{"id":517,"date":"2005-10-11T22:42:42","date_gmt":"2005-10-11T20:42:42","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/11\/1ere-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/"},"modified":"2024-04-07T17:06:29","modified_gmt":"2024-04-07T15:06:29","slug":"1ere-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/11\/1ere-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/","title":{"rendered":"1\u00e8re balade litt\u00e9raire \u00e0 Paris pendant le si\u00e8ge de 1870 et la Commune"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_1844\" aria-describedby=\"caption-attachment-1844\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1844\" title=\"41 rue de Clignancourt.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_41clignanc.jpg\" alt=\"41 rue de Clignancourt.\" width=\"300\" height=\"365\" align=\"left\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_41clignanc.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_41clignanc-247x300.jpg 247w\" sizes=\"(max-width: 300px) 94vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1844\" class=\"wp-caption-text\">41 rue de Clignancourt.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Paris n&rsquo;est pas une ville fr\u00e9quentable. La Semaine sanglante et la frayeur pass\u00e9es, la R\u00e9publique se demande s\u00e9rieusement s&rsquo;il ne serait pas plus sage de choisir une autre capitale \u00e0 la France. Elle se demandera \u00e9galement, pendant une grande partie des ann\u00e9es 1870, si le r\u00e9gime r\u00e9publicain est bien celui qui convient le mieux aux Fran\u00e7ais&#8230;<\/p>\n<p>Peu d&rsquo;\u00e9crivains se trouvent dans la capitale pendant le si\u00e8ge de Paris, et encore moins pendant la Commune. Entre le d\u00e9but de celui-ci en septembre 1870 et fin mai 1871, on y voit Verlaine &#8211; jeune mari\u00e9 en ao\u00fbt et fonctionnaire refusant d&rsquo;ob\u00e9ir en mai suivant au gouvernement versaillais qui ordonne aux fonctionnaires de quitter leur poste -, <a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/article.php3?id_article=162\">Rimbaud<\/a> pr\u00e9sent fin ao\u00fbt-d\u00e9but septembre et entre le 25 f\u00e9vrier et le 10 mars ; <a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/article.php3?id_article=199\">Jules Vall\u00e8s<\/a>, Louise Michel, Henri Rochefort et le parnassien &#8211; fils de marquis ! &#8211; Louis-Xavier de Ricard, Communards engag\u00e9s ; Catulle Mend\u00e8s (domicili\u00e9 passage &#8211; aujourd&rsquo;hui rue &#8211; Saulnier pendant la Commune) ; <a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/article.php3?id_article=192\">Emile Zola<\/a> domicili\u00e9 14 rue La Condamine entre le 14 mars et le 10 mai ; Maxime du Camp ; Th\u00e9ophile Gautier ; Edmond de Goncourt qui pleure la mort de son fr\u00e8re Jules en se promenant dans les rues de la capitale ; <a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/article.php3?id_article=94\">Victor Hugo<\/a> arriv\u00e9 \u00e0 Paris le soir du 5 septembre. D\u00e9put\u00e9 en f\u00e9vrier 1871 et bient\u00f4t bordelais, il est de retour dans la capitale le 18 mars &#8211; jour du soul\u00e8vement qui m\u00e8ne \u00e0 la Commune, proclam\u00e9e officiellement le 28 &#8211; pour enterrer son fils Charles, tu\u00e9 par une apoplexie foudroyante. Hugo regagne Bruxelles le 21 pour r\u00e9gler des affaires de famille et vit la Commune comme Rimbaud : \u00e0 distance.<\/p>\n<p>Comme <a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/article.php3?id_article=94\">Hugo<\/a>, Edgar Quinet a regagn\u00e9 Paris apr\u00e8s Sedan et dix-huit ans d&rsquo;exil. Mais Quinet &#8211; comme Louis Blanc &#8211; condamnera la Commune, qui ne poss\u00e8de \u00e0 ses yeux aucun fondement d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>Quelques artistes sont solidaires des insurg\u00e9s, tels Courbet, proche de Vall\u00e8s, et Manet, qui s&rsquo;enr\u00f4le dans la Garde nationale pendant le si\u00e8ge. Il quitte la capitale apr\u00e8s l&rsquo;armistice et revient apr\u00e8s la fin de la Commune. Son nom figure cependant sur la liste de la Commission des artistes.<\/p>\n<p>A l&rsquo;image des journ\u00e9es de juin 1848 &#8211; une bonne partie des Communards ont d&rsquo;ailleurs connu, plus jeunes et moins m\u00fbrs, les barricades de 1848, tel Charles Delescluze -, les deux mois que dure la Commune entre le 18 mars et le 28 mai 1871 dressent contre elle les \u00e9crivains et penseurs de l&rsquo;\u00e9poque, \u00e0 l&rsquo;exception de Vall\u00e8s, de Verlaine, toutefois prudent et retranch\u00e9 dans son appartement de la rue du Cardinal Lemoine, de Rimbaud et de quelques rares autres po\u00e8tes et journalistes.<\/p>\n<p>Dans leur \u00e9crasante majorit\u00e9, les \u00ab Voix de la libert\u00e9 \u00bb (titre de l&rsquo;ouvrage passionnant de Michel Winock : <em>Les Voix de la libert\u00e9. Les \u00e9crivains engag\u00e9s au XIXe si\u00e8cle<\/em>) crient \u00e0 la trahison de la R\u00e9publique par les Communards.<\/p>\n<p>L&rsquo;une d&rsquo;elles se distinguera pourtant des autres : celle de <a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/article.php3?id_article=94\">Hugo<\/a>. Favorable \u00e0 la Commune sur le principe, il l&rsquo;estime bien inopportune (se r\u00e9volter quand l&rsquo;ennemi est \u00e0 nos portes !) et est choqu\u00e9 par ses exc\u00e8s (1), mais plus encore par la r\u00e9pression aveugle qui fait entre 20 000 et 30 000 victimes parmi les hommes, les femmes et les enfants de la capitale. Il se battra pour l&rsquo;amnistie des Communards, obtenue finalement en 1880.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1845\" aria-describedby=\"caption-attachment-1845\" style=\"width: 385px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignright size-full wp-image-1845\" title=\"Le square Nadar et le Sacr\u00e9-Coeur derri\u00e8re.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_squarenadar.jpg\" alt=\"Le square Nadar et le Sacr\u00e9-Coeur derri\u00e8re.\" width=\"385\" height=\"305\" align=\"right\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_squarenadar.jpg 385w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_squarenadar-300x238.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 385px) 94vw, 385px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1845\" class=\"wp-caption-text\">Le square Nadar et le Sacr\u00e9-Coeur derri\u00e8re.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La guerre a fait sortir Flaubert et les parnassiens de leur tour d&rsquo;ivoire. L&rsquo;attitude de Flaubert est symptomatique. Il d\u00e9plore d&rsquo;abord la d\u00e9claration de guerre et la futilit\u00e9 de ses motifs, en rejetant la faute sur le f\u00e9tichisme qu&rsquo;a l&rsquo;Empire pour le suffrage universel. Quand la situation militaire tourne \u00e0 l&rsquo;avantage de la Prusse, il pr\u00e9pare son fusil et se refuse \u00e0 la paix. La Commune fait se craqueler le vernis d&rsquo;opinion des \u00e9crivains. Ceux qui, sous l&rsquo;Empire, d\u00e9non\u00e7aient le bourgeois, en d\u00e9fendent maintenant les int\u00e9r\u00eats. La situation est simple \u00e0 leurs yeux : les Communards ne sont pas mus par des raisons id\u00e9ologiques ou politiques, puisqu&rsquo;ils ne sont pas des hommes mais des b\u00eates. Daudet les appelle <em>t\u00eates de pions, collets crasseux, cheveux luisants<\/em>, Edmond de Goncourt <em>une racaille d\u00e9guis\u00e9e en soldats (Journal<\/em>, 15 mai 1871), Anatole France, <em>un comit\u00e9 d&rsquo;assassins, une bande de fripouillards, un gouvernement du crime et de la d\u00e9mence<\/em>, Gautier, <em>des animaux f\u00e9roces, des hy\u00e8nes et des gorilles, qui se r\u00e9pandent par la ville \u00e9pouvant\u00e9e avec des hurlements sauvages<\/em> (lire P. Lidsky, <em>Les Ecrivains contre la commune<\/em>, Maspero, 1970). [Que le peuple] <em>cr\u00e8ve donc de faim et de froid, ce peuple facile \u00e0 tromper qui va bient\u00f4t se mettre \u00e0 massacrer ses vrais amis !<\/em> \u00e9crit Leconte de Lisle. \u00c0 l&rsquo;histoire et \u00e0 la sociologie, ces auteurs substituent la biologie. Ernest Feydeau : <em>Ce n&rsquo;est plus la barbarie qui nous menace, ce n&rsquo;est m\u00eame plus la sauvagerie qui nous envahit, c&rsquo;est la bestialit\u00e9 pure et simple<\/em>. Maxime Du Camp penche plut\u00f4t pour <em>un acc\u00e8s d&rsquo;\u00e9pilepsie morale ; une sanglante bacchanale ; une d\u00e9bauche de p\u00e9trole et d&rsquo;eau de vie<\/em> (<em>Les Convulsions de Paris)<\/em>. Son ami Flaubert pense qu&rsquo;<em>on aurait d\u00fb condamner aux gal\u00e8res toute la Commune et forcer ces sanglants imb\u00e9ciles \u00e0 d\u00e9blayer les ruines de Paris, la cha\u00eene au cou, en simples for\u00e7ats<\/em>. Comme bient\u00f4t Taine et Renan, il consid\u00e8re que la perte de la guerre est la cons\u00e9quence de la d\u00e9cadence morale et sociale du Second Empire. Ernest Houssaye \u00e9crit au sujet des Communardes : <em>Pas une de ces femmes n&rsquo;avait une figure humaine : c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;image du crime ou du vice. C&rsquo;\u00e9tait des corps sans \u00e2me qui avaient m\u00e9rit\u00e9 mille fois la mort<\/em>. Barbey d&rsquo;Aurevilly n&rsquo;est bien s\u00fbr pas en reste au sujet des <em>atroces bandits de la Commune <\/em>(dans <em>Le Figaro<\/em> du 18 avril 1872). \u00c9l\u00e9mir Bourges &#8211; dans <em>Les Oiseaux s&rsquo;envolent et les fleurs tombent<\/em> en 1893 &#8211; et Paul Bourget &#8211; dans <em>Un Crime d&rsquo;amour<\/em> en 1886 &#8211; tremperont, avec Renan, Taine, Dumas Fils, George Sand (qui parle de <em>delirium tremens<\/em>), Littr\u00e9 et d&rsquo;autres encore, leur plume dans l&rsquo;encre anti-communarde. Catulle Mend\u00e8s et Villiers de L&rsquo;Isle-Adam semblent avoir \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t favorables \u00e0 la Commune dans ses d\u00e9buts, avant de se retourner contre elle.<\/p>\n<p>Bref, une lutte du Bien contre le Mal, de la civilisation contre la barbarie, qui \u00e9pargne ceux qui viennent de d\u00e9c\u00e9der : Sainte-Beuve meurt en octobre 1869, Jules de Goncourt en juin 1870 (comme Charles Dickens), M\u00e9rim\u00e9e en septembre, et Dumas en d\u00e9cembre.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1846\" aria-describedby=\"caption-attachment-1846\" style=\"width: 280px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1846\" title=\"A droite, le 24 rue Houdon.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_houdon.jpg\" alt=\"A droite, le 24 rue Houdon.\" width=\"280\" height=\"620\" align=\"left\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_houdon.jpg 280w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_houdon-135x300.jpg 135w\" sizes=\"(max-width: 280px) 94vw, 280px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1846\" class=\"wp-caption-text\">A droite, le 24 rue Houdon.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Leurs confr\u00e8res communards actifs (<a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/article.php3?id_article=199\">Vall\u00e8s<\/a>, Ricard, Courbet) ou passifs (Verlaine) ont \u00e9t\u00e9, aux yeux du plus grand nombre des \u00e9crivains, contamin\u00e9s par le virus de la peste r\u00e9volutionnaire et ont eux aussi perdu la t\u00eate.<\/p>\n<p>Autant po\u00e8tes et prosateurs se liguent avant la Commune pour glorifier la patrie et saluer la bravoure des Fran\u00e7ais, autant, en mai 1871, certains appellent de leurs v\u0153ux le soutien des Prussiens pour \u00e9craser le peuple parisien. Apr\u00e8s mai, ils s&rsquo;allient pour r\u00e9duire cette r\u00e9volte \u00e0 l&rsquo;histoire d&rsquo;une manipulation du peuple et des \u00ab bons pauvres \u00bb par quelques excit\u00e9s.<\/p>\n<hr \/>\n<p>En attendant de revenir, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un second article, sur la chronologie du si\u00e8ge de Paris et de la Commune, voici un premier itin\u00e9raire que nous vous proposons dans la capitale, de Montmartre, qui voit le d\u00e9clenchement de l&rsquo;insurrection le 18 mars 1871, \u00e0 la place Vend\u00f4me, o\u00f9 la colonne est abattue par les Communards le 16 mai suivant (lire le bel article de Bernard Vassor : <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/06\/la-chute-de-la-colonne-vendome\/\">512<\/a>).<\/p>\n<p>Les plus courageux peuvent commencer dans le quartier des Batignolles (m\u00e9tro La Fourche).<\/p>\n<p>\u00c9mile Zola est jeune mari\u00e9 au moment o\u00f9 chute l\u2019Empire. Il quitte d\u00e9but septembre son domicile du <strong>14 rue La Condamine<\/strong> et s\u2019installe \u00e0 Marseille. Le voil\u00e0 \u00e0 Bordeaux en d\u00e9cembre lorsque la ville accueille le gouvernement. Il r\u00e9dige des comptes-rendus des travaux de l\u2019Assembl\u00e9e pour le journal <em>La Cloche<\/em>, hostile \u00e0 la Commune. Le 14 mars 1871, les Zola emm\u00e9nagent \u00e0 nouveau au 14 rue La Condamine, qu\u2019ils quittent le 10 mai de peur d\u2019\u00eatre pris comme otages. Ils s\u2019y installent \u00e0 nouveau apr\u00e8s la Semaine sanglante.<\/p>\n<p>1) Louise Michel tient dans les ann\u00e9es 1860 une \u00e9cole <strong>\u00e0 l\u2019angle des rues du Mont-Cenis, Saint-Vincent et Becquerel<\/strong> (plaque). Arriv\u00e9e \u00e0 Paris en 1856, elle est choqu\u00e9e par la mis\u00e8re des enfants et y exerce son m\u00e9tier d\u2019institutrice. Signalons la pr\u00e9sence toute proche de la maison des beaux-parents de Verlaine, 14 rue Nicolet, o\u00f9 le po\u00e8te accueille Rimbaud en septembre 1871 (voir <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/15\/2eme-balade-parisienne-sur-les-pas-de-verlaine\/\">534<\/a>).<\/p>\n<p>2) <strong>Sur l&#8217;emplacement du square Nadar et du Sacr\u00e9-C\u0153ur<\/strong> sont parqu\u00e9s les canons de la garde nationale, que l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9publicaine tente de r\u00e9cup\u00e9rer le matin du 18 mars 1871.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1847\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_CanonMontmartre.jpg\" alt=\"CanonMontmartre.jpg\" width=\"600\" height=\"396\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_CanonMontmartre.jpg 600w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_CanonMontmartre-300x198.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 600px) 94vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>Profitant de la lenteur de l&rsquo;op\u00e9ration (les soldats n&rsquo;ont pas pr\u00e9vu assez de chevaux), Louise Michel et le Comit\u00e9 de vigilance du XVIIIe arrondissement rassemblent des parisiens sur la butte, afin de s&rsquo;opposer aux soldats. C&rsquo;est le d\u00e9but du soul\u00e8vement. Les soldats mettent crosse en l&rsquo;air et refusent de tirer sur le peuple.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1848\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_Versaillais.jpg\" alt=\"Versaillais.jpg\" width=\"450\" height=\"215\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_Versaillais.jpg 450w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_Versaillais-300x143.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 450px) 94vw, 450px\" \/><\/p>\n<p>3) Le g\u00e9n\u00e9ral Lecomte est aussit\u00f4t fait prisonnier par la Garde nationale. Il est gard\u00e9 dans le parc du Ch\u00e2teau-rouge (qui se trouverait aujourd\u2019hui entre les 42 \u00e0 54 rue de Clignancourt et la rue Custine), puis transf\u00e9r\u00e9 au comit\u00e9 local de la Garde nationale, <strong>6 rue des Rosiers (au niveau du 36 rue du Chevalier-de-la-Barre<\/strong>). Plus tard dans la journ\u00e9e, le g\u00e9n\u00e9ral Cl\u00e9ment Thomas, parti \u00e0 la recherche de Lecomte, est reconnu place Pigalle malgr\u00e9 ses habits civils et arr\u00eat\u00e9. Il rejoint Lecomte rue des Rosiers. Des inconnus (leurs propres soldats, selon Lissagaray) d\u00e9bordent la Garde nationale et les ex\u00e9cutent le soir-m\u00eame. La nouvelle fait aussit\u00f4t le tour de Paris et bient\u00f4t de la France, symbolisant aux yeux des Versaillais le caract\u00e8re sanguinaire des insurg\u00e9s.<\/p>\n<p>4) Louise Michel participe pendant le si\u00e8ge de Paris aux s\u00e9ances du comit\u00e9 de vigilance du XVIIIe arrondissement, <strong>41 chauss\u00e9e (rue) de Clignancourt<\/strong>, face \u00e0 la rue Myrha. C\u2019est aussi l\u2019adresse de Th\u00e9o Ferr\u00e9, qui initie Louise \u00e0 la politique. L\u2019immeuble de 1869 est toujours debout.<\/p>\n<p>5) Le 7 octobre 1870, Gambetta s&rsquo;envole de la capitale assi\u00e9g\u00e9e dans un ballon qui d\u00e9colle de <strong>la place Saint-Pierre<\/strong>. Un grand tableau en garde le souvenir au mus\u00e9e Carnavalet. Hugo, qui se prom\u00e8ne alors boulevard de Clichy observe et note la sc\u00e8ne dans ses <em>Choses vues<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9dition a \u00e9t\u00e9 mont\u00e9e par le photographe Nadar, qui promeut la photographie militaire a\u00e9rienne d\u00e8s 1855 et cr\u00e9e en ao\u00fbt 1870 la premi\u00e8re Compagnie des a\u00e9rostiers militaires. Son ballon captif le Neptune, bas\u00e9 place Saint-Pierre, transmet bient\u00f4t des observations quotidiennes au g\u00e9n\u00e9ral Trochu. Il le lib\u00e8re le 23 septembre, charg\u00e9 de courrier, inaugurant la poste a\u00e9rienne du si\u00e8ge de Paris. Soixante-sept ballons s\u2019envolent ainsi durant les 136 jours du si\u00e8ge, d\u00e9collant \u00e9galement de la gare d\u2019Orl\u00e9ans (gare d\u2019Austerlitz) ou de la gare du Nord. Ces ballons \u00e9tant impossibles \u00e0 diriger, certains s\u2019\u00e9crasent, d\u2019autres sont captur\u00e9s par les Prussiens, d\u2019autres parviennent \u00e0 s\u2019\u00e9chapper. Le Mus\u00e9e de la poste (34 boulevard de Vaugirard) (2) conserve des souvenirs \u00e9tonnants d\u2019autres moyens utilis\u00e9s par les parisiens assi\u00e9g\u00e9s pour communiquer avec l\u2019ext\u00e9rieur : lettres microfilm\u00e9es transport\u00e9es par des pigeons voyageurs, \u00ab boules \u00bb de lettres jet\u00e9es dans la Seine\u2026 qui g\u00e8le parfois (la derni\u00e8re \u00e0 ce jour a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e en 1982 !).<br \/>\nNadar est parisien pendant la Commune, mais, d\u00e9sapprouvant certains de ses exc\u00e8s, il ne s\u2019engage pas activement aux c\u00f4t\u00e9s des f\u00e9d\u00e9r\u00e9s malgr\u00e9 la sympathie qu\u2019il leur porte. Dommage, car il en aurait certainement rapport\u00e9 des photos. Son adresse professionnelle est le 35 boulevard des Capucines \u00e0 partir de 1856.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1849\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_ballonssiege.jpg\" alt=\"ballonssiege.jpg\" width=\"500\" height=\"347\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_ballonssiege.jpg 500w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_ballonssiege-300x208.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 500px) 94vw, 500px\" \/><\/p>\n<p>6) Apr\u00e8s la Commune et jusqu\u2019en 1885, Clemenceau tient <strong>23 rue des Trois fr\u00e8re<\/strong>s un dispensaire o\u00f9, tel Raspail en 1848, il soigne gratuitement les d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s (plaque). Il d\u00e9missionne de ses mandats de d\u00e9put\u00e9-maire fin mars 1871 et s\u2019\u00e9loigne de la vie politique parisienne, \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9 comme un tra\u00eetre par les deux bords apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de ses tentatives de conciliation entre Versailles et la capitale. Il est conseiller municipal du XVIIIe, puis deviendra pr\u00e9sident du Conseil de Paris en 1874 et \u00e0 nouveau d\u00e9put\u00e9 en 1876.<\/p>\n<p>7) <strong>\u00c0 l\u2019intersection de la place et de la rue des Abbesses<\/strong> se trouvait la mairie de Montmartre. Clemenceau est nomm\u00e9 maire provisoire de Montmartre par Arago le 5 septembre 1870 et est confirm\u00e9 par les \u00e9lections municipales de novembre. Il est \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 de la Seine en f\u00e9vrier 1871.<\/p>\n<p>En ao\u00fbt 1870, Paul Verlaine \u00e9pouse ici Mathilde Maut\u00e9 en pr\u00e9sence de Louise Michel qui a eu Mathilde comme \u00e9l\u00e8ve et lui d\u00e9die un po\u00e8me : <em>\u00ab Charmante \u00e9pouse du po\u00e8te, \/ Jeune fille, beau lys en fleur, \/ Vous savez, le barde est proph\u00e8te, \/ Et je vous pr\u00e9dis le bonheur \u00bb<\/em>. Po\u00e8me de circonstance, mais gu\u00e8re plus, malheureusement\u2026<\/p>\n<p>8) Louise Michel habite <strong>24 rue Houdon<\/strong> pendant la Commune. Elle y a cr\u00e9\u00e9 un externat en 1865, qu\u2019elle continue de diriger pendant l\u2019insurrection.<\/p>\n<p>9) Le journaliste Paschal Grousset, que nous avons d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion du meurtre de Victor Noir, est arr\u00eat\u00e9 <strong>39 rue Condorcet<\/strong> apr\u00e8s la Semaine sanglante. Le 39 rue Condorcet est un immeuble r\u00e9cent, mais les n\u00b033 et 35 datent de 1875. \u00ab Il \u00e9tait d\u00e9guis\u00e9 en femme, avec robe noire, corset et chignon. Ses papiers \u00e9taient cach\u00e9s sur le baldaquin du lit \u00bb (La R\u00e9volution de 1870-1871, Jules Claretie). D\u00e9port\u00e9 en Nouvelle-Cal\u00e9donie, Grousset s\u2019en \u00e9vade en 1874 et gagne Londres. Il sera bient\u00f4t, sous le nom d\u2019Andr\u00e9 Laurie, co-auteur de romans avec Jules Verne (<em>Les Cinq cents millions de la B\u00e9gum<\/em> \u2013 1879 \u2013, <em>L\u2019\u00c9toile du sud<\/em> \u2013 1884 \u2013 et <em>L\u2019\u00c9pave du Cynthia<\/em> \u2013 1885). Apr\u00e8s l\u2019amnistie de 1880 et son retour en France, il devient un collaborateur du <em>Magasin d\u2019\u00c9ducation et de R\u00e9cr\u00e9ation<\/em> de l\u2019\u00e9diteur Hetzel.<\/p>\n<p>10) Apr\u00e8s dix-huit ans d&rsquo;exil, <a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/article.php3?id_article=94\">Hugo<\/a> arrive le 5 septembre au soir \u00e0 la gare du Nord, o\u00f9 il est acclam\u00e9 comme un h\u00e9ros. Il parvient avec grande difficult\u00e9 \u00e0 gagner, \u00e0 minuit, la maison de son ami Paul Meurice qui l&rsquo;accueille <strong>5 avenue Frochot<\/strong>.<\/p>\n<p>Il devient aussit\u00f4t la vedette de la capitale occup\u00e9e. Les parisiens assi\u00e9g\u00e9s s&rsquo;arrachent les \u00e9ditions des <em>Ch\u00e2timents<\/em>. Le monde politique et artistique (Louise Michel, Gambetta, Jules Ferry, Th\u00e9ophile Gautier, Auguste Vacquerie, Louis Blanc, Quinet, Schoelcher, Ars\u00e8ne Houssaye &#8211; 15 novembre &#8211; Sarah Bernhardt &#8211; 21 novembre &#8211; Verlaine et L\u00e9on Valade &#8211; 23 novembre -, etc.) rend visite au grand homme, qui veut int\u00e9grer la garde nationale mais n&rsquo;obtient aucune r\u00e9ponse du g\u00e9n\u00e9ral Trochu. Il refuse cependant toutes les propositions de s&rsquo;engager en politique, qu&rsquo;elles viennent du gouvernement provisoire ou de ceux qui, tels Vall\u00e8s, poussent \u00e0 l&rsquo;insurrection. N\u2019a-t-il pas dit en 1848 \u00e0 l\u2019\u00e9crivain Paul Lacroix : <em>\u00ab Ne voyez pas en moi un ministre\u2026 Je veux l\u2019influence et non le pouvoir \u00bb<\/em> ? Ses <em>Choses vues<\/em> sont une impressionnante (et fiable ?) chronique du si\u00e8ge.<\/p>\n<p>11) Pendant le si\u00e8ge de Paris et les d\u00e9buts de la Commune, Ernest Renan habite la maison du <strong>16 rue Chaptal<\/strong> \u2013 aujourd\u2019hui le beau mus\u00e9e de la Vie romantique \u2013, avant de se mettre \u00e0 l&rsquo;abri \u00e0 Versailles, 22 rue Mademoiselle.<\/p>\n<p>12) L\u2019adresse de Guy de Maupassant est le <strong>2 rue Moncey<\/strong> entre 1869 et 1876, avec des interruptions en 1870-1871 puisqu\u2019il est soldat depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 1870, rapatri\u00e9 \u00e0 Paris apr\u00e8s Sedan, puis \u00e0 Rouen et \u00c9tretat pendant la Commune. Le si\u00e8ge de la capitale et la pr\u00e9sence des Prussiens en France se retrouvent dans plusieurs de ses nouvelles, comme, bien s\u00fbr, <em>Boule de suif<\/em>, mais aussi <em>Les Deux amis<\/em> (fusill\u00e9s pour une partie de p\u00eache \u00e0 l\u2019\u00cele Marante \u00e0 Colombes), <em>Mademoiselle Fifi, La M\u00e8re Sauvage, Le P\u00e8re Milon, La Folle, Les Id\u00e9es du colonel, L\u2019Horrible<\/em>, etc. Maupassant y m\u00eale sa haine de l&rsquo;occupant \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme des petites gens.<\/p>\n<p>13) La maison de Thiers, <strong>place Saint-Georges<\/strong> (plaque), est d\u00e9truite par les Communards. Elle est ensuite reconstruite.<\/p>\n<p>14) Au <strong>37 rue des Martyrs<\/strong> habite Milli\u00e8re, avocat, journaliste et d\u00e9put\u00e9 de la Seine, fusill\u00e9 par les Versaillais sur les marches du Panth\u00e9on, pendant la Semaine sanglante.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1850\" aria-describedby=\"caption-attachment-1850\" style=\"width: 430px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1850\" title=\"La place Saint-Pierre aujourd'hui (novembre 2005).\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_placestpierre.jpg\" alt=\"La place Saint-Pierre aujourd'hui (novembre 2005).\" width=\"430\" height=\"260\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_placestpierre.jpg 430w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/jpg_placestpierre-300x181.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 430px) 94vw, 430px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1850\" class=\"wp-caption-text\">La place Saint-Pierre en novembre 2005.<\/figcaption><\/figure>\n<p>15) Le <strong>10 rue Notre-Dame-de-Lorette<\/strong> est en 1871 la demeure de Charles Delescluze, \u00e9lu \u00e0 la Commune par les 11e et 19e arrondissements.<\/p>\n<p>16) Le Casino-Cadet, salle de bals et de concerts, se tenait <strong>18 rue Cadet<\/strong>. Il accueille des r\u00e9unions politiques \u00e0 la fin du Second Empire. Vall\u00e8s y donne le 15 janvier 1865 une conf\u00e9rence sur Balzac, qu\u2019il admire. Comme il l\u2019agr\u00e9mente de remarques personnelles sur l\u2019Empire, cela lui vaut un renvoi de la mairie de Vaugirard, o\u00f9 il \u00e9tait en poste depuis 1860.<\/p>\n<p>17) Catulle Mend\u00e8s est domicili\u00e9 <strong>rue Saulnier<\/strong> pendant la Commune (Jules Verne a v\u00e9cu au n\u00b018 en 1861). Comme Villiers de l\u2019Isle-Adam, il lui est d\u2019abord assez favorable, m\u00eame s\u2019il est bien s\u00fbr choqu\u00e9 par l\u2019ex\u00e9cution des g\u00e9n\u00e9raux Lecomte et Thomas. Il reconna\u00eet la complexit\u00e9 de la situation, la maladresse et la couardise de Thiers et la sinc\u00e9rit\u00e9 des f\u00e9d\u00e9r\u00e9s. Mais \u00e0 partir d\u2019avril, ces derniers se transforment \u00e0 ses yeux en des \u00e9meutiers dont il ne voit plus que la violence. Dans <em>Les 73 journ\u00e9es de la Commune<\/em>, il contribue \u00e0 r\u00e9pandre la l\u00e9gende des \u00ab p\u00e9troleuses \u00bb, ces soi-disant insurg\u00e9es incendiaires, dont on pense aujourd\u2019hui qu\u2019elles se rapportent davantage au fantasme qu\u2019\u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>18) Nous p\u00e9n\u00e9trons maintenant dans le quartier de la presse de l&rsquo;\u00e9poque. Le <strong>11 faubourg Montmartre<\/strong> est le si\u00e8ge du journal <em>Le Trait d&rsquo;Union<\/em> de Deplace pendant la Commune.<\/p>\n<p>Ce sera l&rsquo;adresse du <em>Voltaire<\/em> de Jules Laffitte en 1880. H\u00e9ritier du <em>Bien Public<\/em>, <em>Le Voltaire<\/em> veut devenir le <em>Figaro<\/em> des r\u00e9publicains. <a href=\"http:\/\/www.terresdecrivains.com\/article.php3?id_article=192\">Zola<\/a>, qui tente d&rsquo;en faire l&rsquo;organe en chef du naturalisme, y collabore.<\/p>\n<p>19) Le <strong>10 faubourg Montmartre<\/strong> est le si\u00e8ge du journal communard <em>Le Spectateur<\/em>.<\/p>\n<p>20) <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/09\/le-cafe-de-madrid\/\">Le Caf\u00e9 de Madrid<\/a> se trouvait jusqu&rsquo;\u00e0 une \u00e9poque r\u00e9cente <strong>6 boulevard Montmartre<\/strong>. Ses habitu\u00e9s dans la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle se nomment Gambetta, Delescluze et ses collaborateurs du journal <em>Le R\u00e9veil<\/em> : Razoua, Quentin, Favre.<\/p>\n<p>Hector de Callias y r\u00e9dige ses chroniques musicales du <em>Figaro<\/em>. Sa femme Nina y fait plus tard des discours enflamm\u00e9s en faveur de la Commune. Pendant cette derni\u00e8re, Razoua &#8211; devenu colonel &#8211; arrive ici \u00e0 cheval, d\u00e9salt\u00e8re son gosier et repart au galop pour se rendre, par la rue Drouot, \u00e0 Montmartre o\u00f9 il commande le 61e bataillon de la garde nationale.<\/p>\n<p>21) Daudet d\u00e9crit dans Quarante ans de Paris, 1857\u20131897 une rencontre qu\u2019il fait au Caf\u00e9 Riche, <strong>18 boulevard des Italiens<\/strong>. <em>\u00ab Un des derniers jours du mois de mars [1871], nous \u00e9tions cinq ou six attabl\u00e9s devant le caf\u00e9 Riche, \u00e0 regarder d\u00e9filer les bataillons de la Commune. On ne se battait pas encore, mais on avait d\u00e9j\u00e0 assassin\u00e9 rue des Rosiers, place Vend\u00f4me, \u00e0 la pr\u00e9fecture de police. La farce tournait au tragique, et le Boulevard ne riait plus. Serr\u00e9s autour du drapeau rouge, la musette de toile en sautoir, les communeux marchaient d&rsquo;un pas r\u00e9solu dans toute la largeur de la chauss\u00e9e, et de voir ce peuple en armes, si loin des quartiers du travail, ces cartouchi\u00e8res serr\u00e9es autour des blouses de laine, ces mains d&rsquo;ouvriers crisp\u00e9es sur les crosses des fusils, on pensait aux ateliers vides, aux usines abandonn\u00e9es&#8230; Rien que ce d\u00e9fil\u00e9 ressemblait \u00e0 une menace \u00bb<\/em>. Cette rencontre, c\u2019est celle d\u2019un dandy beau parleur mais l\u00e2che, \u00ab cervelle en mie de pain \u00bb, qui parle de s\u2019engager dans l\u2019arm\u00e9e mais sera bient\u00f4t surpris par Daudet s\u2019\u00e9vadant de Paris, d\u00e9guis\u00e9 en ouvrier.<\/p>\n<p><em>Notes<\/em><\/p>\n<p>(1) : \u00ab\u00a0<em>J&rsquo;accepte le principe de la Commune. Je n&rsquo;accepte pas les hommes. J&rsquo;ai protest\u00e9 contre leurs actes, loi des otages, repr\u00e9sailles, arrestations arbitraires, violation des libert\u00e9s, suppression des journaux, spoliations, confiscations, d\u00e9molitions, destruction de la Colonne, attaques au droit, attaques au peuple<\/em>\u00ab\u00a0, \u00e9crit-il dans <em>L&rsquo;Ind\u00e9pendance belge<\/em> le 26 mai 1871. Il rappelle aussi que l&rsquo;Assembl\u00e9e a pr\u00e9cipit\u00e9 le d\u00e9clenchement de la Commune par l&rsquo;\u00e9tourderie pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e de ses mesures contre les Parisiens.<br \/>\n(2) : D\u2019autres souvenirs des ballons du si\u00e8ge de Paris sont expos\u00e9s au Mus\u00e9e de l\u2019Air et de l\u2019Espace au Bourget (www.mae.org). Au mus\u00e9e Clemenceau (8 rue Franklin) est pr\u00e9sent\u00e9e \u2013 sur en-t\u00eate de la \u00ab Mairie de la Butte Montmartre \u00bb \u2013 une lettre \u00e9crite en anglais par Georges Clemenceau \u00e0 sa femme Marie, post\u00e9e par ballon et r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par les Prussiens. Pendant que nous y sommes, signalons l\u2019importante et passionnante collection sur la guerre de 1870 et la Commune du Mus\u00e9e d\u2019Art et d\u2019histoire de Saint-Denis, 22 bis rue Gabriel P\u00e9ri (cf. www.musee-saint-denis.fr), les toiles expos\u00e9es au mus\u00e9e Carnavalet ainsi que les objets du Mus\u00e9e de l\u2019Arm\u00e9e aux Invalides consacr\u00e9s aux ann\u00e9es 1870-1871.<\/p>\n<hr \/>\n<p>A lire :<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/11\/1ere-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/\">517<\/a><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/29\/2e-balade-litteraire-a-paris-sur-les-pas-des-communards-et-des-versaillais\/\">527<\/a><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/29\/3eme-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/\">537<\/a><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/06\/22\/4e-balade-litteraire-a-paris-sur-les-pas-des-communards-et-des-versaillais\/\">743<\/a><\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n<em>Promenades sur les lieux de l&rsquo;Histoire<\/em>, Anne Thoraval, \u00e9ditions Parigramme.<br \/>\nBase de donn\u00e9es de Philippe Boisseau.<br \/>\n<em>Choses vues 1849-1885<\/em>. Victor Hugo. Folio n\u00b02945.<br \/>\nArchives du mus\u00e9e d&rsquo;art et d&rsquo;histoire de Saint-Denis.<br \/>\n<em>Paul Verlaine<\/em>. Henri Troyat. Livre de Poche.<br \/>\nA lire \u00e9galement (si vous le trouvez !) : <em>Les \u00e9crivains fran\u00e7ais devant la guerre de 1870 et la commune<\/em>, actes du colloque du 6 novembre 1971. 200 pages. Publications de la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;histoire litt\u00e9raire de la France, librairie Armand Colin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris n&rsquo;est pas une ville fr\u00e9quentable. 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