{"id":537,"date":"2005-11-29T10:18:47","date_gmt":"2005-11-29T09:18:47","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/29\/3eme-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/"},"modified":"2021-06-25T20:29:18","modified_gmt":"2021-06-25T18:29:18","slug":"3eme-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/29\/3eme-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/","title":{"rendered":"3\u00e8me balade litt\u00e9raire \u00e0 Paris pendant le si\u00e8ge de 1870 et la Commune"},"content":{"rendered":"<p><figure id=\"attachment_1896\" aria-describedby=\"caption-attachment-1896\" style=\"width: 280px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\" alignleft size-full wp-image-1896\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_verllemoine.jpg\" alt=\"2 rue du Cardinal Lemoine.\" title=\"2 rue du Cardinal Lemoine.\" class=\"caption\" align=\"left\" width=\"280\" height=\"490\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_verllemoine.jpg 280w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_verllemoine-171x300.jpg 171w\" sizes=\"(max-width: 280px) 94vw, 280px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1896\" class=\"wp-caption-text\">2 rue du Cardinal Lemoine.<\/figcaption><\/figure>1)\tMathilde Verlaine part le 23 mai 1871 au petit matin du <strong>2 rue du Cardinal Lemoine<\/strong> \u00e0 la recherche de sa belle-m\u00e8re, rue L\u00e9cluse. Les combats de rue l&rsquo;obligent \u00e0 se diriger plut\u00f4t chez ses parents, rue Nicolet, o\u00f9 elle passe la nuit. Son mari pr\u00e9f\u00e8re rester \u00e0 l&rsquo;abri. Il re\u00e7oit le 24 la visite de ses amis Lepelletier et Richard, qui ont d\u00e9sert\u00e9 les rangs des f\u00e9d\u00e9r\u00e9s. Des fen\u00eatres de l&rsquo;appartement, ils observent ensemble l&rsquo;incendie de l&rsquo;H\u00f4tel de ville. La m\u00e8re du po\u00e8te arrive au milieu de la nuit suivante, suivie de peu par Mathilde.<\/p>\n<p>2)\tLa prison de Sainte-P\u00e9lagie est situ\u00e9e sous le Second Empire <strong>entre le 56 rue de la Clef et 11 rue Lac\u00e9p\u00e8de<\/strong>. Elle accueille des condamn\u00e9s politiques comme Blanqui, Vall\u00e8s (entre autres d\u00e9but 1868, pour un article du 11 f\u00e9vrier dans <em>Le Globe<\/em>, contre la police imp\u00e9riale ; puis en d\u00e9cembre 1868 et janvier 1869), Rochefort (de f\u00e9vrier au 4 septembre 1870), Lissaragay, etc. Certains d&rsquo;entre eux y fondent m\u00eame un journal, dont le premier num\u00e9ro sort le 26 d\u00e9cembre 1868, avec Vall\u00e8s comme r\u00e9dacteur en chef. Mais les menaces de la pr\u00e9fecture de police le forcent \u00e0 quitter cette t\u00e2che apr\u00e8s quatre num\u00e9ros. Gustave Courbet est emprisonn\u00e9 ici de juin 1871 \u00e0 mars 1872.<\/p>\n<p>3)\tDans la nuit du mardi 23 mai 1871, Jules Vall\u00e8s se r\u00e9unit avec des chefs communards \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel des Grands hommes, <strong>place du Panth\u00e9on<\/strong> (cf. <em>L&rsquo;Insurg\u00e9<\/em>). Ils vont bient\u00f4t se retrouver \u00e0 la mairie du XIe arrondissement.<\/p>\n<p>4)\tDans la rue des Cordiers qui existe jusqu&rsquo;en 1892 <strong>entre la rue Victor Cousin (ex-rue de Cluny) et la rue Saint-Jacques<\/strong>, se trouvait le cabaret \u00ab Le Cochon Fid\u00e8le \u00bb, fr\u00e9quent\u00e9 par l&rsquo;extr\u00eame gauche \u00e0 la fin du Second Empire.<\/p>\n<p>5)\tLa demeure de Maxime Vuillaume, directeur du P\u00e8re Duch\u00eane, se trouvait <strong>9 rue du Sommerard<\/strong>.<\/p>\n<p>6)\t\u00c9douard Manet habite <strong>2 rue du Haut-pav\u00e9<\/strong> en 1871.<\/p>\n<h6>\u00ab~<em>Vers dix, onze heures [du matin du 24 mai 1871], [Edmond Lepelletier, \u00c9mile Richard et moi] per\u00e7\u00fbmes distinctement la fusillade qui s&#8217;approchait. Un bruit sec et roulant de moulin : le tic-tac, vraiment&#8230; Et du balcon [du 2 rue du Cardinal-Lemoine] nous assist\u00e2mes au d\u00e9ploiement en bon ordre du bataillon des vengeurs de Flourens [&#8230;], gamins dans les quinze, seize ans, v\u00eatus en chasseurs \u00e0 pied de la garde imp\u00e9riale, costume noir et vert, culottes de zouaves, large ceinture blanche, et l&#8217;air cr\u00e2ne, trop cr\u00e2ne, mais qui se firent tuer jusqu&#8217;aux derniers, le lendemain, \u00e0 la barricade du pont d&#8217;Austerlitz par des marins par trop furieux vraiment&#8230;<\/em>~\u00bb<br \/>\n<br \/>Paul Verlaine. <em>Confessions<\/em>.<br \/>\n<br \/>Verlaine estime dans ses <em>Confessions<\/em> \u00e0 80% la part des adolescents de 15 \u00e0 17 ans dans les effectifs de ce bataillon. La plupart se font tuer sur la barricade du pont d&rsquo;Austerlitz, et les survivants dans le quartier de Belleville, le 27 et le 28 mai.<br \/>\n<\/h6>\n<p>7)\tUne brasserie du <strong>40 rue Saint-S\u00e9verin<\/strong> \u00e9tait quant \u00e0 elle un lieu de rencontre pour des journalistes et de futurs Communards tels que Vall\u00e8s, Vaillant, Rigault, Jourde, Vermorel, Courbet, etc.<\/p>\n<p>8)\tC&rsquo;est <strong>2 Cour du Commerce-Saint-Andr\u00e9<\/strong>, dans  l&rsquo;h\u00f4tel de Rouen, que Jules Vall\u00e8s se cache pour \u00e9chapper \u00e0 la chasse aux f\u00e9d\u00e9r\u00e9s le 28 mai 1871.<\/p>\n<p>9)\tEug\u00e8ne Varlin, autre leader de la Commune, habite <strong>33 rue Dauphine<\/strong>. Il meurt le 28 mai 1871. Apr\u00e8s avoir particip\u00e9 \u00e0 la barricade du 17 rue de la Fontaine-au-Roi, il est reconnu square Montholon, arr\u00eat\u00e9 place Cadet et conduit 6 rue des Rosiers (aujourd&rsquo;hui rue du Chevalier de la Barre) pour y \u00eatre fusill\u00e9.<\/p>\n<p>10)\tLe <strong>10 rue de Buci<\/strong> est l&rsquo;adresse de la chambre que Th\u00e9odore de Banville pr\u00eate \u00e0 Rimbaud fin 1871. Banville demeure non loin, <strong>10 rue de l&rsquo;\u00c9peron<\/strong>.<\/p>\n<p>11)\tLe 28 f\u00e9vrier 1871 se tient <strong>27 rue de Seine<\/strong>, chez Eug\u00e8ne Vermersch, une r\u00e9union pour redonner naissance au journal <em>P\u00e8re Duch\u00eane<\/em>. Les r\u00e9dacteurs du journal se retrouveront \u00e9galement au caf\u00e9 de la Salamandre, <strong>4 place Saint-Michel<\/strong>.<\/p>\n<p>12)\tJules Verne fait stationner son bateau le Saint-Michel <strong>pr\u00e8s du Pont des Arts<\/strong> en juin 1870. L&rsquo;imp\u00e9ratrice Eug\u00e9nie lui attribue la L\u00e9gion d&rsquo;honneur le 11 ao\u00fbt. Pendant la guerre, il est garde-c\u00f4te au Crotoy, o\u00f9 il habite en Baie de Somme avant d&#8217;emm\u00e9nager \u00e0 Amiens en juillet 1871. Verne montre en 1871 le m\u00eame conservatisme que Thiers. Il remet bient\u00f4t \u00e0 son \u00e9diteur Hetzel &#8211; moins conservateur que lui &#8211; le manuscrit du <em>Chancellor<\/em>, histoire d&rsquo;un navire en flamme \u00e0 l&rsquo;image de la France. <\/p>\n<p>13)\tApr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre cach\u00e9 Cour du Commerce Saint-Andr\u00e9, Vall\u00e8s se r\u00e9fugie quelques jours <strong>38 rue Saint-Sulpice<\/strong>. <\/p>\n<p>14)\tIl habitait <strong>29 rue de Tournon<\/strong> avant la Commune. <\/p>\n<p>15)\tD\u00e9but juin 1871, des conseils de guerre si\u00e9geant au Palais du Luxembourg (et ailleurs) condamnent des Communards \u00e0 la cha\u00eene. Une plaque en leur m\u00e9moire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e en juin 2003 par le S\u00e9nat, dans le <strong>jardin du Luxembourg<\/strong>. Le jardin avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 en juin 1848 un lieu d&rsquo;ex\u00e9cution en masse des insurg\u00e9s.<\/p>\n<p>16)\tVermorel, directeur du journal <em>L&rsquo;Ami du peuple<\/em>, est domicili\u00e9 <strong>29 rue des Saints-P\u00e8res<\/strong> en 1871.<\/p>\n<p>17)\tTh\u00e9ophile Gautier, fid\u00e8le soutien de l&rsquo;Empire d\u00e9chu, a soixante ans en 1871. La guerre de 1870 le pousse \u00e0 quitter sa maison du 32 rue de Longchamp \u00e0 Neuilly pour une chambre au 5e \u00e9tage du <strong>12 rue de Beaune<\/strong>. Il se r\u00e9fugie 3 avenue de Saint-Cloud \u00e0 Versailles pendant la Commune. Il n&rsquo;a plus qu&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 vivre : les privations du si\u00e8ge ont aggrav\u00e9 sa maladie de c&#339;ur.<\/p>\n<p>18)\t<em>Des heures encore s&rsquo;\u00e9coul\u00e8rent,<\/em> [Maurice]<em> ne se battait plus que dans la d\u00e9tresse, ne retrouvant en lui, debout, que la sombre volont\u00e9 de mourir. S&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait tromp\u00e9, qu&rsquo;il pay\u00e2t au moins l&rsquo;erreur de son sang ! La barricade qui fermait <strong>la rue de Lille, \u00e0 la hauteur de la rue du Bac<\/strong>, \u00e9tait tr\u00e8s forte, faite de sacs et de tonneaux de terre, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;un foss\u00e9 profond. Il la d\u00e9fendait avec une douzaine \u00e0 peine d&rsquo;autres f\u00e9d\u00e9r\u00e9s, tous \u00e0 demi couch\u00e9s, tuant \u00e0 coup s\u00fbr chaque soldat qui se montrait. Lui, jusqu&rsquo;\u00e0 la nuit tombante, ne bougea pas, \u00e9puisa ses cartouches, silencieux, dans l&rsquo;ent\u00eatement de son d\u00e9sespoir. Il regardait grossir les grandes fum\u00e9es du palais de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur, que le vent rabattait au milieu de la rue, sans qu&rsquo;on p\u00fbt encore voir les flammes, sous le jour finissant. Un autre incendie avait \u00e9clat\u00e9 dans un h\u00f4tel voisin. Et, brusquement, un camarade vint l&rsquo;avertir que les soldats, n&rsquo;osant prendre la barricade de front, \u00e9taient en train de cheminer \u00e0 travers les jardins et les maisons, trouant les murs \u00e0 coups de pioche<\/em> (\u00c9mile Zola, <em>La D\u00e9b\u00e2cle<\/em>, chapitre 7). C&rsquo;est sur cette barricade que, peu apr\u00e8s, Maurice re\u00e7oit un coup de ba\u00efonnette de Jean, qui ne l&rsquo;a pas reconnu.<\/p>\n<p>19)\tMaurice et Jean d\u00e9cident d&rsquo;\u00e9chapper aux Versaillais et d&rsquo;aller se cacher dans le logement de la <strong>rue des Orties<\/strong> (voir <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/11\/1ere-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/\">517<\/a>.). Ils embarquent dans un canot sur le quai, \u00e0 gauche du Pont Royal, d\u00e9rivent le long du palais en flammes et du jardin des Tuileries et d\u00e9barquent apr\u00e8s le pont de la Concorde. Ils franchissent la barricade d\u00e9laiss\u00e9e de la rue Saint-Florentin (voir m\u00eame balade) et finissent, apr\u00e8s quelques p\u00e9rip\u00e9ties, \u00e0 gagner la rue des Orties.<\/p>\n<hr \/>\n<p>A lire :<br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/11\/1ere-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/\">517<\/a><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/10\/29\/2e-balade-litteraire-a-paris-sur-les-pas-des-communards-et-des-versaillais\/\">527<\/a><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/29\/3eme-balade-litteraire-a-paris-pendant-le-siege-de-1870-et-la-commune\/\">537<\/a><br \/>\n&#8211; <a href=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2007\/06\/22\/4e-balade-litteraire-a-paris-sur-les-pas-des-communards-et-des-versaillais\/\">743<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1) Mathilde Verlaine part le 23 mai 1871 au petit matin du 2 rue du Cardinal Lemoine \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1896,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[45,48,29,25],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/537"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=537"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/537\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3779,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/537\/revisions\/3779"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1896"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=537"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=537"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=537"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}