{"id":543,"date":"2005-11-22T00:00:00","date_gmt":"2005-11-21T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/22\/le-tambourin\/"},"modified":"2005-11-22T00:00:00","modified_gmt":"2005-11-21T23:00:00","slug":"le-tambourin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/terresdecrivains.org\/index.php\/2005\/11\/22\/le-tambourin\/","title":{"rendered":"Le Tambourin"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">La toute premi\u00e8re exposition Van Gogh.<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n<em>Par Bernard Vassor \u00a92005<\/em><\/p>\n<p><em>Travaillant depuis de nombreuses ann\u00e9es sur ce sujet, l&rsquo;ouvrage de Sophie de Juvigny a \u00e9t\u00e9 une v\u00e9ritable r\u00e9v\u00e9lation dans la connaissance de ce milieu et de cette p\u00e9riode de l&rsquo;histoire de l&rsquo;impressionnisme.<\/em><\/p>\n<p><strong>Agostina S\u00e9gatori<\/strong>  (Ancone, 1841-1910 ?), \u00ab l&rsquo;Italienne \u00bb, est un mod\u00e8le professionnel qui a pos\u00e9 entre autres pour Manet, Corot, L\u00e9on G\u00e9r\u00f4me, et sans doute Vincent Van Gogh (au Caf\u00e9 du Tambourin, mus\u00e9e Van Gogh Amsterdam).<br \/>\n<br \/>Le portrait r\u00e9alis\u00e9 par Manet a \u00e9t\u00e9 vendu par le marchand Portier \u00e0 Alexandre Cassatt, le fr\u00e8re de Mary qui se trouve aujourd&rsquo;hui dans une collection priv\u00e9e new-yorkaise.<\/p>\n<p>Le tableau de Corot <em>Portrait d&rsquo;Agostina<\/em> est dat\u00e9 de 1866, de son voyage en Italie. Nous avons beaucoup plus t\u00f4t, vers 1860, <em>\u00ab la Femme au tambourin<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Nous savons aujourd&rsquo;hui, gr\u00e2ce \u00e0 <strong>Sophie de Juvigny<\/strong>, que Edouard Dantan  a \u00e9t\u00e9 le compagnon d&rsquo;Agostina de 1872 \u00e0 1884, avec qui il a eu un fils[[Manet : l&rsquo;italienne 1860.]] non l\u00e9gitim\u00e9 par le peintre.<br \/>\n<br \/>Il sera reconnu plus tard par un certain monsieur Mori\u00e8re qui a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 le mari de la belle italienne. Une belle affiche de Jules Ch\u00e9ret fait la r\u00e9clame du cabaret de la rue de Richelieu qui fermera ses portes en 1885 pour les rouvrir la m\u00eame ann\u00e9e au 62 boulevard de Clichy. <\/p>\n<p>Maxime Lisbonne, \u00ab Le d&rsquo;Artagnan de la Commune \u00bb, publie cette annonce dans son journal <em>La Gazette du Bagne<\/em> :<br \/>\n              <em>Au Tambourin. <\/p>\n<p>Rien des auberges dont la nudit\u00e9 et le d\u00e9labrement des murs fait la pauvre originalit\u00e9.<br \/>\n(&#8230;) C&rsquo;est en effet madame S\u00e9gatori, propri\u00e9taire du Tambourin qui a r\u00e9uni, plac\u00e9 avec un sentiment artistique, les \u009cuvres des ma\u00eetres qui ont transform\u00e9 son \u00e9tablissement en une des plus int\u00e9ressantes galeries de tableaux qui se puisse.<br \/>\n<br \/>Pour ajouter \u00e0 l&rsquo;attrait de son \u00e9tablissement, la directrice s&rsquo;est adjoint les plus charmantes collaboratrices qui se puissent voire, fra\u00eeches fleurs \u00e9closes au soleil d&rsquo;Italie et \u00e9panouies dans le rayonnement chaud de notre capitale.<\/em><\/p>\n<p>Sur le carton, le jour de l&rsquo;inauguration le 10 avril 1885, on pouvait lire ces mots :<br \/>\n<br \/><em>Sachant comment on se comporte<br \/>\nDe sa main c\u00e9l\u00e8bre \u00e0 Capri,<br \/>\nJoyeuse en ouvrira la porte.<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1907\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN2.jpg\" alt=\"TAMBOURIN2.jpg\" align=\"center\" width=\"286\" height=\"387\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN2.jpg 286w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN2-222x300.jpg 222w\" sizes=\"(max-width: 286px) 94vw, 286px\" \/><\/p>\n<p>La patronne de ces lieux et les charmantes h\u00f4tesses accueillent la client\u00e8le en costume folklorique. Une exposition de peintures organis\u00e9e pour l&rsquo;occasion seront vendue aux ench\u00e8res, on y voit des \u009cuvres de Edouard Dantan, L\u00e9on G\u00e9r\u00f4me, Bernard (?), de Pille et quelques autres peintres dont nous avons aujourd&rsquo;hui oubli\u00e9 les noms.<br \/>\nLe mobilier,(tables chaises \u00e9l\u00e9ments du bar) est uniquement compos\u00e9 de tambourins orn\u00e9s par diff\u00e9rents artistes dont Gauguin (<em>fleurs et feuillage et fruits<\/em>) Norbert Goeneute, Ludovic N\u00e9mo[[Ludovic N\u00e9mo est le pseudonyme d&rsquo;Emile Bernard.]], Todde, etc.<\/p>\n<p><strong>Vincent Van Gogh<\/strong> va y organiser une exposition de cr\u00e9pons japonais qui, selon Vincent lui-m\u00eame, sera un d\u00e9sastre. Puis, avec ses amis Toulouse-Lautrec Gauguin et son \u00ab <em>copain<\/em> \u00bb Emile Bernard, Louis Anquetin,  un accrochage va avoir un peu plus de succ\u00e8s, car <strong>Bernard<\/strong> et <strong>Anquetin<\/strong> vont pouvoir vendre leur premier tableau.<\/p>\n<p><em>\u00ab Ce fut vers cette \u00e9poque que Vincent fr\u00e9quenta une taverne qui avait nom \u00ab le Tambourin \u00bb et que tenait une fort belle italienne, ancien mod\u00e8le, \u00e9talant dans un comptoir bien \u00e0 elle ses charmes sains et imposants. \u00bb<\/em>. Selon Emile Bernard, Vincent avait conduit <strong>le p\u00e8re Tanguy<\/strong> dans cet \u00e9tablissement : <em>\u00ab ce qui donnait beaucoup  d&rsquo;inqui\u00e9tudes \u00e0 la brave m\u00e8re Tanguy, qui ne pouvait s&rsquo;imaginer les raisons enfantines et m\u00eame innocentes de ses escapades. Vincent, selon un contrat de quelques toiles par semaine, mangeait au Tambourin (&#8230;) Cela dura plusieurs mois, puis l&rsquo;\u00e9tablissement p\u00e9riclita, fut vendu, et toutes ces peintures mises  en tas furent adjug\u00e9es pour une somme d\u00e9risoire.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1908\" aria-describedby=\"caption-attachment-1908\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1908\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN3.jpg\" alt=\"Le p\u00e8re Tanguy.\" title=\"Le p\u00e8re Tanguy.\" class=\"caption\" align=\"center\" width=\"300\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN3.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN3-225x300.jpg 225w\" sizes=\"(max-width: 300px) 94vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1908\" class=\"wp-caption-text\">Le p\u00e8re Tanguy.<\/figcaption><\/figure>\n<p>(&#8230;) Vincent \u00e9tant parti pour Arles et <strong>le p\u00e8reTanguy<\/strong> se trouvant seul, visit\u00e9 seulement de temps en temps par de rares clients, la belle Italienne du Tambourin tomba dans une grande g\u00eane. Alors <strong>Tanguy la recueillit, ce qui donna lieu \u00e0 bien des m\u00e9disances.(&#8230;) \u00bb<\/em> <\/strong><\/p>\n<p>Faut-il croire Ambroise Vollard  quand il raconte dans  <em>Les Souvenirs d&rsquo;un marchand de tableaux<\/em> ? :<br \/>\n<br \/>\u00ab<em> Un jour, passant sur le boulevard de Clichy, la curiosit\u00e9 me fit entrer dans un petit restaurant qui portait l&rsquo;enseigne \u00ab Au Tambourin \u00bb, en m\u00eame temps que moi \u00e9tait entr\u00e9 un individu qui demanda \u00e0 la patronne :<br \/>\nVincent est arriv\u00e9 ?<br \/>\nIl est parti il y a une minute. Il \u00e9tait venu accrocher ce tableau des Tournesols, puis il est sorti aussit\u00f4t\u00a0\u00bb<\/em> !!!<\/p>\n<p>Devenu en 1893, le cabaret de la Butte, il fut le cabaret des Quat&rsquo;Z&rsquo;Arts \u00e0 la fin du si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Quelques \u009cuvres de Dantan donn\u00e9es ou consacr\u00e9es \u00e0 Agostina et son fils :<br \/>\n<br \/>En 1873, un m\u00e9daillon en cire d&rsquo;Agostina S\u00e9gatori, Jupiter et L\u00e9da, L&rsquo;Annonciation,<br \/>\n<br \/>Plusieurs portraits de Jean-Pierre, Trombolino.<br \/>\n<br \/>En 1878 :  <em>Femme turque assise faite rue Capron \u00e0 Montmartre<\/em>, <em>Jean-Pierre en incroyable<\/em>, <em>Jean-Pierre en costume Breton, etc<\/em>. Vous trouverez la liste compl\u00e8te dans l&rsquo;ouvrage indispensable de Sophie de Juvigny cit\u00e9 plus bas.<br \/>\n<br \/>En 1884, malgr\u00e9 leur s\u00e9paration, il lui offre pour son bar rue de Richelieu, <em>le portrait d&rsquo;une Villervillaise, La m\u00e8re Catin la Dufay<\/em>, et un bouc peint sur un tambourin. <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1909\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN4.jpg\" alt=\"TAMBOURIN4.jpg\" align=\"center\" width=\"300\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN4.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN4-220x300.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 300px) 94vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>L\u00e9gende  de la composition :<br \/>\n<br \/>En-t\u00eate de l&rsquo;album d&rsquo;estampes japonaises ayant appartenu \u00e0 Vincent.<br \/>\n<br \/>Description de la \u00ab nature morte \u00bb pr\u00eat\u00e9e par Paul Gachet en 1951 au Louvre :<br \/>\n<br \/>Cadre avec cr\u00eapons japonais ayant appartenu \u00e0 Vincent mont\u00e9s par Gachet fils, qui les tenait de Th\u00e9o, sur un fond dor\u00e9 orn\u00e9 d&rsquo;une inscription en japonais qui signifie qu&rsquo;ils se trouvaient dans la chambre de Vincent \u00e0 AUVERS en 1890.<br \/>\n<br \/>Affiche 3 couleurs du tambourin rue de Richelieu par Ch\u00e9ret (OD32) 3 tubes Tasset et Lhote, et Tanguy (OD31) palette pour Mlle Gachet au piano<br \/>\n<br \/>Un verre d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 par C\u00e9zanne un vase en gr\u00e9s japonais : nature morte, Roses et An\u00e9mones<br \/>\n<br \/>Bambous taill\u00e9s utilis\u00e9s par Vincent.<br \/>\n<br \/>Un tambourin de chez Agostina sign\u00e9 H.TODE 1886<br \/>\n<br \/>Le livre est : La Fille Elisa (Goncourt)<\/p>\n<p>S\u00e9gatori-Mori\u00e8re Jean-Pierre n\u00e9 le 6 octobre 1873<br \/>\n<br \/>1 rue Mansart Paris<br \/>\n<br \/>Fils non reconnu d&rsquo;Edouard Dantan<br \/>\n<br \/>Entre au lyc\u00e9e de Vanves le 6 octobre 1879 en sort le 15\/12\/1885<br \/>\n<br \/>Encadreur, doreur sur bois<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" aligncenter size-full wp-image-1910\" src=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN1.jpg\" alt=\"TAMBOURIN1.jpg\" align=\"center\" width=\"300\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN1.jpg 300w, https:\/\/terresdecrivains.org\/wp-content\/uploads\/2005\/11\/jpg_TAMBOURIN1-203x300.jpg 203w\" sizes=\"(max-width: 300px) 94vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>Sources :<br \/>\n<br \/>Michael Pakenham, <em>catalogue de l&rsquo;exposition du Grand Palais, janvier-avril 1999<\/em><br \/>\n<br \/>Sophie de Juvigny, conservateur du mus\u00e9e de Saint Cloud :<br \/>\n<em>Edouard Dantan, des ateliers parisiens aux marines normandes Somogy Paris 2002<\/em><br \/>\n<br \/>Emile Bernard, <em>article du Mercure de France<\/em>, 16 d\u00e9cembre 1908<br \/>\n<br \/>Andr\u00e9 Roussard, <em>dictionnaire des lieux \u00e0 Montmartre<\/em>, \u00e9ditions Andr\u00e9 Roussard Paris 2001<br \/>\n<br \/>Sophie Monneret, <em>l&rsquo;Impressionnisme et son \u00e9poque<\/em>, Deno\u00ebl 1978 Paris<br \/>\n<br \/>Marcel Cerf <em>Maxime Lisbonne, le d&rsquo;Artagnan de la Commune<\/em>, \u00e9ditions du Panorama (Suisse) 1967<br \/>\n<br \/>Article Bernard Vassor dans : <em>Les Montmartrois<\/em>, ed Andr\u00e9 Roussard Paris \u00a9 2004<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La toute premi\u00e8re exposition Van 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