{"id":541,"date":"2005-11-21T10:49:32","date_gmt":"2005-11-21T09:49:32","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/21\/la-maison-doree\/"},"modified":"2026-01-24T19:58:18","modified_gmt":"2026-01-24T18:58:18","slug":"la-maison-doree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/21\/la-maison-doree\/","title":{"rendered":"La Maison Dor\u00e9e, le nombril du monde"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Une plaque comm\u00e9morative vient d&rsquo;\u00eatre pos\u00e9e pour c\u00e9l\u00e9brer le plus repr\u00e9sentatif du Paris romantique, gr\u00e2ce aux \u00ab\u00a0Amis d&rsquo;Alexandre Dumas, et \u00e0 l&rsquo;association \u00ab\u00a0Autour du P\u00e8re Tanguy\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<figure id=\"attachment_1903\" aria-describedby=\"caption-attachment-1903\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1903\" title=\"La Maison Dor\u00e9e et, \u00e0 gauche, Tortoni.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_maisonDo3.jpg\" alt=\"La Maison Dor\u00e9e et, \u00e0 gauche, Tortoni.\" width=\"450\" height=\"362\" align=\"middle\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_maisonDo3.jpg 450w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_maisonDo3-300x241.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 450px) 94vw, 450px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1903\" class=\"wp-caption-text\">La Maison Dor\u00e9e et, \u00e0 gauche, Tortoni.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Aujourd&rsquo;hui : 20 boulevard des Italiens, 1\/3 rue Laffitte.<\/p>\n<p><em>Par Bernard Vassor et Chantal Chemla \u00a92005<\/em><\/p>\n<p>Sur cet emplacement s&rsquo;\u00e9levait l&rsquo;h\u00f4tel Choiseul-Stainville o\u00f9 v\u00e9cut madame Tallien, \u00ab Notre-Dame de Thermidor \u00bb, la plus c\u00e9l\u00e8bre des Merveilleuses qui mit \u00e0 la mode le v\u00eatement grec flottant et transparent. Elle avait les pieds orn\u00e9s de rubis, une chevelure abondante tour \u00e0 tour brune, rousse, blonde, le teint p\u00e2le, les yeux tr\u00e8s noirs. Elle dirigea avec son mari le mouvement r\u00e9actionnaire. Son salon figurait parmi les plus acharn\u00e9s Clubs contre-r\u00e9volutionnaires (Augustin Challamel : <em>Les Clubs contre-r\u00e9volutionnaires<\/em>, Quantin, Paris 1895).<br \/>\nTallien, lass\u00e9 de son infid\u00e9lit\u00e9 s&rsquo;\u00e9loigna d&rsquo;elle. Pendant son absence, elle eut trois enfants. D\u00e8s son retour, il obtint le divorce.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la d\u00e9molition de l&rsquo;h\u00f4tel Choiseul-Stainville, l&#8217;emplacement fut occup\u00e9 par le Caf\u00e9 Hardy, \u00e9tabli \u00e0 l&rsquo;angle du boulevard de Gand et de la rue Cerutti : on ignore la date de naissance de l&rsquo;\u00e9tablissement, mais il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre sous l&rsquo;Empire.<\/p>\n<p><em>\u00ab On pouvait y d\u00e9guster (chez Madame Hardy, ou Hardi) les meilleures c\u00f4telettes de la capitale, des membres de volaille en papillotes savantes, des \u00e9minc\u00e9s de volailles aux truffes, des andouillettes farcies aux truffes&#8230;qui donneraient de l&rsquo;app\u00e9tit \u00e0 un agonisant. \u00bb Almanach des Gourmands<\/em>. Grimaud de la Reyni\u00e8re, 1804.<br \/>\nUne des sp\u00e9cialit\u00e9s de la maison \u00e9tait le boudin Richelieu.<br \/>\nSur la porte du caf\u00e9, on pouvait lire: <em>\u00ab Riz au lait-Riz au gras et d\u00e9jeuner \u00e0 la fourchette \u00bb. \u00ab Dans le plus grand des salons, Hardy avait fait construire une immense chemin\u00e9e en marbre blanc ; dans cette chemin\u00e9e, de 10 heures du matin \u00e0 3 heures de l&rsquo;apr\u00e8s-midi un \u00e9norme gril d&rsquo;argent \u00e9tait en permanence sur des charbons incandescents. Les mets \u00e0 griller sont pr\u00e9sent\u00e9s sur un buffet all\u00e9chant pour exciter les app\u00e9tits les plus paresseux. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;endroit le plus cher de Paris si l&rsquo;on en croit les journaux de l&rsquo;\u00e9poque : <em>\u00ab Il faut \u00eatre bien riche pour d\u00eener chez Hardy et il faut \u00eatre hardi pour souper chez Riche \u00bb<\/em> (le Caf\u00e9 Riche \u00e9tait \u00e0 deux pas, \u00e0 l&rsquo;angle de la rue Le Peletier).<\/p>\n<p>C&rsquo;est le lieu de rendez-vous des agents de change et g\u00e9n\u00e9ralement de tous ceux qui travaillent en grand sur la place depuis quelque temps. Le g\u00e9n\u00e9ral Rostopchine et le g\u00e9n\u00e9ral G\u00e9rard figurent parmi les clients de marque.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tablissement fut vendu \u00ab \u00e0 prix d&rsquo;or \u00bb en 1836 aux fr\u00e8res Hamel, d\u00e9j\u00e0 propri\u00e9taires du caf\u00e9 de Chartres (Le Grand V\u00e9four) au Palais Royal, qui feront faillite !<\/p>\n<p>En 1848, ce sera \u00ab l&rsquo;annexe \u00bb de la r\u00e9daction du journal <em>le National<\/em> qui avait ses bureaux rue Le Peletier, dirig\u00e9 par Armand Marrast, l&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re maire de Paris \u00ab qui avait l&rsquo;air d&rsquo;un marquis et qui ressemblait \u00e0 Barras \u00bb, avec son ami un certain Clovis Gauguin \u00e9poux d&rsquo;Aline Chazal.<br \/>\nLe baron Dorn\u00e8s, qui fut tu\u00e9 au cours des journ\u00e9es de juin 1848, Louis Blanc demeurant au dessus de Tortoni, \u00e9taient aussi des habitu\u00e9s, ainsi que le g\u00e9n\u00e9ral Cl\u00e9ment Thomas (qui sera fusill\u00e9 \u00e0 Montmartre le 18 mars 1871), Nestor Roqueplan et G\u00e9rard de Nerval.<\/p>\n<hr>\n<p>M\u00eame si la date de 1839 figure actuellement sur la fa\u00e7ade de l&rsquo;immeuble, on ignore exactement quand fut construit le b\u00e2timent actuel.<br \/>\nLes versions de cette histoire sont fort nombreuses ; en effet, chaque t\u00e9moin ou m\u00e9morialiste a donn\u00e9 la sienne.<\/p>\n<p>Voici celle de Balzac :<br \/>\n<em>\u00ab L&rsquo;immeuble avait eu pour auteur un ancien tapissier devenu par vocation architecte (&#8230;) un restaurateur en avait \u00e0 l&rsquo;avance retenu le rez-de-chauss\u00e9e mais, effray\u00e9 du prix du loyer de cette maison luxueuse, il obtint de d\u00e9chirer son bail moyennant un d\u00e9dit de 25000 francs. Celui-ci fut rachet\u00e9 par un confr\u00e8re, ainsi naquit le fameux restaurant de la Maison d&rsquo;Or, plus tard Maison Dor\u00e9e.<br \/>\nToujours est-il que le premier propri\u00e9taire connu fut Louis Verdier qui le baptisa :<br \/>\nLe Restaurant de la Cit\u00e9. Mais le public, qui ne l&rsquo;entendit pas de cette oreille, devant les dorures, les balustrades et les balcons rutilants, l&rsquo;appela la Maison d&rsquo;Or, ou bien Maison Dor\u00e9e, nom qui s&rsquo;imposa par la suite. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab Cette Cit\u00e9 des Italiens, b\u00e2tie par l&rsquo;architecte Victor Lemaire qui avait con\u00e7u la fantaisie de dorer les balcons et les encadrements des baies. En outre, des m\u00e9daillons et des frises sculpt\u00e9es par les fr\u00e8res Lechesne, ornaient la fa\u00e7ade : parmi les branches de ch\u00eane enroul\u00e9es en rinceaux couraient cerfs et sangliers. \u00bb (Le Mus\u00e9e des Familles).<\/em><\/p>\n<p>On peut lire dans <em>Le Courrier Fran\u00e7ais<\/em> : <em>C&rsquo;est elle (la Maison d&rsquo;Or) qui a inaugur\u00e9 le r\u00e8gne des caf\u00e9s splendide, o\u00f9 les peintures, les glaces, l&rsquo;or et l&rsquo;ameublement fastueux attirent et \u00e9blouissent le regard. Ce ne sont partout que m\u00e9daillons, pendentifs, culs-de-lampe, boiseries sculpt\u00e9es, plafonds cisel\u00e9s.<\/em><\/p>\n<p>Les sculpteurs ornemanistes qui ont apport\u00e9 leur collaboration au d\u00e9cor somptueux sont Auguste Jean-Baptiste Lechesne, Jean-Baptiste-Jules Klagman et Georges-Jules Garraud.<br \/>\nLechesne et Pierre-Louis Rouillard r\u00e9alisent la frise animali\u00e8re qui ceinture l&rsquo;ensemble de l&rsquo;immeuble (l&rsquo;architecte Pierre Dufau l&rsquo;a reproduite rue Taitbout pour ceinturer l&rsquo;immeuble rue Taitbout, si\u00e8ge de la BNP lors de la restauration en 1974-1975).<\/p>\n<p>Th\u00e9ophile Gautier d\u00e9crit ainsi l&rsquo;immeuble : <em>\u00ab Une maison en or d\u00e9cor\u00e9e de pierres \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>G\u00e9rard de Nerval donne ce commentaire : <em>\u00ab La Maison d&rsquo;Or, c&rsquo;est bien mal compos\u00e9 : des Lorettes, les quarts d&rsquo;agents de change, et des d\u00e9bris de la jeunesse dor\u00e9e. \u00bb<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_1904\" aria-describedby=\"caption-attachment-1904\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1904\" title=\"Un salon particulier \u00e0 la Maison Dor\u00e9e.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/gif_maisonDo2.gif\" alt=\"Un salon particulier \u00e0 la Maison Dor\u00e9e.\" width=\"300\" height=\"375\" align=\"middle\"><figcaption id=\"caption-attachment-1904\" class=\"wp-caption-text\">Un salon particulier \u00e0 la Maison Dor\u00e9e.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le restaurant est divis\u00e9 en 2 parties, l&rsquo;une donne sur le boulevard, est r\u00e9serv\u00e9e au \u00ab tout venant \u00bb, l&rsquo;autre, rue Laffitte, re\u00e7oit les habitu\u00e9s de marque, \u00e0 l&rsquo;abri des curieux, dans de luxueux \u00ab Cabinets \u00bb. Le plus demand\u00e9 est le num\u00e9ro 6, fr\u00e9quent\u00e9 par ce qui compte le plus \u00e0 Paris, princes, comtes et marquis ainsi que d&rsquo;excentriques fortun\u00e9s se l&rsquo;arrachent. La cave somptueuse avec ses 80 000 bouteilles attira tout ce qui comptait de noceurs et de f\u00eatards de la capitale.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une soir\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra Lepelletier, on peut aussi bien croiser le futur Edouard VII , que Lord S\u00e9mour ou le baron de Saint Cricq. \u00c9mile Zola, pour la reprise de <em>L&rsquo;Assommoir<\/em> en 1885 au th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet, y a donn\u00e9 un d\u00eener (le 25 juin 1885 ; menu BHVP actualit\u00e9, s\u00e9rie 77). Les romanciers de l&rsquo;\u00e9poque convoquent souvent leurs h\u00e9ros \u00e0 ces fastueux d\u00eeners (Lucien de Rubempr\u00e9, pour Balzac ; Swann pour Proust&#8230;).<\/p>\n<p><strong>Entre le Caf\u00e9 Riche au n\u00b018, et le fameux glacier Tortoni au n\u00b022, La Maison Dor\u00e9e, au 20 boulevard des Italiens, reste le plus cher et le plus recherch\u00e9 des restaurants parisiens pendant plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle.<\/strong><\/p>\n<p>Le cuisinier <strong>Casimir Moisson<\/strong> et <strong>les fr\u00e8res Verdier<\/strong> r\u00e9ussissent \u00e0 faire de ce lieu le centre de la vie culturelle et politique de la capitale, le c\u009cur, l&rsquo;esprit et l&rsquo;estomac du Boulevard, c&rsquo;est-\u00e0-dire de Paris. Le symbole de la capitale \u00e9tait alors ses \u00ab grands Boulevards \u00bb, la Tour Eiffel n&rsquo;\u00e9tant pas encore construite.<\/p>\n<p>A la fin du XIX\u00b0 si\u00e8cle, les bureaux de <em>La Revue Blanche<\/em>, seront domicili\u00e9s au num\u00e9ro 1.<br \/>\nEn 1895 une annexe de la \u00ab Maison Bing \u00bb est install\u00e9e dans la cour, \u00e0 la date de la premi\u00e8re exposition Art Nouveau (information in\u00e9dite qui ne figure pas au magnifique ouvrage d&rsquo;Alexandre Weisberg : <em>Art Nouveau<\/em> Bing Smitsonian institut,1986).<\/p>\n<p>Mais La Maison Dor\u00e9e, derni\u00e8re rescap\u00e9e de la d\u00e9molition des num\u00e9ros pairs du boulevard des Italiens, va fermer ses portes en 1902. Et, en 1909, un bureau de poste va s&rsquo;ouvrir \u00e0 sa place : c&rsquo;est Ren\u00e9 Binet qui va se charger de la d\u00e9coration avec habilet\u00e9, en tirant le meilleur parti, compte tenu des contraintes impos\u00e9es par la location par l&rsquo;Administration des Postes, puis sera morcel\u00e9e pour l&rsquo;\u00e9tablissement de plusieurs commerces.<br \/>\nLes derni\u00e8res modifications auront lieu lors de l&rsquo;installation de la BNP dans les ann\u00e9es 1974-1976, ce sera la premi\u00e8re transformation avec \u00ab fa\u00e7adisme\u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>Les Journaux bas\u00e9s dans le b\u00e2timent<\/h2>\n<p>Le journal <em>L&rsquo;Ev\u00e8nement<\/em> fond\u00e9 par Froment Meurice de 1848 jusqu&rsquo;\u00e0 1851, avec pour directeur de la publication Paul Meurice, les principaux r\u00e9dacteurs sont les fils Fran\u00e7ois-Victor et Charles Hugo.<\/p>\n<p>Le journal <em>Paris<\/em>, premier quotidien litt\u00e9raire dans l&rsquo;histoire de la presse (son titre se modifiait selon les jours de la semaine : <em>Paris-Lundi, Paris-Mardi<\/em>, etc.), chaque num\u00e9ro \u00e9tant accompagn\u00e9 d&rsquo;un dessin de <strong>Gavarni<\/strong>, est publi\u00e9 \u00e0 partir du 20 octobre 1852 et est supprim\u00e9 par jugement correctionnel le 8 d\u00e9cembre 1853.<br \/>\n<em>\u00ab Le premier quotidien litt\u00e9raire depuis la fondation du monde. Nous en \u00e9crivons le premier article \u00bb<\/em>, notent tr\u00e8s modestement les fr\u00e8res Goncourt.<br \/>\nLes bureaux \u00e9taient situ\u00e9s au n\u00b01 de la rue Laffitte, au rez-de-chauss\u00e9e, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du restaurant de la maison d&rsquo;Or. La curiosit\u00e9 de ces bureaux, \u00e9tait le bureau de Villedeuil, o\u00f9 Villedeuil avait utilis\u00e9 la tenture et les rideaux de velours noir, les cr\u00e9pines d&rsquo;argent de son salon, r\u00eave d&rsquo;un croque-mort millionnaire. (&#8230;) cette pi\u00e8ce mortuaire \u00e9tait le saint des saints du journal. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 \u00e9tait une caisse grill\u00e9e, o\u00f9 se tenait le caissier&#8230; C&rsquo;est dans ces termes que les \u00ab fr\u00e8res \u00bb parlent de leur cousin le marquis de Villedeuil. La chute du journal sera provoqu\u00e9e, ironie de l&rsquo;Histoire, par un article intitul\u00e9 <em>Voyage du n\u00b0 43 de la rue Saint-Georges au n\u00b0 1 de la rue Laffitte<\/em>.<br \/>\nLes habitu\u00e9s de la r\u00e9daction : Henri Murger, avec son oeil pleurard, son air humble et caressant d&rsquo;ivrogne; Aur\u00e9lien Scholl avec son lorgnon dans l&rsquo;\u009coeil, Banville avec sa mine blafarde, Alphonse Karr avec la t\u00eate ras\u00e9e de for\u00e7at ; Louis Esnault, orn\u00e9 de ses manchettes, de son obs\u00e9quiosit\u00e9 et de sa tournure contourn\u00e9e et gracieus\u00e9e de chanteur de romances.<br \/>\nLes autres r\u00e9dacteurs ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 vitriol\u00e9s par les duettistes : Gaiffe, r\u00e9dacteur au journal <em>L&rsquo;Ev\u00e9nement<\/em> de Meurice et des fils Hugo, est trait\u00e9 de <em>\u00ab Rubempr\u00e9 des coulisses, il se collait \u00e0 Villedeuil, allait d\u00eener dans son assiette \u00e0 la Maison d&rsquo;Or, ou bien lui tirait 20 francs&#8230; \u00bb<\/em>. Roger de Beauvoir et quelques autres, sont dispens\u00e9s de critique &#8211; provisoirement.<\/p>\n<p><em>Le Mousquetaire<\/em><br \/>\n(1853 &#8211; 1857)<\/p>\n<p>Lorsque Girardin, dans son journal <em>La Presse<\/em>, suspend la publication de ses <em>M\u00e9moires<\/em>, Alexandre Dumas fonde un quotidien pour poursuivre son \u00ab journal \u00bb.<br \/>\nLe premier num\u00e9ro est dat\u00e9 du 12 novembre 1853, le dernier du 7 f\u00e9vrier 1857. Le prix de l&rsquo;abonnement est de 36 F (pour Paris). Le journal tire au d\u00e9but \u00e0 10 000 exemplaires.<br \/>\nDans ses bureaux du 1 rue Laffitte, les principaux collaborateurs sont : Philibert Audebrand, Joseph M\u00e9ry, G\u00e9rard de Nerval, Alexandre Dumas fils (un seul article), Octave Feuillet, Paul Bocage, \u00c9mile Deschamps, Henri Rochefort, Roger de Beauvoir, Aur\u00e9lien Scholl, Th\u00e9odore de Banville, Maurice Sand, Alfred Asseline, la comtesse Dash, Xavier Aubryet.<\/p>\n<p><em>\u00ab J&rsquo;ai r\u00eav\u00e9 toute ma vie d&rsquo;avoir un journal bien \u00e0 moi ; je le tiens enfin et le moins qu&rsquo;il puisse me rapporter, c&rsquo;est un million par an. Je n&rsquo;ai pas encore touch\u00e9 un sou pour mes articles, c&rsquo;est 200 000 F que j&rsquo;ai gagn\u00e9s depuis la cr\u00e9ation du Mousquetaire, somme que je laisse tranquillement \u00e0 la caisse, pour toucher dans un mois 5 000 F \u00e0 la fois. Dans ces conditions, je n&rsquo;ai besoin ni d&rsquo;argent, ni d&rsquo;un directeur. Le Mousquetaire est une affaire en or et je tiens \u00e0 l&rsquo;exploiter tout seul \u00bb<\/em> (Lettre d&rsquo;Alexandre Dumas \u00e0 Villemessant).<\/p>\n<p>Mais le journal ne r\u00e9pond pas \u00e0 ses esp\u00e9rances. Le 28 octobre 1854, les principaux r\u00e9dacteurs (A. Privat d&rsquo;Anglemont, Aur\u00e9lien Scholl, Georges Bell, Philibert Audebrand, Alfred Asseline, Fages, Henry de La Madel\u00e8ne, A. Dupeuty, A. Desonnaz) d\u00e9missionnent en bloc.<br \/>\nEn 1856, Dumas abandonne la direction \u00e0 Xavier de Mont\u00e9pin, puis r\u00e9silie son contrat avec Boul\u00e9 : <em>\u00ab Le jeu n&rsquo;en vaut pas la chandelle \u00bb<\/em> (1er f\u00e9vrier 1857).<\/p>\n<figure id=\"attachment_1905\" aria-describedby=\"caption-attachment-1905\" style=\"width: 350px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1905\" title=\"La Maison Dor\u00e9e vers 1843.\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/gif_maisonDo1.gif\" alt=\"La Maison Dor\u00e9e vers 1843.\" width=\"350\" height=\"450\" align=\"middle\"><figcaption id=\"caption-attachment-1905\" class=\"wp-caption-text\">La Maison Dor\u00e9e vers 1843.<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>La Revue Blanche<\/em>,<br \/>\n1 rue Laffitte,<br \/>\n1901-1903.<\/p>\n<p>Les fr\u00e8res Natanson, Alexandre, Thad\u00e9e et Alfred, fils de banquier russo-polonais, seront les protecteurs de cette publication. Ses bureaux deviennent un lieu de discussions.<br \/>\nLes artistes viennent y pr\u00e9senter en avant premi\u00e8re leurs \u009cuvres, pour les soumettre \u00e0 la critique de leur c\u00e9nacle.<br \/>\nDirig\u00e9e par F\u00e9lix F\u00e9n\u00e9on, les collaborateurs de cette revue sont : Toulouse-Lautrec, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Valloton, le sculpteur Maillol,<br \/>\nJules Renard, Marcel Proust, Emile Verharen, Paul Claudel, Jules Laforgue, Tristan Bernard, Jarry, Andr\u00e9 Gide.<br \/>\nL\u00e9on Blum assurera la critique des livres, Julien Benda, Octave Mirbeau et Charles-Louis-Philippe verront leurs textes publi\u00e9s dans cette somptueuse publication. Pour parfaire le tableau, Misia Godebska <em>\u00ab la plus belle femme de Paris \u00bb<\/em> dont le charme attire les peintres et les \u00e9crivains qui viennent chez eux, sera la premi\u00e8re \u00e9pouse de Thad\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<p><strong>Paul Gauguin<\/strong><\/p>\n<p>A peine d\u00e9barqu\u00e9 du navire \u00ab Prince Eug\u00e8ne \u00bb apr\u00e8s la chute du second Empire, Paul rentre \u00e0 Paris.<br \/>\nSon \u00ab tuteur \u00bb <strong>Gustave Arosa<\/strong>, le fait entrer en 1871 comme coulissier chez l&rsquo;agent de change <strong>Bertin<\/strong> du premier \u00e9tage du 1 de la rue Laffitte. Il y restera apr\u00e8s la retraite de Bertin gr\u00e2ce \u00e0 Castaldo, successeur et ami d&rsquo;Arosa. L&rsquo;agence Galichon prendra le relai.<br \/>\nGauguin d\u00e9missionnera en 1882 pour se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 la peinture. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il fit la connaissance de Schuffeneker, son coll\u00e8gue \u00e0 l&rsquo;agence.<\/p>\n<hr>\n<p>Du 15 mai au 15 Juin 1886 se tient \u00e0 la Maison Dor\u00e9e la huiti\u00e8me et derni\u00e8re exposition impressionniste, derni\u00e8re tentative du groupe impressionniste.<br \/>\nLe public est invit\u00e9 par les journaux et les peintres acad\u00e9miques \u00e0 venir rire de \u00ab La Grande-Jatte \u00bb de Seurat. La client\u00e8le du \u00ab Tortoni \u00bb, entra\u00een\u00e9e par Alfred Stevens, n&rsquo;a pas manqu\u00e9 de conspuer les exposants !<br \/>\nBeaucoup d&rsquo;anciens avaient jet\u00e9 l&rsquo;\u00e9ponge.<br \/>\nListe des participants :<br \/>\n<strong>Marie Bracquemont, Mary Cassat, Edgard Degas, Jean-Louis Forain, Paul Gauguin, Armand Guillaumin, Berthe Morisot, Camille Pissaro, Lucien Pissaro, Odilon Redon, Henri Rouart, Emile Schuffenecker, George Seurat, Paul Signac, Charles Tillot, Pierre-Paul Vignon, Fr\u00e9d\u00e9ric Zandonomeghi.<\/strong><\/p>\n<hr>\n<p><strong>Cadastre de 1862 \/ rue Laffitte propri\u00e9t\u00e9 n\u00b0 1\/3<br \/>\nann\u00e9e 1864 la Cie d&rsquo;assurances La Nationale (propri\u00e9t\u00e9 de la famille Hottinger), repr\u00e9sent\u00e9e par Monfoy 13 rue de &#8230;.<\/strong> (illisible)<\/p>\n<p><em>S&rsquo;adresser \u00e0 g\u00e9rant de 2h \u00e0 4 h concierge \u00e0 gauche &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<br \/>\nDescription sommaire de la propri\u00e9t\u00e9<br \/>\n\u00c0 l&rsquo;angle du Bld des Italiens et de la rue Laffitte double en profondeur \u00e9lev\u00e9 sur cave d&rsquo;un rez-de-chauss\u00e9e , entresol et 3 \u00e9tages carr\u00e9s ( 1\u00b0 et 3\u00b0 avec balcon) 4\u00b0 \u00e9tage sous combles .<br \/>\nConstruction en pierre de taille, couverture en zinc, fa\u00e7ade tr\u00e8s riche .<br \/>\nUn escalier principal, un escalier de service.<br \/>\n4 fen\u00eatres de face sur le boulevard<br \/>\n7 fen\u00eatres de face sur la rue Laffitte.<\/em><\/p>\n<p><strong>Cadastre de 1876<br \/>\nConstruction de 1841 (sic) archives de Paris D1P4\/<\/strong><\/p>\n<p><em>Rue Laffitte propri\u00e9t\u00e9 n\u00b01\/3<br \/>\nLa Cie d&rsquo;assurances La Nationale Vie 13 rue de Grammont<br \/>\nDescription identique \u00e0 l&rsquo;acte ci-dessus<br \/>\nCadastre de 1876 (modification)<br \/>\nS&rsquo;adresser \u00e0 : 2\u00b0 concierge sous le 2\u00b0 passage \u00e0 gauche pour les immeubles 1\/3 D, 1\/3 E, 1\/3 F, 1\/3 G<br \/>\nDescription sommaire de la propri\u00e9t\u00e9 :<br \/>\nB\u00e2timent sur rue \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame droite de la propri\u00e9t\u00e9. Double en profondeur, \u00e9lev\u00e9 sur cave et 5 \u00e9tages carr\u00e9s ( le 5\u00b0 en retrait avec balcon) 6\u00b0 sous combles .<br \/>\nPetite aile \u00e0 droite sur la cit\u00e9, de m\u00eame \u00e9l\u00e9vation.<br \/>\nConstruction en pierre de taille, couverture en zinc.<br \/>\n5 fen\u00eatres de face sur la rue.<\/em><\/p>\n<p>Ernest Verdier a laiss\u00e9 un livre de souvenirs : Dissertations gastronomiques<\/p>\n<p>Merci pour l&rsquo;aide apport\u00e9e \u00e0 :<br \/>\nArchives de Paris <strong>Christiane Filloles<\/strong><br \/>\nA la BHVP, <strong>Marie-Odile Gigoux, Jean D\u00e9rens, Luc Passion<\/strong><\/p>\n<p>Archives de la Pr\u00e9fecture de police : <strong>Andr\u00e9 Lecud\u00e9nec, R\u00e9my Valat<br \/>\n<\/strong>Archives <strong>P.E. Seda<\/strong>Archives personnelles<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une plaque comm\u00e9morative vient d&rsquo;\u00eatre pos\u00e9e pour c\u00e9l\u00e9brer le plus repr\u00e9sentatif du Paris romantique, gr\u00e2ce aux \u00ab\u00a0Amis d&rsquo;Alexandre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":1903,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[41,31,19,27],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/541"}],"collection":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=541"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/541\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7352,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/541\/revisions\/7352"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1903"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=541"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=541"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=541"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}