le Paris occup\u00e9. N&rsquo;oubliez pas l&rsquo;heure du couvre-feu, et que les murs ont des oreilles !<br \/>\nVous observerez que les rues sont calmes : la ville vit pratiquement sans voitures (seuls quelques centaines sont autoris\u00e9es \u00e0 circuler) et sans bus, qui ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par les v\u00e9los, les tandems et les fiacres.<\/p>\n<p>1) L&rsquo;Institut allemand occupe l&rsquo;ambassade de Pologne, <strong>57 rue Saint-Dominique<\/strong> et organise de belles r\u00e9ceptions auxquelles participent Drieu La Rochelle, Ernst J\u00fcnger, etc. Gerhard Heller n&rsquo;est ni un nazi convaincu &#8211; bien qu&rsquo;ayant adh\u00e9r\u00e9 au parti en 1934 &#8211; ni un militaire de formation.<br \/>\nRev\u00eatu d&rsquo;un uniforme et promu lieutenant du jour au lendemain, il est nomm\u00e9 responsable du secteur litt\u00e9raire de la Propagandastaffel bas\u00e9e 52 avenue des Champs-\u00c9lys\u00e9es, avant de d\u00e9m\u00e9nager bureau et logement rue Saint-Dominique en 1942. Son activit\u00e9 est supervis\u00e9e par l&rsquo;ambassade. Il est fid\u00e8le \u00e0 Otto Abetz, qu&rsquo;il a connu pendant ses \u00e9tudes en France. Il se doute que certains \u00e9diteurs ou \u00e9crivains \u00ab fricotent \u00bb avec la R\u00e9sistance. Lorsqu&rsquo;il est inform\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9nonciation de la femme de Jouhandeau concernant Paulhan &#8211; qu&rsquo;il respecte &#8211; et Groethuysen, il se porte garant d&rsquo;eux. Il va m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 donner son accord pour la publication de <em>Pilote de guerre<\/em> de Saint-Exup\u00e9ry, qui est aussit\u00f4t retir\u00e9 de la vente par ses sup\u00e9rieurs (Heller purge alors quelques jours d&rsquo;arr\u00eat). Il laisse publier <em>La Pharisienne<\/em> de Mauriac, roman inoffensif mais \u0153uvre d&rsquo;un auteur connu pour ses \u00e9crits r\u00e9sistants. Mauriac dira d&rsquo;Heller qu&rsquo;il est un peu l&rsquo;officier du <em>Silence de la mer<\/em>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1819\" aria-describedby=\"caption-attachment-1819\" style=\"width: 430px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1819\" title=\"L'Institut allemand, redevenu ambassade de Pologne, rue Saint-Dominique.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_installem.jpg\" alt=\"L'Institut allemand, redevenu ambassade de Pologne, rue Saint-Dominique.\" width=\"430\" height=\"300\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_installem.jpg 430w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_installem-300x209.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 430px) 94vw, 430px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1819\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;Institut allemand, redevenu ambassade de Pologne, rue Saint-Dominique.<\/figcaption><\/figure>\n<p>2) Avant de quitter Paris en ao\u00fbt 1944, il enterre son journal des ann\u00e9es d&rsquo;Occupation et un manuscrit de Ernst J\u00fcnger (<em>La Paix<\/em>) <strong>sur l&rsquo;esplanade des Invalides, rue de Constantine entre les rues Talleyrand et Saint-Dominique<\/strong>. Il revient apr\u00e8s-guerre les chercher mais ne les retrouvera jamais. Il publiera tout de m\u00eame ses souvenirs <em>Un Allemand \u00e0 Paris<strong>. 1940-1944<\/strong><\/em>, en reconstituant de m\u00e9moire les \u00e9v\u00e9nements de cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p>3) Paul Reynaud, pr\u00e9sident du Conseil au moment de l&rsquo;invasion allemande, habite <strong>5 place du Palais Bourbon<\/strong> de 1936 \u00e0 1966 (plaque).<\/p>\n<p>4) Jusqu&rsquo;\u00e0 son rappel \u00e0 Berlin en novembre 1942 et apr\u00e8s son retour, avec des consignes plus fermes, en 1943, Otto Abetz r\u00e9side \u00e0 l&rsquo;ambassade d&rsquo;Allemagne, <strong>78 rue de Lille<\/strong>. Chaque semaine y sont organis\u00e9s conf\u00e9rences et th\u00e9s de presse.<\/p>\n<p>5) Le si\u00e8ge de la <em>Nouvelle Revue Fran\u00e7aise<\/em> et des \u00e9ditions Gallimard, <strong>5 rue S\u00e9bastien Bottin<\/strong>, est entre 1940 et 1944 un microcosme qui voit agir tous les acteurs de l&rsquo;\u00e9poque, des plus collaborateurs aux plus r\u00e9sistants. La NRF est la seule revue autoris\u00e9e \u00e0 para\u00eetre, dans la zone occup\u00e9e comme dans la zone libre. Drieu La Rochelle, dont la position dans le paysage litt\u00e9raire parisien a chang\u00e9 du jour au lendemain avec l&rsquo;arriv\u00e9e de son ami Otto Abetz \u00e0 l&rsquo;ambassade d&rsquo;Allemagne, dirige la NRF \u00e0 la place de Paulhan entre 1940 et 1943. Les bonnes relations qu&rsquo;entretient Drieu avec Gerhard Heller permettent \u00e9galement la r\u00e9ouverture des \u00e9ditions Gallimard fin 1940. Il app\u00e2te alors des \u00e9crivains vers la <em>NRF<\/em> en usant du discours de la litt\u00e9rature au-dessus de la politique. Gide, que son entourage a heureusement retenu de s&rsquo;associer \u00e0 Drieu, se d\u00e9solidarise officiellement de la revue en mars 1941, apr\u00e8s avoir lu des extraits de <em>Chronique priv\u00e9e de l&rsquo;an 1940<\/em> de Jacques Chardonne. Mauriac fait de m\u00eame. Grenier refuse que la NRF publie ses \u00e9crits. Camus refuse que L&rsquo;\u00c9tranger y paraisse. Drieu r\u00e9alise apr\u00e8s quelques mois que la \u00ab bonne litt\u00e9rature \u00bb est \u00e9dit\u00e9e dans d&rsquo;autres revues que la sienne, des revues clandestines. La <em>NRF<\/em> cesse de para\u00eetre au printemps 1943.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1788\" aria-describedby=\"caption-attachment-1788\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1788\" title=\"78 rue de Lille.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_ambassadeal2.jpg\" alt=\"78 rue de Lille.\" width=\"400\" height=\"285\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_ambassadeal2.jpg 400w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_ambassadeal2-300x214.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 400px) 94vw, 400px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1788\" class=\"wp-caption-text\">78 rue de Lille.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pendant que la <em>NRF<\/em> vit ces turbulences, les premiers membres du Comit\u00e9 National des \u00c9crivains se retrouvent \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1941 dans le bureau de Jean Paulhan, \u00e0 quelques m\u00e8tres de celui de Drieu (il s&rsquo;agit de ne pas se tromper de porte !) : Gu\u00e9henno, Deb\u00fb-Bridel, Blanzat, bient\u00f4t Mauriac, Decour. Ils y travaillent \u00e0 la conception des Lettres fran\u00e7aises et aiment bien prendre pour cible&#8230; Drieu et la NRF ! Paulhan sert par ailleurs de plaque \u00e9ditoriale tournante pour des revues publi\u00e9es en zone non occup\u00e9e (<em>Po\u00e9sie 40, 41, 42<\/em> \u00e0 Villeneuve, <em>Confluences<\/em> \u00e0 Lyon) ou en-dehors de France (<em>Les Cahiers du Rh\u00f4ne<\/em> en Suisse ou <em>Fontaine<\/em> \u00e0 Alger). Au printemps 1941, Paulhan publie chez Gallimard un recueil de po\u00e8mes d&rsquo;Aragon, Le Cr\u00e8ve-C\u0153ur. C&rsquo;est une r\u00e9v\u00e9lation pour ses lecteurs. Contournant la directive communiste qui stipule qu&rsquo;\u00eatre \u00e9dit\u00e9 en tant de guerre, c&rsquo;est trahir, Aragon a repris la forme de la po\u00e9sie m\u00e9di\u00e9vale chant\u00e9e. L&rsquo;ancien surr\u00e9aliste r\u00e9concilie vers et sensibilit\u00e9 populaire. Comme Eluard, il r\u00e9ussit le pari de redonner \u00e0 la po\u00e9sie \u00ab de guerre \u00bb une place que le roman lui avait ravie jusqu&rsquo;alors. La subtilit\u00e9 de ses vers et l&rsquo;appui de Gerhard Heller lui permettent de passer \u00e0 travers la censure. Chez Aragon comme chez Eluard, sous couvert de chanter l&rsquo;aim\u00e9e, on chante la patrie.<\/p>\n<p>6) Camus emm\u00e9nage <strong>1 bis rue Vaneau<\/strong> en 1944, dans un studio voisin de l&rsquo;appartement de Gide, que ce dernier, alors en Afrique du Nord, lui loue sans bien le conna\u00eetre et sans le d\u00e9clarer. Ainsi, Gide fait des \u00e9conomies et Camus, dont l&rsquo;engagement dans la r\u00e9sistance commence \u00e0 \u00eatre soup\u00e7onn\u00e9, vit \u00e0 une adresse inconnue des services de police.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1647\" aria-describedby=\"caption-attachment-1647\" style=\"width: 330px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1647\" title=\"L'h\u00f4tel Aviatic.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2004\/12\/jpg_aviatic.jpg\" alt=\"L'h\u00f4tel Aviatic.\" width=\"330\" height=\"440\" align=\"right\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1647\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;h\u00f4tel Aviatic.<\/figcaption><\/figure>\n<p>7) Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;installe \u00e0 Paris fin 1943 (il est alors embauch\u00e9 comme lecteur aux \u00e9ditions Gallimard), il trouve \u00e0 se loger dans une chambre &#8211; chauff\u00e9e ! &#8211; \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel du <strong>22 rue de la Chaise<\/strong> (qui n&rsquo;existe plus). Ses journ\u00e9es de travail sont bien remplies et il ne parvient \u00e0 consacrer \u00e0 <em>La Peste<\/em> qu&rsquo;une heure ou deux la nuit.<\/p>\n<p>8) D\u00e8s le 15 juin 1940, l&rsquo;Abwehr, le service de renseignements et de contre-espionnage de l&rsquo;amiral Canaris, s&rsquo;installe \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Lutetia, <strong>45 boulevard Raspail<\/strong>. Cinq ans plus tard, l&rsquo;h\u00f4tel sera le centre d&rsquo;accueil des d\u00e9port\u00e9s lib\u00e9r\u00e9s des camps nazis (alors que la gare d&rsquo;Orsay sera le centre d&rsquo;accueil des prisonniers de guerre lib\u00e9r\u00e9s).<\/p>\n<p>9) <strong>Face au 35 rue du Cherche-Midi<\/strong>, un monument adoss\u00e9 \u00e0 la Maison des sciences de l&rsquo;Homme garde la m\u00e9moire de la prison du Cherche-Midi, o\u00f9 des \u00e9tudiants sont incarc\u00e9r\u00e9s apr\u00e8s la manifestation du 11 novembre 1940 sur la place de l&rsquo;\u00c9toile. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du boulevard Raspail, la statue de Fran\u00e7ois Mauriac veille.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1820\" aria-describedby=\"caption-attachment-1820\" style=\"width: 323px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1820\" title=\"L'entr\u00e9e du 22 rue de la Chaise (en 2010).\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_CamusruedelaChaise-300.jpg\" alt=\"L'entr\u00e9e du 22 rue de la Chaise (en 2010).\" width=\"323\" height=\"416\" align=\"left\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_CamusruedelaChaise-300.jpg 323w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_CamusruedelaChaise-300-233x300.jpg 233w\" sizes=\"(max-width: 323px) 94vw, 323px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1820\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;entr\u00e9e du 22 rue de la Chaise (en 2010).<\/figcaption><\/figure>\n<p>10) Alors qu&rsquo;il r\u00e9side pr\u00e8s du Chambon-sur-Lignon, Camus monte deux semaines \u00e0 Paris en janvier 1943 et loge \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Aviatic, toujours debout <strong>105 rue de Vaugirard<\/strong>.<\/p>\n<p>11) Maria Casar\u00e8s habite <strong>148 rue de Vaugirard<\/strong> et y re\u00e7oit parfois Camus dans les derniers temps de l&rsquo;Occupation.<\/p>\n<p>12) L&rsquo;adresse parisienne de Pierre Seghers est le <strong>230 boulevard Raspail<\/strong> entre 1944 et 1987 (plaque). Pendant la guerre, il \u00e9dite clandestinement la revue <em>Po\u00e9sie<\/em> depuis la zone Sud.<\/p>\n<p>13) Pierre Benoit habite entre 1924 et 1947 le <strong>120 rue d&rsquo;Assas<\/strong> (plaque). Il collabore sous l&rsquo;occupation avec <em>Le Petit parisien<\/em>, mais refuse d&rsquo;accompagner Brasillach, Jouhandeau, etc. dans leurs voyages \u00ab culturels \u00bb en Allemagne.<\/p>\n<p>14) Au <strong>93 boulevard Saint-Michel<\/strong> se tient toujours le Student Hostel. C&rsquo;est ici que Sylvia Beach se cache plusieurs mois apr\u00e8s son retour de captivit\u00e9 en 1942.<\/p>\n<p>15) \u00c0 partir de f\u00e9vrier 1943, l&rsquo;appartement d&rsquo;\u00c9dith Thomas <strong>15 rue Pierre-Nicole<\/strong> sert de lieu de r\u00e9union pour le Comit\u00e9 National des \u00c9crivains cr\u00e9\u00e9 en 1941. Employ\u00e9e aux Archives nationales, amie de Claude Morgan et de Paulhan, \u00c9dith Thomas accueille chez elle jusqu&rsquo;\u00e0 une vingtaine de personnes \u00e0 la fois. S&rsquo;y croisent, outre les deux pr\u00e9cit\u00e9s, Mauriac, Queneau, Leiris, Camus, Sartre, Eluard, Duhamel, Gu\u00e9henno, les fr\u00e8res Tharaud, etc.<\/p>\n<p>A lire aussi : <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2006\/03\/06\/saint-germain-des-pres-occupe\/\">Saint-Germain-des-pr\u00e9s occup\u00e9<\/a>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1821\" aria-describedby=\"caption-attachment-1821\" style=\"width: 568px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1821\" title=\"A droite, le 22 rue de la Chaise.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_CamusruedelaChaise2_500.jpg\" alt=\"A droite, le 22 rue de la Chaise.\" width=\"568\" height=\"411\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_CamusruedelaChaise2_500.jpg 568w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_CamusruedelaChaise2_500-300x217.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 568px) 94vw, 568px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1821\" class=\"wp-caption-text\">A droite, le 22 rue de la Chaise.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mai 1940, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat de choc comme en 1870. 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