{"id":511,"date":"2005-09-18T00:00:00","date_gmt":"2005-09-17T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/18\/le-14-rue-clauzel-a-paris-la-boutique-du-pere-tanguy\/"},"modified":"2005-09-18T00:00:00","modified_gmt":"2005-09-17T22:00:00","slug":"le-14-rue-clauzel-a-paris-la-boutique-du-pere-tanguy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/18\/le-14-rue-clauzel-a-paris-la-boutique-du-pere-tanguy\/","title":{"rendered":"Le 14 rue Clauzel \u00e0 Paris, la boutique du p\u00e8re Tanguy"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Situ\u00e9e pr\u00e8s de chez Maupassant, fr\u00e9quent\u00e9e par Mirbeau et le peintre Guillemet, source d&rsquo;information et mod\u00e8le (avec C\u00e9zanne) de Zola, la boutique du p\u00e8re Tanguy a aussi \u00e9t\u00e9 le bouillon de culture des id\u00e9es des petits peintres de l&rsquo;atelier de Cormon. <\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n<img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1828\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_14rueclauzel.jpg\" alt=\"14rueclauzel.jpg\" align=\"center\" width=\"465\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_14rueclauzel.jpg 465w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/09\/jpg_14rueclauzel-300x226.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 465px) 94vw, 465px\" \/><\/p>\n<p>Avant la guerre de 1870, ce garni de la rue Neuve-Br\u00e9da jouissait d&rsquo;une certaine r\u00e9putation, en raison de la fr\u00e9quentation de certaines dames que la Pr\u00e9fecture de police nommait \u00ab des insoumises \u00bb.<br \/>\n<br \/>Les boutiques qui occupaient le devant de la rue appartenaient \u00e0 un marchand de charbon et \u00e0 un limonadier tandis que dans la cour, se trouvait un fabricant d&rsquo;aquarelles nomm\u00e9 : Gouache ! Pendant le si\u00e8ge de Paris et la Commune, un grand nombre de Gardes nationaux du 116\u00b0 Bataillon seront domicili\u00e9s dans cette maison, ainsi que le commissaire de police du quartier Saint-Georges.<br \/>\n<br \/>C&rsquo;est en 1874, de retour de son enfermement sur les pontons de Brest apr\u00e8s sa condamnation pour participation \u00e0 \u00ab l&rsquo;insurrection arm\u00e9e du 18 mars \u00bb, que Julien Tanguy va ouvrir sa boutique de marchand de couleurs.<\/p>\n<p>Avec la galerie Bing et le caf\u00e9 de la Nouvelle Ath\u00e8nes, (r\u00e9cemment victime de vandalisme officiel), cet endroit a \u00e9t\u00e9 le lieu o\u00f9 se sont rencontr\u00e9s les plus importants repr\u00e9sentants des mouvements impressionniste, n\u00e9o-impressionniste, symboliste, Nabi, etc.<br \/>\n<br \/>Emile Bernard a pu dire : \u00ab  L&rsquo;\u00e9cole de Pont-Aven est n\u00e9e dans la boutique du p\u00e8re Tanguy \u00bb.<\/p>\n<p>Ce commer\u00e7ant atypique presque illettr\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 surnomm\u00e9 affectueusement  par ses clients \u00ab le Socrate de la rue Clauzel \u00bb. Vincent Van Gogh, qui partageait cette opinion, mais qui d\u00e9testait la \u00ab m\u00e8re Tanguy \u00bb, l&rsquo;appelait par ailleurs celle-ci en priv\u00e9 Xanthippe !<\/p>\n<p>Claude Monet dans un souvenir partag\u00e9 avec le P\u00e8re Tanguy qu&rsquo;il relate \u00e0 Sacha Guitry, nous donne une bonne id\u00e9e du type de relation que les artistes entretenaient avec ce marchand de couleurs hors du commun :<\/p>\n<p>Monet m&rsquo;a racont\u00e9 un jour :<br \/>\n<br \/><em>\u00ab Van Gogh a fait un admirable portrait du p\u00e8re Tanguy. Le p\u00e8re Tanguy \u00e9tait marchand de couleurs, rue des Martyrs. Sa boutique \u00e9tait tout \u00e0 fait minuscule et sa vitrine si petite qu&rsquo;on ne pouvait y montrer qu&rsquo;un tableau \u00e0 la fois. C&rsquo;est l\u00e0 que nous avons commenc\u00e9, chacun de nous, \u00e0 exposer nos toiles. Le lundi, Sisley, le mardi, Renoir, le mercredi, Pissarro, moi le jeudi, le vendredi, Bazille, et le samedi Jongkind. C&rsquo;est donc ainsi que chacun \u00e0 son tour nous passions une journ\u00e9e dans la boutique du p\u00e8re Tanguy. Un jeudi, je bavardais avec lui sur le pas de sa porte, quand il me d\u00e9signa du doigt un vieux petit monsieur, portant collier de barbe blanche, important, chapeau haut de forme, qui descendait \u00e0 petits pas la rue. C&rsquo;\u00e9tait Daumier &#8211; que je n&rsquo;avais jamais vu. Je l&rsquo;admirais passionn\u00e9ment et mon coeur battait fort \u00e0 la pens\u00e9e qu&rsquo;il allait peut-\u00eatre s&rsquo;arr\u00eater devant ma toile. Prudemment, nous rentr\u00e2mes dans la boutique, Tanguy et moi, et, au travers des rideaux de lustrine que j&rsquo;\u00e9cartai un peu, je guettai le grand homme. Il s&rsquo;arr\u00eata, consid\u00e9ra ma toile, fit la moue, haussa l&rsquo;une de ses \u00e9paules &#8211; et s&rsquo;en alla.<br \/>\nM&rsquo;ayant racont\u00e9 cela Claude Monet me regarda fixement et, gravement me confia :<br \/>\n\u00c7&rsquo;a \u00e9t\u00e9 le plus grand chagrin de ma vie \u00bb<\/em>.<br \/>\nSacha Guitry, Portraits et anecdotes.<\/p>\n<p>Cette illustre boutique devrait revivre bient\u00f4t et retrouver une destination en rapport avec l&rsquo;\u00e2me de l&rsquo;endroit.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;aide efficace de Clotilde Roth-Meyer, docteur en Histoire de l&rsquo;Art,<br \/>\nauteur d&rsquo;une th\u00e8se intitul\u00e9e : <em>Les marchands de couleurs parisiens au XIX\u00b0 si\u00e8cle<\/em>.<\/p>\n<p>Bernard Vassor, auteur du blog http:\/\/bernardvassor.canalblog.com.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Situ\u00e9e pr\u00e8s de chez Maupassant, fr\u00e9quent\u00e9e par Mirbeau et le peintre Guillemet, source d&rsquo;information et mod\u00e8le (avec C\u00e9zanne) [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":1828,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[41],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/511"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=511"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/511\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1828"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=511"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=511"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=511"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}