{"id":514,"date":"2005-09-15T00:00:00","date_gmt":"2005-09-14T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/15\/le-casino-cadet\/"},"modified":"2005-09-15T00:00:00","modified_gmt":"2005-09-14T22:00:00","slug":"le-casino-cadet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/09\/15\/le-casino-cadet\/","title":{"rendered":"Le Casino Cadet"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Ne pas confondre, comme je le lis souvent dans des ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;histoire de Paris, avec le Casino de la place Cadet.<br \/>\n<br \/>Cette grande b\u00e2tisse avait pris la suite apr\u00e8s la fermeture de la salle des Porcherons, au carrefour de la rue Lamartine et de la place Cadet. Le photographe Pierre Petit reprendra les locaux vers 1865 pour en faire un vaste atelier, avec le premier laboratoire photographique de cette dimension.\n<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n                                     <em>Par Bernard Vassor<\/em><\/p>\n<p>Tant\u00f4t salle de concert, mais de pr\u00e9f\u00e9rence salle de bal. La musique pr\u00e9disposant les \u00e2mes masculines \u00e0 la tendresse, les lorettes font, les jours de concert, assaut de toilettes affriolantes, de d\u00e9marches aguicheuses et d&rsquo;oeillades langoureuses.<br \/>\n<br \/>Ces concerts sont suivis non pas pour la musique, mais pour le public f\u00e9minin.<\/p>\n<p>La salle de la rue Cadet est vaste, avec une double galerie au rez de chauss\u00e9e et au premier \u00e9tage. On cause dans les galeries d&rsquo;en bas, et on fume dans les galeries d&rsquo;en haut.<br \/>\nAu centre, on danse les jours de bal, c&rsquo;est-\u00e0-dire les lundis, mercredis, vendredis et dimanche.<br \/>\n<br \/>On s&rsquo;assied les jours de concert, les mardis, jeudis et samedi.<br \/>\n<br \/>\u00c0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de la salle  est plac\u00e9 l&rsquo;orchestre ; derri\u00e8re et de plein pied, se trouve le promenoir \u00e9clair\u00e9 par 4 ou cinq lustres, dont les murs sont orn\u00e9s de portraits en pied de femmes c\u00e9l\u00e8bres. On peut reconna\u00eetre : Jenny Colon, l&rsquo;\u00e9g\u00e9rie de Nerval, Marie Dorval, la duchesse Laure d&rsquo;Abrant\u00e8s,  mademoiselle Mars, Delphine de Girardin, Rachel,  et la belle informatrice de police Fanny Esler.<\/p>\n<p>Sans avoir l&rsquo;air de rien, on peut causer librement de ses petites affaires, faire la demande, d\u00e9battre le prix de ceci ou de cela.<br \/>\n<br \/>Il y a foule les jours de bal. Les petites ouvri\u00e8res et les petites bonnes vont \u00e0 la p\u00eache pour trouver l&rsquo;homme g\u00e9n\u00e9reux et glaner 15 ou 20 sous. Si elles ne trouvent rien, elles retournent sur le boulevard, \u00e0 la porte des caf\u00e9s dont elles sont l&rsquo;ornement indispensable.<\/p>\n<p>On peut circuler difficilement sur les bas-c\u00f4t\u00e9s de la salle de danse. C&rsquo;est donc dans des sortes de box que nos jeunes demoiselles attendent  un probable <em>\u00ab Bel ami \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9t\u00e9, tout ce beau monde se transporte au Ch\u00e2teau d&rsquo;Asni\u00e8res, qui sera en parti d\u00e9truit par les Prussiens en 1870 et les obus versaillais en 1871, et dont il reste quelques vestiges pr\u00e8s du quai de Seine (\u00e0 Asni\u00e8res) et une chapelle donnant dans l&rsquo;actuelle avenue Gabriel P\u00e9ri, face au parc Voyer D&rsquo;Argenson (peint par Van Gogh).<\/p>\n<p>Que dire de plus ?<br \/>\nAh ! Oui : c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui un b\u00e2timent tr\u00e8s laid, dans cette voie ayant des maisons datant principalement du XVIII\u00b0 si\u00e8cle. Il est occup\u00e9 par le Grand Orient de France dans un immeuble navire avec une fa\u00e7ade en aluminium !<br \/>\n<em>Certains diront ; c&rsquo;est le progr\u00e8s, il faut vivre avec son temps, Paris ne s&rsquo;est pas fait en un jour, et j&rsquo;ai une liste interminable de clich\u00e9s utilis\u00e9s pour justifier des op\u00e9rations immobili\u00e8res.<\/em><\/p>\n<p>On trouve dans cette rue au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle de nombreux garnis surveill\u00e9s par la police, les num\u00e9ros 2, 7 et 18 retenant particuli\u00e8rement l&rsquo;attention !<\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n<br \/>G\u00e9rard Comte, ( formidable) historien de Jazz, ( et du XIII\u00b0 arrondissement)<br \/>\n<br \/>Maupassant : Bel ami<br \/>\n<br \/>Archives de Paris (merci Christiane)<br \/>\n<br \/>Archives de la Pr\u00e9fecture de police (merci R\u00e9my)<br \/>\n<br \/>Archives personnelles (merci Bernard)<br \/>\n<br \/>Paris chez soi, Paris ancien et moderne. Paris Paul Boizard 1855<br \/>\n<br \/>Paris \u00e0 l&rsquo;\u009cil, Guide pratique, 13 rue des Martyrs 1862.<\/p>\n<p><em><br \/>\nG\u00e9rard Comte, un ami historien du Jazz (et du XIII\u00b0 arrondissement) m&rsquo;avait montr\u00e9 une affichette de ce cabaret de la place, dat\u00e9e  de 1850, l&rsquo;annonce d&rsquo;un spectacle de Minstrels intitul\u00e9 :<\/p>\n<p> \u00ab Grand succ\u00e8s de Melle Rosa et Sidney Terry \u00bb,<br \/>\nSalle  des Porcherons.<\/p>\n<p>Il y a encore un myst\u00e8re \u00e0 \u00e9claircir : les spectacles de Minstrels, aux Etats-Unis, \u00e9taient des repr\u00e9sentations destin\u00e9es \u00e0 un public blanc, de com\u00e9diens ambulants grim\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 leur donner l&rsquo;aspect d&rsquo;esclaves noirs, et singeant leurs danses et leurs musiques (\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, c&rsquo;\u00e9taient des \u00ab chants de travail \u00bb), le blues et le jazz (ragtime pr\u00e9curseur) n&rsquo;apparaissant que cinquante ans plus tard !<br \/>\n<br \/>Un petit peu plus tard, ces spectacles am\u00e9ricains quelque peu racistes seront accueillis aux \u00ab\u00a0Folies B\u00e8reg\u00e8res\u00a0\u00bb et \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;Eden Th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb, aujourd&rsquo;hui \u00ab\u00a0l&rsquo;Ath\u00e9n\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ne pas confondre, comme je le lis souvent dans des ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;histoire de Paris, avec le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[41],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/514"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=514"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/514\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=514"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=514"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}