{"id":530,"date":"2005-11-10T20:48:59","date_gmt":"2005-11-10T19:48:59","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/10\/victor-hugo-6\/"},"modified":"2025-08-13T11:01:20","modified_gmt":"2025-08-13T09:01:20","slug":"victor-hugo-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/10\/victor-hugo-6\/","title":{"rendered":"Victor HUGO devient r\u00e9publicain (1848-1871)"},"content":{"rendered":"<p><em>J&rsquo;ai \u00e9crit ces notes<\/em> (Choses vues<em>), tr\u00e8s consciencieuses du reste, dans les premiers mois de 1848.<\/em> [&#8230;]<em> J&rsquo;observais cela dans un \u00e9trange \u00e9tat d&rsquo;esprit, comprenant peu cette r\u00e9volution et craignant qu&rsquo;elle ne tu\u00e2t la libert\u00e9. Plus tard, la r\u00e9volution s&rsquo;est faite en moi-m\u00eame ; les hommes ont cess\u00e9 de me masquer les principes.<\/em><br \/>\n<em>Choses vues.<\/em><\/p>\n<p><em>[&#8230;] je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu&rsquo;on peut d\u00e9truire la mis\u00e8re. [&#8230;] Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l&rsquo;\u00e9meute soulevait nagu\u00e8re si ais\u00e9ment, il y a des rues, des maisons, des cloaques, o\u00f9 des familles, des familles enti\u00e8res, vivent p\u00eale-m\u00eale, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n&rsquo;ayant pour lits, n&rsquo;ayant pour couvertures, j&rsquo;ai presque dit pour v\u00eatements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramass\u00e9s dans la fange du coin des bornes, esp\u00e8ce de fumier des villes, o\u00f9 des cr\u00e9atures humaines s&rsquo;enfouissent toutes vivantes pour \u00e9chapper au froid de l&rsquo;hiver.<\/em><br \/>\nVictor Hugo, discours sur la mis\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e, 9 juillet 1849.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la mort de L\u00e9opoldine en 1843, Hugo cesse de publier pendant plusieurs ann\u00e9es. Il s&rsquo;attelle aux <em>Mis\u00e9rables<\/em> en 1845 et en interrompt l&rsquo;\u00e9criture lors de la r\u00e9volution de f\u00e9vrier 1848. Il r\u00e9dige des notes et impressions, qui deviendront <em>Choses vues.<\/em><br \/>\nIl publie quelques discours politiques sous la IIe R\u00e9publique, quelques pamphlets au d\u00e9but de son exil (<em>Napol\u00e9on le petit<\/em> en 1852, <em>Les Ch\u00e2timents<\/em> en 1853), puis <em>Les Contemplations<\/em> en 1856. Son <em>Histoire d&rsquo;un crime<\/em>, \u00e9crite apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00c9tat du 2 d\u00e9cembre 1851, n&rsquo;est publi\u00e9e qu&rsquo;en 1877, au lendemain de la crise du 16 mai &#8211; Mac Mahon, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, ayant alors contraint le pr\u00e9sident du Conseil \u00e0 d\u00e9missionner et demand\u00e9 la dissolution de l&rsquo;Assembl\u00e9e.<br \/>\nRefusant l&rsquo;amnistie de 1859, Hugo se replonge dans <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> en 1860 et ach\u00e8ve le manuscrit pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1861.<\/p>\n<p>C&rsquo;est entre 1848 et 1850 que se joue son revirement politique. L&rsquo;ex-royaliste est en juin 1848 du c\u00f4t\u00e9 du pouvoir r\u00e9publicain et de la r\u00e9pression, essayant plusieurs fois, mais sans succ\u00e8s d&rsquo;obtenir la reddition des insurg\u00e9s et d&rsquo;\u00e9viter des bains de sang : par exemple \u00e0 la barricade de la rue de Turenne et \u00e0 celle de la rue Vieille-du-Temple. On le voit aussi \u00e0 celle qui est \u00e9rig\u00e9e entre le 1 et 2 rue du faubourg du Temple et \u00e0 celle de la barri\u00e8re des Trois Couronnes, situ\u00e9e au niveau du 103 rue Jean-Pierre Timbaud.<br \/>\nIl confie dans <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> (5e partie, livre 1er, chapitre 1) : <em>C&rsquo;est l\u00e0 un de ces moments rares o\u00f9, en faisant ce qu&rsquo;on doit faire, on sent quelque chose qui d\u00e9concerte et qui conseillerait presque d&rsquo;aller plus loin ; on persiste ; il le faut ; mais la conscience satisfaite est triste, et l&rsquo;accomplissement du devoir se complique d&rsquo;un serrement de c\u0153ur<\/em>.<br \/>\nAu d\u00e9but de la cinqui\u00e8me partie du roman, il rend hommage aux insurg\u00e9s de juin 1848 en d\u00e9crivant minutieusement les deux grandes barricades du faubourg Saint-Antoine et du faubourg du Temple.<\/p>\n<p>Hugo et le journal de ses fils, <em>L&rsquo;\u00c9v\u00e9nement<\/em>, soutiennent le pr\u00e9sident Louis-Napol\u00e9on Bonaparte jusqu&rsquo;\u00e0 la fin 1849. Puis c&rsquo;est le revirement \u00e0 gauche. Hugo est contre l&rsquo;exp\u00e9dition fran\u00e7aise en soutien au Pape et son discours contre la mis\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e le 9 juillet le discr\u00e9dite d\u00e9finitivement aux yeux du parti de l&rsquo;Ordre. Revirement ? En 1834, il \u00e9crivait d\u00e9j\u00e0 <em>Apr\u00e8s juillet 1830, il nous faut la chose<\/em> r\u00e9publique <em>et le mot<\/em> monarchie. Hugo ne r\u00e9alise-t-il pas en 1848-1849 que la R\u00e9publique est le mot et la chose qui conviennent le mieux \u00e0 ses aspirations de voir les Fran\u00e7ais vivre libres et en paix, sans opposition de classes ?<\/p>\n<p><em>L&rsquo;\u00c9v\u00e9nement<\/em> est interdit en septembre 1851, aussit\u00f4t remplac\u00e9 par <em>L&rsquo;Av\u00e8nement du peuple<\/em>, rapidement condamn\u00e9. Charles est arr\u00eat\u00e9 en juillet, Fran\u00e7ois-Victor en novembre.<\/p>\n<p>Lors du coup d&rsquo;\u00c9tat de d\u00e9cembre 1851, Hugo est pr\u00eat \u00e0 se faire tuer pour d\u00e9fendre la R\u00e9publique, alors que le peuple parisien n&rsquo;est pas si f\u00e2ch\u00e9 que cela de voir les leaders de la r\u00e9pression de juin 1848 enferm\u00e9s \u00e0 leur tour dans les ge\u00f4les souterraines des Tuileries.<br \/>\nComme pour Sue, exil\u00e9 volontaire \u00e0 Annecy d\u00e8s 1852, l&rsquo;adh\u00e9sion de Hugo \u00e0 la R\u00e9publique se renforce encore lors de son s\u00e9jour anglo-normand. La R\u00e9publique, de r\u00e9gime nouveau-n\u00e9, est redevenue un id\u00e9al \u00e9touff\u00e9 par l&rsquo;Empire.<\/p>\n<p>___<\/p>\n<p>Depuis son exil anglo-normand, Hugo se rend l&rsquo;\u00e9t\u00e9 chez son fils Charles, <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2014\/01\/11\/victor-hugo-a-bruxelles\/\">4 place des Barricades \u00e0 Bruxelles<\/a>. Une aile de la maison lui est r\u00e9serv\u00e9e. Il lui arrive aussi de loger ailleurs dans la capitale belge : au 16 puis au 27 de la Grand-place d\u00e9but 1852, 3 impasse du Parc, rue Royale, fin juillet 1862.<br \/>\nIl re\u00e7oit parfois des visiteurs place des Barricades, tel Verlaine pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1867.<\/p>\n<p>La guerre franco-prussienne met fin \u00e0 son r\u00eave des \u00ab \u00c9tats-Unis d&rsquo;Europe \u00bb.<br \/>\nAlors que se pr\u00e9cise la d\u00e9ch\u00e9ance de son ennemi personnel \u00ab Napol\u00e9on le petit \u00bb, il quitte Guernesey et fait \u00e9tape chez Charles, o\u00f9 il s&rsquo;installe mi-ao\u00fbt 1870. Il emm\u00e9nage \u00e0 Paris le 5 septembre, chez son ami Paul Meurice, 5 avenue Frochot.<br \/>\nJuliette Drouet ainsi que Charles Hugo et sa famille s&rsquo;installent d\u00e9but septembre dans un h\u00f4tel, 8 rue de Navarin, puis au pavillon de Rohan, 172 ou 174 rue de Rivoli.<br \/>\nHugo est d\u00e8s lors le plus c\u00e9l\u00e8bre des parisiens qui endurent le si\u00e8ge de la capitale par les Prussiens. Charles s&rsquo;engage dans la Garde nationale.<\/p>\n<p>\u00c9lu d\u00e9put\u00e9 en f\u00e9vrier 1871, il s&rsquo;installe \u00e0 Bordeaux mi-f\u00e9vrier, 37 rue de la Course (et Juliette 13, rue Saint-Maur). Il d\u00e9missionne bient\u00f4t de cette assembl\u00e9e en majorit\u00e9 monarchiste, mais ne quitte Bordeaux que le 17 mars, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s brutal de Charles, enterr\u00e9 le 18 mars \u00e0 Paris, au P\u00e8re Lachaise. Hugo reste quatre jours \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel du Louvre, puis repart \u00e0 Bruxelles le 21 mars, afin de r\u00e9gler la succession de Charles.<\/p>\n<p>Il vit donc la Commune depuis l&rsquo;\u00e9tranger, mais en participant actif. Il n&rsquo;\u00e9tait pas dans les r\u00e9volutions de 1830, 1832, 1848. Il a \u00e9t\u00e9 dans la r\u00e9sistance au 2 d\u00e9cembre 1851, et il est dans l&rsquo;\u00e9lan r\u00e9volutionnaire de la Commune.<br \/>\n\u00c0 la fin de la Semaine sanglante, il invite les insurg\u00e9s survivants \u00e0 venir trouver asile chez lui, place des Barricades. L&rsquo;article qu&rsquo;il publie \u00e0 ce sujet dans le journal belge <em>L&rsquo;Ind\u00e9pendance<\/em> lui vaut une tentative de lynchage par une foule t\u00e9l\u00e9guid\u00e9e venue le chercher \u00e0 son domicile et une expulsion du pays le 30 mai.<br \/>\nDirection le Luxembourg, avant un retour presque d\u00e9finitif \u00e0 Paris en septembre 1871 pour d\u00e9fendre Rochefort, condamn\u00e9 \u00e0 la d\u00e9portation.<\/p>\n<p>Hugo emm\u00e9nage 66 rue de la Rochefoucauld en octobre 1871, puis reprend le chemin de Guernesey entre ao\u00fbt 1872 et juillet 1873, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 battu aux \u00e9lections l\u00e9gislatives.<br \/>\n<em>L&rsquo;Ann\u00e9e terrible<\/em>, recueil de po\u00e8mes sur le si\u00e8ge et la Commune, est publi\u00e9e en 1872.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1870, bien que l&rsquo;imagerie officielle en ait fait le po\u00e8te officiel de la IIIe R\u00e9publique, Hugo est longtemps repouss\u00e9 autant par les rangs de la droite que par des ex-Communards, except\u00e9 Vall\u00e8s.<br \/>\nIl est s\u00e9nateur en 1876.<br \/>\nSon combat contre la peine de mort est \u00e0 la base de ses autres combats : pour l&rsquo;amnistie des Communards, pour l&rsquo;instruction publique, pour les droits de la femme.<\/p>\n<p><em>Sources<\/em><br \/>\n<em>Choses vues<\/em>. Victor Hugo.<br \/>\nMILLOT (H\u00e9l\u00e8ne) et SAMINADAYAR-PERRIN (Corinne). <em>1848, une r\u00e9volution du discours<\/em>. Saint-\u00c9tienne, \u00c9ditions des Cahiers intempestifs, 2001.<br \/>\n<em>Verlaine<\/em>. Henri Troyat. Livre de poche n\u00b013962.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai \u00e9crit ces notes (Choses vues), tr\u00e8s consciencieuses du reste, dans les premiers mois de 1848. 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