{"id":51,"date":"2003-08-14T19:38:50","date_gmt":"2003-08-14T17:38:50","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/charles-dickens-a-paris\/"},"modified":"2025-07-25T19:35:28","modified_gmt":"2025-07-25T17:35:28","slug":"charles-dickens-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2003\/08\/14\/charles-dickens-a-paris\/","title":{"rendered":"Charles DICKENS \u00e0 Paris, Boulogne-sur-Mer et G\u00eanes"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1242\" aria-describedby=\"caption-attachment-1242\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1242\" title=\"Paris, 48 rue de Courcelles.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_dickens.jpg\" alt=\"Paris, 48 rue de Courcelles.\" width=\"410\" height=\"310\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_dickens.jpg 410w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/jpg_dickens-300x227.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 410px) 94vw, 410px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1242\" class=\"wp-caption-text\">Paris, 48 rue de Courcelles, dans les ann\u00e9es 2000.<\/figcaption><\/figure>\n<p>[\u00c0 Londres, j&rsquo;ai]<em> au moins trois kilom\u00e8tres de rues \u00e9clair\u00e9es la nuit, pour me promener ; et un vaste th\u00e9\u00e2tre pour m&rsquo;y rendre chaque soir. <\/em>Lettre \u00e0 John Forster, G\u00eanes, 1844.<\/p>\n<p><em>Lecture d&rsquo;Our Mutual Friend qui me rend jaloux de Dickens, mais il faut dire que les sc\u00e8nes o\u00f9 interviennent les bons sentiments sont au-dessous de tout. Il en fallait pour le public, je pense, pour le succ\u00e8s. <\/em>Julien Green. <em>Journal<\/em>, 31 janvier 1960.<\/p>\n<p>Dickens a besoin d&rsquo;une ambiance pour \u00e9crire : le remue-m\u00e9nage d&rsquo;une auberge ou d&rsquo;un salon et, au-del\u00e0, un environnement qui le nourrisse en fonction des besoins du r\u00e9cit. Il est surtout un citadin, et c&rsquo;est la vie de la ville qui l&rsquo;inspire le plus.<\/p>\n<p>En 1846, \u00e0 la recherche d'\u00a0\u00bbenvironnements\u00a0\u00bb, l&rsquo;\u00e9crivain-marcheur s\u00e9journe avec sa famille et quatre secr\u00e9taires-servantes \u00e0 Lausanne, Gen\u00e8ve et Paris.<\/p>\n<p>Il a trente-quatre ans, une femme et six enfants. Il \u00e9crit des nouvelles et des romans depuis 1833. Le succ\u00e8s inattendu de <em>The Pickwick Papers<\/em>, dix ans auparavant, l&rsquo;a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 tout miser sur l&rsquo;\u00e9criture.<\/p>\n<p>De Suisse, il fait part \u00e0 John Forster, son meilleur ami, de ses difficult\u00e9s pour \u00e9crire <em>Dombey and Son<\/em>, dont la parution a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 en feuilletons : ni \u00e0 Gen\u00e8ve ni \u00e0 Lausanne, il ne trouve pour l&rsquo;inspirer l&rsquo;intensit\u00e9 de la vie des rues d&rsquo;une grande ville.<\/p>\n<p>Alors que Londres l&rsquo;attire par ses t\u00e9n\u00e8bres et la confusion des existences, Paris, o\u00f9 il se dirige en novembre 1846 apr\u00e8s Gen\u00e8ve, le transporte par son \u00e9clat et sa lumi\u00e8re. Il y avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 de passage en juillet (h\u00e9berg\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Meurice, 228 rue de Rivoli) et novembre 1844, \u00e0 l&rsquo;aller et au retour de son voyage \u00e0 G\u00eanes en passant par Lyon, Avignon et Marseille. En d\u00e9cembre, en route \u00e0 nouveau pour l&rsquo;Italie, il s&rsquo;\u00e9tait arr\u00eat\u00e9 bri\u00e8vement \u00e0 Paris et avait rencontr\u00e9 Victor Hugo, Th\u00e9ophile Gautier, Alexandre Dumas, Delacroix, Alfred de Vigny.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est entre novembre 1846 et janvier 1847 que Dickens, marcheur et observateur insatiable, prend vraiment le temps de d\u00e9couvrir Paris. D&rsquo;abord install\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel Brighton, la famille loue une \u00ab\u00a0maison de poup\u00e9e\u00a0\u00bb 48 rue de Courcelles. Malgr\u00e9 la vie parisienne, il poursuit avec beaucoup de peine <em>Dombey and Son<\/em>, histoire d&rsquo;une faillite familiale. \u00ab\u00a0<em>Je me suis mis \u00e0 d\u00e9tester mon bureau, et suis descendu dans le salon ; ai \u00e9t\u00e9 incapable de trouver un coin convenable ; ai sombr\u00e9 dans la contemplation du mois qui d\u00e9clinait ; suis rest\u00e9 assis six heures de suite<\/em>\u00ab\u00a0&#8230; pour \u00e9crire six lignes&#8230; Il rencontre Eug\u00e8ne Sue.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin de son s\u00e9jour, il est rejoint par Forster, avec qui il visite les coins et recoins de la capitale.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;image de Londres, Paris est pour Dickens un labyrinthe qui renvoit au d\u00e9dale de la vie sociale et personnelle de ses h\u00e9ros \u2014 et de ses lecteurs. Par la gr\u00e2ce de son style, il donne aux personnages et aux situations qu&rsquo;il d\u00e9crit un aspect encore plus r\u00e9el que la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Les deux villes sont aussi le si\u00e8ge de r\u00e9gimes politiques et \u00e9conomiques oppresseurs qu&rsquo;il d\u00e9nonce imperceptiblement dans ses romans.<\/p>\n<p>Si Dickens fait par la suite d&rsquo;autres s\u00e9jours \u00e0 Paris (certains tr\u00e8s courts, comme en f\u00e9vrier 1855 avec son co-auteur Wilkie Collins, ou en mai 1864 et en 1865, souvent pour prendre des vacances apr\u00e8s l&rsquo;ach\u00e8vement d&rsquo;un roman ou d&rsquo;une tourn\u00e9e de lectures publiques), il s\u00e9journe aussi \u00e0 Boulogne (1). L&rsquo;\u00e9t\u00e9 1853 lui fait en effet d\u00e9couvrir, au-dessus de Boulogne, le ch\u00e2teau des Moulineaux, dont il conna\u00eet le propri\u00e9taire et o\u00f9 il ach\u00e8ve <em>Bleak House<\/em>. Ses principales autres adresses parisiennes sont :<br \/>&#8211; le 49 Champs-Elys\u00e9es (o\u00f9 est aujourd&rsquo;hui situ\u00e9 un certain pub). D&rsquo;octobre 1855 \u00e0 avril 1856, il loue six petites pi\u00e8ces \u00e0 l&rsquo;entresol et au premier \u00e9tage. Entre deux s\u00e9ances de travail sur <em>Little Dorrit<\/em> et d&rsquo;autres visites dans Paris (il est en particulier frapp\u00e9 par la vie qui grouille autour de la Bourse), il profite de ce s\u00e9jour pour rencontrer artistes et \u00e9crivains, dont Lamartine et George Sand. Dickens s&rsquo;exprime dans un fran\u00e7ais accentu\u00e9, mais fort correct, qui fait l&rsquo;admiration de ses interlocuteurs. De mai \u00e0 septembre, il se trouve \u00e0 nouveau au ch\u00e2teau des Moulineaux \u00e0 Boulogne.<br \/>&#8211; un appartement rue du Faubourg Saint-Honor\u00e9, qu&rsquo;il loue en octobre 1862.<br \/>&#8211; l&rsquo;h\u00f4tel du Helder, o\u00f9 il occupe un appartement en janvier 1863, lorsqu&rsquo;il fait \u00e0 Paris des lectures publiques de son oeuvre.<\/p>\n<p>(1) : En juillet 1844, les Dickens s\u00e9journent une nuit \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel des Bains \u00e0 Boulogne, n\u00b069 rue de l&rsquo;\u00e9cu (aujourd&rsquo;hui rue Victor Hugo), avant de reprendre la route pour Albaro (devenue un quartier de G\u00eanes), en Italie, et la villa Bagnarello. En septembre 1852, ils passent deux semaines \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel des Bains. Ils louent l&rsquo;\u00e9t\u00e9 suivant \u00e0 M. Beaucourt-Mutual le ch\u00e2teau des Moulineaux, pr\u00e8s de l&#8217;emplacement du lyc\u00e9e Mariette, rue Beaurepaire.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"557\" height=\"719\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/Genova-Via_San_Nazaro_nellOttocento.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5631\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/Genova-Via_San_Nazaro_nellOttocento.jpg 557w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/Genova-Via_San_Nazaro_nellOttocento-232x300.jpg 232w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/Genova-Via_San_Nazaro_nellOttocento-450x581.jpg 450w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2003\/08\/Genova-Via_San_Nazaro_nellOttocento-387x500.jpg 387w\" sizes=\"(max-width: 557px) 94vw, 557px\" \/><figcaption>La villa Bagnarello \u00e0 G\u00eanes (<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Albaro#\/media\/Fichier:Genova-Via_San_Nazaro_nell'Ottocento.jpg\" target=\"_blank\">source Wikipedia<\/a>).<\/figcaption><\/figure><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[\u00c0 Londres, j&rsquo;ai] au moins trois kilom\u00e8tres de rues \u00e9clair\u00e9es la nuit, pour me promener ; et un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1242,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[52,17,43],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=51"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6845,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51\/revisions\/6845"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1242"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=51"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=51"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=51"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}